Infiniti G37: à la conquête du Saint-Graal
Photo : Source Infiniti
L'intérieur de l'Infiniti G37
Au royaume des berlines de luxe, la Sainte Trinité allemande (Audi-BMW-Mercedes) coulait des jours paisibles: les Américains construisaient des gros bateaux désuets et franchement ringards, tandis que les Japonais se cantonnaient dans la production de masse. Puis, à la fin des années 80, coup de tonnerre: Honda, Toyota et Nissan lançaient presque simultanément trois nouvelles marques, Acura, Lexus et Infiniti. But de l'opération: monter en grade et mettre fin au règne sans partage des constructeurs européens (allemands, mais aussi Volvo, Saab et Jaguar).
Des trois marques, la division de prestige de Nissan est celle qui a mis le plus de temps à décoller. Infiniti vivait dans l'ombre d'Acura et de Lexus, jusqu'à l'arrivée, il y a sept ans, de la G35, première berline de luxe japonaise d'entrée de gamme à s'approcher d'aussi près des Audi A4, BMW Série 3 et Mercedes Classe C en matière de prestations routières. C'est ce qu'il fallait pour mettre Infiniti en lumière.
Berline, coupé et coupé-cabriolet
La G35 a été renouvelée une première fois en 2007, pour ensuite devenir la G37 cette année. Sur le plan esthétique, la deuxième génération reprend les grandes lignes de la première, avec des angles arrondis et des formes plus sculptées — les ailes, notamment.
Une troisième configuration s'ajoute cette année, aux côtés de la berline et du coupé: un cabriolet à toit rigide (ou coupé-cabriolet). Cela plaira à ceux et celles qui ne peuvent vivre avec l'idée d'un toit souple, aussi étanche et isolé soit-il; le hic, c'est qu'une fois baissé, il se loge dans le coffre et monopolise la presque-totalité de l'espace. Il faudra donc voyager très léger, ou à deux, en mettant les bagages sur la banquette arrière. L'ouverture du coffre est par ailleurs trop étroite, et ledit coffre n'est pas très grand. De plus, il n'y a pas de filet rétenteur.
Le maillon faible
La finition est devenue le maillon faible de Nissan depuis le rachat de cette marque japonaise par Renault. Image de marque oblige, celle des Infiniti est plus relevée, mais elle demeure un cran en dessous de la concurrence. Dans la G37, on retrouve encore la trace, çà et là, de plastique bon marché, qui n'a pas sa place dans une voiture de luxe. En revanche, la construction est solide; on le sent en fermant les portes, notamment.
La présentation intérieure est aussi gâchée par un tableau de bord banal, qui pourrait être celui de n'importe quelle berline générique. Il manque une petite touche de luxe, de pizzazz, à la G37. L'incontournable sellerie cuir recouvre des sièges très confortables, conformément, cette fois, à ce que l'on attend d'une telle voiture. La grande ouverture des portes facilite l'accès aux places arrière, où le dégagement pour la tête et les jambes est correct, sans plus; mais dans le coupé et le cabriolet, les places arrière ne peuvent convenir qu'à des enfants: ce sont des 2 + 2 et non de véritables quatre places.
L'ergonomie est irréprochable: les commandes sont à portée de la main et elles sont beaucoup moins complexes que dans les berlines de luxe allemandes. On retrouve des espaces de rangement là où l'on s'y attend (portières, console), mais ils contiennent peu.
De G35 à G37
La G35 a été rebaptisée G37 en raison d'une augmentation de la cylindrée de son moteur, qui est passée de 3,5 à 3,7 litres. Cela dit, le V6 VQ est une vieille connaissance que l'on retrouve avec bonheur, car il s'agit, je le dis chaque fois, d'un des meilleurs moteurs de l'industrie automobile. Pas pour rien que Nissan l'utilise à toutes les sauces.
Malgré sa grande facilité d'adaptation, ce moteur a du caractère. Il est puissant, véloce — et pour cause, avec 328 chevaux! — et la réponse est instantanée à tous les régimes. S'il n'a pas l'extrême onctuosité des 6-cylindres en ligne de BMW, il soutient la comparaison avec ceux des autres marques rivales. Bon, d'accord, le V6 de Lexus tourne plus doucement, mais il a moins de tempérament.
Les versions « Sport » du coupé et de la berline peuvent recevoir une boîte manuelle à six rapports; sinon, c'est une nouvelle boîte automatique à sept rapports qui est accouplée au V6. Celle-ci ne m'a pas convaincu, en raison de sa lenteur à passer les rapports, que l'on peut cependant atténuer en les passant manuellement en optant pour le mode séquentiel. Mais ce qui m'a le plus agacé, c'est son manque de fluidité, en mode automatique comme séquentiel.
Deux exploits
Si les allemandes constituent la référence dans le créneau des berlines de luxe, c'est en grande partie à cause de leurs qualités routières. Audi, Mercedes et surtout BMW ont bâti leur réputation là-dessus. La Série 3 du constructeur bavarois est la mesure étalon de sa catégorie, et Infiniti a réussi un exploit: la G37 est la seule voiture non germanique capable de rivaliser avec elle. Elle n'a pas l'agilité de la « Béhème », mais son aplomb dans les virages et sa tenue de route, franchement sportive, sont autant d'indicateurs que cette voiture repose sur une base saine.
Le cabriolet ne perd rien de sa rigidité, ce qui est un exploit, encore une fois; c'est le plus pointu des cabriolets de cette catégorie... après la BMW Série 3 (toujours elle!). Dans la G37x, le surplus de poids de la traction intégrale est cependant perceptible. Malgré son comportement rigoureux, la G37 propose aussi un confort de premier ordre, comme il est de mise dans une berline de luxe.
La direction est rapide, précise et bien dosée. Quant au freinage, il est puissant, vraiment. Infiniti a par ailleurs compris que, pour lutter avec les allemandes dans ce créneau, il faut avoir une traction intégrale. Infiniti l'a vite compris, devançant Lexus et Acura. Dès la première génération, cette berline offrait le choix entre deux ou quatre roues motrices; plus précisément, la propulsion ou la traction intégrale. Un essai hivernal nous a permis d'apprécier le travail de celle-ci, irréprochable.
Conclusion
S'approcher de la BMW Série 3 est une sorte de Saint-Graal pour les constructeurs qui désirent s'imposer dans le segment des berlines de luxe d'entrée de gamme. Avec la G37, Infiniti y est presque parvenu; à défaut d'avoir réussi, c'est la marque japonaise qui s'en approche le plus. Pour le reste, elle peut compter sur les qualités qui ont fait la réputation des voitures de ce pays, soit le confort, la qualité de construction et la fiabilité. Infiniti n'a peut-être pas le prestige des marques allemandes, mais elle est dans la bonne voie. Le temps fera le reste.
Collaborateur du Devoir
FICHE TECHNIQUE INFINITI G37
- Moteur: V6 3,7 litres
- Puissance: 328 ch
- 0-100 km/h: 5,9 s
- Vitesse maximale: 250 km/h
- Consommation moyenne: 11,2 litres/100 km
- Échelle de prix: 39 990 $ à 57 000 $
Des trois marques, la division de prestige de Nissan est celle qui a mis le plus de temps à décoller. Infiniti vivait dans l'ombre d'Acura et de Lexus, jusqu'à l'arrivée, il y a sept ans, de la G35, première berline de luxe japonaise d'entrée de gamme à s'approcher d'aussi près des Audi A4, BMW Série 3 et Mercedes Classe C en matière de prestations routières. C'est ce qu'il fallait pour mettre Infiniti en lumière.
Berline, coupé et coupé-cabriolet
La G35 a été renouvelée une première fois en 2007, pour ensuite devenir la G37 cette année. Sur le plan esthétique, la deuxième génération reprend les grandes lignes de la première, avec des angles arrondis et des formes plus sculptées — les ailes, notamment.
Une troisième configuration s'ajoute cette année, aux côtés de la berline et du coupé: un cabriolet à toit rigide (ou coupé-cabriolet). Cela plaira à ceux et celles qui ne peuvent vivre avec l'idée d'un toit souple, aussi étanche et isolé soit-il; le hic, c'est qu'une fois baissé, il se loge dans le coffre et monopolise la presque-totalité de l'espace. Il faudra donc voyager très léger, ou à deux, en mettant les bagages sur la banquette arrière. L'ouverture du coffre est par ailleurs trop étroite, et ledit coffre n'est pas très grand. De plus, il n'y a pas de filet rétenteur.
Le maillon faible
La finition est devenue le maillon faible de Nissan depuis le rachat de cette marque japonaise par Renault. Image de marque oblige, celle des Infiniti est plus relevée, mais elle demeure un cran en dessous de la concurrence. Dans la G37, on retrouve encore la trace, çà et là, de plastique bon marché, qui n'a pas sa place dans une voiture de luxe. En revanche, la construction est solide; on le sent en fermant les portes, notamment.
La présentation intérieure est aussi gâchée par un tableau de bord banal, qui pourrait être celui de n'importe quelle berline générique. Il manque une petite touche de luxe, de pizzazz, à la G37. L'incontournable sellerie cuir recouvre des sièges très confortables, conformément, cette fois, à ce que l'on attend d'une telle voiture. La grande ouverture des portes facilite l'accès aux places arrière, où le dégagement pour la tête et les jambes est correct, sans plus; mais dans le coupé et le cabriolet, les places arrière ne peuvent convenir qu'à des enfants: ce sont des 2 + 2 et non de véritables quatre places.
L'ergonomie est irréprochable: les commandes sont à portée de la main et elles sont beaucoup moins complexes que dans les berlines de luxe allemandes. On retrouve des espaces de rangement là où l'on s'y attend (portières, console), mais ils contiennent peu.
De G35 à G37
La G35 a été rebaptisée G37 en raison d'une augmentation de la cylindrée de son moteur, qui est passée de 3,5 à 3,7 litres. Cela dit, le V6 VQ est une vieille connaissance que l'on retrouve avec bonheur, car il s'agit, je le dis chaque fois, d'un des meilleurs moteurs de l'industrie automobile. Pas pour rien que Nissan l'utilise à toutes les sauces.
Malgré sa grande facilité d'adaptation, ce moteur a du caractère. Il est puissant, véloce — et pour cause, avec 328 chevaux! — et la réponse est instantanée à tous les régimes. S'il n'a pas l'extrême onctuosité des 6-cylindres en ligne de BMW, il soutient la comparaison avec ceux des autres marques rivales. Bon, d'accord, le V6 de Lexus tourne plus doucement, mais il a moins de tempérament.
Les versions « Sport » du coupé et de la berline peuvent recevoir une boîte manuelle à six rapports; sinon, c'est une nouvelle boîte automatique à sept rapports qui est accouplée au V6. Celle-ci ne m'a pas convaincu, en raison de sa lenteur à passer les rapports, que l'on peut cependant atténuer en les passant manuellement en optant pour le mode séquentiel. Mais ce qui m'a le plus agacé, c'est son manque de fluidité, en mode automatique comme séquentiel.
Deux exploits
Si les allemandes constituent la référence dans le créneau des berlines de luxe, c'est en grande partie à cause de leurs qualités routières. Audi, Mercedes et surtout BMW ont bâti leur réputation là-dessus. La Série 3 du constructeur bavarois est la mesure étalon de sa catégorie, et Infiniti a réussi un exploit: la G37 est la seule voiture non germanique capable de rivaliser avec elle. Elle n'a pas l'agilité de la « Béhème », mais son aplomb dans les virages et sa tenue de route, franchement sportive, sont autant d'indicateurs que cette voiture repose sur une base saine.
Le cabriolet ne perd rien de sa rigidité, ce qui est un exploit, encore une fois; c'est le plus pointu des cabriolets de cette catégorie... après la BMW Série 3 (toujours elle!). Dans la G37x, le surplus de poids de la traction intégrale est cependant perceptible. Malgré son comportement rigoureux, la G37 propose aussi un confort de premier ordre, comme il est de mise dans une berline de luxe.
La direction est rapide, précise et bien dosée. Quant au freinage, il est puissant, vraiment. Infiniti a par ailleurs compris que, pour lutter avec les allemandes dans ce créneau, il faut avoir une traction intégrale. Infiniti l'a vite compris, devançant Lexus et Acura. Dès la première génération, cette berline offrait le choix entre deux ou quatre roues motrices; plus précisément, la propulsion ou la traction intégrale. Un essai hivernal nous a permis d'apprécier le travail de celle-ci, irréprochable.
Conclusion
S'approcher de la BMW Série 3 est une sorte de Saint-Graal pour les constructeurs qui désirent s'imposer dans le segment des berlines de luxe d'entrée de gamme. Avec la G37, Infiniti y est presque parvenu; à défaut d'avoir réussi, c'est la marque japonaise qui s'en approche le plus. Pour le reste, elle peut compter sur les qualités qui ont fait la réputation des voitures de ce pays, soit le confort, la qualité de construction et la fiabilité. Infiniti n'a peut-être pas le prestige des marques allemandes, mais elle est dans la bonne voie. Le temps fera le reste.
Collaborateur du Devoir
FICHE TECHNIQUE INFINITI G37
- Moteur: V6 3,7 litres
- Puissance: 328 ch
- 0-100 km/h: 5,9 s
- Vitesse maximale: 250 km/h
- Consommation moyenne: 11,2 litres/100 km
- Échelle de prix: 39 990 $ à 57 000 $
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