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Mondavi : l'affaire familiale se poursuit

Jean Aubry   24 juillet 2009  Alimentation
Le producteur Michael Mondavi. Hormis la cuvée «M by Michael Mondavi» où trône un cabernet sauvignon d’une race indéniable (225 $), Mondavi semble à l’évidence mettre en pratique les recommandations de sa grand-mère, à savoir élaborer des
Le producteur Michael Mondavi. Hormis la cuvée «M by Michael Mondavi» où trône un cabernet sauvignon d’une race indéniable (225 $), Mondavi semble à l’évidence mettre en pratique les recommandations de sa grand-mère, à savoir élaborer des
The Robert Mondavi family and friends. L'évocation seule suffit. Une référence mondiale en matière de vin. Le nom d'abord, «Robert Mondavi», devenu, depuis la vente au géant Constellation il y a cinq ans, une marque forte et très porteuse. Puis il y a «family and friends», l'essence même du plan de match du patriarche «Bob», qui développait, il y a plus de quatre décennies de cela, dans la Napa Valley, une winery soudée autour d'un solide clan familial, à l'italienne. Ne reste plus aujourd'hui que le nom. Un nom que Michael Mondavi ne se résout pas à laisser filer, bien qu'il n'ait plus légalement la moindre emprise sur lui. Ce qui n'est pas une raison pour ne pas en redorer le lustre, le sien: A Michael Mondavi Family Company.

Mais c'est à une autre échelle que Michael Mondavi, de passage au Québec la semaine dernière, développe sa propre filière vin. Plus intime, plus près des gens. «I like to answer personally to the emails I receive from my clients», dira-t-il, avant de poursuivre: «My grand-mother used to say that a good glass of wine is a wine that you would drink glass after glass on a daily base because it is good, but also not to expensive.» Le gros bon sens. Mais surtout une niche personnalisée qu'il développe aujourd'hui sous le nom de Folio Fine Wine Partners (www.foliowine.com). Une niche active à l'importation (avec d'autres maisons familiales de qualité) et à l'exportation, sur une gamme nourrie à partir d'achat de raisins et de la production issue de vignobles maison situés du côté d'Atlas Peak. Vignobles où s'approvisionnait déjà à l'époque Patrick Léon (ex Mouton-Rothschild) pour les vins entrant dans les cuvées d'Opus One.

Hormis la sublime cuvée «M by Michael Mondavi» où trône un cabernet sauvignon d'une race indéniable (225 $), Mondavi semble à l'évidence mettre en pratique les recommandations de sa grand-mère, à savoir élaborer des vins qui se boivent, verre après verre, à des prix corrects. Des vins qui s'inspirent d'ailleurs, par leur équilibre et leur élégance, de cet esprit européen qu'affectionnait le patriarche lors de ses visites en France dans les années 1960. La gamme «Hangtime», en chardonnay comme en pinot noir, issue de Central Coast, offre, à moins de 20 $, ce profil net, digeste et précis qui met le fruité en avant, «sensibilisé» par un boisé parfaitement intégré. Idem pour ce chardonnay 2007 Carneros «I'M Isabel Mondavi» (autour de 24 $), ample, tendu, avec cette pointe de rancio noble qui le rapproche d'un meursault jeune. Exquis. Quant au rosé de saigné Deep Rosé 2007 Napa Valley «I'M Isabel Mondavi» (autour de 18 $), c'est à se demander pourquoi il ne trouverait pas sa place dans nos verres en toutes saisons tant il offre fraîcheur, mais aussi substance et une densité tannique peu commune pour un rosé. C'est léger, sec, mordant et drôlement appétissant. La grand-mère l'aurait aimé!

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Si Michael Mondavi se tire bien d'affaire dans une conjoncture mondiale pas très réjouissante, ce n'est pas toujours le cas pour nombre de vignerons, qui chaque jour mettent la clé dans la porte, étouffés par une concurrence qui ne leur permet tout simplement plus de vendre leur vin avec une marge décente pour survivre. Il suffisait de voir l'émission Grands reportages consacrée au sujet la semaine dernière pour saisir l'ampleur du désastre. En France par exemple, le pouvoir d'achat des grandes surfaces est tel que les prix affichés ne peuvent absolument plus être concurrencés par les petites entités. Le consommateur qui achète essentiellement en fonction du prix le plus bas est bien sûr à blâmer, même s'il ignore ou ne se soucie nullement du fait que le rouleau compresseur de la mondialisation lui passe actuellement sur le dos.

D'ailleurs, une enquête récente a démontré qu'en temps de crise, ce dernier préférait payer encore moins cher ses flacons et en acheter davantage plutôt que d'en acheter moins mais de meilleure qualité. On ne refait pas l'homme! Mais c'est nous, au final, qui paierons la note, avec des vins sans âme et standardisés comme cela devient de plus en plus la norme. À ce sujet, je vous invite à lire un article paru dans la Revue du vin de France (RVF) en février 2009 — à laquelle vous êtes déjà abonné, j'en suis sûr — concernant «le véritable prix des grandes bouteilles». Édifiant sur le fond mais dramatique pour ce que nous réserve l'avenir. Parlant de la RVF, je vous invite derechef à consulter l'édition juillet-août, qui sort toute chaude des presses, où 13 stars mondiales de la dégustation de tous les pays jugent les vins français. Édifiant une fois de plus. Il y est même question des propos de votre humble serviteur, qui s'affiche sous le drapeau du... Québec!

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n Sauvignon blanc 2008, Oyster Bay, Hawkes Bay, Nouvelle-Zélande (18,70 $ - 316570)

L'effet est immédiat, la trajectoire aussi verticale que la perche vibrante d'un perchiste au-dessus de la barre, le fruité saisissant, telle une salade d'agrumes frais dégustée au petit matin avec ce croquant qui réveille, émerveille et laisse dispos. Voilà le profil de ce gaillard élancé qui aime les huîtres et nous le fait savoir. Et vive la capsule à vis! ***, 1

n Cuvée Marie 2007, jurançon sec, Charles Hours (24,05 $ - 896704)

Une fois de plus, la force tranquille qui sommeille ici est capable de déplacer les montagnes, par son intensité et cette emprise dramatique des saveurs qui laissent le palais en état de choc. C'est bien sec, puissant, volumineux, avec un rancio noble incisif, percutant, long en bouche. ****, 2 ©

n Domaine La Roquette 2004, Châteauneuf-du-Pape (44,50 $ - 10268406)

Déjà les parfums, très porteurs, capiteux et insistants, tirent vers le haut avec des nuances de fruits mûrs rapidement rejoints par une touche réglissée et torréfiée. Bouche savoureuse mais sérieuse, dense, serrée et épicée, mais surtout d'une grande fraîcheur. Corps et panache. ***1/2, 2 ©

n Jean Aubry est l'auteur du Guide Aubry 2009 «Les 100 meilleurs vins à moins de 25 $» et chroniqueur à l'émission de Christiane Charette à l'antenne de Radio-Canada.

n Potentiel de vieillissement du vin 1: moins de cinq ans; 2: entre six et dix ans; 3: dix ans et plus. ©: Le vin gagne avec le séjour en carafe.

***

Les vins de la semaine

La belle affaire

Terrasses de Guilhem 2008, Vin de Pays de l'Hérault, S.A.S. Gassac (11,45 $ - 554105)

Cette cuvée franche, au fruité net bien assis sur de beaux tanins mûrs, ne manque nullement de personnalité. Plutôt léger dans l'ensemble, pourvu d'une bonne acidité, c'est le vin passe-partout .1.

Pour s'amuser

Rosée Hydromel, Christian Macle, Apiculteur (12,55 $ - 734921)

Le miel oui avec ici, une touche de canneberges, le tout aromatisé aux pétales de rose. Assemblage original, vivant et parfumé qui rend hommage à la grande butineuse qui vous baratine ici le meilleur des fleurs, simplement, amoureusement. 1.

La primeur en blanc

Château Saint-Martin de la Garrigue 2007, Coteaux du Languedoc (18,60 $ - 875328)

Un fruité intense et de belle densité, ce languedoc affiche ses couleurs avec une redoutable efficacité. Saveurs diversifiées, moelleuses, mais aussi fraîches et tenaces en raison de cette pointe balsamique qui trace son caractère.1.

La primeur en rouge

Vilosell 2006, Tomàs Cusiné, Costers del Segre, Espagne (22,75 $ - 10858511)

Un assemblage balancé et réussis où tempranillo, cabernet, syrah et merlot s'assument pleinement. Un rouge corsé mais souple, moderne et savoureux, au fruité velouté soutenu. Se tire bien d'affaire sur les brochettes d'agneau.1.

Le vin plaisir

Grüner Veltliner 2007 Kamptaler Terrassen, Weingut Bründlmayer (22,25 $ - 10707069)

«This is my wine, man», lançait à son copain le type qui raflait les dernières bouteilles du lot à la SAQ. J'ai compris que les parfums mais surtout cette espèce de salinité sapide agissaient rapidement sur un palais assoiffé. Du bonbon. 1.






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