Un avion de ligne russe s’écrase avec 71 personnes à bord

Des intervenants d'urgence travaillent sur le site de l'accident d'avion dans le district de Ramensky, en périphérie de Moscou.
Photo: Dmitry Serebryakov Agence France-Presse Des intervenants d'urgence travaillent sur le site de l'accident d'avion dans le district de Ramensky, en périphérie de Moscou.

Un avion de ligne russe s’est écrasé près de Moscou dimanche peu après avoir décollé de l’aéroport de Domodedovo, causant la mort des 71 passagers et membres d’équipage à bord.

 

Les autorités russes ont indiqué étudier toutes les hypothèses comme possibles causes, citant les conditions climatiques, le facteur humain ou un problème technique, sans mentionner la piste terroriste.

 

L’appareil, un biréacteur Antonov An-148 de la compagnie Saratov Airlines mis en service en 2010, a disparu des écrans radar à 14 h 28 locales (6 h 28 au Québec), quatre minutes après son décollage en direction d’Orsk, une ville de l’Oural. Il s’est écrasé dans le district de Ramenski, à quelque 70 km au sud-est de Moscou, près du village de Stepanovskoïe.

 

« 65 passagers et six membres d’équipage se trouvaient à bord de l’appareil, tous sont morts », a annoncé dans un communiqué l’antenne du parquet spécialisée dans les transports.

 

Trois enfants figurent sur la liste publiée par les autorités.

 

La route menant au site du crash était bloquée dimanche soir après la nuit tombée, ont constaté des journalistes de l’AFP sur place. Les environs étaient couverts d’une épaisse couche de neige, qui continuait de tomber, et de longues files de véhicules étaient bloquées sur la route la plus proche du site.

 

Pour se rendre sur les lieux, les employés du ministère des Situations d’urgence devaient employer des motoneiges, des drones étant aussi utilisés pour explorer le site.

 

Si les recherches des corps et des débris, dispersés sur une zone très étendue, étaient compliquées par la neige, un responsable régional du ministère des Situations d’urgence cité par les agences de presse russes, Sergueï Polietykhine, a indiqué qu’« une boîte noire a été trouvée sur le site du crash ».
 

« Plus de 400 personnes et environ 70 véhicules de secours sont sur le lieu du crash » pour les recherches qui devaient se poursuivre toute la nuit grâce à de puissants projecteurs, selon le ministère des Situation d’urgence.

 

L’état des restes des corps est tel qu’il « faudra une expertise génétique » pour procéder à l’identification des victimes, a indiqué le ministre russe des transports, Maxime Sokolov, précisant qu’une telle procédure pourrait « prendre deux à trois mois ».

 

Enquête en cours
 

« J’ai ressenti une onde de choc », a déclaré à l’AFP Maria, une habitante de Nikitskoïe, un village proche de celui où a eu lieu le crash. « Les vitres ont tremblé. »

 

Une enquête a été formellement ouverte pour identifier d’éventuelles violations aux règles de sécurité, a annoncé le Comité d’enquête russe. « Toutes les versions possibles de la catastrophe sont étudiées, notamment les conditions climatiques, le facteur humain ou l’état technique de l’avion », a-t-il assuré.

 

Vladimir Poutine a présenté ses condoléances aux proches des victimes et annulé un déplacement prévu lundi à Sotchi où il devait recevoir le président palestinien Mahmoud Abbas, a indiqué le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par les agences russes. Cet entretien devrait avoir lieu à Moscou.

 

Les télévisions russes montraient des débris de l’appareil apparemment pulvérisé, aux couleurs orange de Saratov Airlines, disséminés dans des champs enneigées.

 

Une cellule de crise a été ouverte à l’aéroport Domodedovo, le second aéroport de la capitale russe en nombre de passagers, tout comme dans l’aéroport d’Orsk, une ville de l’Oural proche de la frontière avec le Kazakhstan.

 

La majorité des passagers de l’avion étaient originaires de la région d’Orenbourg, dont Orsk est la deuxième ville la plus importante. Un adolescent et deux enfants se trouvaient parmi les passagers.

 

L’Antonov-148 avait été mis en service en 2010, a précisé Saratov Airlines dans un communiqué.

 

Basée à Saratov (Volga), Saratov Airlines exploite essentiellement des avions russes Antonov ou Yakovlev. Cette compagnie, qui n’avait jamais été impliquée dans un accident mortel depuis la fin de l’URSS en 1991, dessert surtout des villes de province en Russie ainsi que les capitales du Caucase.

 

Avion biréacteur du constructeur ukrainien Antonov, l’An-148 a réalisé son premier vol en 2004. Ce court-courrier peut transporter jusqu’à 85 passagers sur une distance de 3500 kilomètres.

 

Depuis son entrée en exploitation ce type d’avion a connu au moins cinq incidents impliquant le train d’atterrissage, le système électrique et le système de guidage.

 

Le dernier accident mortel d’un avion sur le territoire russe remonte à décembre 2016, quand un avion de passagers de type Tupolev Tu-154 appartenant au ministère de la Défense s’était écrasé peu après son décollage d’Adler (sud) à destination de la base aérienne russe de Hmeimim, en Syrie. Parmi les victimes figuraient plus de 60 membres des chœurs de l’Armée rouge.