Trois-Rivières - De l'évanescence à l'effervescence
Le parc portuaire de Trois-Rivières.
Plus ancienne ville du pays après Québec, Trois-Rivières souffle ses 375 bougies en cette année où elle a été désignée capitale culturelle du Canada. Car ces derniers temps, l'ancienne cité industrielle a bien changé. Pour le mieux.
Trois-Rivières — Dans l'esprit de bon nombre de Québécois, Trois-Rivières forme toujours une ville grise mais pas grisante, une cité morne, monotone et atone où flotte une odeur fétide de maïs putride, où on s'arrête pour faire le plein entre Montréal et Québec mais où il ne se passe tellement rien qu'on tombe toujours en panne des sens.
Il est vrai qu'elle part de loin, la «métropole de la Mauricie». Berceau de l'industrie sidérurgique canadienne, ancienne capitale mondiale des pâtes et papiers, elle s'est ensuite fait connaître comme le chef-lieu canadien du chômage quand les industries lourdes et les papetières ont périclité, dans les années 90.
«Quand j'habitais Trois-Rivières, le centre-ville était complètement mort et le centre commercial Les Rivières accaparait toute l'activité économique, se souvient Paul Gauthier, vice-président planification stratégique de l'agence de pub lg2. Alors la mairie a retravaillé le centre-ville pour le revitaliser, on a élargi les trottoirs pour faire revenir les piétons et les commerçants, on a encouragé l'implantation de plusieurs restos et bars... Aujourd'hui, le centre-ville est devenu une partie extrêmement animée de la ville. Vas-y, passes-y une nuit, tu verras!»
Veni, vidi, convici: j'y suis allé, j'ai vu et j'ai été convaincu. J'ai vu des terrasses débordant de monde et d'enthousiasme, des rues piétonnières grouillant de passants lors du 15e festival Danse Encore, mais aussi des gens d'une épatante bonhomie, très fiers de leur ville, de ce qui s'y fait, s'y vit et s'y crée: pas moyen d'acheter une gelato sans se faire expliquer le b a-ba de la fabrication des glaces italiennes. «Euh, s'cusez, c'est parce que je voudrais juste acheter un cornet ... », de préciser le scribe du Devoir.
Non seulement j'ai vu, mais j'ai senti: senti que la ville dégageait de forts phéromones festifs, senti qu'elle surfait sur une nouvelle vague d'optimisme après avoir diversifié son économie et, dans un autre registre, que l'odeur de soufre avait fait place à une humeur sulfureuse — sauf dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, de l'autre côté de la rivière Saint-Maurice, où ça schlingue toujours ferme because l'usine de la Wayagamack —, senti que cette ville partiellement dépulpée était maintenant pulpeuse et que tout était désormais mis en oeuvre pour faire avancer le schmilblick.
Car au cours des dix dernières années, la capitale de la Mauricie a eu droit à toute une cure de rajeunissement et d'assainissement. Non seulement la ville a pris un coup de jeune, mais à l'île Saint-Quentin, on peut maintenant se baigner avec le pont Laviolette comme toile de fond. Cela dit, ce qu'on doit désormais retenir de Trois-Rivières, c'est l'effervescence et la haute densité d'un bon kilomètre carré urbain où se bousculent boutiques, restos, bars, galeries, musées, ateliers d'artistes, gîtes, cafés, des terrasses et encore des terrasses, une salle de spectacle, une ancienne prison qu'on visite avec d'ex-bagnards et quelques enfilades de bâtiments historiques pas mal mignards.
D'ailleurs, n'eût été la balourdise de deux gamins cherchant leur balle dans une botte de foin à la lueur d'une allumette, en 1908, Trois-Rivières disposerait, encore aujourd'hui, d'un vaste arrondissement historique. Mais le grand incendie qui ravagea alors l'ancienne colonie française ne laissa qu'une poignée de — fort jolis — bâtiments patrimoniaux, notamment dans la rue des Ursulines. Un héritage qui a certes joué dans le choix, cette année, de Trois-Rivières comme capitale culturelle canadienne.
Selon Valérie Lalbin, agente de promotion et de marketing à Tourisme Trois-Rivières, c'est aussi à cause de la manière dont la culture y est mise en lumière: «D'abord, c'est la première ville régionale québécoise à s'être dotée d'un plan de développement de la culture; ensuite, en matière touristique, Tourisme Trois-Rivières a toujours oeuvré main dans la main avec le domaine culturel; enfin, nous avions clairement établi comment allait être dépensée l'enveloppe de deux millions de dollars qui accompagne le statut de capitale culturelle.»
Évidemment, une bonne partie de cette manne sera investie dans la promotion des festivals trifluviens qui se suivent sans se ressembler du printemps à l'automne, dont les Festivoix (26 juin-5 juillet), Rendez-vous des coureurs des bois (4-5 juillet), Mondial des amuseurs publics (23-26 juillet), Festival urbain (20-23 août)... et surtout l'étonnant Festival international de poésie (2-11 octobre), toujours aussi couru après 25 ans.
«C'est généralement méconnu mais les Trifluviens sont des gens très créatifs; chaque fois qu'ils se lancent dans un secteur concurrentiel, ils réussissent à y donner une touche intéressante pour être capables de performer», assure Sylvain Labarre, Trifluvien d'origine et président de l'agence de pub lg2, qui a été mandatée pour redorer le blason de la ville en cette année de célébrations.
Il fallait effectivement être très créatif — et, parallèlement, fort couillu — pour lancer un festival international de poésie dans une ville qui n'était alors qu'industrielle, il y a 25 ans. Aujourd'hui, de petits pétales poétiques fleurissent à presque tous les coins de rue du Vieux-Trois-Rivières.
Même les commerçants laissent vibrer leur fibre de poète: aux Sucres Marie-Ange, on vend des bonbons baptisés «framboises lunaires»; au bistrot De la coupe au livre, on boit du vin avec des paroles gravées sur les verres, comme «Tes mots vigneux me saoulent», lues entre deux lampées.
Par endroits, la créativité passe aussi à table. Outre des particularités (les côtes levées au Jack Daniel's du restaurant Le Grill ou le pâté chinois aux ris de veau du Carlito), quelques délectables tables versent allègrement dans la satisfaction palatale: si le Castel des Prés demeure un grand classique depuis 55 ans, le Poivre Noir permet à José-Pierre Durand (ex-Area) de laisser libre cours à son inventivité (excellente salade de têtes de violon aux lardons, superbe flétan ceinturé de prosciutto), qu'on en profite à l'intérieur ou sur la terrasse intégrée au parc portuaire.
Du reste, l'un des aspects les plus intéressants des commerces de cette ville, c'est le mélange des genres. Ainsi, la boutique de vêtements Lounge (1345, rue Hart) tient aussi lieu de bar à jus survitaminés et de galerie d'art où on peut présentement voir l'exposition Pose et prose, qui allie chouettes clichés et alignements de mots songés par son auteur, Francis Pelletier.
Sur la très fréquentée rue des Forges, Illico (au no 60) est à la fois un fleuriste, une galerie d'art et un café au design soigné dont le mobilier en terrasse rappelle celui des beach clubs de South Beach. Un peu plus haut, sur la même rue, De la coupe aux livres (www.delacoupeaulivre.com) forme à la fois une librairie et un excellent bistro à vin: pendant qu'on sirote l'un des fins crus qui figurent sur la carte composée à 80 % d'importations privées, on potasse un livre de voyage, un magazine ou un ouvrage gastronomique, le tout dans un cadre à la déco italienne toute pétulante. Son propriétaire, Jean Pierre Tremblay, jure qu'il n'a pas singé le concept chez Chapters ou Indigo, mais que ce sont plutôt ces grandes chaînes qui se sont inspirées du Café-librairie Clément Morin, toujours sur la rue des Forges, où serait né cet heureux alliage en 1999.
Pour continuer sur cette lancée, d'autres mettent la main à la pâte là où était située la plus grande usine papetière au monde, feu la CIP. Complètement démantelée, elle a libéré une immense zone appelée à être développée au confluent du fleuve et de la Saint-Maurice, dans le cadre du projet Trois-Rivières sur le fleuve. Il y en aura pour tous les goûts: une piste cyclable, des condos, des parcs et un amphithéâtre de 3500 places, le tout nimbé d'une foisonnante verdure, dans l'esprit de cette ville de plus en plus verte.
Car autant on se sent bel et bien en milieu urbain à l'intersection des rues Notre-Dame et des Forges, autant on s'imagine aisément, trois pâtés de maison plus loin, dans un charmant et quiet village, comme c'est le cas sur la paisible rue des Ursulines. Et cet heureux amalgame serait en train d'attirer un nombre grandissant de visiteurs.
«Cet été, pas moins de 35 groupes d'Européens ont réservé pour une nuitée, constate Marie-Line Sauvé, directrice par intérim de Tourisme Trois-Rivières. Ils trouvent ici plusieurs des avantages d'une grande ville, sans les inconvénients, le tout dans un périmètre accessible, restreint et très sécuritaire.» Au cours de la saison estivale, de nombreuses familles états-uniennes mettront également le cap sur Trois-Rivières pour remonter le cours de leur histoire généalogique, en venant notamment assister aux célébrations de la Bataille de Trois-Rivières... le 4 juillet.
Pour l'occasion, une mise en scène historique évoquera cette nuit du 7 au 8 juin 1776 où Trifluviens et Anglais ont repoussé l'attaque de soldats bostonnais, en pleine Révolution. Le consul général des États-Unis à Québec, David Fetter, sera présent pour rendre hommage aux défunts de son pays, mais aussi pour se prêter au jeu en incarnant un soldat...
«J'imagine que si on a pu organiser ça, c'est parce qu'à Trois-Rivières, on a finalement gagné la bataille!», de conclure Marie-Line Sauvé, le sourire en coin...
***
En vrac
- Pour 20 $, la carte Accès musées permet d'entrer gratuitement dans une dizaine de musées et galeries, en plus de bénéficier d'un stationnement public pour la journée.
- On trouve de nombreux gîtes dans le seul arrondissement du Vieux-Trois-Rivières. L'un d'eux, le Gîte Loiselle, est vraiment craquant: situé près de tout et aménagé dans une demeure de 1899, il a été rénové de fond en comble avec goût et il arbore désormais quatre soleils. Petits-déjeuners roboratifs et proprios extrêmement sympas en prime. 836, rue des Ursulines, % 1 888 552-2121, www.giteloiselle.com.
- Cette année, le Grand Prix de Trois-Rivières devrait prendre du galon dans l'intérêt des fanas de course automobile: non seulement il pourra consoler les endeuillés de la F1 à Montréal, mais il fête cet été ses 40 ans.
- C'est ce dimanche 21 juin que s'entame la Biennale d'estampe contemporaine de Trois-Rivières. À considérer: l'exposition parallèle Num_Errance où sont présentées les inquiétantes oeuvres numériques de la Polonaise Viola Tyez, entre autres singulières créations (% 819 37-1117, sites.rapidus.net/biennale.trois-rivieres).
- Renseignements: 1 800 313-1123, www.tourismetroisrivieres.com, www.trestroisrivieres.com. Fêtes du 375e: www.375tr.com.
- L'auteur était l'invité de Tourisme Trois-Rivières.
***
Collaborateur du Devoir
Trois-Rivières — Dans l'esprit de bon nombre de Québécois, Trois-Rivières forme toujours une ville grise mais pas grisante, une cité morne, monotone et atone où flotte une odeur fétide de maïs putride, où on s'arrête pour faire le plein entre Montréal et Québec mais où il ne se passe tellement rien qu'on tombe toujours en panne des sens.
Il est vrai qu'elle part de loin, la «métropole de la Mauricie». Berceau de l'industrie sidérurgique canadienne, ancienne capitale mondiale des pâtes et papiers, elle s'est ensuite fait connaître comme le chef-lieu canadien du chômage quand les industries lourdes et les papetières ont périclité, dans les années 90.
«Quand j'habitais Trois-Rivières, le centre-ville était complètement mort et le centre commercial Les Rivières accaparait toute l'activité économique, se souvient Paul Gauthier, vice-président planification stratégique de l'agence de pub lg2. Alors la mairie a retravaillé le centre-ville pour le revitaliser, on a élargi les trottoirs pour faire revenir les piétons et les commerçants, on a encouragé l'implantation de plusieurs restos et bars... Aujourd'hui, le centre-ville est devenu une partie extrêmement animée de la ville. Vas-y, passes-y une nuit, tu verras!»
Veni, vidi, convici: j'y suis allé, j'ai vu et j'ai été convaincu. J'ai vu des terrasses débordant de monde et d'enthousiasme, des rues piétonnières grouillant de passants lors du 15e festival Danse Encore, mais aussi des gens d'une épatante bonhomie, très fiers de leur ville, de ce qui s'y fait, s'y vit et s'y crée: pas moyen d'acheter une gelato sans se faire expliquer le b a-ba de la fabrication des glaces italiennes. «Euh, s'cusez, c'est parce que je voudrais juste acheter un cornet ... », de préciser le scribe du Devoir.
Non seulement j'ai vu, mais j'ai senti: senti que la ville dégageait de forts phéromones festifs, senti qu'elle surfait sur une nouvelle vague d'optimisme après avoir diversifié son économie et, dans un autre registre, que l'odeur de soufre avait fait place à une humeur sulfureuse — sauf dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, de l'autre côté de la rivière Saint-Maurice, où ça schlingue toujours ferme because l'usine de la Wayagamack —, senti que cette ville partiellement dépulpée était maintenant pulpeuse et que tout était désormais mis en oeuvre pour faire avancer le schmilblick.
Car au cours des dix dernières années, la capitale de la Mauricie a eu droit à toute une cure de rajeunissement et d'assainissement. Non seulement la ville a pris un coup de jeune, mais à l'île Saint-Quentin, on peut maintenant se baigner avec le pont Laviolette comme toile de fond. Cela dit, ce qu'on doit désormais retenir de Trois-Rivières, c'est l'effervescence et la haute densité d'un bon kilomètre carré urbain où se bousculent boutiques, restos, bars, galeries, musées, ateliers d'artistes, gîtes, cafés, des terrasses et encore des terrasses, une salle de spectacle, une ancienne prison qu'on visite avec d'ex-bagnards et quelques enfilades de bâtiments historiques pas mal mignards.
D'ailleurs, n'eût été la balourdise de deux gamins cherchant leur balle dans une botte de foin à la lueur d'une allumette, en 1908, Trois-Rivières disposerait, encore aujourd'hui, d'un vaste arrondissement historique. Mais le grand incendie qui ravagea alors l'ancienne colonie française ne laissa qu'une poignée de — fort jolis — bâtiments patrimoniaux, notamment dans la rue des Ursulines. Un héritage qui a certes joué dans le choix, cette année, de Trois-Rivières comme capitale culturelle canadienne.
Selon Valérie Lalbin, agente de promotion et de marketing à Tourisme Trois-Rivières, c'est aussi à cause de la manière dont la culture y est mise en lumière: «D'abord, c'est la première ville régionale québécoise à s'être dotée d'un plan de développement de la culture; ensuite, en matière touristique, Tourisme Trois-Rivières a toujours oeuvré main dans la main avec le domaine culturel; enfin, nous avions clairement établi comment allait être dépensée l'enveloppe de deux millions de dollars qui accompagne le statut de capitale culturelle.»
Évidemment, une bonne partie de cette manne sera investie dans la promotion des festivals trifluviens qui se suivent sans se ressembler du printemps à l'automne, dont les Festivoix (26 juin-5 juillet), Rendez-vous des coureurs des bois (4-5 juillet), Mondial des amuseurs publics (23-26 juillet), Festival urbain (20-23 août)... et surtout l'étonnant Festival international de poésie (2-11 octobre), toujours aussi couru après 25 ans.
«C'est généralement méconnu mais les Trifluviens sont des gens très créatifs; chaque fois qu'ils se lancent dans un secteur concurrentiel, ils réussissent à y donner une touche intéressante pour être capables de performer», assure Sylvain Labarre, Trifluvien d'origine et président de l'agence de pub lg2, qui a été mandatée pour redorer le blason de la ville en cette année de célébrations.
Il fallait effectivement être très créatif — et, parallèlement, fort couillu — pour lancer un festival international de poésie dans une ville qui n'était alors qu'industrielle, il y a 25 ans. Aujourd'hui, de petits pétales poétiques fleurissent à presque tous les coins de rue du Vieux-Trois-Rivières.
Même les commerçants laissent vibrer leur fibre de poète: aux Sucres Marie-Ange, on vend des bonbons baptisés «framboises lunaires»; au bistrot De la coupe au livre, on boit du vin avec des paroles gravées sur les verres, comme «Tes mots vigneux me saoulent», lues entre deux lampées.
Par endroits, la créativité passe aussi à table. Outre des particularités (les côtes levées au Jack Daniel's du restaurant Le Grill ou le pâté chinois aux ris de veau du Carlito), quelques délectables tables versent allègrement dans la satisfaction palatale: si le Castel des Prés demeure un grand classique depuis 55 ans, le Poivre Noir permet à José-Pierre Durand (ex-Area) de laisser libre cours à son inventivité (excellente salade de têtes de violon aux lardons, superbe flétan ceinturé de prosciutto), qu'on en profite à l'intérieur ou sur la terrasse intégrée au parc portuaire.
Du reste, l'un des aspects les plus intéressants des commerces de cette ville, c'est le mélange des genres. Ainsi, la boutique de vêtements Lounge (1345, rue Hart) tient aussi lieu de bar à jus survitaminés et de galerie d'art où on peut présentement voir l'exposition Pose et prose, qui allie chouettes clichés et alignements de mots songés par son auteur, Francis Pelletier.
Sur la très fréquentée rue des Forges, Illico (au no 60) est à la fois un fleuriste, une galerie d'art et un café au design soigné dont le mobilier en terrasse rappelle celui des beach clubs de South Beach. Un peu plus haut, sur la même rue, De la coupe aux livres (www.delacoupeaulivre.com) forme à la fois une librairie et un excellent bistro à vin: pendant qu'on sirote l'un des fins crus qui figurent sur la carte composée à 80 % d'importations privées, on potasse un livre de voyage, un magazine ou un ouvrage gastronomique, le tout dans un cadre à la déco italienne toute pétulante. Son propriétaire, Jean Pierre Tremblay, jure qu'il n'a pas singé le concept chez Chapters ou Indigo, mais que ce sont plutôt ces grandes chaînes qui se sont inspirées du Café-librairie Clément Morin, toujours sur la rue des Forges, où serait né cet heureux alliage en 1999.
Pour continuer sur cette lancée, d'autres mettent la main à la pâte là où était située la plus grande usine papetière au monde, feu la CIP. Complètement démantelée, elle a libéré une immense zone appelée à être développée au confluent du fleuve et de la Saint-Maurice, dans le cadre du projet Trois-Rivières sur le fleuve. Il y en aura pour tous les goûts: une piste cyclable, des condos, des parcs et un amphithéâtre de 3500 places, le tout nimbé d'une foisonnante verdure, dans l'esprit de cette ville de plus en plus verte.
Car autant on se sent bel et bien en milieu urbain à l'intersection des rues Notre-Dame et des Forges, autant on s'imagine aisément, trois pâtés de maison plus loin, dans un charmant et quiet village, comme c'est le cas sur la paisible rue des Ursulines. Et cet heureux amalgame serait en train d'attirer un nombre grandissant de visiteurs.
«Cet été, pas moins de 35 groupes d'Européens ont réservé pour une nuitée, constate Marie-Line Sauvé, directrice par intérim de Tourisme Trois-Rivières. Ils trouvent ici plusieurs des avantages d'une grande ville, sans les inconvénients, le tout dans un périmètre accessible, restreint et très sécuritaire.» Au cours de la saison estivale, de nombreuses familles états-uniennes mettront également le cap sur Trois-Rivières pour remonter le cours de leur histoire généalogique, en venant notamment assister aux célébrations de la Bataille de Trois-Rivières... le 4 juillet.
Pour l'occasion, une mise en scène historique évoquera cette nuit du 7 au 8 juin 1776 où Trifluviens et Anglais ont repoussé l'attaque de soldats bostonnais, en pleine Révolution. Le consul général des États-Unis à Québec, David Fetter, sera présent pour rendre hommage aux défunts de son pays, mais aussi pour se prêter au jeu en incarnant un soldat...
«J'imagine que si on a pu organiser ça, c'est parce qu'à Trois-Rivières, on a finalement gagné la bataille!», de conclure Marie-Line Sauvé, le sourire en coin...
***
En vrac
- Pour 20 $, la carte Accès musées permet d'entrer gratuitement dans une dizaine de musées et galeries, en plus de bénéficier d'un stationnement public pour la journée.
- On trouve de nombreux gîtes dans le seul arrondissement du Vieux-Trois-Rivières. L'un d'eux, le Gîte Loiselle, est vraiment craquant: situé près de tout et aménagé dans une demeure de 1899, il a été rénové de fond en comble avec goût et il arbore désormais quatre soleils. Petits-déjeuners roboratifs et proprios extrêmement sympas en prime. 836, rue des Ursulines, % 1 888 552-2121, www.giteloiselle.com.
- Cette année, le Grand Prix de Trois-Rivières devrait prendre du galon dans l'intérêt des fanas de course automobile: non seulement il pourra consoler les endeuillés de la F1 à Montréal, mais il fête cet été ses 40 ans.
- C'est ce dimanche 21 juin que s'entame la Biennale d'estampe contemporaine de Trois-Rivières. À considérer: l'exposition parallèle Num_Errance où sont présentées les inquiétantes oeuvres numériques de la Polonaise Viola Tyez, entre autres singulières créations (% 819 37-1117, sites.rapidus.net/biennale.trois-rivieres).
- Renseignements: 1 800 313-1123, www.tourismetroisrivieres.com, www.trestroisrivieres.com. Fêtes du 375e: www.375tr.com.
- L'auteur était l'invité de Tourisme Trois-Rivières.
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