Lula n’est pas mort politiquement, dit le président brésilien Michel Temer

L’ex-chef de l’État brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, est favori des sondages pour la prochaine présidentielle.
Photo: Miguel Schincariol Agence France-Presse L’ex-chef de l’État brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, est favori des sondages pour la prochaine présidentielle.

Sao Paulo — L’ex-chef de l’État brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, favori des sondages pour la prochaine présidentielle, n’est pas mort politiquement en dépit de ses revers judiciaires, a affirmé lundi le président conservateur Michel Temer.

 

L’avenir politique de Lula a été très compromis par la confirmation en appel la semaine dernière d’une peine de prison de 12 ans et un mois pour corruption passive et blanchiment.

 

Mais Lula, président de 2003 à 2010, est plus que jamais déterminé à se présenter au scrutin d’octobre, pour lequel les sondages le donnent largement en tête des intentions de vote. Sa défense va utiliser les possibilités de recours et l’icône de la gauche brésilienne a jusqu’au 15 août pour faire enregistrer sa candidature.

 

« C’est une figure très charismatique et ce n’est pas sans raison qu’il est en tête dans le moindre sondage. [On ne peut pas] dire qu’il est mort politiquement […], dire que son image, ses paroles, son action passée ne vont pas avoir d’influence… Je ne pense pas qu’il soit mort », a déclaré M. Temer à la radio Bandeirantes de Sao Paulo.

 

« Personnellement, je préférerais qu’il n’ait pas à faire face à toutes ces accusations, qu’il puisse se présenter à l’élection et être battu par les urnes, parce que cela pacifierait le pays », a ajouté le président brésilien. « Évidemment sa non-participation créerait des tensions dans le pays ».

 

Michel Temer avait remplacé la présidente Dilma Rousseff, la dauphine de Lula dont il était le vice-président, lorsqu’elle avait été destituée en 2016. Il est devenu le plus impopulaire des présidents brésiliens depuis la fin de la dictature militaire (1985) et, à 77 ans, a décidé de ne pas se représenter.

 

Il avait déjà estimé il y a huit jours qu’« il serait démocratique » que Lula puisse se présenter à un troisième mandat.

C’est une figure très charismatique et ce n’est pas sans raison qu’il est en tête dans le moindre sondage

 

Passeport confisqué

 

Dans un message vidéo adressé à une conférence internationale en Éthiopie à laquelle un juge l’a empêché de se rendre vendredi dernier en confisquant son passeport, Lula s’est dit encore plus confiant dans ses chances de gagner l’élection.

 

« Ils ne veulent pas que je sois candidat, parce que plus ils m’accusent, plus ils me persécutent, plus je monte dans les sondages », a assuré l’ancien président, faisant référence aux juges et aux élites brésiliennes, qu’il accuse d’ourdir un complot contre lui.

  • Gilles Bonin - Abonné 30 janvier 2018 08 h 23

    M. Temer

    le très corrompu président de substitution le regretterait-il? C'est une question qui ne se pose même pas. Bien sûr Lula a été un peu «border line», mais advenant son élection et un important balayage des sénateurs et députés, il y en a qui vont en baver, eux qui sont déjà condamnés ou sous les feux de poursuites judiciaires principalement pour crimes de corruption, dont justement ce M. Temer. Mais il est aussi à craindre que Lula sera empêché de concourrir et là on ne sait pas où aboutira la démocratie au Brésil

    • Jean Jacques Roy - Abonné 31 janvier 2018 20 h 35

      C’est certain que la droite brésilienne a pris un risque énorme de s’attaquer à Lula. Leur calcul était de briser la tête du PT, croyant ainsi démobiliser les bases sociales qui supporte ce parti. Or, c’est à l’effet contraire auquel on assiste au Brésil.

      Et pire encore pour la droite, les mobilisations et les enjeux risquent d’élargir et d’approfondir l’influence de la gauche socialiste, en particulier du PSOL. Si cette radicalisation s’effectue, soutenue par les mouvements sociaux et syndicaux, la prochaine gouvernance du PT a des chances de se faire avec du sang neuf eten poussant beaucoup plus loin les réformes...

      C’est à suivre.