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Courrier de septembre

Jean Aubry   3 septembre 2004  Alimentation
Il me faut d'abord vous dire l'intérêt que j'ai à vous lire par l'entremise de vos courriels même si paresse, oubli, mauvaise gestion du travail, rédaction d'un guide annuel d'achats et autres circonstances dont vous n'avez que faire m'empêchent de vous répondre dans les meilleurs délais. Ou de vous répondre tout court. Ce n'est pas de la mauvaise volonté, rassurez-vous, c'est de la volonté à retardement.

Cela étant, j'aimerais répondre à Jocelyn Lavigne à propos de saké, dont je ne suis ni spécialiste ni bridé en la matière. Se boit-il chaud, froid ou tiède ? Allez, coupez la poire en deux et servez-le tiède. Ainsi, son amertume naturelle se trouvera légèrement gommée en raison d'une douceur d'ensemble liée au titre alcoométrique variable. Sur ce dernier point, soyez vigilant et n'avalez rien sans vous être préalablement sustenté.

À Thérèse et Jean-Pierre, de Québec, qui me demandent pourquoi j'évite (depuis les six derniers mois) d'inscrire le code spécifique lié au produit, je dirai seulement, comme je l'avais écrit à l'époque, qu'en raison du nouveau système de codes-barres qui multiplie maintenant les chiffres jusqu'à plus soif, je préfère de loin laisser la place au vin plutôt qu'à son pedigree numérique. En effet, le vin est une entité culturelle qui se nomme avant de se chiffrer, et ce n'est pas chronique de numérologie !

Il y a un chanceux parmi vous qui partira bientôt pour la Toscane. Son nom ? Richard Beaulieu. Heureux homme qui serait encore plus heureux s'il avait quelques suggestions de vignobles à visiter, de vignerons à rencontrer, de vins à écluser. Bien sûr, il y a les classiques Antinori, Frescobaldi, San Felice et Ricasoli, et il y a cette nouvelle école développée par les Giampaolo Motta à la Fattoria La Massa (ah, ce Giorgio Primo !), du côté de Panzano, et Gioia Cresti à la Fattoria Carpineta Fontalpino (Son Do ut Dès est incontournable) ; enfin, les irréprochables que sont les Castello dei Rampolla, Fontodi, Castellare et autres Fonterutoli. Dites-leur que c'est le gars du Devoir qui vous envoie, mais surtout, invitez-les à (re)venir nous voir !

Le Caymus Napa Valley Cabernet Sauvignon 1996, le Château St-André Corbin St-Georges St-Émilion 2000 et le Capitel Croce 2001 de M. Anselmi sont-ils prêts à boire ? Question pertinente suggérée par Paul Marois, qui peut déjà dormir sur ses deux oreilles — d'ailleurs, la question me turlupine : à moins de dormir avec deux oreillers rivés sur les pavillons auditifs, comment diable dort-on sur les deux oreilles à la fois ? Les trois vins peuvent tenir entre deux et cinq ans pour le Caymus et le Château St-André, qui sera alors à maturité. Quant au blanc de Roberto Anselmi, je vous suggère de le servir sur vos prochains homards et autres ris de veau à la crème, histoire d'en apprécier le fruité délicieusement fondu. Miam.

Vous avez reçu, comme Chantal et Benoît Bilodeau, votre Courrier vinicole [(514) 873-5719, 1 866 723-1221] consacré aux grands vins de Bordeaux 2003. Restez calmes, détendez-vous et écoutez cette voix intérieure qui, fruit du hasard ou de la nécessité, est elle-même directement reliée à votre centre de crédit bancaire. Doit-on plonger, surnager ou ne pas se mouiller du tout ?

Je ne les ai pas goûtés, mais je sais trois choses : que la rive gauche (Médoc & Co.) brille par ses cabernets et ses petits verdots, que le millésime, bien qu'atypique, est de haut niveau et que les prix, en hausse de près de 15 %, vous obligent plus que jamais à justement prêter l'oreille à votre voix intérieure. Alors ? Alors, si vous aimez le vin de Bordeaux, plongez. Avec Doisy Daëne et Lafaurie-Peyraguey à Sauternes, Batailley à Pauillac, d'Issan à Margaux, Lafont-Rochet à Saint-Estèphe, ou encore avec le Domaine de Chevalier à Pessac-Léognan. Mais vous pouvez aussi surnager en attendant la venue éventuelle sur notre marché des Gloria, Saint-Pierre, Clarke, Chasse-Spleen, Durfort-Vivens et autres Haut-Marbuzet. Enfin, je ne saurais trop vous encourager à découvrir les bordeaux, bordeaux supérieurs et toutes ces « côtes », rive droite, qui, dans ce millésime, s'annoncent déjà comme des gagnants. À prix d'ami.

À Sylviane L. B., de Montréal, qui cherche des cours personnalisés sur le vin livrés en comité restreint, je suggère ceux proposés par Stéphane Émond à La Table Ronde [(514) 288-8866], ceux de Nick Hamilton au (514) 271-2175 ou encore les versions passionnées d'Allan Laforêt au (514) 388-5164. Cours de base et thématiques variées sont au programme. Ambiance conviviale comprise et vins non bouchonnés assurés. Enfin, pas du tout de courriel de votre part à propos du Festival des vins australiens qui aura lieu le 20 septembre à Montréal avec, à son bord, plus d'une trentaine de maisons pour quelque 180 vins proposés à la dégustation. Normal, vous ne le saviez pas. Maintenant, vous savez. Admission : (514) 790-1245, www.admission.com. Vous pouvez aussi visiter le site www.vinaustralien.com.

Info SAQ : (514) 873-2020, 1 866 873-2020 ou www.saq.com. Potentiel de vieillissement du vin 1 : moins de cinq ans ; 2 : entre six et dix ans ; 3 : dix ans et plus.

jean-aubry@vintempo.com






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