Afrique du Sud: un millier de mineurs coincés plusieurs heures sous terre

Une panne d'électricité a provoqué l’arrêt des ascenseurs et empêché dans la matinée la remontée de l’équipe de nuit de la mine de Beatrix, près de la ville de Welkom, en Afrique du Sud. 
Photo: Gianluigi Guercia Agence France-Presse Une panne d'électricité a provoqué l’arrêt des ascenseurs et empêché dans la matinée la remontée de l’équipe de nuit de la mine de Beatrix, près de la ville de Welkom, en Afrique du Sud. 

La totalité des 955 mineurs piégés sous terre depuis mercredi soir en Afrique du Sud à la suite d’une coupure de courant sont remontés à la surface sains et saufs vendredi à l’aube, a annoncé le propriétaire de la mine Sibanye Gold.

« Tout le monde est sorti » de la mine de Beatrix près de Welkom, a déclaré à l’AFP un porte-parole de Sibanye Gold, James Wellsted. L’incident n’a pas fait de morts. On déplore « seulement quelques cas de déshydratation et de pression artérielle élevée, mais rien de grave », a-t-il ajouté.

Ils « ont vécu une expérience traumatique », a reconnu le porte-parole de la mine. De retour à l’air libre, ils devaient subir un examen médical et recevoir un soutien psychologique, ainsi que leurs familles.

Les opérations de secours se sont poursuivies tard jeudi soir pour tenter de remonter les mineurs bloqués depuis vingt-quatre heures sous terre faute d’électricité.

Cette panne, consécutive à un violent orage, a provoqué l’arrêt des ascenseurs et empêché dans la matinée la remontée de l’équipe de nuit de la mine de Beatrix, près de la ville de Welkom, propriété de la compagnie Sibanye Gold.

La région de Welkom a été frappée tard mercredi soir par un violent orage qui a provoqué la chute de plusieurs pylônes électriques et coupé les deux lignes qui alimentent la mine.

Les techniciens de la compagnie nationale d’électricité Eskom sont parvenus à en rétablir une quelques heures après, permettant ainsi de remettre en service un ascenseur et de remonter à la surface 272 employés, selon M. Wellsted.

Mais leurs efforts pour rétablir le courant au puits numéro 3, au fond duquel restaient coincés 955 de leurs collègues, sont restés longtemps vains.

Maintenues à distance par les agents de sécurité de la mine, une dizaine de familles de mineurs patientaient nerveusement devant le puits, éclairé par de puissants projecteurs, dans l’attente de nouvelles de leurs proches.

Mesures de sécurité

Sitôt connu, cet incident a relancé la controverse sur la sécurité de l’industrie minière.

L’Association du syndicat des mineurs (AMCU) a immédiatement réagi en dénonçant « le manque de plans de secours à la mine en matière de sources alternatives d’électricité ».

La principale centrale syndicale du pays, la Cosatu, a pour sa part demandé « une enquête » et exigé que la compagnie soit « tenue responsable pour négligence ».

« Les grands groupes multinationaux comme Sibanye-Stillwater font très peu pour empêcher les accidents, alors qu’ils devraient être les premiers à développer une culture de la sécurité », a regretté le Syndicat national des mineurs (NUM).

« Pourquoi sont-ils encore coincés alors que ces entreprises gagnent tant d’argent ? » s’est interrogé une jeune militant du Congrès national africain (ANC) au pouvoir, Siyabonga Sikade, présent auprès des familles des mineurs. « Quels sont leurs plans d’urgence ? a-t-il renchéri auprès de l’AFP. Il faut que ces gens rendent des comptes. »

Les accidents miniers sont fréquents en Afrique du Sud, qui possède les mines les plus profondes au monde. En 2015, 77 personnes y sont mortes, selon la Chambre sud-africaine des mines.

En août dernier, cinq mineurs sont morts dans une mine d’or proche de Johannesburg, ensevelis par l’effondrement d’une galerie.

Pendant des décennies, l’extraction minière, particulièrement de l’or, a porté à bout de bras la croissance de l’économie sud-africaine. Sa production a toutefois récemment chuté à cause de l’épuisement de ses réserves.