Burlington tente de faire revivre son héritage francophone

Dans un geste destiné à rappeler l'héritage français du Vermont et à attirer un plus grand nombre de touristes québécois, le conseil municipal de Burlington a dit oui, lundi soir, à une résolution visant à renforcer la présence du français dans la plus grande agglomération de l'État du Vermont.

La résolution, parrainée par une poignée de conseillers municipaux puis adoptée à l'unanimité, propose notamment d'utiliser davantage le français sur les panneaux de signalisation routière, ainsi que de faciliter l'apprentissage de la langue française, tout particulièrement pour ceux qui oeuvrent dans l'industrie touristique.

Le secteur privé devra mettre la main à la pâte en métamorphosant affiches, cartes, menus actuellement exclusivement en anglais en documents «dans une large mesure» bilingues, a souligné le conseil municipal.

Il suffit qu'un ou deux restaurateurs décident d'ouvrir le bal en proposant à leurs clients des menus bilingues pour que leurs confrères emboîtent le pas, selon le conseiller municipal Paul Decelles.

«Quand je voyage au Québec, avec mon français hésitant, je sais que lorsque je rencontre un Québécois, il peut me répondre en anglais. Ça rend l'expérience très satisfaisante. Nous espérons simplement rendre la pareille pour les visiteurs ici», a affirmé le conseiller municipal Norman Blais à la CBC.

Son collègue Paul Decelles, deux autres élus et lui-même sont derrière la résolution adoptée au conseil municipal avant-hier. Ils souhaitent voir foisonner au cours des prochains mois les macarons «Je parle français» et «Je comprends un peu de français» sur les vêtements des commerçants.

La Ville de Burlington compte accroître les échanges économiques, mais aussi culturels entre le Vermont, le Québec et la France, a fait savoir M. Blais.

Les élus se tournent également vers les établissements d'enseignement publics et privés, les «encourageant» à s'assurer «que les jeunes se familiarisent avec la langue française, avec l'histoire et la culture des sociétés d'expression française du globe, d'autant plus qu'elles sont liées à notre région», en donnant des cours de français langue seconde.

Ils souhaitent que les cours de français se multiplient dans l'agglomération de plus de 200 000 habitants, pour transmettre la base de la langue française, certes, mais également pour faire «apprécier notre culture et notre histoire francophones régionales» aux adultes.

Voeux pieux?

Le conseil municipal n'a pas cru bon de donner plus de mordant à ses mesures visant à accroître la présence du français en privilégiant un règlement en bonne et due forme, plutôt qu'une résolution symbolique.

Le maire de Burlington, Bob Kiss, a dit espérer que celles-ci, aussi symboliques soient-elles, seront bien accueillies au nord du 45e parallèle.

Près du tiers de la population de «Queen City», située à moins de deux heures de route de Montréal, est d'origine française, ses ancêtres ayant pour la plupart déménagé leurs pénates du Canada aux États-Unis, au XIXe siècle.
26 commentaires
  • Catherine Paquet - Abonnée 10 août 2011 06 h 05

    Il n'y a rien d'intéressant là...

    Vous constatez le peu d'enthousiasme que suscite chez les Québécois, au moins au Devoir, cet effort des francophiles américains visant à promouvoir un plus grand usage du français chez eux. Vous lisez ici, «« une résolution symbolique»», là, «« des voeux pieux?»» et plus lois ««une poignée de conseillers municipaux»».
    Le réflexe semble bien ancré. On s'en moque. On adopte le discours ambiant qui dit que le français est en voie de disparition partout. Pas la peine d'encourager les efforts qui sont faits ailleurs. Ce sont les indépendantistes québécois, eux seuls, si leur projet réussissait, qui sauveront le français en Amérique.

  • Fredodido - Inscrit 10 août 2011 07 h 36

    Et si...

    Et si le Québec était la pierre angulaire d'une union du Nord Est de l'Amérique?
    Vermon, Maine, Québec, Nouveau-Brunswick... La c'est sur que je dirais oui à ce projet!

  • Francois - Inscrit 10 août 2011 07 h 45

    St-Anne de belle vue n'offre même pas ça

    Je suis allé à St Anne de Belle Vue la fin de semaine dernière, et je me suis arrêté à la marina pour manger seulement je n'ai pu recevoir de service en français, j'ai quitté les lieux bien sûr. L'office de la protection langue française me dit impuissante à intervenir de façon à faire respecter la francophonie car l'employeur à moins de 50 employés. Rien pour faire valoir le respect et assurer la survie de langue française. Les gouvernements actuel ne prenne pas leur responsabilité linguistique de façon uniforme.

  • poprivet - Inscrit 10 août 2011 08 h 45

    10 000 x mieux qu'Ottawa

    Ayant de jeunes enfants, je crois que je ferai le détour par Burlington pour voir l'accueil réservé aux touristes francophones. Il sera je crois 10 000 fois meilleur que l'accueil réservé aux francophones partout ailleurs au Canada. Un article récent du Devoir révélait d'ailleurs que les anglos hors Québec étaient toujours plus bêtes et méchants envers des francophones quand ils percevaient, par leur accent, que ces derniers venaient du Québec.

    Alors visiter Burlington serait je pense une très bonne occasion d'économiser sur des achats et d'exposer mes enfants à la langue anglophone et ce, dans une région où ils seraient bien reçus et bien traités... pas considérés comme des criss de séparatissss.

    Le seul argument qui pourrait me faire changer d'idée, c'est s'ils engagent Sheela Copps pour comme porte parole.

  • alen - Inscrit 10 août 2011 09 h 06

    Elle était contente la madame...

    à la télé, parce qu'elle s'est faite dire <bon-ne-zour> à Burlington. `Ca mérite qu'on y revienne dépenser nos sous (payés par les taxes des Québécois) et qu'on y transfert les jobs de nos payeurs de taxes.`