Mitsubishi Eclipse : la Mustang japonaise
Du froid, des flocons de neige et le soleil qui se fait rare... Déjà l'hiver, et nous ne sommes qu'à la mi-octobre! Pour les chroniqueurs auto, cela signifie le retrait des voitures sport et autres décapotables des flottes de presse des constructeurs, jusqu'à leur retour, au printemps. Quelques rares sportives peuvent cependant être utilisées toute l'année, incluant la saison hivernale. C'est le cas de la Mitsubishi Eclipse: con-trairement à la plupart des sportives, c'est une traction et non une propulsion.
L'Eclipse, qui fête ses 20 ans cette année, est le coupé sport de la gamme Mitsubishi. Si les noms Plymouth Laser et Eagle Talon vous disent quelque chose, sachez qu'il s'agissait de Mitsubishi Eclipse rebaptisées. Ces modèles ont été vendus chez nous dans les années 90, avant que Mitsubishi ne décide de s'établir finalement au Canada. La notoriété de l'Eclipse est cependant redevable à la série de films Rapides et dangereux (The Fast And The Furious), dont elle était une des vedettes (note aux cinéphiles: si vous ne les avez pas vus, c'est très bien ainsi). Ces blockbusters aux qualités cinématographiques discutables ont cependant permis à l'Eclipse de devenir une voiture-culte auprès des amateurs de voitures modifiées.
Le physique de l'emploi
L'apparence et les performances, tels sont les ingrédients de base d'un coupé sport. Côté design, c'est réussi: avec son allure trapue, ses formes rondes et bien sculptées, l'Eclipse a un physique de culturiste. Évidemment, il faut aimer, mais reconnaissons-lui son mérite: c'est une sportive qui affiche ses couleurs.
En plus du coupé, une version cabriolet est offerte. Outre le plaisir de rouler à ciel ouvert, l'Eclipse Spyder se distingue des autres de sa catégorie, puisqu'elle est la seule décapotable à être pourvue de quatre places et de roues motrices à l'avant.
Le royaume du plastique
La finition est sans conteste le maillon faible de l'Eclipse. Chaque fois que j'en ai conduit une, j'ai eu l'impression, en m'installant à bord, d'être dans une voiture construite par GM ou Chrysler. Non seulement le plastique est-il omniprésent, mais sa qualité est douteuse. Cette impression de construction déficiente se confirme dès les premiers tours de roue, alors que les bruits de roulement envahissent l'habitacle, mal insonorisé.
Cette surabondance de plastique gâche aussi une présentation intérieure qui, sinon, aurait pu être réussie. En ce qui concerne le tableau de bord, avec ses deux gros cadrans bien en vue (vitesse et compte-tours), il est aussi agréable à l'oeil que facile à consulter. L'ergonomie est sans reproche: les commandes sont simples, bien disposées et faciles à manipuler, notamment les grosses mollettes pour la climatisation et le chauffage. Les vide-poches dans les portières sont toutefois inutiles, vu le peu qu'ils peuvent contenir; toutefois, les espaces de rangement de la console centrale compensent.
Très bonne, la position de conduite est rehaussée par de superbes baquets, enveloppants et confortables, offrant un excellent maintien. Les places arrière sont cependant décoratives; au mieux, elles peuvent accueillir des enfants en bas âge. Ou encore des sacs d'épicerie. En fait, l'Eclipse a les défauts d'une sportive: outre le peu d'espace qu'elle offre, la visibilité vers l'arrière est médiocre. L'Eclipse n'est pas pour autant dénuée de qualités fonctionnelles: elle est dotée d'un hayon arrière, ce qui est toujours pratique, son coffre arrière est généreux, pour une sportive, et le dossier de la banquette arrière peut s'incliner.
Coeur d'athlète
Du point faible (la finition), passons au point fort: la mécanique. Quel brillant moteur! Le V6 de 3,8 litres a du couple, du couple et encore du couple. Dans les régimes bas et intermédiaires, c'est un régal! Une belle accélération linéaire, agrémentée d'une sonorité bien ronde, à l'italienne, très agréable à l'oreille. Les 265 chevaux génèrent de l'effet de couple sur les roues motrices avant, mais rien de dangereux; c'est même plutôt bien maîtrisé. (Un 4-cylindres de 2,4 litres est également offert, mais avec 103 chevaux de moins, disons que ses prestations s'annoncent timides.)
La boîte manuelle à 6 rapports tire la quintessence de ce superbe moteur, bien servie par un embrayage progressif. Le levier est précis, avec une course très courte, ce qui le rend très agréable à manier. Quant au freinage, il est proportionnel aux accélérations, donc puissant.
La direction ultra précise répond au quart de tour et place parfaitement la voiture en virage. Toutefois, l'Eclipse reste une traction et, sur un parcours sinueux (ou en slalom), on sent un effet de lourdeur dans la direction. Mais son énorme rayon de braquage est son plus gros handicap, au point de pénaliser la maniabilité, pourtant bien réelle, de cette sportive.
Portée par l'orgueil
L'Eclipse est mal chaussée et son châssis manque cruellement de rigidité, surtout celui de la décapotable. Un passage dans les nids-de-poule qui ont fait la gloire de Montréal s'accompagne d'un concerto de bruits de caisse, au point où on a l'impression de conduire une voiture vieille de plusieurs années.
Tout ça laisse craindre le pire en matière de comportement routier et pourtant, c'est là que l'Eclipse surprend le plus. Le sous-virage qui est, règle générale, le propre des tractions, ne se manifeste qu'à la limite et encore, la perte d'adhérence est avant tout causée par les pneus, qui n'ont aucun mordant. Plus on malmène cette voiture, plus elle s'accroche, comme si elle refusait de céder, portée par l'orgueil. « Je suis mal chaussée, mon châssis accuse le poids des années, mais je suis encore capable! », semble-t-elle dire, en serrant les dents. Sur un parcours sinueux, dans les virages les plus serrés, l'Eclipse se défend, et drôlement bien. Imaginez seulement si elle avait de bons pneus, un châssis plus rigide et même la traction intégrale, comme l'Eclipse des années 90... La prochaine génération, peut-être?
Conclusion
L'Eclipse, c'est un peu la Mustang japonaise. Comme la célèbre sportive américaine, elle reprend la philosophie du « Bang for the bucks », des performances à prix abordable. Mais contrairement à celui de la Mustang, son usage ne se limite pas à trois saisons. Quant aux performances, elles sont au rendez-vous, à condition d'opter pour la version GT et son V6. Le prix grimpe alors aux environs de 35 000 $, et c'est là que ça se gâte: d'une part, le châssis de l'Eclipse commence à trahir son âge; d'autre part, la finition et la qualité d'assemblage ne respectent pas les standards japonais. Heureusement, elle est fiable, mais ça ne suffit pas. Avec la nouvelle Hyundai Genesis Coupé, qui vient jouer dans ses plates-bandes, l'Eclipse devra se renouveler si elle veut redevenir le chef de file de son créneau.
****
MITSUBISHI ECLIPSE GT SPYDER
- Moteur : V6 3,8 L
- Puissance : 265 ch
- 0-100 km/h : 7,2 s
- Vitesse maximale : 225 km/h
- Consommation moyenne : 10,8 L/100 km
- Échelle de prix : 25 998 $ à 37 798 $
L'Eclipse, qui fête ses 20 ans cette année, est le coupé sport de la gamme Mitsubishi. Si les noms Plymouth Laser et Eagle Talon vous disent quelque chose, sachez qu'il s'agissait de Mitsubishi Eclipse rebaptisées. Ces modèles ont été vendus chez nous dans les années 90, avant que Mitsubishi ne décide de s'établir finalement au Canada. La notoriété de l'Eclipse est cependant redevable à la série de films Rapides et dangereux (The Fast And The Furious), dont elle était une des vedettes (note aux cinéphiles: si vous ne les avez pas vus, c'est très bien ainsi). Ces blockbusters aux qualités cinématographiques discutables ont cependant permis à l'Eclipse de devenir une voiture-culte auprès des amateurs de voitures modifiées.
Le physique de l'emploi
L'apparence et les performances, tels sont les ingrédients de base d'un coupé sport. Côté design, c'est réussi: avec son allure trapue, ses formes rondes et bien sculptées, l'Eclipse a un physique de culturiste. Évidemment, il faut aimer, mais reconnaissons-lui son mérite: c'est une sportive qui affiche ses couleurs.
En plus du coupé, une version cabriolet est offerte. Outre le plaisir de rouler à ciel ouvert, l'Eclipse Spyder se distingue des autres de sa catégorie, puisqu'elle est la seule décapotable à être pourvue de quatre places et de roues motrices à l'avant.
Le royaume du plastique
La finition est sans conteste le maillon faible de l'Eclipse. Chaque fois que j'en ai conduit une, j'ai eu l'impression, en m'installant à bord, d'être dans une voiture construite par GM ou Chrysler. Non seulement le plastique est-il omniprésent, mais sa qualité est douteuse. Cette impression de construction déficiente se confirme dès les premiers tours de roue, alors que les bruits de roulement envahissent l'habitacle, mal insonorisé.
Cette surabondance de plastique gâche aussi une présentation intérieure qui, sinon, aurait pu être réussie. En ce qui concerne le tableau de bord, avec ses deux gros cadrans bien en vue (vitesse et compte-tours), il est aussi agréable à l'oeil que facile à consulter. L'ergonomie est sans reproche: les commandes sont simples, bien disposées et faciles à manipuler, notamment les grosses mollettes pour la climatisation et le chauffage. Les vide-poches dans les portières sont toutefois inutiles, vu le peu qu'ils peuvent contenir; toutefois, les espaces de rangement de la console centrale compensent.
Très bonne, la position de conduite est rehaussée par de superbes baquets, enveloppants et confortables, offrant un excellent maintien. Les places arrière sont cependant décoratives; au mieux, elles peuvent accueillir des enfants en bas âge. Ou encore des sacs d'épicerie. En fait, l'Eclipse a les défauts d'une sportive: outre le peu d'espace qu'elle offre, la visibilité vers l'arrière est médiocre. L'Eclipse n'est pas pour autant dénuée de qualités fonctionnelles: elle est dotée d'un hayon arrière, ce qui est toujours pratique, son coffre arrière est généreux, pour une sportive, et le dossier de la banquette arrière peut s'incliner.
Coeur d'athlète
Du point faible (la finition), passons au point fort: la mécanique. Quel brillant moteur! Le V6 de 3,8 litres a du couple, du couple et encore du couple. Dans les régimes bas et intermédiaires, c'est un régal! Une belle accélération linéaire, agrémentée d'une sonorité bien ronde, à l'italienne, très agréable à l'oreille. Les 265 chevaux génèrent de l'effet de couple sur les roues motrices avant, mais rien de dangereux; c'est même plutôt bien maîtrisé. (Un 4-cylindres de 2,4 litres est également offert, mais avec 103 chevaux de moins, disons que ses prestations s'annoncent timides.)
La boîte manuelle à 6 rapports tire la quintessence de ce superbe moteur, bien servie par un embrayage progressif. Le levier est précis, avec une course très courte, ce qui le rend très agréable à manier. Quant au freinage, il est proportionnel aux accélérations, donc puissant.
La direction ultra précise répond au quart de tour et place parfaitement la voiture en virage. Toutefois, l'Eclipse reste une traction et, sur un parcours sinueux (ou en slalom), on sent un effet de lourdeur dans la direction. Mais son énorme rayon de braquage est son plus gros handicap, au point de pénaliser la maniabilité, pourtant bien réelle, de cette sportive.
Portée par l'orgueil
L'Eclipse est mal chaussée et son châssis manque cruellement de rigidité, surtout celui de la décapotable. Un passage dans les nids-de-poule qui ont fait la gloire de Montréal s'accompagne d'un concerto de bruits de caisse, au point où on a l'impression de conduire une voiture vieille de plusieurs années.
Tout ça laisse craindre le pire en matière de comportement routier et pourtant, c'est là que l'Eclipse surprend le plus. Le sous-virage qui est, règle générale, le propre des tractions, ne se manifeste qu'à la limite et encore, la perte d'adhérence est avant tout causée par les pneus, qui n'ont aucun mordant. Plus on malmène cette voiture, plus elle s'accroche, comme si elle refusait de céder, portée par l'orgueil. « Je suis mal chaussée, mon châssis accuse le poids des années, mais je suis encore capable! », semble-t-elle dire, en serrant les dents. Sur un parcours sinueux, dans les virages les plus serrés, l'Eclipse se défend, et drôlement bien. Imaginez seulement si elle avait de bons pneus, un châssis plus rigide et même la traction intégrale, comme l'Eclipse des années 90... La prochaine génération, peut-être?
Conclusion
L'Eclipse, c'est un peu la Mustang japonaise. Comme la célèbre sportive américaine, elle reprend la philosophie du « Bang for the bucks », des performances à prix abordable. Mais contrairement à celui de la Mustang, son usage ne se limite pas à trois saisons. Quant aux performances, elles sont au rendez-vous, à condition d'opter pour la version GT et son V6. Le prix grimpe alors aux environs de 35 000 $, et c'est là que ça se gâte: d'une part, le châssis de l'Eclipse commence à trahir son âge; d'autre part, la finition et la qualité d'assemblage ne respectent pas les standards japonais. Heureusement, elle est fiable, mais ça ne suffit pas. Avec la nouvelle Hyundai Genesis Coupé, qui vient jouer dans ses plates-bandes, l'Eclipse devra se renouveler si elle veut redevenir le chef de file de son créneau.
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MITSUBISHI ECLIPSE GT SPYDER
- Moteur : V6 3,8 L
- Puissance : 265 ch
- 0-100 km/h : 7,2 s
- Vitesse maximale : 225 km/h
- Consommation moyenne : 10,8 L/100 km
- Échelle de prix : 25 998 $ à 37 798 $
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