Long-courrier
La falaise d’Étretat, en Normandie, France.
«Vous m'avez conseillée dans le passé pour un voyage dans le Mexique colonial et j'en ai été ravie! Je récidive aujourd'hui car je voudrais offrir à ma mère, pour souligner ses 70 ans, une petite virée en France, particulièrement à Paris (of course!) et quelques villes autour. Ce sera une première, pour elle comme pour moi. Nous comptons partir en mai pour environ 10 jours. Nous n'aurons pas d'auto et nous aurons un budget modeste.
«Comment nous loger à bons prix si nous excluons les auberges de jeunesse? Le train est-il la meilleure façon de voyager d'une région à une autre? Les autocars sont-ils plus abordables? Quel itinéraire intéressant pourriez-vous nous proposer en sachant que nous avons une copine à Cherbourg qui attend déjà notre visite avec impatience? Que pensez-vous des voyages organisés? Il y en a tout plein qui offrent des forfaits intéressants mais ils me semblent dispendieux; je me trompe?»
Juanita Warren, Montérégie
Le train est le moyen de visiter le plus à fond et le plus économiquement l'Hexagone quand vous ne possédez pas de voiture. Vous avez des passes de train couvrant tout le territoire pour une ou plusieurs semaines sur des trajets illimités. Votre maman peut obtenir des réductions supplémentaires grâce à ses 70 ans. Quant aux hôtels, vous pouvez trouver de bonnes adresses à bon prix dans le Guide du routard.
Si vous optez pour la campagne, vous pouvez consulter le Guide des logis de France. Par contre, comme vous comptez séjourner une dizaine de jours à Paris, avec une halte à Cherbourg, il ne vous reste plus beaucoup de temps pour faire un grand périple. Vous pouvez vous concentrer sur la Normandie et les châteaux de la Loire. Il y a de nombreux tours organisés au départ de Paris sur ces deux régions, et à bon prix. Le seul hic, c'est que vous parcourez châteaux (Loire) et plages (Normandie) à la vitesse grand V.
À Paris, optez pour des hôtels dans le XIVe ou le XIXe arrondissement. Les prix sont plus légers et l'accueil plus serein. Quand vous serez à Cherbourg, faites quelques pas sur les côtes environnantes. Ce sont les plages à la mode pour des Parisiens avides de nouveautés. On a conservé l'architecture initiale et ajouté plus de services et plus de miroirs aux alouettes, comme des casinos et des boutiques de bébelles maritimes.
Mais où rester ?
«Ma question n'est certainement pas la plus exotique, mais peut-être auriez-vous dans vos réserves quelques suggestions. J'aimerais offrir à mon fils de 21 ans des vacances de Noël à la mer. Je comptais l'y accompagner, mais plusieurs paradoxes apparaissent à mesure que j'y pense. N'étant pas une adepte de ce genre de voyage, bien au contraire, je ne sais pas vraiment où aller, quelle pourrait être la meilleure destination à cette époque de l'année où le tourisme est très élevé, ce qui ne manquera pas de plaire à fiston, tandis que moi, je n'ai besoin que de la mer, du calme, de la paix avec un bon livre.
«Comment réconcilier ces deux mondes? Autre problème: j'ai cru comprendre qu'il fallait partager une chambre. Aussi grande soit-elle, cela me gêne un peu, sans compter les retours tardifs qui ne manqueront pas de me réveiller... Un petit endroit avec deux chambres, non loin de la mer, ferait mon bonheur, mais est-ce possible? Fiston pourrait toujours aller s'amuser un peu plus loin? On m'a parlé du tout-inclus, mais où? Et l'idée de faire la file pour le buffet me déprime...
«Que faire? Autre sujet capital: je n'ai pas un budget illimité. Vous voyez, cette petite équation n'est pas une mince affaire.»
Marie-Claude, Montréal
J'ai une idée comme cela: le Costa Rica, autour d'un village ou à Tamarindo, dans la province de Guanacaste. Il y a de petits bungalows à louer en bord de plage qui ont pour nom La Palapa et qui sont équipés d'une ou deux chambres. Quand vous êtes du côté plage, vous nagez dans la sérénité avec des iguanes qui partent le matin se faire bronzer et qui reviennent en fin de journée se cacher sous des toits. La mer est souvent très calme et les baignades satisfaisantes. On peut faire de longues promenades et rencontrer au gré des jours de jeunes gens qui pratiquent le surf un peu plus loin, là où les vagues sont rebelles.
Côté mer, on peut aussi aller rendre visite à des tortues quelquefois géantes qui se promènent ou qui viennent mettre bas, selon les saisons. Les bungalows sont équipés d'une cuisine extérieure, ce qui permet d'éviter quelquefois les nombreux restaurants dans le village.
Derrière les bungalows, c'est la rue animée avec des restos qui vont de la langouste à la pizza et des marchands de souvenirs qui n'ont rien de transcendant. C'est le rendez-vous de toutes les jeunesses présentes, soit pour le surf, soit pour le farniente. C'est là que fiston trouvera son compte. La province de Guanacaste n'est pas connue pour ses parcs à paresseux ou à singes sauteurs, ni pour ses volcans perdus dans les brumes. C'est un lieu qui privilégie le cheval et on peut assister à des minirodéos les fins de semaine.
Pour les parcs et les volcans, il y a des excursions d'une ou deux journées à partir de Tamarindo. Donc, vous serez loin des tout-inclus et des files qui peuvent vous déprimer. Là, vous faites vos choix en fonction de votre humeur et de celle de la température. Malgré l'absence de parcs, il y a, à l'entrée du village, une colonie de singes joueurs, quelques perroquets bavards et des papillons... qui poussent l'amitié jusqu'à venir butiner sur votre épaule. www.guanacastecostarica.com/.../tamarindo.html.
Le Danemark à vélo et en musique
«J'aimerais faire le Danemark à vélo. Est-ce facile et connaissez-vous des villes en dehors de Copenhague où il fait bon séjourner?»
G. Lamontagne, Laval
Le Danemark à vélo, voilà une belle façon de visiter le pays. Il y a des pistes cyclables en grand nombre et une foule d'arrêts aménagés pour les deux-roues. Seul problème: le vent. Il y a des hôtels qui louent ou prêtent des vélos et qui les reprennent à l'hôtel suivant, un peu sur le modèle néerlandais.
Pour une ville sympa, allez du côté d'Aarhus, qui a des festivals de musique à gogo et qui se fait appeler affectueusement «la plus petite des grandes villes du monde». Ville estudiantine, les nuits estivales y sont un peu plus longues qu'ailleurs... le tout en musique. Un pont idéal entre l'Europe et la Scandinavie.
À suivre
Un nouveau blogue d'opinions sur le tourisme au Québec réalisé par Jean Michel Perron, un pro du tourisme local et international qui officie depuis une vingtaine d'années aussi bien à la tête de voyagistes québécois qu'à la direction d'associations touristiques régionales, en passant par la promotion d'un centre de ski ou d'une organisation proche des Premières Nations. Les connaissances sont vastes et les réflexions pleines de propositions. www.hdmarketing.ca/blogue.
À lire, à voir, à entendre
Lors de mon passage aux îles de la Madeleine, je suis tombé sur deux livres intéressants. Le premier, signé par Jean Charles Fortin et Paul Larocque, a pour titre Histoire des îles de la Madeleine aux Éditions Ique. C'est le numéro 15 de la collection «Régions du Québec». Des témoignages et des photos font surgir l'histoire des Madelinots et de leurs amazones. Disparitions, déportations, chasse au morse ou au loup marin, le temps des crabes, des requins et des homards. Familles nombreuses, hivers, mi-carême. Pour rencontrer un vrai peuple, cela vaut le coup de lire ces 400 pages.
Le second est intitulé Un pied à terre aux îles de la Madeleine, aux Éditions Morue Verte: des récits d'Alexandre Chouinard accompagnés d'illustrations de Marianne Papillon et des photographies d'Emmanuelle Roberge. Le conteur n'est pas natif des Îles mais poursuit sa carrière de médecin au travers de cette langue de terre perdue en mer. C'est donc l'histoire de l'installation d'une famille en terre madelinienne. On sent l'auteur amoureux et conquis au fur et à mesure qu'il découvre les accents, les gens, les incertitudes insulaires. Voilà un regard plein d'humour et de charme sur les Madelinots. Une manière pour les visiteurs que nous sommes de reconnaître des regards, des expressions et des lieux.
«Comment nous loger à bons prix si nous excluons les auberges de jeunesse? Le train est-il la meilleure façon de voyager d'une région à une autre? Les autocars sont-ils plus abordables? Quel itinéraire intéressant pourriez-vous nous proposer en sachant que nous avons une copine à Cherbourg qui attend déjà notre visite avec impatience? Que pensez-vous des voyages organisés? Il y en a tout plein qui offrent des forfaits intéressants mais ils me semblent dispendieux; je me trompe?»
Juanita Warren, Montérégie
Le train est le moyen de visiter le plus à fond et le plus économiquement l'Hexagone quand vous ne possédez pas de voiture. Vous avez des passes de train couvrant tout le territoire pour une ou plusieurs semaines sur des trajets illimités. Votre maman peut obtenir des réductions supplémentaires grâce à ses 70 ans. Quant aux hôtels, vous pouvez trouver de bonnes adresses à bon prix dans le Guide du routard.
Si vous optez pour la campagne, vous pouvez consulter le Guide des logis de France. Par contre, comme vous comptez séjourner une dizaine de jours à Paris, avec une halte à Cherbourg, il ne vous reste plus beaucoup de temps pour faire un grand périple. Vous pouvez vous concentrer sur la Normandie et les châteaux de la Loire. Il y a de nombreux tours organisés au départ de Paris sur ces deux régions, et à bon prix. Le seul hic, c'est que vous parcourez châteaux (Loire) et plages (Normandie) à la vitesse grand V.
À Paris, optez pour des hôtels dans le XIVe ou le XIXe arrondissement. Les prix sont plus légers et l'accueil plus serein. Quand vous serez à Cherbourg, faites quelques pas sur les côtes environnantes. Ce sont les plages à la mode pour des Parisiens avides de nouveautés. On a conservé l'architecture initiale et ajouté plus de services et plus de miroirs aux alouettes, comme des casinos et des boutiques de bébelles maritimes.
Mais où rester ?
«Ma question n'est certainement pas la plus exotique, mais peut-être auriez-vous dans vos réserves quelques suggestions. J'aimerais offrir à mon fils de 21 ans des vacances de Noël à la mer. Je comptais l'y accompagner, mais plusieurs paradoxes apparaissent à mesure que j'y pense. N'étant pas une adepte de ce genre de voyage, bien au contraire, je ne sais pas vraiment où aller, quelle pourrait être la meilleure destination à cette époque de l'année où le tourisme est très élevé, ce qui ne manquera pas de plaire à fiston, tandis que moi, je n'ai besoin que de la mer, du calme, de la paix avec un bon livre.
«Comment réconcilier ces deux mondes? Autre problème: j'ai cru comprendre qu'il fallait partager une chambre. Aussi grande soit-elle, cela me gêne un peu, sans compter les retours tardifs qui ne manqueront pas de me réveiller... Un petit endroit avec deux chambres, non loin de la mer, ferait mon bonheur, mais est-ce possible? Fiston pourrait toujours aller s'amuser un peu plus loin? On m'a parlé du tout-inclus, mais où? Et l'idée de faire la file pour le buffet me déprime...
«Que faire? Autre sujet capital: je n'ai pas un budget illimité. Vous voyez, cette petite équation n'est pas une mince affaire.»
Marie-Claude, Montréal
J'ai une idée comme cela: le Costa Rica, autour d'un village ou à Tamarindo, dans la province de Guanacaste. Il y a de petits bungalows à louer en bord de plage qui ont pour nom La Palapa et qui sont équipés d'une ou deux chambres. Quand vous êtes du côté plage, vous nagez dans la sérénité avec des iguanes qui partent le matin se faire bronzer et qui reviennent en fin de journée se cacher sous des toits. La mer est souvent très calme et les baignades satisfaisantes. On peut faire de longues promenades et rencontrer au gré des jours de jeunes gens qui pratiquent le surf un peu plus loin, là où les vagues sont rebelles.
Côté mer, on peut aussi aller rendre visite à des tortues quelquefois géantes qui se promènent ou qui viennent mettre bas, selon les saisons. Les bungalows sont équipés d'une cuisine extérieure, ce qui permet d'éviter quelquefois les nombreux restaurants dans le village.
Derrière les bungalows, c'est la rue animée avec des restos qui vont de la langouste à la pizza et des marchands de souvenirs qui n'ont rien de transcendant. C'est le rendez-vous de toutes les jeunesses présentes, soit pour le surf, soit pour le farniente. C'est là que fiston trouvera son compte. La province de Guanacaste n'est pas connue pour ses parcs à paresseux ou à singes sauteurs, ni pour ses volcans perdus dans les brumes. C'est un lieu qui privilégie le cheval et on peut assister à des minirodéos les fins de semaine.
Pour les parcs et les volcans, il y a des excursions d'une ou deux journées à partir de Tamarindo. Donc, vous serez loin des tout-inclus et des files qui peuvent vous déprimer. Là, vous faites vos choix en fonction de votre humeur et de celle de la température. Malgré l'absence de parcs, il y a, à l'entrée du village, une colonie de singes joueurs, quelques perroquets bavards et des papillons... qui poussent l'amitié jusqu'à venir butiner sur votre épaule. www.guanacastecostarica.com/.../tamarindo.html.
Le Danemark à vélo et en musique
«J'aimerais faire le Danemark à vélo. Est-ce facile et connaissez-vous des villes en dehors de Copenhague où il fait bon séjourner?»
G. Lamontagne, Laval
Le Danemark à vélo, voilà une belle façon de visiter le pays. Il y a des pistes cyclables en grand nombre et une foule d'arrêts aménagés pour les deux-roues. Seul problème: le vent. Il y a des hôtels qui louent ou prêtent des vélos et qui les reprennent à l'hôtel suivant, un peu sur le modèle néerlandais.
Pour une ville sympa, allez du côté d'Aarhus, qui a des festivals de musique à gogo et qui se fait appeler affectueusement «la plus petite des grandes villes du monde». Ville estudiantine, les nuits estivales y sont un peu plus longues qu'ailleurs... le tout en musique. Un pont idéal entre l'Europe et la Scandinavie.
À suivre
Un nouveau blogue d'opinions sur le tourisme au Québec réalisé par Jean Michel Perron, un pro du tourisme local et international qui officie depuis une vingtaine d'années aussi bien à la tête de voyagistes québécois qu'à la direction d'associations touristiques régionales, en passant par la promotion d'un centre de ski ou d'une organisation proche des Premières Nations. Les connaissances sont vastes et les réflexions pleines de propositions. www.hdmarketing.ca/blogue.
À lire, à voir, à entendre
Lors de mon passage aux îles de la Madeleine, je suis tombé sur deux livres intéressants. Le premier, signé par Jean Charles Fortin et Paul Larocque, a pour titre Histoire des îles de la Madeleine aux Éditions Ique. C'est le numéro 15 de la collection «Régions du Québec». Des témoignages et des photos font surgir l'histoire des Madelinots et de leurs amazones. Disparitions, déportations, chasse au morse ou au loup marin, le temps des crabes, des requins et des homards. Familles nombreuses, hivers, mi-carême. Pour rencontrer un vrai peuple, cela vaut le coup de lire ces 400 pages.
Le second est intitulé Un pied à terre aux îles de la Madeleine, aux Éditions Morue Verte: des récits d'Alexandre Chouinard accompagnés d'illustrations de Marianne Papillon et des photographies d'Emmanuelle Roberge. Le conteur n'est pas natif des Îles mais poursuit sa carrière de médecin au travers de cette langue de terre perdue en mer. C'est donc l'histoire de l'installation d'une famille en terre madelinienne. On sent l'auteur amoureux et conquis au fur et à mesure qu'il découvre les accents, les gens, les incertitudes insulaires. Voilà un regard plein d'humour et de charme sur les Madelinots. Une manière pour les visiteurs que nous sommes de reconnaître des regards, des expressions et des lieux.
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