L’ex-procureure accuse Maduro

Brasília — L’ex-procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega, en fuite à Brasília, a affirmé mercredi détenir « beaucoup de preuves » de la corruption du président socialiste vénézuélien, Nicolas Maduro, et dit craindre pour sa vie. Arrivée tard mardi en provenance de la Colombie, où elle s’était d’abord rendue, Mme Ortega a profité de la tribune offerte à Brasília par une réunion des procureurs des pays du Mercosur pour fustiger le pouvoir chaviste. « Ce qui se passe au Venezuela, c’est la mort du droit. La stabilité de la région est en danger, a-t-elle affirmé. Le Venezuela traverse une grave crise qui empêche [la population] d’avoir accès à l’alimentation, à la santé et aux médicaments de base. » Élu en 2013, le président Maduro fait face depuis cinq mois à une vague de manifestations pour exiger son départ, lesquelles ont fait 125 morts sur fond de naufrage économique. Chaviste entrée en dissidence puis relevée de ses fonctions par le pouvoir, l’ex-procureure a fui vendredi le Venezuela, où elle s’estime victime d’une « persécution politique ». « J’ai reçu des menaces sur ma vie et je [tiendrais] le gouvernement vénézuélien pour responsable si quelque chose devait arriver », a-t-elle affirmé.

  • Rodrigo J. Mendoza T. - Abonné 24 août 2017 09 h 59

    Un petit bout de vérité, quand même.

    Le démontage de l'État du droit au Venezuela, longtemps surnois, plus récemment à la dynamite, date de tout le début du régime. Mme. Ortega y était toujours à l'aise. Elle a pari que le désarroi et la détresse produits par la pénurie d'aliments et de médicaments, et par la répression généralisée, aboutiraient à la sortie de Maduro. Mais presque vingt ans de chavismo et d'infiltration cubaine ont décousu les tissus sociaux, corrompu les forces armées et augmenté sans limites le pouvoir de feu des clients du gouvernement.

    Bien entendu, le couple (Mme. Ortega et son mari, ex-député chaviste) et le régime s'acussent réciproquement de corruption. La-dessus, les deux ont raison.