Ça fait rire les oiseaux
Viburnum trilobum «Compactum»: ragoûtant, n’est-ce pas? Surtout pour les oiseaux.
Avoir une chanson en tête et n'être plus capable de s'en débarrasser: vous vivez cela aussi, n'est-ce pas? Cette semaine, j'ai été frappé par cette petite joie béotienne lors d'une visite à la pépinière de mon patelin. Le déclencheur? Une bien sympathique viorne (Viburnum trilobum «Compactum») greffée en arbre et chargée de fruits ragoûtants rouge brillant, jolie, mais vraiment jolie. Je pèse le plant, le soupèse, l'examine, et voilà que dans ma tête une chanson de la Compagnie créole m'envahit. «Ça fait rire les oiseaux, ça fait...»
Je ne peux qu'éclater de rire. Heureusement, pas un client aux alentours! Diantre! Je vais encore planter un truc que les oiseaux vont venir me dévorer. Moi qui me bats pour pouvoir manger mes cerises, mes gadelles, mes bleuets, mes mûres et tralala. Les oiseaux insectivores, d'accord, je vous aime, mais vous, les granivores trop gourmands, allez, ouste! Voyons donc, ai-je une tête à jardiner pour les oiseaux? Hélas, oui; chaque fois je me fais avoir. Je sais que la cohabitation n'est pas toujours facile, surtout quand eux et moi aimons les mêmes fruits; mais un jardin sans oiseaux! Puis, bon, je n'aime pas trop les fruits de la viorne (souvent nommée pimbina). Alors, régalez-vous, mes chers jaseurs et merles d'Amérique!
Il y a quelques années, j'écrivais la préface d'un livre d'André Croteau dans laquelle je décrivais ce grand tintamarre chinois qui avait eu raison de millions d'oiseaux afin de sauver les récoltes. Aujourd'hui, les producteurs de fruits et de petits fruits considèrent que de 6 à 10 % de leurs coûts de production sont liés à la lutte contre les oiseaux (filets, canons à bruit, leurres, pertes, etc.). Curieux alors, voire comique, de clamer: «Elle a un appétit d'oiseau» en parlant d'une personne qui mange peu. C'est bien mal connaître les oiseaux et ne pas avoir de cerisier dans son jardin, ni être un producteur de fruits. Quand on sait que ces volatiles vous vident en un rien de temps un verger complet...
Bon nombre d'oiseaux sont des aide-jardiniers indispensables. Certaines semences ne peuvent germer que si elles sont passées dans le tube digestif d'un oiseau. Alors, le pépiniériste inventif joue à l'oiseau en utilisant un scarificateur pour sectionner le tégument des semences afin que l'air puisse y pénétrer, puis il plonge celle-ci dans des bains d'acide qui font alors office d'estomac... afin d'en lever les dormances. Enfin, après plusieurs bons rinçages à l'eau claire, quelques cierges à l'oratoire Saint-Joseph, accompagnés de voeux pieux, peut-être que le pépiniériste verra naître quelques plants!
Vous comprenez pourquoi «ça fait rire les oiseaux», eux qui ensemencent cette terre depuis des millions d'années, et ce, avec succès!
***
La ronce Black Satin
Le framboisier à fruits noirs «Early Sweet» et la ronce (les mûres, mûriers) sont proches parents; si le premier se nomme Rubus idaeus, le deuxième a pour nom Rubus fruticosus. Mais là, il ne faut pas les confondre avec le fruit du mûrier blanc (Morus alba) qui, lui, est ce petit arbre populaire à la forme retombante qui orne votre jardin d'accueil.
Si tout le monde connaît les mûres grâce aux cueillettes estivales faites le long des petits chemins, à l'abri des regards — après lesquelles on rentre au bercail avec les mains et les bras égratignés comme traces du méfait —, peu de jardiniers cultivent le mûrier sans épines dans leur jardin. On retrouve facilement le «Perron Noir», le «Kiowa», l'«Illini Hardy» et le «Black Satin».
Les mûriers produisent leurs fruits sur les longues tiges de l'année précédente; il est donc indispensable de protéger du froid hivernal ces tiges en les couchant sur le sol et en les recouvrant d'une toile isolante. Le printemps venu, on palisse les tiges, puis, après la récolte, on les supprime afin de faire place à de nouvelles pousses qui, à leur tour, produiront des fruits l'année suivante.
***
Le fraisier Rosalyne
Ah! Si l'abbé Thivolet pouvait voir les nouvelles variétés de fraisiers à production continue, lui qui, en 1893, apporta une amélioration spectaculaire en créant le premier fraisier remontant, qu'il nomma «Saint-Joseph». «Remontant» est un terme horticole courant qui signifie une deuxième floraison ou plus, donc une deuxième récolte.
Que de chemin a été parcouru depuis la découverte du capitaine de génie maritime Amédé Frézier, qui rapporta à Marseille, en 1712, quelques plants du fraisier du Chili (Fragaria chiloensis), aux fraises énormes. Quelques années plus tard, Antoine-Nicolas Duchesne eut l'idée de croiser ce fraisier avec une nouvelle arrivée de l'Amérique du Nord, dont de la Nouvelle-France, le petit fraisier de Virginie (Fragaria virginiana), qui sournoisement colonise votre gazon.
Les petits rejetons de ce couple disparate (comme dans les dessins de Bélus) sont à l'origine de toutes les variétés de fraisiers non remontants qui font notre régal. Ils sont nés sous la Révolution française...
Pour le jardinier amateur, les cultivars à production continue comme «Rosalyne» sont intéressants, ornementaux, faciles à cultiver et productifs en pot ou en pleine terre. Plante de zone 3, plein soleil ou ombre partielle.
***
La semaine du jardinier
Samedi 22 août - Saint-Fabrice. L'exposition florale annuelle de la Société d'horticulture et d'écologie de Saint-Bruno aura lieu le samedi 22 août, de 13h à 17h, et le dimanche 23, de 10h à 16h, au Centre Marcel-Dulude, au 530, boulevard Clairevue Ouest, à Saint-Bruno (autoroute 30, sortie 120). Des stands et tout un éventail de renseignements. L'entrée est gratuite. Pour information: www.shesb.ca.
Dimanche 23 août - Sainte-Rose. À la découverte de l'histoire des jardins qui ont nourri les Montréalais. Dès le XVIIe siècle, les jardins et les vergers jouèrent un rôle considérable dans le développement de Ville-Marie, permettant de nourrir la population. L'agriculture demeure l'activité dominante sur l'île de Montréal jusqu'à la première moitié du XIXe siècle. L'animatrice Fannie Brunet vous invite à monter à bord d'un autobus jaune pour partir à la découverte de ces jardins... Départ: à 13h30, square Saint-Louis (métro Sherbrooke). Information: le Collectif d'animation urbaine L'Autre Montréal: 1 866 844-2172. Tarif de la visite: 17 $.
Lundi 24 août - Saint-Barthélemy. Il est recommandé d'éliminer toutes les fleurs des fraisiers non remontants (pratiquement tous les fraisiers) lors de la première année de plantation afin de favoriser un meilleur enracinement des plants. Cette technique ne s'applique pas aux fraisiers remontants comme «Rosalyne», puisque leur production de fruits est échelonnée sur toute la saison.
Mardi 25 août - Saint-Louis. L'Art des jardins, nouvelle revue française, 194 pages, pratiquement sans publicité, pour 10,95 $. Le numéro 2, de juillet, avec un très long texte intitulé «La Normandie renaît aux roses» et un autre intitulé «Apprivoiser l'eau dans un jardin», le tout superbement accompagné de jolies photographies, a su me séduire et j'ai déjà hâte à son prochain tirage...
Mercredi 26 août - Sainte-Natacha. Un détail important concernant les mûriers: il ne faut jamais blesser la base des tiges car, après une blessure, il y a une production de tiges épineuses qu'il faut rapidement éliminer. Faute d'agir, la vigueur indigène épineuse reprendra ses droits, son système d'accrochage (ses épines), et vous retrouverez vos égratignures!
Jeudi 27 août - Sainte-Monique. Voici parmi tant d'autres quelques arbustes qui attirent la faune ailée au jardin: l'amélanchier du Canada (Amelanchier canadensis); l'aronie noir (Aronia melonocarpa); le cornouiller (Cornus alternifolia, C. racemosa); l'argousier (Hippophae rhamnoides); le houx verticillé (Ilex verticillata); le myrique de Pennsylvanie (Myrica pensylvanica); le phytolaque d'Amérique (Phytolacca americana); le sureau (Sambuscus nigra, S. racemosa); le symphorine (Symphoricaros x doorendossi «Amethyst»); le vione (Viburnum cassinoides, V. trilobum, V. dentatum, V. sargentii «Onondaga»...
Vendredi 28 août - Saint-Augustin. Sachez que les plantes préfèrent l'eau de la pluie à celle de nos aqueducs, ozonée et chlorée, et si le terrain est convenablement drainé pour éliminer les surplus d'eau et que l'oxygénation des racines est satisfaisante, la croissance est maximale. Sur un sol humide, l'ennemi numéro un reste la compaction du sol. Après l'empreinte du pied doit suivre celle de la griffe!
Je ne peux qu'éclater de rire. Heureusement, pas un client aux alentours! Diantre! Je vais encore planter un truc que les oiseaux vont venir me dévorer. Moi qui me bats pour pouvoir manger mes cerises, mes gadelles, mes bleuets, mes mûres et tralala. Les oiseaux insectivores, d'accord, je vous aime, mais vous, les granivores trop gourmands, allez, ouste! Voyons donc, ai-je une tête à jardiner pour les oiseaux? Hélas, oui; chaque fois je me fais avoir. Je sais que la cohabitation n'est pas toujours facile, surtout quand eux et moi aimons les mêmes fruits; mais un jardin sans oiseaux! Puis, bon, je n'aime pas trop les fruits de la viorne (souvent nommée pimbina). Alors, régalez-vous, mes chers jaseurs et merles d'Amérique!
Il y a quelques années, j'écrivais la préface d'un livre d'André Croteau dans laquelle je décrivais ce grand tintamarre chinois qui avait eu raison de millions d'oiseaux afin de sauver les récoltes. Aujourd'hui, les producteurs de fruits et de petits fruits considèrent que de 6 à 10 % de leurs coûts de production sont liés à la lutte contre les oiseaux (filets, canons à bruit, leurres, pertes, etc.). Curieux alors, voire comique, de clamer: «Elle a un appétit d'oiseau» en parlant d'une personne qui mange peu. C'est bien mal connaître les oiseaux et ne pas avoir de cerisier dans son jardin, ni être un producteur de fruits. Quand on sait que ces volatiles vous vident en un rien de temps un verger complet...
Bon nombre d'oiseaux sont des aide-jardiniers indispensables. Certaines semences ne peuvent germer que si elles sont passées dans le tube digestif d'un oiseau. Alors, le pépiniériste inventif joue à l'oiseau en utilisant un scarificateur pour sectionner le tégument des semences afin que l'air puisse y pénétrer, puis il plonge celle-ci dans des bains d'acide qui font alors office d'estomac... afin d'en lever les dormances. Enfin, après plusieurs bons rinçages à l'eau claire, quelques cierges à l'oratoire Saint-Joseph, accompagnés de voeux pieux, peut-être que le pépiniériste verra naître quelques plants!
Vous comprenez pourquoi «ça fait rire les oiseaux», eux qui ensemencent cette terre depuis des millions d'années, et ce, avec succès!
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La ronce Black Satin
Le framboisier à fruits noirs «Early Sweet» et la ronce (les mûres, mûriers) sont proches parents; si le premier se nomme Rubus idaeus, le deuxième a pour nom Rubus fruticosus. Mais là, il ne faut pas les confondre avec le fruit du mûrier blanc (Morus alba) qui, lui, est ce petit arbre populaire à la forme retombante qui orne votre jardin d'accueil.
Si tout le monde connaît les mûres grâce aux cueillettes estivales faites le long des petits chemins, à l'abri des regards — après lesquelles on rentre au bercail avec les mains et les bras égratignés comme traces du méfait —, peu de jardiniers cultivent le mûrier sans épines dans leur jardin. On retrouve facilement le «Perron Noir», le «Kiowa», l'«Illini Hardy» et le «Black Satin».
Les mûriers produisent leurs fruits sur les longues tiges de l'année précédente; il est donc indispensable de protéger du froid hivernal ces tiges en les couchant sur le sol et en les recouvrant d'une toile isolante. Le printemps venu, on palisse les tiges, puis, après la récolte, on les supprime afin de faire place à de nouvelles pousses qui, à leur tour, produiront des fruits l'année suivante.
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Le fraisier Rosalyne
Ah! Si l'abbé Thivolet pouvait voir les nouvelles variétés de fraisiers à production continue, lui qui, en 1893, apporta une amélioration spectaculaire en créant le premier fraisier remontant, qu'il nomma «Saint-Joseph». «Remontant» est un terme horticole courant qui signifie une deuxième floraison ou plus, donc une deuxième récolte.
Que de chemin a été parcouru depuis la découverte du capitaine de génie maritime Amédé Frézier, qui rapporta à Marseille, en 1712, quelques plants du fraisier du Chili (Fragaria chiloensis), aux fraises énormes. Quelques années plus tard, Antoine-Nicolas Duchesne eut l'idée de croiser ce fraisier avec une nouvelle arrivée de l'Amérique du Nord, dont de la Nouvelle-France, le petit fraisier de Virginie (Fragaria virginiana), qui sournoisement colonise votre gazon.
Les petits rejetons de ce couple disparate (comme dans les dessins de Bélus) sont à l'origine de toutes les variétés de fraisiers non remontants qui font notre régal. Ils sont nés sous la Révolution française...
Pour le jardinier amateur, les cultivars à production continue comme «Rosalyne» sont intéressants, ornementaux, faciles à cultiver et productifs en pot ou en pleine terre. Plante de zone 3, plein soleil ou ombre partielle.
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La semaine du jardinier
Samedi 22 août - Saint-Fabrice. L'exposition florale annuelle de la Société d'horticulture et d'écologie de Saint-Bruno aura lieu le samedi 22 août, de 13h à 17h, et le dimanche 23, de 10h à 16h, au Centre Marcel-Dulude, au 530, boulevard Clairevue Ouest, à Saint-Bruno (autoroute 30, sortie 120). Des stands et tout un éventail de renseignements. L'entrée est gratuite. Pour information: www.shesb.ca.
Dimanche 23 août - Sainte-Rose. À la découverte de l'histoire des jardins qui ont nourri les Montréalais. Dès le XVIIe siècle, les jardins et les vergers jouèrent un rôle considérable dans le développement de Ville-Marie, permettant de nourrir la population. L'agriculture demeure l'activité dominante sur l'île de Montréal jusqu'à la première moitié du XIXe siècle. L'animatrice Fannie Brunet vous invite à monter à bord d'un autobus jaune pour partir à la découverte de ces jardins... Départ: à 13h30, square Saint-Louis (métro Sherbrooke). Information: le Collectif d'animation urbaine L'Autre Montréal: 1 866 844-2172. Tarif de la visite: 17 $.
Lundi 24 août - Saint-Barthélemy. Il est recommandé d'éliminer toutes les fleurs des fraisiers non remontants (pratiquement tous les fraisiers) lors de la première année de plantation afin de favoriser un meilleur enracinement des plants. Cette technique ne s'applique pas aux fraisiers remontants comme «Rosalyne», puisque leur production de fruits est échelonnée sur toute la saison.
Mardi 25 août - Saint-Louis. L'Art des jardins, nouvelle revue française, 194 pages, pratiquement sans publicité, pour 10,95 $. Le numéro 2, de juillet, avec un très long texte intitulé «La Normandie renaît aux roses» et un autre intitulé «Apprivoiser l'eau dans un jardin», le tout superbement accompagné de jolies photographies, a su me séduire et j'ai déjà hâte à son prochain tirage...
Mercredi 26 août - Sainte-Natacha. Un détail important concernant les mûriers: il ne faut jamais blesser la base des tiges car, après une blessure, il y a une production de tiges épineuses qu'il faut rapidement éliminer. Faute d'agir, la vigueur indigène épineuse reprendra ses droits, son système d'accrochage (ses épines), et vous retrouverez vos égratignures!
Jeudi 27 août - Sainte-Monique. Voici parmi tant d'autres quelques arbustes qui attirent la faune ailée au jardin: l'amélanchier du Canada (Amelanchier canadensis); l'aronie noir (Aronia melonocarpa); le cornouiller (Cornus alternifolia, C. racemosa); l'argousier (Hippophae rhamnoides); le houx verticillé (Ilex verticillata); le myrique de Pennsylvanie (Myrica pensylvanica); le phytolaque d'Amérique (Phytolacca americana); le sureau (Sambuscus nigra, S. racemosa); le symphorine (Symphoricaros x doorendossi «Amethyst»); le vione (Viburnum cassinoides, V. trilobum, V. dentatum, V. sargentii «Onondaga»...
Vendredi 28 août - Saint-Augustin. Sachez que les plantes préfèrent l'eau de la pluie à celle de nos aqueducs, ozonée et chlorée, et si le terrain est convenablement drainé pour éliminer les surplus d'eau et que l'oxygénation des racines est satisfaisante, la croissance est maximale. Sur un sol humide, l'ennemi numéro un reste la compaction du sol. Après l'empreinte du pied doit suivre celle de la griffe!
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