Aux États-Unis, démocrates et républicains pris dans les affaires de harcèlement

Roy Moore est accusé de comportements déplacés et d’attouchements sur des mineures.
Photo: Joe Buglewicz / Getty Images / Agence France-Presse Roy Moore est accusé de comportements déplacés et d’attouchements sur des mineures.

Le président américain, Donald Trump, soutient de facto le candidat républicain au Sénat Roy Moore, accusé d’attouchements, mais ne fera pas campagne pour lui, alors que le Congrès s’active contre le harcèlement sexuel, qui frappe tous les partis.

 

L’opposition démocrate est également touchée. Le sénateur Al Franken multiplie les actes de contrition depuis qu’il a été accusé d’avoir embrassé de force une femme en 2006, ainsi que d’un geste déplacé sur une autre.

 

« Je sais que j’ai déçu beaucoup de monde », a déclaré Al Franken lundi au Capitole, lors d’une conférence de presse consacrée exclusivement au sujet. « Je sais qu’il n’existe pas de mot magique pour regagner votre confiance, et que cela prendra du temps. »

 

« J’ai honte », a-t-il poursuivi.

 

Les allégations contre lui ne sont pas les plus graves au Congrès ; la femme qu’il a embrassée de force, Leeann Tweeden, a accepté ses excuses.

 

Les faits reprochés à un autre parlementaire démocrate, le doyen de la Chambre John Conyers, 88 ans, sont plus lourds : le harcèlement sexuel de collaboratrices pendant des années. L’une d’elles a signé un règlement à l’amiable en 2015 et obtenu des indemnités.

 

Mais l’élu, héros de la lutte pour les droits civiques des Noirs, dément les accusations et refuse de démissionner, plaçant en difficulté tout le parti démocrate, qui jusqu’à présent se présentait comme le véritable parti défenseur des femmes.

 

Réforme fiscale

 

Pour le parti du président américain, le problème le plus urgent se situe dans l’Alabama, lieu d’une élection sénatoriale partielle le 12 décembre.

 

Roy Moore est accusé de comportements déplacés et d’attouchements sur des mineures. Les faits se seraient produits à partir de la fin des années 1970 dans l’Alabama, alors qu’il était trentenaire. Il ne conteste pas avoir fréquenté des adolescentes, mais nie toute agression sexuelle.

 

Il a été lâché par son parti. Les sénateurs de la majorité, dont plusieurs joueront leur siège aux législatives de novembre 2018, craignent de s’associer au personnage et ont pris leurs distances — beaucoup disant en substance qu’ils préféreraient perdre le siège républicain que de voir Roy Moore rejoindre leurs rangs.

 

« Je veux être du bon côté de l’histoire dans cette affaire », a déclaré le sénateur Tim Scott sur ABC.

 

Mais le locataire de la Maison-Blanche voit les choses à plus court terme : il a besoin du plus de sénateurs républicains possible pour faire adopter sa réforme de la fiscalité avant la fin de l’année. Pour lui, pas question de passer de 52 à 51 sièges sur 100.

 

Il n’a pas appelé à voter Moore, ni dit son nom… Mais il a clairement dit aux électeurs qu’il ne fallait pas choisir le candidat démocrate. Il ne s’affichera toutefois pas avec Roy Moore.

 

« Le président ne prévoit pas de déplacement dans l’Alabama à ce stade », a déclaré la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders.

 

Le démocrate Doug Jones est remonté dans les sondages et l’issue de la course est devenue incertaine. Une large partie des électeurs conservateurs restent fidèles à l’ancien magistrat, héraut de la droite religieuse.

 

Procédures obsolètes

 

Au-delà de Roy Moore, face à la mise en cause de plusieurs parlementaires en exercice, le Congrès entend agir vite.

 

« Je suis peut-être naïf, mais je ne pensais pas qu’il y avait autant de porcs dans le monde », a déclaré lundi le sénateur républicain John Kennedy.

 

La Chambre des représentants votera mercredi pour rendre obligatoire une formation contre le harcèlement sexuel pour tous les élus et leurs collaborateurs, ce que le Sénat a déjà acté.

 

Plusieurs membres du Congrès, menés par la démocrate Jackie Speier, veulent aller plus loin que la seule sensibilisation au harcèlement et réformer une loi de 1995 sur la façon dont les victimes, à l’intérieur du Congrès, peuvent rapporter des faits de harcèlement et obtenir réparation.

 

Cette loi avait été adoptée en 1995 à une voix de l’unanimité. Mais l’époque a changé et les procédures établies à l’époque sont aujourd’hui dénoncées comme obsolètes.

 

« Le système mis en place en 1995 protégeait le harceleur », a dit Jackie Speier sur la chaîne ABC dimanche. « Une victime m’a dit que le processus était presque pire que le harcèlement lui-même. »

 

Les nouvelles règles proposées permettraient d’accélérer la procédure interne après une plainte, et de rendre publics la liste et le montant des règlements de plaintes.

  • Denis Paquette - Abonné 28 novembre 2017 01 h 59

    Tous des amateurs de harems

    Est-ce que ce ne serait pas le prévilège caché des riches, est-ce que ce serait pas a la base de la dynamique des riches,n'est ce pas ce sur quoi se contruisent les fortunes et le rêve des élites, enfin la vérité est révélé, tous des amateurs de harems