Au pays des nappes bizarres ! - prise un
30 août 2002
Alimentation
Il s'agit de restaurants bizarres sans nappes; ou même, dans ce cas-ci, de nappes bizarres sans restaurants. Pour vous reposer, vous changer les idées et vous amuser, tout en vous nourrissant bien. En voici deux dans des registres très différents et pourtant aussi reposantes l'une que l'autre. La première aujourd'hui, la seconde la semaine prochaine.
Votre estomac vous remerciera de la cure dans le premier et votre architecture intérieure ressortira régénérée d'un passage dans le second.
Première nappe: Artémise et Aubépin, sur le Plateau
C'est la version quaker-hyper-granoles de l'invitation au voyage. Pas un restaurant, une épicerie, une halte, genre herboristerie. Les proprios sont secs comme des coups de trique mais souriants et pleins d'énergie, et leur quakerisme se limite à un attachement strict à une grande simplicité des moeurs. En les faisant parler, une fois pris le repas, on découvre également que si leur talent en décoration est limité, ils en savent par contre beaucoup sur l'alimentation, la diététique et les bienfaits profonds de chaque plante sur notre organisme.
Autant vous prévenir tout de suite, Artémise et Aubépin, leur établissement qui a ouvert ses portes récemment au coin des rues Marquette et Marie-Anne, ne gagnera pas de prix au concours organisé par le SIDIM pour les plus beaux concepts de design intérieur. Même moi, qui ai souvent des goûts très, très agricoles, je suis tombé en catalepsie devant les petits macramés, les coussins fleuris beiges et bruns sur les chaises en bois et diverses autres pièces de décoration.
Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse. Claude Girard est l'un des herboristes les plus articulés de Nouvelle-France. Curieux, généreux, rigoureux et entier. Sa conjointe Myriam, ex-Cube, ex-Toqué, est là pour combler ses lacunes. Quand on est passé par d'aussi bonnes écoles qu'elle et qu'on a son talent, on peut réussir à son tour de grandes choses. Comme ces salades de quinoa, riches de carottes, brocolis, navets, courgettes, aubergines et pissenlits, ou de maïs, gorgées de céleris, de fines herbes et de tomates Cherokee, ancêtres de nos tomates dégénérées et cultivées en des temps plus zen par les autochtones pure laine.
La carte ici est celle d'une petite oasis de quartier, pas d'un grand restaurant du centre-ville. On s'en accommode parfaitement lorsqu'on est épuisé par des bombances à répétition et que le foie commence à donner des signes de colère. Après quelques repas pris ici, on découvre que certains bobos disparaissent d'eux-mêmes. On veut savoir si c'est dû au jus de framboises et feuilles de framboisier, à la limonade à l'estragon, au dessert aux mûres, framboises, crème, yogourt et graines d'armoise ou au pouding au pain, graines de lin, chocolat et sucre de canne.
En lissant sa longue barbe, Claude explique les vertus curatives comparées du serpolet, du concentré liquide d'ortie et des fleurs de mauve. Myriam pare ses plats de fleurs de mauve et de coriandre et d'ombrelles de persil. Même les appétits les plus solides sont apaisés. On en apprensd sur la vie secrète des plantes. On découvre que le café de céréale fait parfaitement l'affaire neuf fois sur dix et l'on constate avec nostalgie que les tomates, Beefsteak, Noire, Cherokee ou Pinapple, goûtent la tomate comme dans notre enfance.
On quitte leur table en toujours meilleur état qu'en entrant chez eux; petites tisanes, produits biologiques de choc contribuent sans doute à cette amélioration de notre état. On rêve du jour où les magasins d'alimentation donneront eux aussi accès à leurs clients à ces produits réservés pour l'instant aux meilleurs restaurants de Montréal et à de petits établissements comme Artémise et Aubépin. En attendant, on peut toujours rigoler en participant aux soupers thématiques, venir se ressourcer un midi ou s'extasier devant des plantes aussi extraordinaires que la stevia que je vous laisse le plaisir de découvrir. Bon appétit et Om Mani Padme Hum.
Artémise et Aubépin
1610, rue Marie-Anne Est
% (514) 525-7556
Ouvert du mardi au vendredi
de 10h à 19h et les samedi et dimanche de 9h à 19h. Préparez une vingtaine de dollars pour deux avant boissons, taxes et service. À elles seules, les explications des propriétaires sur les ingrédients de chaque plat, leurs vertus et leur effet sur votre organisme valent le billet vert.
Votre estomac vous remerciera de la cure dans le premier et votre architecture intérieure ressortira régénérée d'un passage dans le second.
Première nappe: Artémise et Aubépin, sur le Plateau
C'est la version quaker-hyper-granoles de l'invitation au voyage. Pas un restaurant, une épicerie, une halte, genre herboristerie. Les proprios sont secs comme des coups de trique mais souriants et pleins d'énergie, et leur quakerisme se limite à un attachement strict à une grande simplicité des moeurs. En les faisant parler, une fois pris le repas, on découvre également que si leur talent en décoration est limité, ils en savent par contre beaucoup sur l'alimentation, la diététique et les bienfaits profonds de chaque plante sur notre organisme.
Autant vous prévenir tout de suite, Artémise et Aubépin, leur établissement qui a ouvert ses portes récemment au coin des rues Marquette et Marie-Anne, ne gagnera pas de prix au concours organisé par le SIDIM pour les plus beaux concepts de design intérieur. Même moi, qui ai souvent des goûts très, très agricoles, je suis tombé en catalepsie devant les petits macramés, les coussins fleuris beiges et bruns sur les chaises en bois et diverses autres pièces de décoration.
Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse. Claude Girard est l'un des herboristes les plus articulés de Nouvelle-France. Curieux, généreux, rigoureux et entier. Sa conjointe Myriam, ex-Cube, ex-Toqué, est là pour combler ses lacunes. Quand on est passé par d'aussi bonnes écoles qu'elle et qu'on a son talent, on peut réussir à son tour de grandes choses. Comme ces salades de quinoa, riches de carottes, brocolis, navets, courgettes, aubergines et pissenlits, ou de maïs, gorgées de céleris, de fines herbes et de tomates Cherokee, ancêtres de nos tomates dégénérées et cultivées en des temps plus zen par les autochtones pure laine.
La carte ici est celle d'une petite oasis de quartier, pas d'un grand restaurant du centre-ville. On s'en accommode parfaitement lorsqu'on est épuisé par des bombances à répétition et que le foie commence à donner des signes de colère. Après quelques repas pris ici, on découvre que certains bobos disparaissent d'eux-mêmes. On veut savoir si c'est dû au jus de framboises et feuilles de framboisier, à la limonade à l'estragon, au dessert aux mûres, framboises, crème, yogourt et graines d'armoise ou au pouding au pain, graines de lin, chocolat et sucre de canne.
En lissant sa longue barbe, Claude explique les vertus curatives comparées du serpolet, du concentré liquide d'ortie et des fleurs de mauve. Myriam pare ses plats de fleurs de mauve et de coriandre et d'ombrelles de persil. Même les appétits les plus solides sont apaisés. On en apprensd sur la vie secrète des plantes. On découvre que le café de céréale fait parfaitement l'affaire neuf fois sur dix et l'on constate avec nostalgie que les tomates, Beefsteak, Noire, Cherokee ou Pinapple, goûtent la tomate comme dans notre enfance.
On quitte leur table en toujours meilleur état qu'en entrant chez eux; petites tisanes, produits biologiques de choc contribuent sans doute à cette amélioration de notre état. On rêve du jour où les magasins d'alimentation donneront eux aussi accès à leurs clients à ces produits réservés pour l'instant aux meilleurs restaurants de Montréal et à de petits établissements comme Artémise et Aubépin. En attendant, on peut toujours rigoler en participant aux soupers thématiques, venir se ressourcer un midi ou s'extasier devant des plantes aussi extraordinaires que la stevia que je vous laisse le plaisir de découvrir. Bon appétit et Om Mani Padme Hum.
Artémise et Aubépin
1610, rue Marie-Anne Est
% (514) 525-7556
Ouvert du mardi au vendredi
de 10h à 19h et les samedi et dimanche de 9h à 19h. Préparez une vingtaine de dollars pour deux avant boissons, taxes et service. À elles seules, les explications des propriétaires sur les ingrédients de chaque plat, leurs vertus et leur effet sur votre organisme valent le billet vert.
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