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Les rois des cisailles

Jean-Claude Vigor   15 août 2009  Loisirs
Jean Claude Vigor
Jean Claude Vigor
Imaginez des cèdres taillés selon la forme des géants de l'île de Pâques! Eh bien, dans son jardin Au Poiré-sur-Vie, en Vendée, Dominique Marboeuf crée d'étonnantes sculptures vivantes à l'aide des Cupressocyparus leydendii, un conifère qui supporte très bien la taille, utilisé pour les haies en Europe mais hélas non rustique sous notre climat. Ce jardinier passionné manie aussi bien l'humour que les cisailles et s'amuse à créer des personnages plus grands que nature, comme ses moaïs de l'île de Pâques. Art facile sous des cieux cléments? Non! Mais un art d'exception sous notre climat.

Au Québec, je suis toujours plein d'admiration pour ces rois des cisailles qui, malgré les impertinences de notre climat, s'évertuent, contre vents, neige, glace et «marées», à donner une forme animale à des cèdres indigènes récalcitrants qui se contentent naturellement de la forme fuseau, de la forme poire de type «conférence» ou des courbes d'Obélix le Gaulois.

Lors de mes promenades et visites de jardins, je vois régulièrement de ces chefs-d'oeuvre plus que douteux, mais parfois fort réussis. Il faut dire que l'art topiaire n'est pas un art mineur: il doit allier une bonne connaissance du végétal utilisé, un sens inné de la proportion et une disponibilité quasi cléricale, car le sujet, de nature rebelle, tentera à la première occasion de déstructurer le travail de l'artiste.

Si, comme moi, vous ne rassemblez pas tous ces préalables et n'êtes qu'un «épointeur-tailleur du dimanche», dites-vous que des pépiniéristes passionnés ont travaillé pour nous.

Si vous ne connaissez pas encore Au jardin de Jean-Pierre (Jean-Pierre Devoyault), à Sainte-Christine, cet innovateur de la forme végétale qui offre un choix considérable de conifères nains et taillés, alors une visite des lieux vous séduira.

Vous aimeriez que je traite d'un sujet en particulier...

Vous désirez que je réponde à votre question...

Vous acceptez que le jardinier prenne son temps... Écrivez-moi: jeanclaudevigor@videotron.ca

***

Cèdre, thuya, Cedrus...

Les plus importants producteurs de conifères se sont installés sur la côte ouest américaine, principalement en Oregon, car, comme sur l'île de Vancouver, le climat (température et humidité de l'air) y permet de produire des conifères de qualité. C'est ce qu'a fait un Français d'origine, Jean Iseli, en 1975. Aujourd'hui, la pépinière Iseli distribue dans les jardineries du Québec des conifères de prestige et des topiaires aux formes les plus audacieuses.

Je me souviens des yeux éblouis de mon collègue, lors d'un voyage en Colombie-Britannique pour l'émission Des jardins d'aujourd'hui, avec Aline Desjardins et Ronald Leduc, découvrant les séquoias géants (Sequoia gigantea) lors d'une escapade sur l'île de Vancouver et criant à l'injustice devant l'iniquité climatique canadienne.

Le jardinier québécois, fort de ses mots, fait croire que ses thuyas sont des cèdres et clame leur grandeur. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque, tout juste débarqué en 1969, on me demanda de tailler une haie de cèdres. Imaginez l'intérieur du cerveau du jardinier normand... Une haie de cèdres! Référence évidente au majestueux cèdre du Liban (Cedrus). Supercherie! Heureusement que je n'avais pas loué d'échelle de pompier pour m'enquérir d'une tâche seulement «thuyanesque»!

Pour voir quelques cèdres du Liban, j'ai dû arpenter l'Arnold Arboretum de l'Université Harvard, à Boston, un endroit passionnant et instructif que je recommande à tous les jardiniers.

Lorsque vous achetez un conifère, pour lui donner ou non une forme, assurez-vous, afin d'éviter les déboires, d'avoir le nom latin complet et de conserver précieusement l'étiquette afin, si nécessaire, d'obtenir des conseils précis sur l'entretien du spécimen.

Moi qui ne possède même pas de cisailles, me voilà aguiché, séduit par un ours géant topiaire, que je rêve maintenant de voir dans l'entrée de mon jardin. Un choix éclairé, car je sais que, tout comme moi, diète sévère ou non, il ne prendra que quelques millimètres de tour de taille par année... Vous pouvez encore voir cet ours topiaire au centre de jardin de la pépinière Saint-Paul-d'Abbotsford.

***

La semaine du jardinier

- Samedi 15 août. L'Assomption. Les centres de jardinage affichent déjà leurs soldes d'automne. Cette année, les plantes n'ont pas manqué d'eau et leur croissance est maximale. Il y a donc de bonnes affaires à faire. Des réductions de 30, voire de 40 % sur des conifères, qui sont encore plus verdoyants qu'au printemps, c'est plus que tentant! Surtout qu'actuellement c'est une excellente période pour leur transplantation ou leur plantation.

- Dimanche 16 août - Saint-Armel, Saint-Roch. Bon temps aussi pour la plantation des rosiers, car trois rosiers pour le prix de deux, lorsque les plants sont vigoureux, même si la floraison est avancée, c'est à considérer. En sol bien drainé, j'aime les plantations de fin d'été et d'automne, d'abord parce que le jardinier est moins pressé qu'au printemps et que les nuits plus fraîches sont favorables à l'enracinement.

- Lundi 17 août - Saint-Hyacinthe. Un saint qui me rappelle bien des souvenirs. Salut les copains! Les hydrangées font partie des incontournables de nos jardins. Un bon nombre d'espèces sont américaines et bien adaptées à notre climat.

Le plus difficile est de choisir dans toute la gamme des cultivars aux bractées et inflorescences, les unes étant plus énormes que d'autres... Certains cultivars ont tendance à plier sous le poids de leur floraison. Un défaut? Plusieurs endroits du jardin s'accommodent de la «retombance» ou de la rigidité! L'art du jardinier est de toujours placer la bonne plante au bon endroit.

- Mardi 18 août - Sainte-Hélène. J'ai commencé à récolter des pommes de terre, celles plantées dans mes «chaudières». Somme toute, une saison couci-couça. Mais ces petites «rattes» vapeur au beurre d'Isigny... c'est un péché!

- Mercredi 19 août - Saint-Eudes, Saint-Jean-Eudes. Plusieurs d'entre vous se plaignent, à raison, de l'abondance cette année des gastropodes (limaces) et des dégâts qu'ils causent dans le jardin. Évidemment, vous trouverez dans les jardineries le nécessaire pour enrayer leur invasion, mais pensez bio, pensez «crapauds»!

Offrez à ces batraciens une villégiature en construisant une sorte de tente de 50 centimètres de long avec des pierres plates. Recouvrez le tout d'une bonne couche de terre argileuse. Fermez une des extrémités. L'entrée et l'espace entre les pierres doivent être d'environ 10 centimètres. Reste maintenant à vous trouver un crapaud...

- Jeudi 20 août - Saint-Bernard. Les perce-oreilles sont de retour dans mon jardin... et en grand nombre. Malgré quelques dégâts dans mes dahlias, entre autres, ce sont des insectes utiles. Pour les piéger et les déporter, accrochez à des tuteurs, comme des cloches, des petits pots en terre cuite (de 10 à 15 cm) bourrés de foin ou de paille.

Ce milieu artificiel attire les perce-oreilles cherchant à se cacher des oiseaux. Quand les petits pots semblent bien habités, il suffit de déplacer le tuteur vers des fleurs infestées de pucerons, pour le plus grand plaisir de ces perce-oreilles qui en feront un festin, oubliant ainsi vos fleurs!

- Vendredi 21 août - Saint-Christophe. Il est grand temps de couper les gourmands sur les arbres fruitiers (pommiers, poiriers, pruniers...). Les gourmands sont ces branches vigoureuses et verticales qui éventuellement peuvent reformer des branches charpentières, mais dans la majorité des cas, ils sont mal placés et encombrent l'arbre. Coupez-les au ras de leur point de croissance. Les gourmands ne sont pas des drageons, qui eux croissent à partir du sol et doivent être rasés au plus près des racines, et ce en tout temps.






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