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Les enfants font la cour aux insectes

Étienne Plamondon-Emond   19 juin 2009  Loisirs
À l’ouverture de La Cour aux insectes, les enfants, accrochés dans les chaînes en forme de toile d’araignée, admiraient des chenilles faisant leur petit bonhomme de chemin.
Photo : Jacques Grenier
À l’ouverture de La Cour aux insectes, les enfants, accrochés dans les chaînes en forme de toile d’araignée, admiraient des chenilles faisant leur petit bonhomme de chemin.
Le début de l'été s'avère le moment idéal pour initier les jeunes à la nature et aux bestioles qui y prolifèrent. Vacances obligent, apprendre doit ressembler à une récréation. La Cour aux insectes arrive à point avec son espace extérieur qui combine le jeu et la découverte entomologique.

Les enfants aiment jouer dehors. Les papillons, les grillons et les coccinelles aussi. La nature constitue le plus bel endroit pour qu'ils se rencontrent. C'est pourquoi, au beau milieu de la végétation apaisante du Jardin botanique de Montréal, l'Insectarium a agrandi son nid en se développant sur le terrain extérieur qui l'entoure.

«Il y avait déjà une occupation familiale naturelle autour de l'Insectarium», dit Anne Charpentier, directrice de l'Insectarium. L'idée d'améliorer la convivialité de ce lieu a germé à la suite de ce constat. La moitié de la clientèle de l'Insectarium est composée de familles, ce qui en fait «l'un des musées préférés des enfants».

Un terrain de jeux conventionnel permettait auparavant aux plus jeunes de se dégourdir, mais les installations y étaient «désuètes». À l'aide d'architectes du paysage, l'institution qui accueille près de 400 000 visiteurs par année à investi 2,1 millions de dollars dans l'aménagement d'un parc unique. «On voulait que ce soit un peu comme au Jardin botanique. Il y a des jardins thématiques: le jardin japonais, celui de Chine et celui des Premières Nations. Alors, on s'est dit: pourquoi l'Insectarium n'aurait pas son jardin dédié aux insectes?»

Le musée de l'Insectarium impressionne par sa riche collection de spécimens qui s'étend derrière des vitrines. La Cour aux insectes, quant à elle, mise sur une communion entre les enfants et cette foisonnante faune microscopique. Pari réussi. Déjà, lors de la journée d'ouverture, les enfants, accrochés dans les chaînes en forme de toile d'araignée, admiraient sur le bout de leurs doigts des chenilles faisant leur petit bonhomme de chemin.

«Ce qu'on a constaté dans les littératures [scientifiques], c'est que les jeunes sont de plus en plus déconnectés de la nature», s'inquiète Anne Charpentier. En fait, les enfants connaissent plus de noms de logos que de noms de plantes et d'insectes. Et pourtant, les jeunes ont un sens inné de la nature, mais qui disparaît si on ne l'entretient pas.»

Pour observer les insectes aquatiques, un étang introduit les jeunes à cette faune sous-estimée. Une volière à papillons leur permet de s'exalter devant un tourbillon de lépidoptères indigènes du Québec. Pour bien contempler les ailes, les antennes et autres minuscules membres invertébrés dans tous leurs détails, l'Insectarium a exposé quelques spécimens immobiles. Des représentants des grands ordres d'insectes du Québec sont encapsulés dans des sphères d'acrylique qui bordent le chemin «comme des petites gouttes de rosée.»

«Dans un musée, on est contraint de rester un peu plus calme», admet Anne Charpentier. La Cour aux insectes est surtout un vaste terrain de jeux. Les enfants grimpent et déboulent sur des buttes qui s'élèvent à l'image des fourmilières. De l'autre côté de la Cour, des lattes de bois permettent aux enfants qui s'y frottent les doigts d'imiter le chant d'un grillon.

«À l'Insectarium, on a le souci de diversifier nos approches d'apprentissage, explique Anne Charpentier. C'est prouvé que, quand on joue en nature, on favorise le développement émotif, cognitif et moteur des enfants. C'est une bonne approche éducative qui est complémentaire avec ce qu'on fait à l'intérieur de l'Insectarium.»

L'un des terrains de jeux s'adresse aux enfants entre 18 mois et 5 ans qui peuvent courir et se faufiler dans les immenses nids de bourdons et d'abeilles. Une autre portion du parc vise les jeunes âgés entre 6 et 12 ans qui «explorent et qui s'ouvrent davantage au monde naturel». Cette zone les incite d'ailleurs à se comparer ou à se glisser dans la peau des insectes.

Une ligne de départ invite les enfants à sauter. Une pancarte compare leur bond à celui que la sauterelle accomplirait si elle était de la même taille qu'eux.

Deux globes juxtaposés, à l'intérieur desquels ils peuvent y glisser leur tête, permettent de voir à travers le regard kaléidoscopique une libellule avec ses 30 000 hallucinantes facettes. À côté de la volière à papillons, un jeu de cubes leur lance le défi d'associer l'oeuf, la chrysalide et le cocon avec la bonne espèce de papillon adulte.

«Il y en a vraiment pour tous les âges, mais évidemment, ce n'est pas coupé au couteau, précise la directrice. On sait très bien qu'une famille a des jeunes de tous les âges. On le voit dans l'aire de jeux, les plus grands vont dans l'aire des petits, et vice-versa.»

Des écriteaux plantés dans ce parc décrivent, entre autres, comment certaines fleurs ont développé de redoutables pièges pour dévorer leurs minuscules proies ailées. Ces pancartes, question de vous mettre en appétit, mènent tout droit à un nouveau resto-terrasse de 240 places.

Une aire de pique-nique y a aussi été aménagée pour permettre une petite pause dans ce pèlerinage familial à travers le Jardin botanique ou l'univers des insectes. Une agora a également été construite. Durant l'été, des animations sur le rôle écologique des insectes y seront présentées, toujours dans l'esprit d'accompagner les familles à mieux vivre avec la nature.

Information: 514 872-1400






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