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Le plat national des Québecois

Fabien Deglise   15 décembre 2007  Alimentation
La pâté chinois, «c’est de la nourriture réconfortante. C’est familial, facile à faire et pas cher», explique Jocelyne Brunet, copropriétaire du restaurant La Binerie Mont-Royal. Sur la photo, quelques convives dégustent une bonne portion du
Photo : Pascal Ratthé
La pâté chinois, «c’est de la nourriture réconfortante. C’est familial, facile à faire et pas cher», explique Jocelyne Brunet, copropriétaire du restaurant La Binerie Mont-Royal. Sur la photo, quelques convives dégustent une bonne portion du
Des lettres, des courriels, des messages téléphoniques et des experts. Trouver le plat national du Québec n'a pas été une sinécure. Pour faire le tri dans la masse de suggestions reçues, Le Devoir a donc décidé de faire appel à un groupe de six personnalités afin d'identifier la recette qui nous représente le plus. Présentation.

- Bernard Landry, ex-premier ministre du Québec

Son choix: le bouilli «avec quatre viandes: du boeuf, du porc, du veau et du poulet. C'est une joie gastronomique qui vient exprimer notre identité et l'exubérance de nos légumes de saison. Dans le temps, ce plat était un événement. Quand le jardin commençait à fournir, ça changeait l'atmosphère dans la maison.»

- Anne Desjardins, chef du restaurant L'Eau à la bouche et ex-présidente du groupe de travail sur les appellations réservées et les produits du terroir

Son choix: le pâté chinois. «Pendant longtemps, il y a eu une petite gêne face à ce plat. Nous avions un manque de fierté et on n'osait pas dire que l'on aimait ça. Aujourd'hui, les choses ont changé. En remodelant ce plat, avec des effilochés de canard, avec du lièvre braisé, les chefs ont participé à redorer l'image du pâté chinois en le faisant entrer dans le monde de la gastronomie. L'esprit pâté chinois, sous toutes ses formes, plaît toujours, car il a quelque chose de réconfortant.»

- Helène-Andrée Bizier, historienne et auteur du menu quotidien en Nouvelle-France (Art Global)

Son choix: le pâté chinois. «C'est sans doute la plat le plus populaire à longueur d'année dans les ménages. C'est aussi une invention d'ici qui porte l'identité du Québec mais aussi son histoire, une histoire de crise économique qui a fait naître ce plat, fait de restes de viande et de légumes bon marché, qui a beaucoup évolué depuis.»

- Jean-Pierre Lemasson, sociologue de l'alimentation, UQAM

Son choix: le pâté chinois. «Il a de profondes racines historiques. Il est aussi endogène et exogène: on le retrouve autant dans les familles qu'à l'extérieur et il exprime, avec son maïs, l'américanité du Québec. Mieux, les variations proposées aujourd'hui par des grands chefs font désormais entrer ce mets dans le registre de la gastronomie. Ce qui en fait un objet de fierté.»

- Boucar Diouf, humoriste

Son choix: la sauce à «spaghatte». «Quand les gens parlent des prouesses culinaires de leur mère, c'est la sauce à spaghatte qui revient toujours. Bien sûr, c'est inspiré des Italiens. Mais les Italiens se sont bien inspirés des Chinois pour leurs pâtes. Le pâté chinois? Pas question. C'est un plat trop injuste: le blanc est en haut, le jaune est au milieu et le noir est en bas.»

- Jocelyne Brunet, copropriétaire du restaurant La Binerie Mont-Royal

Son choix: le pâté chinois. «C'est de la nourriture réconfortante. C'est familial, facile à faire et pas cher. Nous en vendons de plus en plus et, chose rassurante, un grand nombre de jeunes clients réguliers le commande. Sans doute pour se changer des salades et paninis que l'on retrouve partout aujourd'hui.»






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  • Michel Zampa
    Inscrit
    samedi 15 décembre 2007 09h05
    cuisine colonisée
    « Il y des cultures plus médiocres que la nôtre, qui peuvent au moins être fiers de manger un plat VRAIMENT national. de chez eux. Ici, notre cuisine, est comme notre 'nation', elle n'est pas vraie à 100%. elle nous vient d'ailleurs. Comme notre culture, elle trouve que c'est difficile de se tenir debout. seule. shepard's pie. on dit beaucoup ici et c'est ben triste. pourquoi pas la pogo à la rigueur? un pepsi avec ça? »

  • Dominic Moreau
    Inscrit
    samedi 15 décembre 2007 13h57
    Ridicule!
    « Ridicule! Le commentaire de Michel Zampa résume parfaitement mon opinion! Je n'ai à ajouter! »

  • francine lévesque
    Inscrite
    samedi 15 décembre 2007 21h47
    le plat du québec
    « c`est le cipaille de la Gaspésie ou du Bas St-Laurent ou de Québec .Six ou sept sortes de viandes avec pommes de terres et pate sur le dessus. »

  • Claude Guay
    Abonné
    dimanche 16 décembre 2007 00h39
    Honteux? Non. Honnête.
    « Une de mes amies m'avait dit:"Surtout pas le paté chinois!" Elle m'avait suggéré le Cipaille, celui que fais sa mère, mais qu'elle même ne pratique guère, faute de temps. Elle m'avait tout de même avoué que la veille, elle avait fait du paté chinois pour le souper et qu'elle regrettait un peu d'avoir du laisser son mari et sa fille prendre ce qui en restait pour leur diner du lendemain.

    Les véritables mets nationaux sont les plus simples, les plus communs, les plus bêtes. N'essayez pas de vous nourrir exclusivement de caviar : le met est prestigieux -(on en produit d'ailleurs de l'excellent au Témiscaminque) -, mais, même avec du champagne, ça ne nourrit pas son homme. On ne mourra jamais de faim si on se contente de paté chinois.

    Enfin, je n'ai pas honte, je ne me sens pas du tout dévalorisé de dire que j'en mange et que j'aime. Messieurs Zampa et Moreau ont peut-être des gouts différents , mais "De gustibus et coloribus non disputandum" comme on disait au moyen-age. Le fait d'aimer le paté chinois ne fait pas de moi un esprit moins cultivé que ne l'est, par exemple, celui qui préfère le bouilli. Et qu'est-ce que c'est que cette histoire de vérité? Est-ce qu'au Lac St-Jean, les vrais ne mangent que des tourtières et des bleuets? Est-ce qu'un vrai québécois n'a qu'une seule racine? Et "cuisine colonisée", qu'est-ce que ça veut dire? ? Mes ancêtres directs étaient effectivement des colons et c'est avec leur cuisine de colons que j'ai grandi. Qu'ils se soient nourris de paté chinois ne les a pas empêchés de grandir intellectuellement et moralement et de contribuer tout autant (sinon plus)que les bébé-boomers à cette révolution tranquille qui a fait le Québec moderne.

    On peut ne pas être d'accord avec la majorité et je respecte ceux-là qui (comme moi, d'ailleurs) aurait préféré une autre plat, un met plus prestigieux, s'il en existait. Mais, dans cette matière, il était et il demeure impossible de satisfaire tout le monde et son père. Le choix de l'autre mérite le respect tout autant que le sien, d'autant plus qu'il n'y a pas là matière à fouetter un chat.

    Bon appétit.

    Claude Guay »

  • Georges Paquet
    Abonné
    dimanche 16 décembre 2007 05h55
    Les "patates" pilées et la viande "à chien"...
    « Y a-t-il plus fade, sans odeur et sans saveur que cette supposée invention, qui, à la rigueur est une adaptation, et en réalité un moindre mal, pour qui n'avait plus rien d'autre dans la maison que des patates et de la viande hachée? S'il y a quelques chose de moins cher et de moins original, j'aimerais bien le savoir. Il a du prendre son nom, chinois, parce qu'à l'époque, croyait-on, il n'y avait pas plus pauvres et plus mal pris que les chinois que l'on achetait à coup de 5 ou de 25 cents. Et il fallait bien manger quelquechose...
    Georges Paquet »

  • Marie Lauzier
    Inscrite
    dimanche 16 décembre 2007 12h42
    La bonne cuisine familiale
    « Plats nationaux ou pas, peu importe.

    Déguster un bouilli composé de légumes fraîchement récoltés et d'une viande braisée à feu si doux qu'elle se coupe à la fourchette, voilà un moment de pur bonheur familial. Parce que le bouilli, ça se mange ensemble, autour de la table.

    L'odeur de la tarte aux pommes qui se répand dans les pièces de la maison est un prélude à ce même bonheur. Les pets de soeurs en sont le côté folichon.

    Les yeux de l'enfant devant le pâté chinois tiède et sa croûte dorée est une preuve de félicité. Il retournera à l'école le ventre et le coeur apaisés. Il y a de l'amour dans un pâté chinois maison. Pas seulement du steak, blé d'inde, patates.

    La coupe aux fraises fraîches de l'île d'Orléans arrosées d'une larme de sirop d'érable ou le renversé aux bleuets du Lac St-Jean sont un repos pour les guerriers du XXIe siècle.

    Plats nationaux ou pas, je vibre quand j'ai la main à la pâte, le tablier et le visage saupoudrés de farine.

    Colonisée cette cuisine ? Le bonheur qu'elle me procure m'aveugle. »

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