Sanibel et Captiva - Une autre Floride
Photo Jules Richer - Une excursion en kayak dans les mangroves s’impose.
De la Floride, on garde souvent l'image d'une commercialisation à outrance, de parcs de roulottes encombrés et de plages sans fin bordées de grands hôtels et d'appartements en copropriété. Mais ce n'est là qu'une des Florides. Il y en a d'autres, plus pures, plus originelles et, surtout, plus près de cette luxuriante nature du sud des États-Unis. Si on fait un saut à l'opposé de Miami et de Fort Lauderdale, on arrive sur l'autre côte, moins connue, celle du golfe du Mexique. Des chapelets d'îles parsèment ces beaux bords de mer. Parmi elles, on retrouve Sanibel et Captiva, uniques à bien des égards. Méconnues des Québécois, elles offrent des lieux de villégiature en contact intime avec la nature.
Vert. Du vert partout. De la végétation à profusion. Des bâtiments qui disparaissent sous les frondaisons. C'est ce qui frappe lorsqu'on met le pied dans ces îles. La seconde impression marquante, on la vit quelques heures plus tard en se rendant à la plage. Il suffit de tourner le regard vers l'océan et ils sont là, bondissant hors des vagues, les rieurs amis marins des humains : les dauphins. Pendant notre séjour, nous en verrons pratiquement chaque jour. À la plage, ils peuvent venir jusqu'à une dizaine de mètres des baigneurs. Une promenade en bateau en attire presque inévitablement. Avec plaisir, ils bondissent dans le sillage de notre embarcation.
Et ce n'est pas fini. Il y a aussi les lamantins, ces grosses vaches marines, maintenant rarissimes quoique protégés, qui broutent pacifiquement les algues. À un rythme régulier, ils sortent leur tête massive de l'eau pour respirer un bon coup. Pour en observer, il suffit de demander à une personne familière avec la région ; elle vous indiquera l'emplacement des quais où l'on peut les apercevoir. Mais il y a aussi les alligators, les grands oiseaux marins, pélicans bruns et blancs, spatules roses, aigrettes, tantales, cormorans; puis les plages, les longues plages où les coquillages abondent — on en dénombre 400 espèces.
L'île de Sanibel est longue d'une vingtaine de kilomètres; sa petite soeur, Captiva, l'accompagne et fait cinq kilomètres. Les deux sont reliées à la terre ferme depuis 1963 grâce à un pont-chaussée. L'ouverture de ce lien routier a signifié, bien entendu, un développement rapide. Sauf que la population locale a veillé au grain. Le caractère naturel de ces belles îles du golfe a été préservé au moyen d'une réglementation municipale stricte. Par exemple, la largeur des routes a été limitée et le type de constructions hôtelières a été contrôlé. On a ainsi interdit à peu près tout éclairage nocturne dans les rues afin d'éviter de désorienter les tortues marines qui vont pondre sur les plages.
Et ce n'est pas à Sanibel, et encore moins à Captiva, que vous trouverez la cohorte habituelle des McDo et compagnie : les grandes chaînes de fast-food ont été interdites de séjour aux îles. On peut s'y rendre facilement par avion : l'aéroport de Fort Myers se trouve à 45 minutes de voiture. L'hiver, les vols directs de Toronto sont nombreux.
La meilleure façon de prendre contact avec la nature des îles reste encore la visite de la réserve faunique J. N. «Ding» Darling. Une excursion en kayak dans les mangroves s'impose. La compagnie concessionnaire du secteur de Tarpon Bay offre un service guidé. Même les néophytes du kayak en tireront de l'agrément. Unique aux zones côtières marines, la mangrove est un univers en soi. Elle est constituée d'arbres, les mangroves, en mesure de vivre dans l'eau salée et dont les grandes racines les soutiennent hors de l'eau. Ces créatures végétales sont extraordinaires : elles stabilisent les côtes sablonneuses et permettent à la terre de gagner graduellement sur la mer. Véritables frayères, elles procurent un abri à plusieurs sortes de poissons juvéniles et de larves. Se glisser doucement en kayak dans la mangrove permet de s'immiscer discrètement dans cet univers.
La réserve «Ding» Darling est le paradis des oiseaux : on en dénombre plus de 200 espèces. Les ornithologues de partout aux États-Unis y viennent. On admire, par exemple, les spatules roses, spectaculaires dans leur livrée vive, les jolies aigrettes neigeuses aux pattes jaunes, et les grands hérons, familiers des cours d'eau québécois. Y règnent aussi les alligators qui, malheureusement au moment de notre visite, étaient difficiles à dénicher. Par contre, mon épouse a eu la chance inouïe d'apercevoir le seul lynx des îles alors qu'il circulait de nuit près d'un chemin. On calcule que 40 % de la superficie de Sanibel et de Captiva est réservé exclusivement à la nature.
Ce n'est pas tout d'observer les animaux, encore faut-il se détendre un peu. On est en Floride, après tout. Et il faut en profiter puisque les plages des îles s'étendent à perte de vue. Le sable blanc, dont elles sont constituées, borde toute la façade située du côté du golfe. Il suffit de marcher un peu pour distancer rapidement les concentrations humaines. De cette façon, il sera possible de pratiquer un autre des loisirs qui attirent les visiteurs dans ces îles : la cueillette de coquillages. Selon les saisons de l'année, la récolte peut être impressionnante. Les formes, les couleurs, les dessins des coquillages varient à l'infini. Sous le sable, il y en a encore. Cette fois, minuscules. Il s'agit des coquinas.
Leur couleur varie du rose au violet délicat. Vivants, pas plus longs qu'un millimètre ou deux, on en prend une petite quantité dans le creux des mains, on les recouvre d'eau de la mer et les voilà qui bougent, cherchant à s'enfoncer. La sensation est amusante. Il doit y en avoir des milliards et des milliards sous le sable. C'est, en somme, le peuple coquina.
Caractéristique particulière des îles : en s'installant à certains endroits, dans une journée, on peut regarder le lever et le coucher du soleil. À l'hôtel Tween Waters, par exemple, qui est situé sur une portion étroite de Captiva. Question hébergement, il y a l'embarras du choix, et pour toutes les bourses. Du Holliday Inn aux beaux hôtels. Pour une occasion spéciale, on peut songer au South Seas Resort. Noyé dans la verdure, ce complexe hôtelier, s'étendant sur 330 acres, occupe toute l'extrémité nord de Captiva. Il offre une grande variété de chambres : des condos sur deux étages aux formules plus hôtelières (www2.south-seas-resort.com).
On y trouve un golf à neuf trous et plusieurs restaurants. Le complexe est privé et d'accès limité. L'hébergement est de qualité. La mer est là, partout... et les dauphins aussi, fidèles au rendez-vous presque chaque jour.
En vrac
La bicyclette. Sanibel et Captiva sont aussi — et c'est important — synonymes de belles randonnées à bicyclette. Le réseau des pistes cyclables est étendu et bien entretenu. Dans une bonne partie du réseau, on ne côtoie pas les automobiles, seulement la faune de l'île. Mais lorsqu'on croise chemin avec la circulation, on est agréablement surpris : sur les îles, la bicyclette a vraiment priorité.
Pour un Québécois, c'est un véritable dépaysement. Les automobilistes sont d'une courtoisie exemplaire. Et on en est témoin à maintes occasions.
Se sustenter. Même si les chaînes de fast-food sont interdites à Sanibel, rien n'empêche de succomber à la tentation d'un hamburger copieux. Mais, présence de la mer oblige, il faut en prendre un au poisson. Et c'est au Lazy Flamingo qu'on trouve les meilleurs. Il faut demander le hamburger au grouper (mérou) sur le grill. C'est juteux, savoureux et à s'en lécher les doigts.
Au menu également : toutes sortes de poissons locaux. Sans prétention, loin de l'attrape-touriste.
Deux adresses à Sanibel : 6520 Pine Avenue et 1036 Periwinkle Way.
Excursion. Aller en mer est bien agréable, surtout quand il s'agit de visiter des îles uniques. À une heure ou deux de bateau de Captiva, on peut découvrir celle d'Useppa. Gérée comme un club privé, cette île n'accepte que des résidants qui en sont membres.
Les automobiles y sont interdites, seules les voiturettes de golf circulent. Les maisons font le régal des amateurs d'architecture tropicale et, détail notable, on y a planté partout des orchidées.
On peut la visiter grâce à des tours organisés comme ceux de Captiva Cruise (www.captivacruises.com) et même y séjourner dans un charmant bed and breakfeast (www.useppa.com).
***
Ce voyage a été réalisé en partie grâce à la collaboration du Lee Island Coast Visitor and Convention Bureau.
Vert. Du vert partout. De la végétation à profusion. Des bâtiments qui disparaissent sous les frondaisons. C'est ce qui frappe lorsqu'on met le pied dans ces îles. La seconde impression marquante, on la vit quelques heures plus tard en se rendant à la plage. Il suffit de tourner le regard vers l'océan et ils sont là, bondissant hors des vagues, les rieurs amis marins des humains : les dauphins. Pendant notre séjour, nous en verrons pratiquement chaque jour. À la plage, ils peuvent venir jusqu'à une dizaine de mètres des baigneurs. Une promenade en bateau en attire presque inévitablement. Avec plaisir, ils bondissent dans le sillage de notre embarcation.
Et ce n'est pas fini. Il y a aussi les lamantins, ces grosses vaches marines, maintenant rarissimes quoique protégés, qui broutent pacifiquement les algues. À un rythme régulier, ils sortent leur tête massive de l'eau pour respirer un bon coup. Pour en observer, il suffit de demander à une personne familière avec la région ; elle vous indiquera l'emplacement des quais où l'on peut les apercevoir. Mais il y a aussi les alligators, les grands oiseaux marins, pélicans bruns et blancs, spatules roses, aigrettes, tantales, cormorans; puis les plages, les longues plages où les coquillages abondent — on en dénombre 400 espèces.
L'île de Sanibel est longue d'une vingtaine de kilomètres; sa petite soeur, Captiva, l'accompagne et fait cinq kilomètres. Les deux sont reliées à la terre ferme depuis 1963 grâce à un pont-chaussée. L'ouverture de ce lien routier a signifié, bien entendu, un développement rapide. Sauf que la population locale a veillé au grain. Le caractère naturel de ces belles îles du golfe a été préservé au moyen d'une réglementation municipale stricte. Par exemple, la largeur des routes a été limitée et le type de constructions hôtelières a été contrôlé. On a ainsi interdit à peu près tout éclairage nocturne dans les rues afin d'éviter de désorienter les tortues marines qui vont pondre sur les plages.
Et ce n'est pas à Sanibel, et encore moins à Captiva, que vous trouverez la cohorte habituelle des McDo et compagnie : les grandes chaînes de fast-food ont été interdites de séjour aux îles. On peut s'y rendre facilement par avion : l'aéroport de Fort Myers se trouve à 45 minutes de voiture. L'hiver, les vols directs de Toronto sont nombreux.
La meilleure façon de prendre contact avec la nature des îles reste encore la visite de la réserve faunique J. N. «Ding» Darling. Une excursion en kayak dans les mangroves s'impose. La compagnie concessionnaire du secteur de Tarpon Bay offre un service guidé. Même les néophytes du kayak en tireront de l'agrément. Unique aux zones côtières marines, la mangrove est un univers en soi. Elle est constituée d'arbres, les mangroves, en mesure de vivre dans l'eau salée et dont les grandes racines les soutiennent hors de l'eau. Ces créatures végétales sont extraordinaires : elles stabilisent les côtes sablonneuses et permettent à la terre de gagner graduellement sur la mer. Véritables frayères, elles procurent un abri à plusieurs sortes de poissons juvéniles et de larves. Se glisser doucement en kayak dans la mangrove permet de s'immiscer discrètement dans cet univers.
La réserve «Ding» Darling est le paradis des oiseaux : on en dénombre plus de 200 espèces. Les ornithologues de partout aux États-Unis y viennent. On admire, par exemple, les spatules roses, spectaculaires dans leur livrée vive, les jolies aigrettes neigeuses aux pattes jaunes, et les grands hérons, familiers des cours d'eau québécois. Y règnent aussi les alligators qui, malheureusement au moment de notre visite, étaient difficiles à dénicher. Par contre, mon épouse a eu la chance inouïe d'apercevoir le seul lynx des îles alors qu'il circulait de nuit près d'un chemin. On calcule que 40 % de la superficie de Sanibel et de Captiva est réservé exclusivement à la nature.
Ce n'est pas tout d'observer les animaux, encore faut-il se détendre un peu. On est en Floride, après tout. Et il faut en profiter puisque les plages des îles s'étendent à perte de vue. Le sable blanc, dont elles sont constituées, borde toute la façade située du côté du golfe. Il suffit de marcher un peu pour distancer rapidement les concentrations humaines. De cette façon, il sera possible de pratiquer un autre des loisirs qui attirent les visiteurs dans ces îles : la cueillette de coquillages. Selon les saisons de l'année, la récolte peut être impressionnante. Les formes, les couleurs, les dessins des coquillages varient à l'infini. Sous le sable, il y en a encore. Cette fois, minuscules. Il s'agit des coquinas.
Leur couleur varie du rose au violet délicat. Vivants, pas plus longs qu'un millimètre ou deux, on en prend une petite quantité dans le creux des mains, on les recouvre d'eau de la mer et les voilà qui bougent, cherchant à s'enfoncer. La sensation est amusante. Il doit y en avoir des milliards et des milliards sous le sable. C'est, en somme, le peuple coquina.
Caractéristique particulière des îles : en s'installant à certains endroits, dans une journée, on peut regarder le lever et le coucher du soleil. À l'hôtel Tween Waters, par exemple, qui est situé sur une portion étroite de Captiva. Question hébergement, il y a l'embarras du choix, et pour toutes les bourses. Du Holliday Inn aux beaux hôtels. Pour une occasion spéciale, on peut songer au South Seas Resort. Noyé dans la verdure, ce complexe hôtelier, s'étendant sur 330 acres, occupe toute l'extrémité nord de Captiva. Il offre une grande variété de chambres : des condos sur deux étages aux formules plus hôtelières (www2.south-seas-resort.com).
On y trouve un golf à neuf trous et plusieurs restaurants. Le complexe est privé et d'accès limité. L'hébergement est de qualité. La mer est là, partout... et les dauphins aussi, fidèles au rendez-vous presque chaque jour.
En vrac
La bicyclette. Sanibel et Captiva sont aussi — et c'est important — synonymes de belles randonnées à bicyclette. Le réseau des pistes cyclables est étendu et bien entretenu. Dans une bonne partie du réseau, on ne côtoie pas les automobiles, seulement la faune de l'île. Mais lorsqu'on croise chemin avec la circulation, on est agréablement surpris : sur les îles, la bicyclette a vraiment priorité.
Pour un Québécois, c'est un véritable dépaysement. Les automobilistes sont d'une courtoisie exemplaire. Et on en est témoin à maintes occasions.
Se sustenter. Même si les chaînes de fast-food sont interdites à Sanibel, rien n'empêche de succomber à la tentation d'un hamburger copieux. Mais, présence de la mer oblige, il faut en prendre un au poisson. Et c'est au Lazy Flamingo qu'on trouve les meilleurs. Il faut demander le hamburger au grouper (mérou) sur le grill. C'est juteux, savoureux et à s'en lécher les doigts.
Au menu également : toutes sortes de poissons locaux. Sans prétention, loin de l'attrape-touriste.
Deux adresses à Sanibel : 6520 Pine Avenue et 1036 Periwinkle Way.
Excursion. Aller en mer est bien agréable, surtout quand il s'agit de visiter des îles uniques. À une heure ou deux de bateau de Captiva, on peut découvrir celle d'Useppa. Gérée comme un club privé, cette île n'accepte que des résidants qui en sont membres.
Les automobiles y sont interdites, seules les voiturettes de golf circulent. Les maisons font le régal des amateurs d'architecture tropicale et, détail notable, on y a planté partout des orchidées.
On peut la visiter grâce à des tours organisés comme ceux de Captiva Cruise (www.captivacruises.com) et même y séjourner dans un charmant bed and breakfeast (www.useppa.com).
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Ce voyage a été réalisé en partie grâce à la collaboration du Lee Island Coast Visitor and Convention Bureau.
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