Il «manque» statistiquement 63 millions de femmes en Inde

Ce déséquilibre démographique est surtout attribuable aux avortements sélectifs en fonction du sexe, mais aussi au meilleur traitement réservé aux garçons.
Photo: Arun Sankar Agence France-Presse Ce déséquilibre démographique est surtout attribuable aux avortements sélectifs en fonction du sexe, mais aussi au meilleur traitement réservé aux garçons.

New Delhi — À cause d’une préférence très ancrée dans la culture pour les enfants de sexe masculin, il « manque » statistiquement 63 millions de femmes en Inde, et plus de 21 millions de filles n’étaient pas vraiment désirées par leurs parents, admettent les autorités.

Ce déséquilibre démographique est surtout attribuable aux avortements sélectifs en fonction du sexe, mais aussi au meilleur traitement réservé aux garçons, notamment en matière de nutrition et de soins de santé, selon l’analyse économique annuelle du gouvernement, publiée lundi.

De plus, les parents qui ont eu un garçon sont plus susceptibles de s’arrêter là, alors qu’ils seront portés à désirer un deuxième enfant s’ils ont eu d’abord une fille.

En Inde, la naissance d’un garçon donne souvent lieu à des célébrations et procure une grande fierté à la famille. La naissance d’une fille, au contraire, peut plonger les parents dans l’embarras, voire la peine, face à la dot qu’il faudra réunir pour son mariage. Il est acquis que les petites Indiennes sont moins instruites que les garçons, qu’elles mangent aussi moins bien et qu’elles sont moins bien soignées.

En analysant les taux de natalité et le sexe du dernier enfant né, le rapport gouvernemental estime que 21 millions de petites Indiennes n’étaient pas vraiment désirées — les parents tentaient en fait d’avoir un garçon.

Selon le conseiller économique principal Arvind Subramanian, l’Inde doit maintenant « s’attaquer à cette préférence socioculturelle pour les garçons », un phénomène « probablement millénaire ».

3 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 30 janvier 2018 16 h 24

    c'est ma conviction

    comment changer des moeurs ancrés depuis des millénaires, ces gens n'ont aucunes idées des notions d'égalité, ma conviction est qu'il serait sage de ne jamais les acceuillir , nous n'avons pas a être responsable de l'évolution du monde

  • Sylvie Lapointe - Abonnée 30 janvier 2018 19 h 08

    Coutumes millénaires

    S'il manque statistiquement 63 millions de femmes en Inde, pays où le mariage est considéré comme un accomplissement personnel et social pratiquement obligatoire, que vont faire tous ces jeunes hommes pour se trouver une épouse? Certains pensaient régler un problème là, mais un autre problème va ressortir plus loin.

    Il n'y a rien de plus redoutable que d'être absolument incapable de remettre en cause des coutumes, surtout millénaires. Espérons que les Indiens vont en devenir conscients.

  • Bruno Beaudoin - Abonné 1 février 2018 12 h 27

    Monsieur Harjit Singh Sajjan

    Monsieur Paquette, on doit bien reconnaître que monsieur Harjit Singh Sajjan n'est pas tout à fait né au Québec!