Des petits adultes dans la Cour aux insectes
Photo : Jean-Claude Vigor
Dans la Cour aux insectes, les enfants font bien plus que sauter comme des sauterelles; ils plongent aussi dans un bassin grouillant de connaissances.
Tablant sur le fait que les enfants ont une prédisposition naturelle à interagir avec la nature, que le jeu en milieu naturel favorise la santé et le bien-être des enfants, les Muséums Nature de Montréal viennent d'investir plus de deux millions de dollars dans un nouvel espace situé à côté de l'Insectarium, au jardin botanique de Montréal: la Cour aux insectes.
Samedi dernier, Anne Charpentier, directrice de l'Insectarium, et moi, malgré un temps de canard, de gastéropodes et de vendeurs de parapluies, avons vu plus que des insectes... des dizaines d'enfants et de parents s'appropriaient les aires de jeux et, bien sûr, faisaient «la cour aux insectes». Je ne vous dis pas combien ces enfants avaient du plaisir à se rouler sur des surfaces leur étant dédiées, jouant aux fourmis en déboulant sur les fourmilières en revêtement synthétique!
Tout ce que l'on fait et tout ce que nous pourrions encore faire pour créer des environnements ludiques permettant à nos enfants de comprendre pourquoi la vie, la biodiversité, la beauté sont si fragiles, afin qu'ils réinventent un nouveau modèle de développement où la flore et la faune seraient à l'abri du terrible prédateur insatiable qu'est l'Homo sapiens, est à encourager.
Je me suis surpris à rire dans ma barbe lorsque quelques enfants d'allure sportive, saut après saut, jouant à la sauterelle, regardaient l'air décontenancé les marques sur le sol, comparant leurs performances à celles des insectes. Les sauterelles, toujours gagnantes, surpassent bien évidemment les capacités sauteuses de l'humain. En apprenant à connaître et à reconnaître les insectes et autres arthropodes, les adultes de demain auront une meilleure compréhension de ce monde fabuleux qui nous entoure. La Cour aux insectes, ce n'est pas simplement un lieu pour dégourdir les petites jambes des 2 à 12 ans, c'est aussi un endroit qui permet les premiers pas dans la connaissance de ce monde, hélas si injustement ignoré. Pour mieux protéger la nature, ne faut-il pas avant tout, bien la comprendre!
Au fait, voici une courte liste non exhaustive des principaux alliés du jardinier: faucheux, centipèdes, chrysopes, ichneumonides, coccinelles, cantharides, mantes religieuses, punaises, carabes, syrphes, cicindèles, asilides. Alors, combien en connaissez-vous? Ah! Je le savais, la Cour aux insectes, de l'Insectarium de Montréal, est aussi pour vous!
***
Parfum de lavande dans la roseraie
On a longtemps cru que les mauvaises odeurs propageaient les maladies et que les bonnes avaient au contraire un rôle curatif et préventif important. On comprend alors que, durant les grandes pestes du XVIIIe siècle, des quantités impressionnantes de plantes aromatiques, principalement de la lavande, furent commercialisées.
Le jardinier, fort de son talent d'observateur, s'est rendu compte que les odeurs avaient aussi un impact sur les fréquentations du jardin. Si certaines effluves attirent des insectes phytophages, en revanche d'autres découragent leur visite. De toute évidence, les odeurs émises par les plantes de notre jardin ne laissent pas indifférente toute une faune en quête de subsistance! L'idée donc de masquer le parfum de certaines plantes afin de dérouter des insectes indésirables n'est pas neuve. Il suffisait qu'on limite l'accessibilité aux pesticides, qui tuent trop souvent sans discernement, pour que nous nous remettions à la mode des vieux trucs de jardiniers!
Je fus donc heureux de constater, dans la roseraie du jardin botanique de Montréal, que les aulx et les lavandes cohabitent avec les rosiers. Tous les efforts convergent vers un seul but, maximiser la biodiversité des espèces afin de minimiser les désagréments des ravages excessifs. Le slogan «La modération a bien meilleur goût» s'applique parfaitement aux phytophages goulus. Afin de limiter leur appétit et leur prolifération, quoi de mieux que de créer un environnement qui leur est moins favorable en hébergeant des prédateurs et des parasites afin de mettre en place un équilibre fragile, certes, mais indispensable.
La lavande est très calcicole, les sols acides ne lui conviennent pas du tout. C'est une des raisons pour lesquelles bon nombre de jardiniers n'obtiennent pas de succès avec cette plante. La lavande occupe généralement un sol pauvre et bien drainé, et les rosiers vont aussi s'en accommoder. Le plein soleil favorise le parfum, mais attention: même si ces plantes sont xérophiles, la lavande comme le rosier n'aiment pas les sécheresses répétées qui ont tendance à les épuiser prématurément. Comme ces deux plantes ne supportent pas non plus la concurrence, il faut leur réserver un espace dégagé. Quant aux aulx, qu'ils soient décoratifs ou alimentaires, leur présence autour des rosiers participe à la confusion odorante, rendant le territoire olfactivement saturé et perturbant ainsi les visiteurs affamés.
***
La semaine du jardinier
Samedi 11 juillet - Saint-Benoît, Saint-Savin. Dans le domaine de la lutte biologique, l'emploi de plantes comme auxiliaires de nos cultures est plus que jamais d'actualité. Pour éloigner les taupes, on plante de l'euphorbe (Euphorbia lathyris) et de l'incarvillée (Incarvillea delavayi). Quant aux matous rôdeurs et pisseurs, ils n'aimeraient pas l'odeur du Coleus canina.
Dimanche 12 juillet - Saint-Olivier. Les campagnols auraient aussi horreur des exhalaisons d'une belle liliacée bulbeuse appelée Tulbaghia (j'en ai trouvé dans un centre de jardinage). Les narcisses repoussent les rongeurs. Quant aux superbes Astrantia, elles éloigneraient les gastéropodes: escargots et limaces.
Lundi 13 juillet - Saint-Henri et Saint-Joël. Les larges corymbes des fleurs des diverses achillées constituent d'excellentes pistes d'atterrissage pour les insectes pollinisateurs. Il est bon d'en planter autour du jardin potager pour augmenter la fécondation des fleurs et donc la production des fruits et des légumes-fruits.
Mardi 14 juillet. Avis aux sans-culottes! Certains insectes ont une façon particulière de chasser leurs proies. Des femelles imitent le signal lumineux d'une autre espèce afin d'attirer un mâle. Puis le dévore... Même chez certaines lucioles. Il n'y a pas de moralité! De là le dicton du mâle luciole: «Faut se méfier de tout ce qui brille!»
Mercredi 15 juillet - Saint-Donald. Les grandes têtes florales de la cardère commune (Dipsacus sylvestris) attirent des papillons, comme le vulcain et la belle-dame, mais aussi les butineurs: bourdons et abeilles. Cette bisannuelle de zone 3 plaît aussi aux oiseaux. C'est d'ailleurs à la cuvette formée par la base des feuilles qui retient l'eau comme un abreuvoir que lui vaut son surnom de «cabaret des oiseaux».
Jeudi 16 juillet - Notre-Dame du Mont-Carmel. Un arbuste trop peu planté: le houx verticillé (Ilex verticillata). Pourtant, c'est un arbuste solide, rustique, qui attire les oiseaux en hiver. Un coup de coeur pour ces cultivars: «Jim Dandy» et «Berry Heavy». Il vous faut un plant mâle et un plant femelle pour obtenir une production de fruits rouge écarlate.
Vendredi 17 juillet - Sainte-Charlotte. Les monarques en sont littéralement fous! Michel André Otis, dans son excellent livre Plantes vivaces publié en 2006 chez Bertrand Dumont éditeur, nous indique que, pour attirer à coup sûr des monarques, il suffit de planter de la liatride à boutons (Liatris ligulistylis). Une jolie plante indigène des prairies humides d'Amérique du Nord.
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Pour votre bibliothèque
La biodiversité est un terme présent dans toutes les bouches. Mais que peut-on faire à notre échelle pour favoriser la diversité animale et végétale et éviter les catastrophes écologiques de la monoculture? Ce n'est pas très compliqué. Il s'agit de créer en son jardin un petit écosystème équilibré. Dans cet ouvrage abondamment illustré, on retrouve, entre autres, une centaine de plantes faciles à cultiver, qui attireront à coup sûr les alliés du jardinier. De plus, on y présente une dizaine de plans de plates-bandes spécialement conçues pour offrir gîte, lieu de reproduction et nourriture aux insectes et aux animaux que l'on souhaite attirer chez soi. Un livre fort utile, et pas seulement pour les jardiniers!
Attirer la faune au jardin
Albert Mondor et Daniel Gingras
Éditions de l'Homme
Montréal, mars 2009
320 pages, 29,95 $
Samedi dernier, Anne Charpentier, directrice de l'Insectarium, et moi, malgré un temps de canard, de gastéropodes et de vendeurs de parapluies, avons vu plus que des insectes... des dizaines d'enfants et de parents s'appropriaient les aires de jeux et, bien sûr, faisaient «la cour aux insectes». Je ne vous dis pas combien ces enfants avaient du plaisir à se rouler sur des surfaces leur étant dédiées, jouant aux fourmis en déboulant sur les fourmilières en revêtement synthétique!
Tout ce que l'on fait et tout ce que nous pourrions encore faire pour créer des environnements ludiques permettant à nos enfants de comprendre pourquoi la vie, la biodiversité, la beauté sont si fragiles, afin qu'ils réinventent un nouveau modèle de développement où la flore et la faune seraient à l'abri du terrible prédateur insatiable qu'est l'Homo sapiens, est à encourager.
Je me suis surpris à rire dans ma barbe lorsque quelques enfants d'allure sportive, saut après saut, jouant à la sauterelle, regardaient l'air décontenancé les marques sur le sol, comparant leurs performances à celles des insectes. Les sauterelles, toujours gagnantes, surpassent bien évidemment les capacités sauteuses de l'humain. En apprenant à connaître et à reconnaître les insectes et autres arthropodes, les adultes de demain auront une meilleure compréhension de ce monde fabuleux qui nous entoure. La Cour aux insectes, ce n'est pas simplement un lieu pour dégourdir les petites jambes des 2 à 12 ans, c'est aussi un endroit qui permet les premiers pas dans la connaissance de ce monde, hélas si injustement ignoré. Pour mieux protéger la nature, ne faut-il pas avant tout, bien la comprendre!
Au fait, voici une courte liste non exhaustive des principaux alliés du jardinier: faucheux, centipèdes, chrysopes, ichneumonides, coccinelles, cantharides, mantes religieuses, punaises, carabes, syrphes, cicindèles, asilides. Alors, combien en connaissez-vous? Ah! Je le savais, la Cour aux insectes, de l'Insectarium de Montréal, est aussi pour vous!
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Parfum de lavande dans la roseraie
On a longtemps cru que les mauvaises odeurs propageaient les maladies et que les bonnes avaient au contraire un rôle curatif et préventif important. On comprend alors que, durant les grandes pestes du XVIIIe siècle, des quantités impressionnantes de plantes aromatiques, principalement de la lavande, furent commercialisées.
Le jardinier, fort de son talent d'observateur, s'est rendu compte que les odeurs avaient aussi un impact sur les fréquentations du jardin. Si certaines effluves attirent des insectes phytophages, en revanche d'autres découragent leur visite. De toute évidence, les odeurs émises par les plantes de notre jardin ne laissent pas indifférente toute une faune en quête de subsistance! L'idée donc de masquer le parfum de certaines plantes afin de dérouter des insectes indésirables n'est pas neuve. Il suffisait qu'on limite l'accessibilité aux pesticides, qui tuent trop souvent sans discernement, pour que nous nous remettions à la mode des vieux trucs de jardiniers!
Je fus donc heureux de constater, dans la roseraie du jardin botanique de Montréal, que les aulx et les lavandes cohabitent avec les rosiers. Tous les efforts convergent vers un seul but, maximiser la biodiversité des espèces afin de minimiser les désagréments des ravages excessifs. Le slogan «La modération a bien meilleur goût» s'applique parfaitement aux phytophages goulus. Afin de limiter leur appétit et leur prolifération, quoi de mieux que de créer un environnement qui leur est moins favorable en hébergeant des prédateurs et des parasites afin de mettre en place un équilibre fragile, certes, mais indispensable.
La lavande est très calcicole, les sols acides ne lui conviennent pas du tout. C'est une des raisons pour lesquelles bon nombre de jardiniers n'obtiennent pas de succès avec cette plante. La lavande occupe généralement un sol pauvre et bien drainé, et les rosiers vont aussi s'en accommoder. Le plein soleil favorise le parfum, mais attention: même si ces plantes sont xérophiles, la lavande comme le rosier n'aiment pas les sécheresses répétées qui ont tendance à les épuiser prématurément. Comme ces deux plantes ne supportent pas non plus la concurrence, il faut leur réserver un espace dégagé. Quant aux aulx, qu'ils soient décoratifs ou alimentaires, leur présence autour des rosiers participe à la confusion odorante, rendant le territoire olfactivement saturé et perturbant ainsi les visiteurs affamés.
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La semaine du jardinier
Samedi 11 juillet - Saint-Benoît, Saint-Savin. Dans le domaine de la lutte biologique, l'emploi de plantes comme auxiliaires de nos cultures est plus que jamais d'actualité. Pour éloigner les taupes, on plante de l'euphorbe (Euphorbia lathyris) et de l'incarvillée (Incarvillea delavayi). Quant aux matous rôdeurs et pisseurs, ils n'aimeraient pas l'odeur du Coleus canina.
Dimanche 12 juillet - Saint-Olivier. Les campagnols auraient aussi horreur des exhalaisons d'une belle liliacée bulbeuse appelée Tulbaghia (j'en ai trouvé dans un centre de jardinage). Les narcisses repoussent les rongeurs. Quant aux superbes Astrantia, elles éloigneraient les gastéropodes: escargots et limaces.
Lundi 13 juillet - Saint-Henri et Saint-Joël. Les larges corymbes des fleurs des diverses achillées constituent d'excellentes pistes d'atterrissage pour les insectes pollinisateurs. Il est bon d'en planter autour du jardin potager pour augmenter la fécondation des fleurs et donc la production des fruits et des légumes-fruits.
Mardi 14 juillet. Avis aux sans-culottes! Certains insectes ont une façon particulière de chasser leurs proies. Des femelles imitent le signal lumineux d'une autre espèce afin d'attirer un mâle. Puis le dévore... Même chez certaines lucioles. Il n'y a pas de moralité! De là le dicton du mâle luciole: «Faut se méfier de tout ce qui brille!»
Mercredi 15 juillet - Saint-Donald. Les grandes têtes florales de la cardère commune (Dipsacus sylvestris) attirent des papillons, comme le vulcain et la belle-dame, mais aussi les butineurs: bourdons et abeilles. Cette bisannuelle de zone 3 plaît aussi aux oiseaux. C'est d'ailleurs à la cuvette formée par la base des feuilles qui retient l'eau comme un abreuvoir que lui vaut son surnom de «cabaret des oiseaux».
Jeudi 16 juillet - Notre-Dame du Mont-Carmel. Un arbuste trop peu planté: le houx verticillé (Ilex verticillata). Pourtant, c'est un arbuste solide, rustique, qui attire les oiseaux en hiver. Un coup de coeur pour ces cultivars: «Jim Dandy» et «Berry Heavy». Il vous faut un plant mâle et un plant femelle pour obtenir une production de fruits rouge écarlate.
Vendredi 17 juillet - Sainte-Charlotte. Les monarques en sont littéralement fous! Michel André Otis, dans son excellent livre Plantes vivaces publié en 2006 chez Bertrand Dumont éditeur, nous indique que, pour attirer à coup sûr des monarques, il suffit de planter de la liatride à boutons (Liatris ligulistylis). Une jolie plante indigène des prairies humides d'Amérique du Nord.
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Pour votre bibliothèque
La biodiversité est un terme présent dans toutes les bouches. Mais que peut-on faire à notre échelle pour favoriser la diversité animale et végétale et éviter les catastrophes écologiques de la monoculture? Ce n'est pas très compliqué. Il s'agit de créer en son jardin un petit écosystème équilibré. Dans cet ouvrage abondamment illustré, on retrouve, entre autres, une centaine de plantes faciles à cultiver, qui attireront à coup sûr les alliés du jardinier. De plus, on y présente une dizaine de plans de plates-bandes spécialement conçues pour offrir gîte, lieu de reproduction et nourriture aux insectes et aux animaux que l'on souhaite attirer chez soi. Un livre fort utile, et pas seulement pour les jardiniers!
Attirer la faune au jardin
Albert Mondor et Daniel Gingras
Éditions de l'Homme
Montréal, mars 2009
320 pages, 29,95 $
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