samedi 21 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h40


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Le noble pâté

Fabien Deglise   15 décembre 2007  Alimentation
Photo : Pascal Ratthé
Début novembre, Le Devoir a invité ses lecteurs à une grande quête: celle du plat national du Québec. L'appel a été plus qu'entendu. Près de 500 personnes se sont exprimées à ce jour, par courriel, par téléphone, par courrier ou par l'entremise de notre site Internet. La question s'est retrouvée au coeur de soupers de famille, dans des salles de cours, dans des discussions autour de machines à café. Elle a aussi été soumise à un groupe de six personnalités qui, finalement, en choeur, ont tranché. Et le vainqueur est: le pâté chinois.

«La question devait être posée, mais nous ne savions pas quand.» «Rechercher le plat national n'est pas une mince affaire.» «Ce plat n'existe pas encore.» «Il lui faut des patates et du cochon.» «C'est la tourtière de ma mère.» «Ce mets doit contenir de la farine brûlée», «du sirop d'érable», «du boeuf, aussi». «Celui-là est déjà pris par les Italiens.» «S'il vous plaît, éloignez-nous à jamais de la poutine.» «Ne cherchez plus: Lionel Daunais l'a chanté.» «La recette? Thérèse de La P'tite Vie la connaît presque.»

Depuis plus d'un mois, la quête du plat national a fait beaucoup jaser. Répondant à l'invitation du Devoir, les lecteurs se sont exprimés en grand nombre sur ce mets qui serait à même de refléter nos traditions, notre histoire, notre territoire, notre culture, en somme notre identité. Une participation «surprenante mais réjouissante», a commenté le sociologue de l'alimentation Jean-Pierre Lemasson, de l'Université du Québec à Montréal (UQAM), un des experts consultés dans le cadre de cette enquête. «Cela vient démontrer la profondeur des enjeux sociologiques existants autour de la bouffe», qui finalement n'attendaient qu'une simple question pour s'extérioriser avec passion.

Avec ici une recette de famille, là un morceau de vie autour du plat suggéré ou encore un argumentaire universitaire documenté, les commentaires ont été généreux, sincères et enthousiastes, tout en respectant également les balises établies au moment de l'appel.

Car, pour porter le titre de plat national, la recette se devait de trouver un ancrage solide dans la tradition culinaire familiale québécoise, mais aussi de se transmettre de génération en génération. Forte de ces racines historiques, elle est également reproduite sur une base régulière dans les cuisines de la province, et ce, selon une base culinaire plus ou moins homogène de Gaspé à Gatineau, en passant par Montréal, Québec, Saguenay, Shefferville et même Sainte-Anne-des-Lacs.

Autres critères: le plat national du Québec, forcément fait avec des ingrédients d'ici, trouve aussi sa place en dehors des ménages, dans des restaurants populaires, des établissements ou, pourquoi pas, dans de hauts lieux de la gastronomie, et ce, dans des versions améliorées ou pas. Il est mangé avec plaisir et, chose importante, avec fierté. Il peut aussi devenir un objet de désir chez les Québécois qui, après un long séjour à l'étranger, reviennent à la maison. À l'instar d'une paella, d'une choucroute ou d'un duo moules-frites dans d'autres pays.

Vingt candidats, deux gagnants

Plus d'une vingtaine de plats différents, allant de l'entrée au dessert en passant par le plat de résistance, ont été suggérés. Mais deux se sont finalement détachés du lot: le pâté chinois et le pouding chômeur (voir autre texte), ce dernier à titre de dessert national. Tous deux ont été largement plébiscités par les lecteurs et majoritairement cités par notre groupe d'experts. «Ces plats sont très représentatifs du Québec. Et en plus, ça n'existe nulle part ailleurs qu'ici», indique l'historienne Hélène-Andrée Bizier, membre de ce groupe aux côtés de Jean-Pierre Lemasson, de l'ex-premier ministre Bernard Landry, de la chef Anne Desjardins, de l'humoriste Boucar Diouf mais aussi de Jocelyne Brunet, propriétaire de la Binerie Mont-Royal, une institution montréalaise versée dans les plats traditionnels québécois.

Le pâté chinois, plat national du Québec. La chose ne fait donc plus de doute. «C'est un plat que nos grands-mères et nos mères faisaient», souligne Mme Brunet. «Il est démocratique, facile à faire, traverse les générations et les classes sociales», ajoute Anne Desjardins. «Sa triade [purée de pommes de terre, maïs, viande hachée] est spécifique au Québec», dit M. Lemasson.

Et il y a plus. «La transmission de sa recette n'est pas seulement familiale, elle est aussi sociale, écrit Ulysse Desnaleau Dandurand, de Saint-Jean-sur-Richelieu. Et comme nos instances politiques (fédérale, provinciale, municipale), il a trois étages.» «C'est une sorte d'icône de notre panthéon culinaire largement mentionnée dans notre littérature et à la télévision, par l'entremise entre autres de l'émission La P'tite Vie», ajoute Martin Landry, de Montréal. «J'en ai cuisiné à des amis pakistanais et sud-américains et tous ont adoré!», précise Christian Lalande sur notre site.

Simple et réconfortant, le pâté chinois serait même, d'un point de vue métaphorique, à l'image de la société où il a vu le jour: «Les anglophones, traditionnellement plus aisés, sont représentés par la viande, les Québécois francophones, n'ayant pas de quoi s'offrir, par les patates, et les peuples autochtones (premiers cultivateurs de maïs) sont coincés entre les deux, en une mince couche», soulignent Isabelle Létourneau et Vincent Hubert, «parents de trois enfants», précisent-ils dans leur courriel. «Pis, ces couches homogènes ne se mélangent pas et en étirant la sauce argumentaire on peut même dire que les accompagnements (le plus souvent le ketchup mais l'imagination est sans limite) représentent les apports de l'immigration dans notre société.»

Des origines obscures

Omniprésent sur les tables du Québec, les «mercredis soir», écrit Marie-Claude Laframboise, servi dans les cafétérias d'école, d'entreprise ou d'hôpital aux quatre coins de la province, revisité par certains grands chefs depuis quelques années, le pâté chinois trouve donc un ancrage concret et clair dans le quotidien des gens d'ici. Contrairement à ses origines qui, elles, demeurent encore et toujours très nébuleuses.

Dans le petit livre d'histoire de ce que l'on pourrait désormais qualifier de grand plat, deux principales théories cohabitent. La plus célèbre? Ce plat aurait vu le jour à la fin du XIXe siècle, lors de la construction de la voie de chemin de fer pancanadienne par le Canadien Pacifique. À l'époque, les ouvriers, surtout d'origine asiatique, y étaient nourris, dit-on, uniquement de boeuf haché, de pommes de terre et de maïs, créant ainsi, par la force des choses, un assemblage désormais unique nommé en leur honneur.

Autre explication: ce mets aurait été rapporté de la ville de South China, pas très loin d'Augusta, dans le Maine, par les nombreux Canadiens français qui y avaient émigré, faute de travail ici, dans les belles années de la révolution industrielle. Et le «China pie», spécialité locale, serait alors devenu ici, après traduction, le fameux pâté chinois.

Charmantes, exotiques et imagées, ces deux histoires, largement véhiculées par la culture populaire, sont toutefois «celles qui tiennent le moins la route», estime Jean-Pierre Lemasson.

Alors? Une poignée de vieux livres de recettes publiés au début du siècle dernier au Québec pourraient bien remettre les pendules à l'heure. Le pâté chinois commence à y apparaître dans les années 1920, mais sous des traits qui nous sont peu familiers aujourd'hui. Pour cause. Il s'agit en fait d'un plat composé d'une couche de riz, d'une couche de viande hachée et d'une autre couche de riz, le tout passé au four. Ce riz, largement associé à la culture asiatique, donnerait du même coup un début d'explication sur l'étymologie du plat national.

Vraisemblablement une variante avec riz du Sherpherd's pie des Irlandais (un plat de deux étages fait de viande hachée recouverte d'une pâte, d'une purée de pommes de terre ou de riz, selon l'humeur), ce drôle de pâté chinois est d'ailleurs présenté sous l'appellation «pâté berger» dans Les Recettes de madame curé, une compilation des vieilles recettes de presbytères faite par Pierrette Baudouin en 1995 (Éditions Logique). Le Cercle des fermières du Québec le présente dans ses publications sous le nom de «pâté chinois au riz».

Parti pour la gloire

«Véritable plat de pauvre», dit Mme Bizier, le pâté chinois, dans sa forme originelle et quelques autres dérivés, va très vite s'imposer dans les cuisines, poussé par la crise économique et «les recettes de Jehane Benoît publiées dans les journaux invitant les gens à ne rien gaspiller», poursuit-elle. Ce «plat de la débrouillardise» se résume alors à des restes de viande (rôti de boeuf ou de porc) passés au moulin et placés entre deux couches de riz ou sous de la purée, sur le modèle du hachis parmentier des Français.

L'arrivée du maïs, ce troisième étage qui vient donner tout son sens à la recette désormais collectivement adoptée, est, elle, difficile à expliquer, concèdent les quelques historiens de l'alimentation. «C'est peut-être un accident, dit Mme Bizier. Un jour, quelqu'un a mis du maïs dans son assiette [dans laquelle se trouvait un pâté berger à la pomme de terre] et a trouvé ça très bon.»

Cet «accident» se serait aussi produit après la Deuxième Guerre mondiale, avec l'apparition des premières conserves de maïs, en grain et en crème, mises sur le marché par un certain Onil Larose, agriculteur de Calixa-Lavalée qui, dans les années 1950, aurait modernisé une conserverie mise en place par son père Joseph Larose en 1935 pour ses besoins personnels et ceux des habitants du coin.

L'idée d'ajouter cette céréale aura été finalement une bénédiction pour le pâté chinois tel qu'on le connaît aujourd'hui et qui, sous cette forme, passe alors du statut de copie de recettes existantes (le hachis parmentier et le Sherpherd's pie) à celui de plat original exprimant «l'américanité [et du même coup l'identité] de la société québécoise», résume M. Lemasson.

Mieux, ce maïs, un aliment qui n'est pas consommé dans les vieux pays, vient également sceller deux couches, issues de deux traditions, anglaise et française, qui ont façonné notre société.

Cette tectonique du pâté chinois ne serait d'ailleurs pas étrangère à la popularité incontestable de ce plat qui, du même coup, devient tout simplement bon, poursuit le sociologue de la bouffe. «Pour être bon à manger, un plat doit aussi être bon à penser, dit-il. Quand on le mange, on mange de l'appartenance sociale, de l'histoire.» Et désormais, un plat national.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Gérard Lépine
    Abonné
    samedi 15 décembre 2007 06h07
    miam miam
    « Et moi qui croyais que les bonne vieilles fêves au lard tenaient la corde, surtout dans les brasseries, avec une grande Molson!!!!!!! »

  • hahn marie-gaelle
    Inscrite
    samedi 15 décembre 2007 07h46
    de plus en plus etrangere...
    « Si la touche autochtone est évident (le mais), il reste une évidence : le hachis parmentier (quoi de plus francais) existe depuis ...des siècles !!!
    Quelle tristesse pour moi qui vit à l'étranger de penser que
    c'est ÇA le plat national québécois...encore une raison de plus de me sentir ...étrangère !!!
    Je reste sur la tourtière, pas trouvée JAMAIS en Angleterre..
    où j'ai vécu aussi ... »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 15 décembre 2007 08h43
    J'en ai jamais mangé!
    « Moi, un brave boomer de Québec, nationaliste et souverainiste depuis l'âge de 18 ans (depuis ma première traversée du Canada) je n'ai jamais jamais jamais mangé de ce paté. D'ailleurs tout ce qui est bouffe traditionnelle québécoise ne m'a jamais excité les papilles.
    Vive la cuisine moderne. Et à la poubelle le steak-patate-blé-d'inde... »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 15 décembre 2007 09h06
    Pâté québécois et pouding travailleur
    « Maintenant le plat national du Québec est connu, faudrait bien en changer le nom de : pâté chinois à pâté québécois. Les restaurants pourraient en avoir un de leur cru sur le menu. Il serait servi avec une petit drapeau du Québec planté au milieu pour bien montrer que ce plat là, c,est québécois comme notre gouvernement plante des drapeaux canadiens dans le Grand-nord pour montrer que c'est au Canada ce passage là.

    Même chose pour le pouding chômeur qu'on pourrait renommer pouding travailleur vu qu'on est à la veille d'avoir 0 % de chômage au Québec.

    Fait que...un bon pâté québécois suivi d'un bon pouding travailleur, miam, miam, miam, c'est vrai que c'est bon. On va profiter de la tempête annoncée en fin de semaine pour s'en cuisiner. On préparera les tourtières et le ragoût, seulement la semaine prochaine. »

  • Vandeveld Romain
    Inscrit
    samedi 15 décembre 2007 09h59
    Enterrement de 1ère classe
    « La démarche est curieuse et selon moi contestable car elle ne sert pas la cuisine québécoise. Bien au contraire.

    Elire un plat national, c'est réduire la cuisine d'un pays à une seule expression et la rendre (tant de l'intérieur que de l'extérieur) plus vulnérable à la caricature et à la raillerie (se voulant méchantes ou non).

    Les Français, réputés pourtant centralistes et unitaristes, ne s'y sont pas risqués.

    C'est leur modèle pronant la variété, et - surtout, là est leur particularité - l'égalité de ce qui est différent, qui aurait dû plutôt vous inspirer : plats de terroir, régionaux, AOC, IGP (indication géographique protégée), etc.

    Votre démarche ne célèbre pas la cuisine québécoise, elle l'enterre même si c'est un enterrement de première classe. »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    samedi 15 décembre 2007 10h27
    Désolé, mais vous êtes dans les patates!
    « "Une base britannique, des atours français, une touche autochtone"

    Foutaise!

    C'est de l'accommodement culturel culinaire déraisonnable!

    Il n'y a rien de Britannique dans ce plat.

    Le Shepherd's Pie est le Pâté du Berger des Irlandais. Ces Irlandais que les Britanniques déportèrent de force en amérique après avoir volé leurs terres et c'elles des Écossais.

    Ce plat était fait avec des carrottes (au lieu du maïs) et porté aux bergers de moutons en haut des colines de l'Irlande.

    Le Pâté chinois québécois est donc un plat créé par les peuples victimes du racisme et du colonialisme de l'Anglais Britannique. L'Anglais n'a jamais voulu se métisser et n'a donc jamais rien produit de tel. Même tous ces symboles "Canadians" dont il se prétend le représentant, il a dû nous les voler et n'a rien créé. »

  • Michel Vaïs
    Abonné
    samedi 15 décembre 2007 10h59
    Le pâté du tamis chinois
    « Étudiant à Paris en 1973, j'avais donné à la télévision française la recette du pâté chinois à l'occasion de la Semaine du Québec. J'avais alors fait des recherches sur l'origine du mot, et expliqué qu'il venait du tamis de forme conique, le chinois, dans lequel on passait certains ingrédients (riz ou maïs). Il s'agissait donc d'un «pâté passé au chinois».

    Michel Vaïs »

  • Mme et M. JMR et IJ
    Abonné
    samedi 15 décembre 2007 11h35
    Pâté chinois à la vache folle
    « Chaque fois que j'en mange ça me donne le va-vite, franchement nous manquons d'originalité. Nos ancêtres mangeaient de l'orignal, de la truite, de l'oie sauvage et du gros lard avec des « pétates pilées », de quoi faire une bonne cipaille. On est nationaliste ou on ne l'est pas. Le pâté chinois c'est le choix du président, pas des Québécois d'origines. Un petit verre de caribou avec ça. ivan jobin »

  • Denis Provencher
    Inscrit
    samedi 15 décembre 2007 11h59
    ou va-t-on s'arreter?
    « Les premieres réactions de vos lecteurs, d'une extreme rectitude, parlent de changer le nom du paté chinois pour qu'il soit plus québécois. D'autres se sentent encore plus étranger dans ce pays avec un tel choix. Et les plus jeunes, style Plateau Mont-Royal, n'en ont jamais mangé, bien évidemment. Et n'oseraient certainement pas s'abaisser a meme y penser.
    Bon. Va-t-il falloir soumettre le paté chinois a la commission Bouchard-Taylor,pour savoir si c'est un accomodement raisonnable?
    D'autres, plus parano, vont y voir une autre manigance de Mario Dumont pour attirer l'attention.... »

  • Patrick Lépine
    Inscrit
    samedi 15 décembre 2007 12h23
    Le devoir fait-il ses devoirs?
    « Je crois qu'en tant que membre du village global auquel nos bons médias tentent de nous faire adhérer, il est de mon obligation de rappeller ici à tous que le met national du québecois moyen est présentement le cheeseburger double du mcdo vendu à 1.39$ en tout temps. Pour la tourtière, je n'en suis pas sûr, en effet, une année l'une de mes soeurs nous a apprêté l'un de ces mets à l'occasion des fêtes qui ma foi restera gravé à tout jamais dans ma mémoire, il s'agissait du très fameux sushi. Miam miam!
    Typiquement "CANADIEN FRANÇAIS" comme dirais "Elvis"!

    Qu'il est loin le temps où mes parents me faisais me sentir mal de ne point vouloir de ces très fameux diplômes que l'école nous attribuais au mérite, selon notre manière de nous conformer à l'ensemble. »

  • Marc Lavallée
    Inscrite
    samedi 15 décembre 2007 12h23
    Recette pour un Québec accomodé
    « Prenez deux bonnes pelletés de peuples fondateurs et un peu de "chinois" (pour représenter tous les autres). Déposez chaque ingrédient en couche distincte pour éviter le melting-pot états-unien, et assaisonnez généreusement d'un mélange hautement folklorique de pauvreté endémique. »

  • jean-marie francoeur
    Inscrit
    samedi 15 décembre 2007 12h37
    Authetiquement québécois
    « Notre pâté chinois ne doit rien aux Anglais ni au "Shepherd's pie". Celui-ci origine du nord de l'Angleterre et d'Écosse. Il est obligatoirement composé d'agneau et de pommes de terre. Notre pâté chinois date du XVIIè siècle. Et oui ! Nous avons retrouvé les prototypes de ces plats dans les ouvrages culinaires français de cette époque. Certains se nomment hachis ou encore pâté en pot. Évidemment, il n'y avait pas de pommes de terre à l'origine, celle-ci étant honnie des Québécois. Il se faisait soit avec des navets ou des marrons, légumes économiques du temps. La pomme de terre y a été ajoutée après 1760, par nécessité, les récoltes de blé ayant presque disparues à cause des maladies. Le maïs a été incorporé dès le début. Il a été adopté aussitôt connu avec le tabac (Létourneau). Les légendes des "Chinois du rail" et de la ville de "China, Maine" sont fausses. Son nom apparaît en 1926 dans le livre de la Congrégation Notre-Dame. C'est un plat de dépannage, un palliatif à la faim. C'est pourquoi on ne trouve sa mention nulle part auparavant. Il ne faut pas oublier qu'après 1760, la langue française était interdite, et que toute notre culture s'est transmise par l'oral.

    Le "hachis parmentier" n'existait pas du vivant du pharmacien. Il est apparu au XIXè siècle. La pomme de terre n'est devenue une culture majeure en France qu'en 1846.

    On aurait pu opter aussi pour le "six-pâtes", plat de prestige au XVII, XVIII siècles. Il était nommé "Pâté royal" dans "Le nouveau cuisinier royal et bourgeois" et porte différents autres noms selon chaque auteur. Il n'est plus préparé en France contrairement aux autres plats de notre ordinaire, ce qui le rend tout à fait québécois. Il n'a aucun lien avec le "Sea pie", plat de matelots mangé froid à bord des navires anglais, comportant des rangs de pâtes à l'intérieur, méthode absolument étrangère à nos goûts et à notre culture culinaire.

    Le poudding chômeur origine de la région de Montréal et date du début XXè siècle, ce qui l'exclut de ce concours. Par contre, la tarte au sucre date du XVIIè siècle, et est connue partout au Québec.

    Tant qu'à y être sachez que les fèves-au-lard font partie de notre menu depuis les débuts de ce pays. La version bostonnaise n'a été rapportée qu'au milieu du XIXè siècle par le père de Papineau qui exploitait les forêts de La Petite Nation. Sa particularité est que les fèves sont cuites dans cette jarre ventrue particulière avec mélasse, contrairement à ce qu'on fait au Québec, c'est-à-dire avec mélasse à part. D'aileurs les "Baked Beans" sont une rareté à Boston même. On les achète en conserves maintenant.

    Jean-Marie Francoeur »

  • Roussel Louis-Philippe
    Inscrit
    samedi 15 décembre 2007 13h37
    Nous ne sommes pas les seuls à manger du "Paté chinois"!
    « Alors pour le pouding chômeur, aucune objection.

    Mais pour le pâté chinois, là ça ne passe pas: toute personne qui a vécu en France et qui y a fait son épicerie sait qu'au super marché, on vend du Hachis parmentier ce qui est exactement la même chose que notre paté chinois à quelques fantaisies près.

    Regardez-vous même sur google... »

  • Roger Bédard
    Inscrit
    samedi 15 décembre 2007 14h38
    Un pâté chinois américain
    « La recette du "paté chinois" se trouve dans un livre de recette de ma grand-mère maternelle, qui est née en Nouvelle-Anleterre, sous le nom de "shepherd pie". Voilà pour la frecette typique du Québec. »

  • Roger Bédard
    Inscrit
    samedi 15 décembre 2007 14h42
    Un pâté chinois américain
    « La recette du "paté chinois" se trouve dans un livre de recette en anglais de ma grand-mère maternelle, qui est née en Nouvelle-Anleterre, sous le nom de "shepherd pie". Voilà pour la frecette typique du Québec. »

  • Roger Bédard
    Inscrit
    samedi 15 décembre 2007 15h41
    Le pâté chinois est un pâté berger, selon Wikipedia
    « Voici un extrait de l'article "Shepherd's Pie" dans Wikipedia:
    In North America a variation on shepherd's pie, sometimes called "cowboy pie", is made with a layer of ground beef, a layer of corn and a layer of mashed potatoes. French Canadians call this variant pâté chinois. Peas and carrots are commonly mixed with or used to replace corn. In the northeast U.S., green beans are often used instead of corn, and frequently a layer of tomato sauce is added to the beef. »

  • jean-marie francoeur
    Inscrit
    samedi 15 décembre 2007 17h12
    Le mystère du pâté chinois
    « Il est réjouissant de voir tant de réactions. Pour M.Roussel, il n'y a pas de rapports entre le pâté chinois et le parmentier. Ce pâté est apparu au Québec en 1670, et était déjà codifié chez La Varenne en 1650. Furetière le mentionne. Quant aux questions de M. Bédard, remarquez que le "shepherd's pie " ne comporte pas de maïs. Et ce n'est pas sur un site comme Wikipedia que vous trouverez des informations justes. Ces découvertes sont encore trop récentes pour être connues. »

  • henri gabrysz
    Inscrit
    samedi 15 décembre 2007 18h21
    amour du pauvre
    « ce pâté est le parfait reflet des circulaires des super marchés... ou pire encore, des Tigre Géant de nos régions


    alors qu'une cuisine se fait avec des ingrédients frais, le pâté chinois se fait avec des conserves et même des viandes surgelés

    une honte

    de plus c'est dégoûtant »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 15 décembre 2007 21h48
    Pâté à l'intégration
    « Maintenant que le pâté chinois et le pouding chômeur sont les plats nationaux du Québec, en plus de la connaissance du français, faudrait que l'immigrant aime et consomme régulièrement ces 2 mets bien de chez-nous "malgré les nombreux sceptiques qui déclarent le contraire" sans quoi, il ne pourrait pas voter aux élections, par manque à la culture du Québec, comme henri gabrysz qui écrit plus haut qu'il trouve notre bien-aimé pâté chinois, dégoûtant. C'est pas fin pour la cuisine québécoise, ça.

    Ça va faire la critique d'une affaire nationale de chez-nous, on ne crique pas son nom, nous, même s'il ne l'écrit pas avec une majuscule et qu'on a de la difficulté à le prononcer avec un z après le s. »

  • Claude Guay
    Abonné
    dimanche 16 décembre 2007 01h01
    Amour du Pauvre? N'en avoir jamais mangé?
    « On peut très bien faire le paté chinois avec des produits frais. Et si ça vous dégoute, n'en dégoutez pas les autres!

    De n'avoir jamais mangé de paté chinois ne prouve qu'une chose: que vous n'avez jamais mangé de paté chinois. Quant à moi, je n'ai jamais manger de poutine et ça me fait la jambe belle!
    Mais je ne me battrai pas pour le paté chinois. Après tout, il est des causes plus nobles que le plus noble des mets nationaux, me semble...

    Bon appétit.

    Claude Guay. »

  • Christian Rheault
    Abonné
    dimanche 16 décembre 2007 02h08
    Quoi?
    « Je suis bouche-bé ...

    Le pâté chinois est LE plat le plus représentatif du Québec ?

    Et les cigares aux chou ???
    Et bines ??????
    Et la soupe aux pois ????????? LA SOUPE AUX POIS ????????

    Voyons ...

    Et le dessert c'est quoi ? Un Jos-Louis ?

    J'exige des excuses oui je fais mes valises !!!!!!! »

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 16 décembre 2007 05h20
    Les "patates" pilées et la viande "à chien"...
    « Je suis très étonné que vous ayez éliminé d'emblée la Poutine pour retenir le Pâté chinois. C'est un plat qui ne contient aucune difficulté, aucune originalité, aucune inspiration, presque sans saveur et sans odeur...Comme dirait M. Lemasson, "On ne sent pas que ce plat soit porteur de fierté nationale". Vous auriez pu suggérer un sandwich à la "baloney" à la moutarde quand à y être. Le Pâté chinois n'a rien à voir avec toute la saveur, le goût, l'odeur,la symbolique de la tourtière. Enfin, s'il faut reconnaître les patates "pilées" et la viande "à chien" comme invention nationale, on peut bien se plaindre du manque d'imagination de plusieurs, en cuisine et ailleurs.

    Georges Paquet »

  • Denis Paquette
    Abonné
    dimanche 16 décembre 2007 09h39
    Le paté chinois
    « Toutes les cultures empruntent et ont empruntées aux autres cultures une partie de leur savoir faire.
    Ce qui détermine une culture particulière c'est sa propre façon de faire
    Le « pâté chinois en langage populaire vient selon moi, du mot chinoiserie, c'est-a-dire comme dit le langage populaire, dans une expression consacrée « c'est du chinois. Qui veut dire compliqué, incompréhensible ou inconnu.
    Comme catégorie alimentaire depuis le début du monde il y a eu les viandes d'élevage ou sauvages, les poissons, les volailles ou oiseaux, les graminées : mais, soya, sarrasin, blé, mille, orge etc. ainsi que les tubercules et celle que l'ont a appeler notre patate, quelle mot étrange, mais qui veut dire ce qu'il veut dire, pa,pa,pa,ta,ta,ta, je suis convaincu que tous les jeunes enfants du monde savent,a peu près, ce que ca veut dire, peut être, a-t-il une origine amérindienne
    Tout ceci pour dire que les gens ont inventés des plats et une façon de les apprêter avec les aliments dont ils disposaient
    Au Québec, il y a un certains temps, il y avait beaucoup de viandes sauvages, des graminées et des tubercules, que les indiens connaissaient parfaitement et savaient comment les cueillir et les apprêter
    Il y a encore aujourd'hui au Québec des tubercules, plantes ect., parfaitement comestible que nous ne consommons pas, parce que nous ne les connaissons pas,qui n'a pas entendu parler des racines de la quenouille que les orignaux mangent et raffolent. Il y a en Amérique beaucoup plantes, de graminées, de tubercules, comestibles que nous ne consommons pas.
    Je crois que l'origine du pâté chinois est amérindienne, je crois surtout qu'il ne faut pas en avoir honte,il fallait faire un repas avec les aliments que nous avions, et c'était les aliments que l'on trouvaient facilement et qui étaient bons pour la santé
    Il existe au Québec plusieurs plats apparentés remplissant a peu près les même fonctions, c'est-à-dire faire un repas avec ce que nous avions sous la main, qui ne connait pas la fameuse tourtière de Lac St. Jean ou du pâté de poissons de la Gaspésie, de la gibelotte de Sorel, etc., etc.une bonne gibelotte, sans pompes de terres et quelque grains de millets ou de riz noir, ca ne se fait pas me disent certains
    A la pratique les gens se sont rendus compte que le mélange de graminées, de tubercules et de viandes,formait un équilibre intéressant et se rehaussait l'un l'autre, que c'était bon pour la santé et permettait une bonne accumulation d'énergie.
    Il y a des traditions alimentaires importantes propre au Québec qui sont en train de se perdre, ce qui est dommage c'est que nous n'ayons pas une cuisine amérindienne reconnue et étudiée, publicisée, combien de choses jamais mangées et qui pourtant faisaient parties des habitudes alimentaires des premiers habitants.
    Il faut une fois avoir mangé du gibier ou du poisson fraichement cueillit et servit avec des pommes de terre et autres tubercules ainsi que des graminées, millets sarrasin, mais, etc., pour découvrir l'équilibre qui existe entre ces aliments et comment c'est agréable au gout.
    Si nous avons pris l'habitude de hacher ces aliments ca s'explique pour deux simples raisons, ceux qui savent ce que veut dire faire boucherie, savent que ca permet d'apprêter les morceaux les moins intéressants et deuxièmement surtout de les rendre assimilables pour les jeunes enfants ou toutes personnes malades.
    Les graminées et les tubercules font partis de la base alimentaire de tous les peuples de la terre et ce depuis toujours, dans les périodes de famine et de pénuries ils sont les premiers aliments qui peuvent être trouvés et se reproduisent relativement naturellement.
    Il y aurait tout un chapitre a consacré aux oiseaux et aux oeufs, il n'y a pas si longtemps au Québec, tous colons qui se respectaient, possédaient son pigeonnier et n'avait pas le cas échéant, à aller chasser pour se nourrir.
    Au Québec le bouillon de poule ou d'oiseaux était et est encore considérer comme le premier aliment nécessaire pour rétablir toute personne malade ou mal au point






    .Toutes les cultures empruntent et ont empruntées aux autres cultures une partie de leur savoir faire.
    Ce qui détermine une culture particulière c'est sa propre façon de faire, c'est-a-dire d'apprêter les aliments
    Le « pâté chinois en langage populaire vient de chinoiserie, c'est-a-dire comme dit le langage populaire, dans une expression consacrée « c'est du chinois. Qui veut dire compliqué, incompréhensible ou inconnu.
    Comme catégorie alimentaire depuis le début du monde il y a eu les viande d'élevage ou sauvage, les poissons, les volailles ou oiseaux, les graminées : mais, soya, sarrasin, blé, mille, orge etc. ainsi que les tubercules et celle que l'ont a appeler notre patate, quelle mot étrange, mais qui veut dire ce qu'il veut dire, pa,pa,pa,ta,ta,ta, je suis convaincu que tous les jeunes enfants du monde savent, a peu près, ce que ca veut dire, peut être, a-t-il une origine amérindienne
    Tout ceci pour dire que les gens ont inventé des plats et une façon de les apprêter avec les aliments dont ils disposaient
    Au Québec, il y a un certains temps, il y avait beaucoup de viande sauvage, des graminées et des tubercules, que les indiens connaissaient parfaitement et savaient comment les cueillir et les apprêter
    Il y a encore aujourd'hui au Québec des tubercules, plantes ect., parfaitement comestible que nous ne consommons pas, parce que nous ne les connaissons pas, qui n'a pas entendu parler des racines de la quenouille que les orignaux raffolent. Il y a en Amérique beaucoup plantes, de graminées, de tubercules, comestibles que nous ne consommons pas.
    Je crois que l'origine du pâté chinois est amérindienne, je crois surtout qu'il ne faut pas en avoir honte, à l' origine, il fallait faire un repas avec les aliments de disponibles, et c'était les aliments que l'on trouvait facilement sur le territoire et qui étaient bons pour la santé
    Il existe au Québec plusieurs plats apparentés remplissant a peu près la même fonction, c'est-à-dire faire un repas avec ce que nous avions sous la main, qui ne connait pas la fameuse tourtière de Lac St. Jean ou du pâté de poissons de la Gaspésie, de la gibelotte de Sorel, etc., etc.une bonne gibelotte, sans pompes de terres et quelque grains de millets ou de riz noir, ca ne se fait pas me disent certains
    A la pratique les gens se sont rendus compte que le mélange de graminées, de tubercules et de viandes, les morceaux les plus difficile à apprêter, formait un équilibre intéressant et se rehaussait l'un l'autre, que c'était bon pour la santé et permettait une bonne accumulation d'énergie.
    Il y a des traditions alimentaires importantes propre au Québec qui sont en train de se perdre, ce qui est dommage c'est que nous n'ayons pas une cuisine amérindienne reconnu et étudié, combien de choses jamais mangées et qui pourtant faisaient parties des habitudes alimentaires des premiers habitants.
    Il faut une fois avoir mangé du gibier ou du poisson fraichement cueillit et servit avec des pommes de terre et autres tubercules ainsi que des graminées, millets sarrasin, mais, etc., pour découvrir l'équilibre qui existe entre ces trois aliments et comment c'est agréable au gout.
    Si nous avons pris l'habitude de hacher ces aliments dans la pâté chinois ca s'explique pour deux simples raisons, ceux qui savent ce que veut dire faire boucherie, savent que ca permet d'apprêter les morceaux les moins intéressants et deuxièmement surtout de les rendre assimilables pour les jeunes enfants ou toutes personnes vielles ou malades.
    Les graminées et les tubercules font partis de la base alimentaire de tous les peuples de la terre et ce depuis toujours, dans les périodes de famine et de pénuries ils sont en générale les premiers aliments qui peuvent être trouvés et se reproduisent relativement naturellement.
    Il y aurait tout un chapitre a consacré aux oiseaux et aux oeufs, il n'y a pas si longtemps au Québec, tous colons qui se respectaient possédaient son pigeonnier et n'avait pas le cas échéant et si malade, à aller chasser pour se nourrir.
    Au Québec le bouillon de poule ou d'oiseaux était et est encore considérer comme le premier aliment nécessaire pour toute personne malade ou mal au point






    . »

  • Anne Ardouin
    Inscrite
    dimanche 16 décembre 2007 09h54
    Bravo pour cette joyeuse enquête: la pâté chinois, un plat simple, pratique et adaptable
    « Bravo pour cette enquête... Et quelle ne fut pas ma surprise en voyant la page couverture du Devoir de ce samedi...

    En effet, (et ignorant l'existence de cette enquête), ayant comme mission d'offrir un repas à des amis de la France qui viennent pour les Fêtes, je cherchais quelque chose à leur cuisiner qui ne soit pas dans les restaurants, pas trop non plus dans les livres de recette; bref un met familial, pas compliqué. J'ai donc choisi le pâté chinois et de le cuisiner de trois façons... avec patates pilées, avec patates en cubes cuites à la vapeur, avec maïs en crème et en grain, à la TEX MEX (idée de Marie-France Bazzo).

    Au diable les théories culinaires, moi je sais que ce plat et bien, les enfants l'adorent, on peut le congeler, en préparer des petites portions pour les lunchs du midi à l'école, on peut le faire de bien des manières!

    En plus, cette enquête a fait beaucoup jaser en famille à l'occasion des préparatifs culinaires pour Noël... c'est bien agréable de se souvenir du temps où notre mère le faisait... D'ailleurs, enfant dans les années 70, ma mère me servait toujours le pâté chinois en pièces détachées - les patates d'un bord, le blé d'Inde et le boeuf haché chacun de leurs côtés...

    Vivement un livre de recettes sur toutes les formes du Pâté chinois "québécois" !!! »

  • Jean-Philippe Gauvin
    Abonné
    dimanche 16 décembre 2007 14h18
    Et la poutine?
    « Certes, le pâté chinois est mangé à qui mieux mieux dans toutes les familles du Québec... Mais la poutine, elle? ou la tourtière? Quand je suis à l'étranger, à 23h30 en regardant la nuit... caline que je mangerais bien une bonne poutine chaude!!
    Le pâté chinois, c'est un dépanneur! »

  • henri gabrysz
    Inscrit
    dimanche 16 décembre 2007 17h10
    soupe au lait
    « ingrédients principaux: orgueil national mal placé... sentiment de persécution quasi parano... méfiance...même pas besoin de compter un deux trois que ça écume et bouille


    ... (il me semble que Le Devoir compte pas mal de lecteurs adéquistes... si on compte les nombreuses fautes)... mais pour paraphraser un dramaturge JC Germain , c'est au Québec qu'on écrit le mieux en québécois.

    (chaque année à Val d'Or on avait un gros banquet à la Salle Polonaise... toute la ville venait bouffer des piroguys et colombkys, durant le temps des fêtes... aussi au sous-sol de l'école, un gros souper de fèves au lard réunissait toute la ville , même les polonais et les ukrainiens (mineurs).... on n'a jamais eu de souper au pâté chinois!... plus souvent même des spaghettis... mais JAMAIS de pâtés...


    bien sûr, on ne discute ni des goûts ni des couleurs, mais il y a de meilleure chose à manger ici que du pâté chinois, qu'il soit fait avec des conserves ou des produits frais, il ne goûtera jamais autre chose que du ketchup sur les patates...

    (en polonais SZ= CH... contrairement à l'italien où CH= K) »

  • Lucette Lupien
    Abonné
    lundi 17 décembre 2007 11h21
    MON pâté chinois
    « Bonjour,

    J'ai adoré ce concours qui m'a obligée à réfléchir (ce que le Devoir fait généralement et je vous en remercie !) sur un plat national et j'avais effectivement suggéré moi aussi le pâté chinois.

    Bien sûr, c'est un plat familial, un plat de «pauvre» mais ça n'empêche nullement de l'enmieuter. À partir de la recette de ma mère, voici ce que j'en ai fait :

    Je mets une couche de viande composée de boeuf, de veau et parfois de viande sauvage (plus ail et oignon). Je mouille d'un peu de brandy ou de cognac. Puis une couche de petits pois (numéro 1, devenu difficile à trouver), puis une purée de pommes de terre (ça pourrait être une purée de courges ou de patates sucrées), puis une couche de maïs en crème et je couvre de parmesan râpé.

    Super-délicieux et très joli !

    Le problème c'est que c'est plus de travail que du steak haché avec, à côté, des patates et des légumes, mais c'est tellement meilleur ! »

  • Rémi Vachon
    Inscrit
    lundi 17 décembre 2007 14h36
    Le pâté chinois est probablement plus proche des foyer que la poutine.
    « Je suis d'accord pour mettre le pâté chinois en avant de la poutine puisque le pâté chinois est quand même un plat beaucoup plus cuisiné par les québecois. Le problème cependant avec le pâté chinois est qu'il n'est pas vraiment présent au niveau de la restauration. Honnêtement, je voudrais manger un bon pâté chinois, je ne saurais pas où aller...autre que ma propre cuisine évidemment.

    La poutine est dans la situation totalement inverse. Elle est énormément présente dans la restauration au Québec, mais au niveau domestique elle n'est pas un plat énormément cuisiné. Une poutine ca s'achète beaucoup plus que ca se fait.

    C'est probablement ce qui fait que le pâté chinois est plus représentatif. Plus proche de ce que les québecois vont cuisiner eux-même. Tout le monde a sa recette de pâté chinois, mais on ne peut pas véritablement en dire autant de la poutine. Tout le monde a plutôt sa "place à poutine". »

  • Fernande Trottier
    Abonnée
    lundi 17 décembre 2007 14h41
    mium..mium..
    « Ma mère faisait le pâté chinois avec un reste de rôti de porc
    passé au moulin à viande, souvent par moi, avec le maïs et les
    patates + des oignons... j'en salive encore !! ce n'est pas un
    plat de pauvre.. c'est une façon de finir un "restant".. comme la viande était de beaucoup meilleure quand j'étais enfant, ceux qui n'en ont jamais mangé ne savent pas ce qu'ils ont manqué... on peut le faire avec du steak haché par le boucher, mais quelle différence dans le goût..rien de comparable.. faut dire aussi que comme ns étions 10 enfants, la pièce de viande originale pesait plus qu'un kilo.. une grosse pièce est de beaucoup meilleure qu'un tout petit morceau.. je suis de la région de la "poutine", je n'en mange pas.. vive le "Pâté chinois.." »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    lundi 17 décembre 2007 15h02
    @ Lucette Lupien
    « Très très bien votre recette de pâté chinois à talon haut Mme Lupien. On pourrait continuer ainsi à développer des recettes pour chaque région du Québec : Ça deviendrait le pâté du Lac St-Jean, celui de la Beauce etc... Le vôtre pourrait, avec son ajout de cognac, être pour la région de Wetmount où ça ne fait rien qu'il prenne un peu plus de temps à cuisnier puisqu'ils ont les moyens d'avoir des cuisinières "vivantes" à l'année. »

  • Mala Bergevin
    Abonné
    mardi 18 décembre 2007 19h23
    Bravo!
    « Votre petite enquête maison m'a beaucoup plu. J'y ai participé. J'en ai parlé longuement avec mes collègues. Au diner, tout le monde y allait de son avis, et c'est effectivement le pâté chinois qui est revenu le plus souvent, sans toutefois faire l'unanimité. Je vous remercie d'avoir suscité ces discussions joyeusement partisanes.

    Je trouve assez surprenant de lire ici des commentaires outrés, sceptiques, sérieux. J'ai l'impression que certains sont sur le point de demander une commission d'enquête sur la question aussitôt que celle des accommodements raisonnables aura été réglée.

    Enfin, pour ma part, j'ai eu beaucoup de plaisir à jouer le jeu. Merci pour cette démarche amusante. Ça fait longtemps que je n'ai pas fait un bon pâté chinois. Vous m'en avez donné le gout!! :-) »

  • Stéphanie Canuel Mjbj
    Abonné
    mercredi 19 décembre 2007 15h51
    Bien d'accord
    « Je suis tout à fait d'accord avec le choix du pâté chinois comme plat national. Certains diront que la poutine aurait été un meilleur choix mais le problème avec la poutine, c'est qu'elle est consommée presque exclusivement dans les restaurants et est rarement préparée à la maison. D'autant plus que la poutine est un plat fast-food.

    La tourtière? Le problème, c'est que le plat qu'est la tourtière est différent d'un endroit à l'autre au Québec. La tourtière du lac-st-jean n'a rien à voir avec la tourtière qu'on retrouve à Montréal (les jeannois diront que la tourtière à Montréal n'est qu'un paté à la viande)

    Qu'on aime ou qu'on déteste, le fait est que le pâté chinois est un plat qui fut cuisiné par la grande majorité de nos mères et grand-mères. »

  • henri gabrysz
    Inscrit
    vendredi 21 décembre 2007 22h32
    @gilles bousquet
    « scuze, pas de majuscules en haut

    je tiens cependant à vous offrir une merveilleuse occasion d'affaires: oui oui, comme fonder une chaîne de restos typiquement québécois= pâté-chinois à la québécoise, ... suffirait de franchiser le tout, euh... j'entrevois déjà dans le monde entier... oui... oui... tout plein de .... oui plein de... enfin je ne sais pas de quoi ce plein serait plein... mais c'est tellement bon que dans pas long le monde entier va en manger »

  • Denise Turcotte
    Inscrite
    samedi 22 décembre 2007 07h57
    Plat populaire n'égale pas plat national
    « Bonjour monsieur Deglise,

    Je suis déçue que vous n'ayez pas consulté Michel Lambert dans votre enquête pour désigner le plat national des québécois. En effet, monsieur Lambert, qui est aussi cuisinier, s'est lancé depuis quelques années dans une recherche colossale pour faire l'histoire de la cuisine familiale au Québec. Les deux premiers tomes de cette oeuvre (qui en comptera cinq) ont été publiés aux Éditions GID en 2006 et 2007.

    En entrevue à la radio de Radio-Canada, monsieur Lambert explique que le pâté chinois est un plat anglais, apporté ici par les écossais et qu'on retrouve dans tous les pays anglo-saxons, sous différentes formes. Il soupçonne que votre équipe d'expert a confondu "plat national" et "plat populaire" et pose LA question qui aurait du le disqualifier: qui prépare du pâté chinois pour recevoir sa visite un jour de fête ? Il souligne aussi qu'un plat national devrait être lié au territoire en intégrant des ingrédients qui lui sont propres et se décliner en variantes régionales.

    On peut entendre l'entrevue à l'adresse suivante javascript:window.open('http://www.radio-canada.ca/util/zapmedia/version10/detecte.asp?lien=/Medianet/2007/CBJ/0007028D_20071219_171754.asx.

    Bien sûr, le pâté chinois est sympathique et réconfortant, c'est l'ami de tous, mais désolée, il n'a pas la stature ni l'étoffe d'un plat national. Le malaise identitaire des québécois va-t-il donc jusque dans leur assiette ?

    Joyeuses Fêtes !

    Denise Turcotte »

  • Denise Dallaire
    Abonnée
    dimanche 23 décembre 2007 13h31
    Pas fière du tout
    « 'Il est mangé avec plaisir et, chose importante, avec fierté'... D'accord, peut-être, le pâté chinois se mange parfois 'avec plaisir', mais 'avec fierté', là vous vous moquez.

    Je suis fière de notre soupe aux gourganes, de notre ragôut de pattes, de notre tourtière (Je viens du Lac-Saint-Jean),de notre tarte aux bleuets, etc., mais fière du pâté 'chinois'? Non.

    Je mourrais de honte avant de présenter à mes amis irlandais le pâté chinois comme le met national des Québécois - et ce même si je sais qu'ils raffolent de la viande et des patates! »

  • Denise Dallaire
    Abonnée
    dimanche 23 décembre 2007 13h31
    Pas fière du tout
    « 'Il est mangé avec plaisir et, chose importante, avec fierté'... D'accord, peut-être, le pâté chinois se mange parfois 'avec plaisir', mais 'avec fierté', là vous vous moquez.

    Je suis fière de notre soupe aux gourganes, de notre ragôut de pattes, de notre tourtière (Je viens du Lac-Saint-Jean),de notre tarte aux bleuets, etc., mais fière du pâté 'chinois'? Non.

    Je mourrais de honte avant de présenter à mes amis irlandais le pâté chinois comme le met national des Québécois - et ce même si je sais qu'ils raffolent de la viande et des patates! »

  • jean-marie francoeur
    Inscrit
    lundi 24 décembre 2007 11h38
    Rectifions
    « "Les citoyens de Venise, qui a été assiégée par les autrichiens en 1849, ont survécus grâce à la "baccalà" ou morue. Depuis ce temps, elle est l'objet d'une vénération dans les cuisines populaires, ce qui explique aussi pourquoi elle ne paraît jamais dans les repas de fête", nous dit Jean Clausel dans Venise Exquise 1990. Notre pâté chinois est de la même eau : un mets qui nous a soutenu dans les moments difficiles. Ce n'est pas un plat de haute gastronomie quoique plusieurs chefs en font des versions qui sont, elles, gastronomiques. Hélène-Andrée Bizier les rapporte dans son livre. Louis XVI aurait dit à Parmentier : "La France vous remerciera un jour d'avoir inventé le pain des pauvres". Il le décora de l'Ordre de St-Michel. Notre pâté chinois entre dans cette catégorie.
    Jean-Marie Francoeur. »

  • martin grenier
    Inscrit
    mardi 25 décembre 2007 08h40
    Que celui qui n'a pas manger du paté chinois ca presse d'y gouter
    « Dan la gaspesie on disait( si il goutra il aimera) fin de la citation
    grenier.martin@videotron.ca »

  • henri gabrysz
    Inscrit
    mardi 1 janvier 2008 15h46
    spécialités
    « 2008 et nous voici dans le quatrecentième anniversaire du Québec. Quatre cents ans de colonisation: premièrement de la France (la Nouvelle France)... puis après la Conquête, colonie britannique, mais à saveur spéciale, .. le pouvoir temporel aux British et le pouvoir des âmes au clergé... on peut déjà y voir la racine du concept de PARTICULIER, en effet c'est particulièrement particulier...
    il nous semble donc inutile de parler aussi tôt, après seulement quatre cents ans, de cuisine nationale... il n'y a pas de plat national aux USA, malgré qu'en 1776 les États se sont déclarés INDÉPENDANTS... ce qu'on n'a pas encore réalisé ICI...
    mais on peut très bien parler de spécialités culinaires en ce qui concerne le Pâté , la Poutine... et même la Tourtière...

    ... la question nationale ici étant loin, même très loin d'être réglée, en dépit du concept de statut particulier, ce qui en gros signifie quelque chose de spécifique, de spécial, donc on se doit de parler ici de spécialités, peut-être un peu particulières, mais surtout spéciales! »

  • François Béland
    Abonné
    mercredi 2 janvier 2008 09h21
    La tourtière
    « Le seul argument sérieux pour exclure la tourtière fut sa diversité régionale. Il tient plus du cathécisme, de l'intolérance et de l'esprit clocher. Quoi de plus beau qu'une nation avec un plat du même nom à plusieurs recettes. À mille différents fromages, un fromage est toujours un fromage. De même pour la tourtière. Alors, le pâté chinois, c'est le met national...du Devoir, pas du Québec. »

  • Christian Rheault
    Abonné
    vendredi 4 janvier 2008 00h46
    Non et re-non ...
    « Je me répète mais le pâté chinois, certe bien connue et apprécié ici, ne peut tout simplement pas être LE plat le plus représentatif du Québec. Mon choix personnel serait la soupe aux pois, servis par nos arrières arrières arrières grands-mères avant même que la culture québécoise existe. Le lard, le jambon (selon les recettes), sa texture et sa chaleur en ces temps de tempêtes perpétuelles, fumante et réconfortante, remplissent ma tête d'images et d'odeurs.

    Question : Avez-vous déjà vu du pâté chinois à la cabane à sucre ? Non, et il y a une raison pour ça. C'est bon mais ça n'a pas d'affaire là.

    Un bon bol de soupe quelqu'un ? »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
41 réactions
0 votes
 
Pour en savoir plus
Article
Article
Article
Article
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009