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De bon matin

Yves Ouellet   22 décembre 2007  Voyage
Photo: auberge les bons matins
À l’auberge Les Bons Matins, on trouve toujours à l’intérieur un rappel de la façade de brique et l’âtre du foyer qui se fond au décor.
Photo: auberge les bons matins À l’auberge Les Bons Matins, on trouve toujours à l’intérieur un rappel de la façade de brique et l’âtre du foyer qui se fond au décor.
Au coeur de la Cité du multimédia montréalaise, encerclée par le Centre Bell, l'autoroute Ville-Marie, les stationnements et les tours de bureaux, la petite auberge Les Bons Matins fait figure d'oasis au milieu d'un univers de béton et de bitume.

En ouvrant le store de la fenêtre de notre chambre en fin de journée, on voit, comme dans le long plan fixe d'un film de la Nouvelle Vague, les travailleurs en noir et blanc qui s'entassent dans le train de banlieue en partance vers Deux-Montagnes. Leur réalité semble dure et abstraite.

Dans notre bulle à nous, il y a une bûche qui brûle dans l'âtre du foyer, une musique douce qui joue sur la chaîne stéréo, un grand salon où je suis avachi, d'immenses tableaux posés sur les murs et ma blonde qui navigue dans un énorme bain. Cette auberge singulière où nous avons posé nos valises est comme un bosquet d'arbres au milieu d'un stationnement, un refuge hors du temps, le relent d'un passé fragile qui n'a pas encore été emporté par la déferlante des temps modernes.

Griffintown

Il y a plus de 20 ans, Harold Côté est débarqué à Montréal en provenance de son Lac-Saint-Jean natal. Il a quitté la ferme de son père et le charmant village de Saint-Gédéon dont les vacanciers envahissent les plages chaque été.

En 1992, Harold Côté ouvre un gîte près du parc Lafontaine, à Montréal, qu'il baptise Fenêtre sur le parc. Quelques années plus tard, il découvre les magnifiques résidences patrimoniales de la rue Argyle. Vu à hauteur de satellite, sur Google Earth, ce petit bout de rue apparaît comme un anachronisme total, coincé entre deux des artères les plus fréquentées de la ville, les grands édifices de l'ouest du centre-ville et quelques stationnements qui n'attendent que le promoteur qui y érigera une tour. Il ne s'agit plus que d'un mince vestige de ce qu'on a autrefois appelé Griffintown.

Lors de la grande famine de 1847 en Irlande, des masses d'immigrants ont fui vers l'Amérique et quelques dizaines de milliers d'entre eux se sont entassés dans un faubourg insalubre de l'ouest de Montréal. Avec la construction du canal de Lachine, du pont Victoria et des cours de triage des chemins de fer, leur quartier a pris forme autour de l'église Saint Ann, démolie en 1970.

Aujourd'hui, plus rien, pas même le souvenir, ne subsiste de Griffintown, si ce n'est le nom inscrit sur l'ancienne caserne de pompiers. Il ne reste que quelques maisons à la limite sud du quartier. Celles qui, du haut de la côte, dominaient les installations ferroviaires et le quartier Saint-Henri. Celles de l'avenue Argyle.

Harold Côté est arrivé dans le quartier en locataire. Dans l'équivalent de la moitié d'une de ces maisons, il y a ouvert un gîte de quatre chambres à l'étage supérieur. Les choses se sont ensuite précipitées. En 1997, il achète toute la maison puis trois autres bâtiments voisins avec ses frères. Il se lance alors lui-même dans une restauration de fond en comble. Les appartements sont transformés en 21 chambres et suites dans un espace très largement ouvert. À cela s'ajoutent une dizaine de chambres groupées en appartements dotés de balcons arrière, de cuisines et de salles à manger équipées. Pour compléter le portait, l'auberge offre une habitation complète, merveilleusement aménagée et équipée, qui peut accueillir une dizaine de personnes. Au total, toutes les ramifications de la «petite» auberge Les Bons Matins englobent plus d'une trentaine de chambres et peuvent loger jusqu'à 65 personnes.

L'ancien et le moderne

En bon maître de maison, Harold Côté assume tout ce qui touche la décoration de l'auberge, préconisant un mélange à peine hétéroclite d'ancien et de moderne. Un brocanteur lui trouve des antiquités dans le style plutôt sobre qu'il privilégie. Avec les coffres de bois et les grandes armoires, il mêle les sofas de cuir et les divans des années 60. On trouve toujours à l'intérieur un rappel de la façade de brique et l'âtre du foyer qui se fond au décor. Dans les suites, salon, chambre et salle de bains sont intégrés en une seule pièce ouverte divisée par une arche ou un palier.

Tous les murs sont couverts des toiles, généralement de très grand format, exécutées par le frère d'Harold Côté, Benoît.

Chacun des bons matins débute par une variété de petits-déjeuners. Du jus de fruits fraîchement pressés à la gamme des espressos jusqu'à l'oeuf bénédictine au saumon fumé, tout est délectable, et l'ambiance donne le goût d'étirer le matin jusqu'au midi. Dans le lobby, on trouve deux postes Internet et un bar bien fourni, gracieusement accessible pour l'apéro. On n'a qu'à se servir. Internet est aussi disponible dans les chambres. Chaque maison est dotée d'une cuisine commune.

Pour les gens d'affaires, on a aménagé une salle de conférence confortable équipée des dernières technologies. Le stationnement est rare sur la rue mais des emplacements peuvent être loués à l'arrière des maisons. La station de métro Lucien-L'Allier se trouve à deux pas, le Centre Bell est à un jet de pierre et les restos foisonnent dans le secteur.

- Les Bons Matins, 1401, avenue Argyle, Montréal, tél: 514 931-9167, 1 800 588-5280, www.bonsmatins.com

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  • Christian Gagnon
    Abonné
    samedi 22 décembre 2007 14h19
    Faut revoir votre geographie Mr. Ouellet
    « Griffintown se trouvait au sud de Notre-Dame. L'avenue Argyle ne se trouve donc pas "a la limite sud du quartier"... »

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