La présidence de Zuma ne tient plus qu’à un fil

Le président sud-africain, Jacob Zuma, lors d'une rencontre avec des leaders de plusieurs communautés indigènes, le 5 janvier.
Photo: Rajesh Jantilal Agence France-Presse Le président sud-africain, Jacob Zuma, lors d'une rencontre avec des leaders de plusieurs communautés indigènes, le 5 janvier.

L’avenir du président sud-africain, Jacob Zuma, contraint de mettre en place une commission sur la corruption à la tête de l’État, n’a jamais semblé aussi précaire au sein de son parti, le Congrès national africain (ANC), menacé de perdre les élections de 2019.

En l’espace de quelques semaines, Jacob Zuma, dont le second mandat présidentiel expire en 2019, a multiplié les déconvenues politiques et judiciaires, au point que les experts tablent déjà sur son départ anticipé.

« À de multiples reprises, on a prédit la chute de Zuma et, contre toute attente, il a toujours survécu », rappelle l’analyste politique Susan Booysen, de l’Université Witwatersrand à Johannesburg.

Mais « il y a désormais de nombreux éléments irréfutables et circonstanciés qui laissent à penser que c’est la fin pour Zuma », avance-t-elle à l’AFP.

Fin stratège, le président avait misé sur l’élection à la mi-décembre de son ex-épouse, Nkosazana Dlamini-Zuma, pour le remplacer à la tête de l’ANC. Mauvais calcul. C’est le vice-président Cyril Ramaphosa, qui avait axé sa campagne sur la lutte contre la corruption, qui l’a emporté.

Le tout nouveau comité exécutif national du parti, issu du congrès de décembre, s’est réuni pour la première fois mercredi, dans la ville côtière d’East London (sud-est).

Officiellement, il n’allait pas débattre d’un départ de Jacob Zuma, a assuré le secrétaire général de l’ANC, Ace Magashule. Mais le sujet — brûlant — devrait être sur toutes les lèvres.

Il en a d’ailleurs été question, ce mercredi, au Parlement. Sur injonction de la justice, une commission a planché sur « la révision des règles » de destitution du président. Elle doit rendre sa copie à la mi-février.

Pressé de toutes parts, M. Zuma a été contraint mardi soir d’annoncer la création d’une commission d’enquête sur la corruption au sein de l’État. Là encore, il s’est conformé — à reculons — à une décision de la justice.

Il a expliqué qu’il avait « pris conscience que cette affaire préoccupait l’opinion publique depuis quelque temps ».

C’est peu dire. La corruption mine la présidence Zuma, et avec elle l’ANC, le parti de feu Nelson Mandela.

L’association sud-africaine de lutte contre la corruption Outa a salué la création de la commission, tout en « exhortant Cyril Ramaphosa à ne pas attendre ses conclusions ».

« Vous avez là une occasion de vous débarrasser, dans les semaines à venir, du baron de la corruption dans notre gouvernement. Nous vous demandons poliment d’en faire usage. »