L’OMS veut taxer les boissons sucrées

Une fiscalité plus salée sur les boissons sucrées, c’est ce que recommande l’Organisation mondiale de la santé aux gouvernements pour lutter contre l’obésité et le diabète.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Une fiscalité plus salée sur les boissons sucrées, c’est ce que recommande l’Organisation mondiale de la santé aux gouvernements pour lutter contre l’obésité et le diabète.

Québec a jusqu’ici rejeté l’option, Ottawa l’étudie, mais voilà qu’un argument de poids a été lancé mardi, quand Organisation mondiale de la santé (OMS) a appelé les gouvernements de la planète à taxer les boissons sucrées afin de combattre l’obésité dans le monde.

Dans un nouveau rapport, l’agence onusienne estime qu’il existe « des preuves croissantes » que l’imposition de taxes sur les boissons sucrées « se solderait par une réduction proportionnelle de la consommation ».

Selon Douglas Bettcher, qui dirige le Département de la prévention des maladies non transmissibles à l’OMS, les gouvernements peuvent carrément « réduire les souffrances et sauver des vies » en imposant une taxe sur des produits comme les boissons sucrées.

Au Canada comme au Québec, l’idée de taxer les boissons sucrées est évoquée régulièrement. Dans la province, le gouvernement Couillard a choisi l’an dernier de renoncer à cette option, disant plutôt souhaiter se concentrer sur la prévention.

Entre-temps, l’édition 2014-2015 de l’Enquête sur la santé de la population québécoise de l’Institut de la statistique du Québec a jeté un premier regard sur la consommation de boissons sucrées par les Québécois. L’étude a révélé qu’un cinquième des Québécois âgés de 15 ans et plus consomment des boissons sucrées au moins une fois par jour.

Le rapport de l’enquête a aussi relaté des études indiquant que « la consommation d’au moins une boisson sucrée par jour chez les adultes peut accroître de 27 % leur probabilité de devenir obèse » et que, chez les enfants, elle peut la hausser de 60 %.

Au Canada, le cabinet du ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a commandé l’hiver dernier une analyse interne sur les effets d’une éventuelle taxe sur ce type de boisson. La mesure ne s’est finalement pas retrouvée dans le premier budget du gouvernement Trudeau, mais cela ne signifie pas que les libéraux ont fait une croix dessus, assure le cabinet du ministre Morneau.

L’exemple mexicain

Le nouveau rapport de l’OMS découle d’une demande formulée l’an dernier par l’agence onusienne, qui souhaitait que des experts fiscaux étudient les manières dont les politiques fiscales peuvent faire baisser le taux de diabète. L’exercice a permis de calculer qu’au Mexique, où on a imposé en 2014 une taxe sur les boissons sucrées provoquant une hausse de 10 % de leur prix, la consommation a été réduite de 6 %. De manière générale, l’OMS estime que l’augmentation des prix des boissons sucrées entraîne une baisse équivalente de leur consommation. Une hausse de prix de 50 % réduirait donc la consommation de moitié, selon l’organisation.

Quand même, les consommateurs doivent avoir d’autres options. « Les politiques fiscales devraient viser les aliments et les boissons pour lesquels des [choix] plus sains existent », suggère donc le rapport, qui propose aussi de créer des subventions aux fruits et légumes pour en réduire les prix entre 10 et 30 % et ainsi améliorer les habitudes alimentaires.

Un système de commandites

L’insistance sur l’action gouvernementale n’est pas sans rappeler une étude publiée lundi dans l’American Journal of Preventive Medicine, dans laquelle les chercheurs Daniel G. Aaron et Michael B. Siegel, de l’Université de Boston, ont exposé un système de commandites des grandes organisations de santé. Leur enquête a permis de découvrir que divers groupes de promotion des saines habitudes de vie ont cessé de soutenir l’imposition de taxes sur les boissons gazeuses après avoir empoché d’importants dons de la part de l’industrie.

Le document cite l’exemple du groupe Save The Children, engagé dans diverses campagnes de promotion d’une telle taxe, qui a retiré son appui en 2010 après avoir accepté une subvention de 5 millions de dollars de la part de Pepsi. Dans une déclaration rapportée par le New York Times, Save The Children a indiqué que son retrait du lobby pro-taxe n’avait rien à voir avec l’obtention de ce montant d’argent.

1 commentaire
  • Daniel Bérubé - Abonné 13 octobre 2016 11 h 02

    Ben oui...

    Réduire les souffrances, sauver des vies, c'est ben beau ça, mais avec vous pensé aux effets "secondaires" de la chose ??

    LES MARCHÉS !!! Vous allez nuire aux marchés ! Le marchés du sucre risque d'en être affecté ! Pensez aux pauvres entreprises internationales comme Coca-Cola, Pepsi, les jus fait d'eau et de sucre et produits chimique mixé donnant un goût s'approchant du fruit annoncé !

    Inquiétez vous donc pas... l'humain continura à se reproduire, mais pensez y, une compagnie comme Coca-Cola, combien d'emploies pourraient être à risque !!?? Et les investisseurs ? Y avez-vous pensez ? Ceux qui ont investie des millions voir des milliards dans ces multinationales pour vous offrir de si bon poisons !? Ces "pauvres" riches de la bourse et autres ???

    Prenez conscience qu'aujourd'hui, l'humain est devenu secondaire sur la planète, et ce qu'il nous faut sauvegarder à tout prix, même si la chose peux faire disparaître l'espèce dites humaine, ce sont les marchés... la mondialisation, qui permettra aux marchés de faire disparaître certains peuples, prendre possession de leurs terres pour donner naissance à de nouveaux marchés. Qui sait ! Peux-être auront nous un jour à créer des besoins pour des robots ! Aie les robots, vous ne pourrez plus jamais vous passez de cette nouvelle batterie vous permettant de vous promenez où vous voulez durant tout le jour sans recharge !!! Allez, convainquez votre propriétaire de vous en acheter une !

    C'est ça... préparons les publicités pour convaincre les robots de consommer... il s'agit d'espérer qu'ils ne feront pas les même conneries que les humains !

    (S'cusez, j'avais besoin de défoullement...)