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Se laisser dévorer par les plantes carnivores

Jean-Claude Vigor   12 septembre 2009  Loisirs
Les nouveaux hybrides issus de ce superbe Nepenthes originaire de Bornéo, si intrigant avec ses urnes qui forment des pièges passifs, mais combien efficaces, sont de plus en plus faciles à trouver au Québec et, ce qui ne gâche rien, ils sont aussi f
Photo : Jean-Claude Vigor
Les nouveaux hybrides issus de ce superbe Nepenthes originaire de Bornéo, si intrigant avec ses urnes qui forment des pièges passifs, mais combien efficaces, sont de plus en plus faciles à trouver au Québec et, ce qui ne gâche rien, ils sont aussi f
Fantastiques végétaux sortis tout droit de la science-fiction, mi-fleurs, mi-fauves, les plantes carnivores fascinent les petits comme les grands. Elles ne sont qu'une poignée d'espèces, soit environ 550 sur les 250 000 qui prospèrent sur notre terre, à posséder ces fascinants stratagèmes de capture. Malgré leur nombre restreint, on les trouve sur les cinq continents.

La plupart des enfants connaissent l'image emblématique de la dionée (Dionaea muscipula), qui referme ses mâchoires au moindre frôlement, capturant ainsi la mouche imprudente. Cette image spectaculaire en fait la plus convoitée des plantes carnivores. Hélas! Les enfants voulant bien faire et ayant peur que cette petite plante meure de faim faute de mouches gavent de boeuf haché la pauvre dionée, qui meurt d'indigestion... Curieux tout de même que le nom de cet attrape-mouche de Vénus (Venus Fly Trap) vienne de Dionée, divinité grecque et mère d'Aphrodite, déesse de l'Amour!

C'est en 1759 qu'Arthur Dobbs, alors gouverneur de la Caroline du Nord, découvre cette jolie petite carnivore, dont on trouve aujourd'hui des cultivars au feuillage complètement rouge. Voilà une plante amie à installer au centre de votre panier de fruits. Ses pièges actifs, de type pièges à loup, peuvent faire des mouvements si rapides qu'en moins d'une seconde un moucheron est capturé. Oubliez votre anthropocentrisme, cette petite dionée n'est pas un insecticide biologique... Mais observer sa biologie si singulière est quelque chose de fascinant.

C'est à Charles Darwin (1809-1882) que l'on doit les premières descriptions de plantes carnivores. La Drosera, usuellement et joliment nommée Rosée de soleil (Drosera rotundifolia) que l'on trouve dans les tourbières du Québec, attire les insectes par sa couleur, un rouge «carnivore». L'insecte maladroit qui se pose sur la feuille engluée ne pourra pas s'en dépatouiller: la feuille se recourbe sur elle-même, emprisonne sa proie, puis la dévore... Après quelques heures ou quelques jours, selon la taille du repas, l'exosquelette sera expulsé.

S'adaptant plus facilement à nos jardins, la sarracénie, Petits cochons (Sarracenia purpurea), est selon plusieurs botanistes la plus extraordinaire plante de notre flore. Elle est l'emblème floral de Terre-Neuve. Durant plusieurs années, j'ai facilement apprivoisé ces beautés fatales sur le bord de mon bassin. Ses longues feuilles enroulées, soudées à la nervure centrale, forment un entonnoir étroit, et malheur à l'insecte curieux qui s'y aventure. Depuis quelques années, on trouve dans certains centres de jardinage de très beaux cultivars, d'où l'expression «laissez-vous dévorer par les plantes carnivores».

***

Quand la faim justifie les moyens!

Les plantes carnivores, c'est le monde à l'envers : le végétal y est le prédateur et l'animal la proie. Vivant dans des sols à faible concentration minérale, comme les tourbières, un milieu acide pauvre en éléments nutritifs, les plantes carnivores sont carnivores par nécessité. L'assimilation de leurs proies leur apporte notamment de l'azote et du phosphore.

La semaine dernière, j'étais content d'avoir déniché par hasard un Nepenthes, une plante carnivore à urnes passives de Bornéo. Lorsque j'étais apprenti jardinier au Jardin botanique de Rouen, ce Nepenthes faisait partie des trois plantes «fondatrices» de ma passion pour les «tropicales», avec la Victoria regia et le Mimosa pudica (Sensitive). Les pièges à urnes (asidies) sont munis d'un couvercle inerte appelé opercule. Les proies attirées par des nectaires y pénètrent et glissent jusqu'au fond du piège. Elles ne peuvent s'échapper et finissent par se noyer dans le liquide chargé d'enzymes.

Le Nepenthes du groupe dit d'altitude, comme le N. alata, est une bonne plante d'intérieur puisqu'il s'adapte à des températures allant de 10 à 18 °C en hiver et de 25 à 35 °C en été.

Mais attention! Si on ne doit pas vaporiser d'eau ni fertiliser la dionée, comme d'ailleurs la plupart des plantes carnivores, le Nepenthes apprécie les vaporisations, une forte humidité ambiante (70 %) ainsi qu'une fertilisation semblable à celle des orchidées épiphytes, soit chaque semaine dans les périodes de croissance et seulement une fois par mois en hiver.

S'il faut installer la dionée dans un endroit recevant le maximum de soleil, le Nepenthes préfère la pleine luminosité mais sans soleil direct. Si vous devez rempoter des plantes carnivores ou les installer dans un aquarium recyclé en terrarium, vous pouvez vous servir du mélange de base suivant, qui est celui que j'utilise: 50 % de tourbe blonde, 20 % de sable grossier, 20 % de vermiculite et 10 % de polystyrène en flocons. Comme matériel de drainage, j'utilise du charbon de bois concassé

(2 cm d'épaisseur).

Je me suis procuré de superbes Nepenthes (environ

35 $) au marché Jean-Talon, chez Normand Fleuriste. Quant aux dionées, on en trouve régulièrement chez le fleuriste, dans les jardineries et les grandes surfaces.

***

La semaine du jardinier

Samedi 12 septembre - Saint-Appollinaire. L'Union québécoise de réhabilitation des oiseaux de proie (UQROP), organisme sans but lucratif, organise sa deuxième édition du Festivoiseaux à Chouette à voir!, à Saint-Jude (en cas de pluie, l'activité aura lieu demain, dimanche). Peintres, artisans, ornithologues, auteurs, photographes, horticulteurs, vétérinaires, amoureux de la nature seront au rendez-vous pour rendre hommage aux oiseaux du Québec. Renseignements: 514 345-8521, poste 8545, ou (450) 773-8521, poste 8545, www.uqrop.qc.ca.

Dimanche 13 septembre - Saint-Aimé. De 11 h à 15 h, la Pépinière Abbotsford ouvre ses portes pour une visite d'une heure dans son centre de 65 hectares. Sincèrement, c'est une activité familiale à ne pas manquer. Vous découvrirez ainsi l'une des plus belles pépinières du Canada. Pépinière Abbotsford, 605 rue Principale, Saint-Paul-d'Abbotsford, 450 379-5777, www.pepiniereabbotsford.com.

Lundi 14 septembre - Sainte-Croix. L'arrosage des plantes carnivores se fait avec de l'eau déminéralisée. En effet, une eau riche en calcium et magnésium, au pH élevé (eau dure), est très néfaste pour ces plantes. L'eau de pluie récupérée peut aussi être utilisée, tout comme la neige fondue...

Mardi 15 septembre - Saint-Roland. À partir de maintenant et durant toute la période hivernale, l'eau ne doit pas séjourner dans les soucoupes. Dix, quinze minutes après un arrosage copieux, l'eau accumulée dans la soucoupe doit être vidée. Trop d'eau au fond du pot empêche la circulation de l'air, l'oxygénation, et favorise le développement de pourritures.

Mercredi 16 septembre - Sainte-Édith. L'univers des plantes carnivores est fascinant, et peut-être trouverez-vous en librairie le livre de Gérard Blondeau Les Plantes carnivores, aux Éditions de Vecchi, en 2001. Aussi, sur le Net: www.californiacarnivores.com, www.peterpauls.com, www.carnivorousplants.org et www.sarracenia.com.

Jeudi 17 septembre - Saint-Renaud et Saint-Lambert. J'ai trouvé de la «Ratte», de la «Belle de Fontenay» et de la «Charlotte», des petites pommes de terre exquises, au kiosque de la Ferme Oligny, au marché Jean-Talon (emplacement 125-126). Tôt au printemps, on en vend des prégermées, idéales pour la culture en «chaudières» ou traditionnelle - Ferme Oligny, Saint-Rémi.

Vendredi 18 septembre - Sainte-Nadège. L'exposition annuelle de la Société de bonsaï et de penjing de Montréal se tiendra cette année à la Maison de l'arbre du Jardin botanique de Montréal les 18, 19 et 20 septembre, de 9 h à 18 h. (Frais d'accès au Jardin botanique de Montréal uniquement.) Venez découvrir cet art et contempler une centaine de bonsaïs magnifiques, réalisés par les membres. Il y aura des démonstrations, des conférences, des conseils et de la vente de matériel. Vous pourrez également rencontrer un invité de marque, M. Mitsuo Matsuda, expert de renommée internationale. www.bonsaimontreal.com ou

514 872-1782.






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