Énergie - Obama rouvre la filière nucléaire

Barack Obama a annoncé hier l'octroi de 8,3 milliards de dollars de garanties de prêts pour la construction de la première centrale nucléaire américaine en près de 30 ans. Ces prêts seront garantis pour la construction par le groupe Southernde deux réacteurs en Géorgie.

«Afin de répondre à nos besoins en énergie et prévenir les pires conséquences du changement climatique, nous avons besoin d'accroître notre offre d'électricité nucléaire, c'est aussi simple que cela», a déclaré Barack Obama lors d'un déplacement à Lanham, dans le Maryland.

Le président américain plaide pour une loi limitant les émissions de gaz à effet de serre par l'industrie et favorisant le développement des énergies renouvelables. Il espère que son soutien en faveur de l'extension de l'énergie nucléaire, une priorité affichée par l'opposition républicaine, aidera à débloquer le vote d'une loi sur le climat par le Congrès.

Triplement des fonds

Southern, dont le siège est à Atlanta, s'est félicité de la décision des autorités fédérales. Le groupe possède l'un des parcs les plus importants de centrales électriques au charbon des États-Unis et serait affecté en cas de restrictions aux émissions de gaz à effet de serre.

Le projet de loi budgétaire pour 2011 présenté par M. Obama au Congrès mentionnait un triplement du fonds de garantie pour construire des centrales, à plus de 54 milliards.

Les États-Unis ont boudé l'énergie nucléaire depuis un grave accident à la centrale de Three Mile Island en Pennsylvanie en 1979. Cette technologie fait partie de l'éventail présenté par M. Obama pour réduire les émissions et diminuer la dépendance énergétique.

Les États-Unis comptent aujourd'hui 104 centrales nucléaires en fonctionnement, mais la plus récente, celle de Seebrook, dans le New Hampshire, a été commandée en 1977 et est entrée en service en 1990. Tous ces réacteurs ne fournissent aujourd'hui que 20 % des besoins en électricité du pays. Le reste est assuré par le charbon, le gaz naturel, le pétrole et les énergies renouvelables, surtout l'hydroélectricité.

D'autres à venir

Selon des estimations des milieux professionnels, les États-Unis devront construire 35 nouveaux réacteurs pour conserver cette part de 20 % d'électricité produite par le nucléaire, ce qui représenterait un investissement de quelque 280 milliards.

Fin janvier, le président Obama avait réitéré lors de son discours sur l'état de l'Union devant le Congrès sa volonté de «construire une nouvelle génération de centrales nucléaires sûres et propres dans ce pays», et installé dans la foulée une commission destinée à réfléchir à la gestion des déchets nucléaires.

«Le président pense depuis longtemps que l'énergie nucléaire devrait faire partie de notre éventail [de ressources] énergétiques, c'est la raison pour laquelle il a demandé [au Congrès] un ensemble de lois qui mettent en oeuvre toutes nos sources d'énergie, dont le nucléaire, pour effectuer une transition vers une économie d'énergies propres et créer des millions d'emplois», a assuré un haut responsable américain.
1 commentaire
  • Paul Racicot - Inscrit 17 février 2010 21 h 31

    À peu près 100 ans, Monsieur Obama !

    Certaines sources assez sûres estiment que tout le combustible nucléaire exploitable aura été épuisé dans à peu près 100 ans. Le pétrole? Environ 40 ans. Le gaz? Environ 60 ans. Le charbon? Environ 300 ans, je crois. Mais son coût de transport sur de longues distances est exorbitant.

    Il faudra donc que les États-Unis, et bien d'autres pays, passent tôt ou tard aux énergies renouvelables, les ressources non renouvelables ayant été épuisées.

    Par ailleurs, qu'est-ce que Énergie atomique Canada fait de tous ces déchets nucléaires, dont certains sont non recyclés... Sont-ils toujours entreposés en attendant leur enfouissement sécuritaire définitif ? J'attends toujours une réponse structurée à cette question pourtant simple... Devrais-je téléphoner à l'organisme en question ?