DACA: un compromis impossible au Congrès?

Des centaines de personnes manifestent à Times Square le jour de Martin Luther King, le 15 janvier dernier, à la suite des commentaires controversés du président Trump concernant Haïti et les pays africains.
Photo: Spencer Platt / Getty Images / Agence France-Presse Des centaines de personnes manifestent à Times Square le jour de Martin Luther King, le 15 janvier dernier, à la suite des commentaires controversés du président Trump concernant Haïti et les pays africains.

Le gouvernement américain n’aura plus d’argent jeudi soir, mais l’impasse budgétaire se poursuit au Congrès entre la majorité républicaine et l’opposition démocrate, qui ne parviennent pas à s’accorder pour régulariser des millions de clandestins.

Le président Donald Trump cherche un compromis avec les démocrates depuis septembre dernier, quand il a abrogé le programme DACA, créé par son prédécesseur et qui a permis d’accorder des papiers temporaires à 690 000 jeunes immigrants illégaux. Le Congrès doit légiférer sur l’épineuse question avant le 5 mars pour les régulariser de plein droit.

Mais les négociations ont emprunté des montagnes russes. Et semblent être revenues à la case départ.

« Il n’y aura probablement pas de compromis sur DACA », a résumé le sénateur démocrate Dick Durbin dimanche sur la chaîne CNN.

Un pessimisme qui tranche avec la tonalité du 14 septembre, quand les chefs démocrates et Donald Trump annonçaient être proches d’un accord, à la sortie d’une réunion cordiale dans le Bureau ovale.

Leurs positions, en fait, se sont éloignées. Le président républicain veut 25 milliards de dollars pour ériger son mur à la frontière mexicaine, ainsi qu’un durcissement notable des lois migratoires. Les démocrates ne veulent pas d’une réforme qui fermerait trop les portes de l’Amérique, a fortiori si seulement quelques centaines de milliers d’immigrés sont régularisés. Le mur, pour eux, reste un symbole xénophobe auquel ils refusent d’apporter leur caution.

Déjà, des milliers de détenteurs de permis DACA qui n’ont pas renouvelé à temps leur dossier ont vu leur statut expirer. À partir du 5 mars, leur nombre augmentera rapidement.

Paralysie étatique

Ce bras de fer sur l’immigration se télescope avec l’éternel débat sur le financement de l’État fédéral, qui contient ses propres dates butoirs. À quatre reprises depuis le début de l’année budgétaire 2018, le 1er octobre, les parlementaires ont voté des crédits temporaires, quelques semaines à la fois, afin que les administrations continuent de fonctionner normalement.

L’opposition a une minorité de blocage au Sénat et l’exploite à chaque échéance pour tenter d’obtenir des concessions, non seulement sur le montant et la ventilation des dépenses 2018, mais aussi sur l’immigration et les jeunes « Dreamers » (« Rêveurs »). La prochaine échéance est jeudi soir à minuit.

La dernière fois, en janvier, les démocrates ont déclenché une paralysie partielle de l’appareil fédéral (« shutdown ») pour manifester leur mécontentement face à l’impasse sur l’immigration. Mais ils ont plié au bout de trois jours. Et ils ne semblent guère avoir d’appétit pour déclencher une nouvelle fermeture.

Dans l’immédiat, les chefs du Congrès se préparaient à voter cette semaine sur une cinquième prorogation du financement fédéral, mais qui incluraient des crédits complets pour la défense uniquement.


État de l’Union : Trump accuse des élus démocrates de « trahison »

Le président américain, Donald Trump, a vivement dénoncé lundi l’attitude des élus démocrates qui ne l’ont pas applaudi lors de son discours sur l’état de l’Union, allant jusqu’à les accuser de s’être rendus coupables de « trahison ».

« J’ai dit que le taux de chômage des Noirs était à son plus bas niveau historique […] Silence complet, pas un sourire », a-t-il raconté lors d’une allocution à Cincinnati, en Ohio.

« Cela a atteint un point tel que je n’avais même plus envie de regarder de ce côté parce que, honnêtement, il y avait une mauvaise énergie », a-t-il poursuivi.

« Quelqu’un a parlé de trahison. Pourquoi pas ? Pouvons-nous appeler cela trahison ? Pourquoi pas ? », a-t-il ajouté.

« Clairement, ils n’avaient pas l’air d’aimer véritablement leur pays », a-t-il encore dit, dénonçant une situation « très, très triste ».

Lors de son premier « discours sur l’état de l’Union » à l’issue d’une année marquée par une avalanche de polémiques et de scandales, l’occupant de la Maison-Blanche a lancé un appel au rassemblement, exhortant les élus des deux bords à trouver des compromis, de l’immigration aux infrastructures.