Vietnam: l’offensive du Têt, 50 ans après

Le 1er février 1968, un photographe d’Associated Press, Eddie Adams, a saisi la brutalité de la guerre du Vietnam, grâce à un cliché.
Photo: Eddie Adams Associated Press Le 1er février 1968, un photographe d’Associated Press, Eddie Adams, a saisi la brutalité de la guerre du Vietnam, grâce à un cliché.

Ho Chi Minh-Ville — Le 1er février marque le 50e anniversaire d’une photo qui a changé le cours d’une guerre : le 1er février 1968, un photographe d’Associated Press, Eddie Adams, a saisi la brutalité de la guerre du Vietnam, grâce à un cliché.

Cette photo montre le chef de la police nationale du Vietnam du Sud, Nguyen Ngoc Loan, pointer son pistolet sur la tête de Nguyen Van Lem, suspecté d’être un « Viet Cong » (un membre du Front national de libération du Vietnam du Sud), dans une rue de Saigon, lors de l’offensive du Têt.

L’offensive du Têt

Le Vietnam a par ailleurs souligné mercredi le 50e anniversaire de l’offensive du Têt, qui n’est pas officiellement une victoire du camp communiste mais marqua un tournant dans la guerre contre les États-Unis.

Sur scène des dizaines d’artistes et d’acrobates déguisés en soldats et paysans ont enchainé les tableaux devant de grandes photos d’époque.

Pour de nombreux vétérans venus assister à l’événement, ces spectacles font remonter les souvenirs :

« Nous avons résisté jusqu’à ce que nous n’ayons plus de balles, puis nous avons laissé nos armes et nous nous sommes repliés », a raconté à l’AFP Nguyen Van Duoc, 75 ans, avant d’évoquer ses camarades tombés pendant l’offensive et dont les corps n’ont jamais été retrouvés.

L’offensive du Têt est synonyme de souvenirs mitigés au Vietnam, notamment dans le sud du pays.

Il y a 50 ans, fin janvier 1968, veille du Nouvel an lunaire appelé Têt au Vietnam, les forces communistes nord-vietnamiennes lançaient au Sud une offensive générale surprise, qui marqua un tournant dans la guerre.

Malgré des pertes humaines importantes — estimées au minimum à 58 000 du côté des combattants nord-vietnamiens —, l’avantage tactique pris lors de cette attaque surprise de dizaines de milliers de combattants a permis aux troupes du Nord de reprendre plus de cent localités aux forces du Sud, soutenues par les États-Unis.

« L’offensive générale du printemps 1968 sera pour toujours un symbole de patriotisme, de détermination, de volonté en faveur de l’indépendance et la liberté », a déclaré Nguyen Thien Nhan, secrétaire du parti communiste pour la région de Ho Chi Minh.

Selon les chiffres officiels vietnamiens, plus de trois millions de civils ont été tués pendant la guerre, en plus de 2,5 millions de soldats vietnamiens dans les deux camps, communiste et pro-américain.

Côté américain, plus de 58 000 soldats ont trouvé la mort au Vietnam et de nombreux autres se sont suicidés de retour au pays, selon les chiffres des autorités américaines.