Relations italo-québécoises - L'Italie se donne les moyens d'assurer une présence italienne plus forte dans la société québécoise
Le consul général d’Italie à Montréal, Francesco Paolo Venier.
Le consul général d'Italie à Montréal, Francesco Paolo Venier, se réjouit de la venue en mai du Piccolo Teatro de Milan dans la métropole québécoise, à l'invitation du TNM et de la PdA, ainsi que de la programmation de films italiens à la Cinémathèque québécoise. Il souhaiterait toutefois une présence italienne plus importante dans les différentes sphères d'activité au Québec.
Des collaborations entre festivals des arts de la marionnette au Saguenay et en Toscane, des échanges entre compagnies aéronautiques basées au Québec et en Italie, des liens entre l'Orchestre symphonique de Montréal et l'Accademia Nazionale di Santa Cecilia de Rome: voici quelques exemples de coopération italo-québécoise.
Le consul général d'Italie à Montréal, Francesco Paolo Venier, mentionne en outre l'existence d'un projet de création au Québec d'une école de Bel Canto, de chant lyrique italien, et souligne la participation prochaine de l'auteur italien Roberto Saviano au Festival littéraire international de Montréal Metropolis bleu. Montréal reçoit la visite de nombreuses personnalités italiennes des milieux culturel, universitaire et politique, ajoute-t-il.
M. Venier fait également état d'échanges économiques entre l'Italie et le Québec. Il indique notamment que les ventes de vin italien au Québec ont connu une augmentation importante dans les dernières années. Il fait en outre valoir la complémentarité de l'industrie forestière québécoise et de l'industrie de la transformation du bois dans le nord de l'Italie.
Le consul général mentionne en outre l'existence de liens politiques entre l'Italie et le Québec. «On travaille avec le gouvernement du Québec», mentionne-t-il. «En Italie, on considère les rapports avec le Québec comme des rapports avec une province canadienne, pas avec un État. C'est normal. Mais évidemment tout le monde est pleinement conscient de la particularité de la province à l'intérieur de l'État fédéral canadien.» Des rencontres ont eu lieu entre parlementaires québécois et italiens, et des délégations de régions italiennes se sont rendues au Québec. Des ministres québécois se sont aussi entretenus avec des ministres italiens.
Le consul général a fait mention d'une petite ombre au tableau à l'heure actuelle en ce qui concerne les relations entre l'Italie, le Québec et le Canada: les autorités italiennes aimeraient obtenir des informations quant aux circonstances du décès d'un citoyen italien dans un centre de détention de Québec en septembre dernier. L'homme de 32 ans aurait reçu des décharges de pistolet électrique Taser.
Programmes de coopération
En dépit de cette situation non résolue pour le moment, les échanges se poursuivent dans différentes sphères d'activité. Le Québec et l'Italie ont signé des programmes de coopération culturelle, scientifique et technologique. Des projets de collaboration entre des universités québécoises et italiennes ont par exemple vu le jour dans ce cadre, notamment dans le secteur des nanotechnologies.
M. Venier plaide pour une entente avec les autorités québécoises en ce qui concerne la reconnaissance des diplômes et l'exercice des professions. Selon lui, il existe une situation de «déséquilibre» à cet égard. La situation serait plus facile pour les Québécois en Italie que l'inverse, dit-il. Par exemple, si l'architecte de renommée internationale Renzo Piano, à qui l'on doit notamment le Centre Georges-Pompidou à Paris, décidait de s'installer au Québec, il devrait retourner sur les bancs d'école et passer des examens pour travailler, alors qu'un architecte québécois en Italie pourrait le faire après quelques mois de démarches administratives.
Le consul général d'Italie affirme que ses interlocuteurs québécois ont fait preuve d'ouverture en ce qui concerne la question de la reconnaissance des diplômes et l'exercice des professions. Il espère qu'une entente à cet égard entre la France et le Québec pourrait ouvrir la voie à des ententes semblables avec d'autres pays.
Communauté italienne
Selon le recensement de 2006, le Québec compte en outre près de 300 000 habitants d'origine italienne, dont quelque 260 000 à Montréal et 7400 à Québec. Leur rapport avec l'Italie a eu tendance à se transformer avec les générations, estiment le consul général d'Italie à Montréal ainsi que le directeur de l'Institut culturel italien, Angelo Mazzone.
Les personnes ayant quitté l'Italie il y a bon nombre d'années pour s'installer à Montréal ont souvent un attachement très important à leur pays d'origine, parfois empreint de nostalgie, quand ils n'ont pas vécu une situation difficile susceptible de créer chez eux un certain ressentiment, estiment M. Venier et M. Mazzone. Très préoccupés par leur intégration à la société d'accueil, les membres de la deuxième génération ont parfois tendance à être moins tournés vers l'Italie. Leurs enfants peuvent ensuite sentir le besoin de mieux connaître leurs racines et d'en apprendre davantage sur la culture de leurs origines, mentionne le consul général.
Une génération différente
M. Venier affirme que les jeunes d'origine italienne sont très souvent trilingues et qu'ils maîtrisent généralement bien le français, en plus de l'italien et de l'anglais. Il souligne que les personnes d'origine italienne sont plus nombreuses à avoir continué à utiliser l'italien à Montréal que dans d'autres villes. L'offre de cours d'italien est importante, tant pour les enfants ou les petits-enfants d'immigrés que pour les personnes qui souhaitent simplement apprendre cette langue.
Le consul général trouve très positive la volonté de la communauté italienne de Montréal de maintenir des liens avec le pays de ses origines. Il souhaiterait toutefois voir croître la présence italienne dans l'ensemble des sphères d'activité de la société québécoise, et également dans d'autres secteurs que les quartiers traditionnels comme la Petite-Italie ou Saint-Léonard, par exemple au centre-ville.
Il souligne que les Montréalais d'origine italienne sont déjà bien intégrés dans certains domaines, mais qu'étant donné leur poids démographique, leur apport pourrait être plus important dans certains cas, par exemple dans le secteur culturel. Comme exemple d'intégration et de contribution à la culture québécoise, il cite le cas d'Anita Aloisio, réalisatrice d'un documentaire sur les enfants de la loi 101.
M. Venier aimerait que des oeuvres culturelles italiennes actuelles puissent continuer d'être présentées dans les grandes institutions montréalaises. Des manifestations de «l'Italie d'aujourd'hui, de l'Italie de l'excellence culturelle» pourraient profiter à la fois à la communauté italienne et à l'ensemble des Montréalais, dit-il.
Collaboratrice du Devoir
Des collaborations entre festivals des arts de la marionnette au Saguenay et en Toscane, des échanges entre compagnies aéronautiques basées au Québec et en Italie, des liens entre l'Orchestre symphonique de Montréal et l'Accademia Nazionale di Santa Cecilia de Rome: voici quelques exemples de coopération italo-québécoise.
Le consul général d'Italie à Montréal, Francesco Paolo Venier, mentionne en outre l'existence d'un projet de création au Québec d'une école de Bel Canto, de chant lyrique italien, et souligne la participation prochaine de l'auteur italien Roberto Saviano au Festival littéraire international de Montréal Metropolis bleu. Montréal reçoit la visite de nombreuses personnalités italiennes des milieux culturel, universitaire et politique, ajoute-t-il.
M. Venier fait également état d'échanges économiques entre l'Italie et le Québec. Il indique notamment que les ventes de vin italien au Québec ont connu une augmentation importante dans les dernières années. Il fait en outre valoir la complémentarité de l'industrie forestière québécoise et de l'industrie de la transformation du bois dans le nord de l'Italie.
Le consul général mentionne en outre l'existence de liens politiques entre l'Italie et le Québec. «On travaille avec le gouvernement du Québec», mentionne-t-il. «En Italie, on considère les rapports avec le Québec comme des rapports avec une province canadienne, pas avec un État. C'est normal. Mais évidemment tout le monde est pleinement conscient de la particularité de la province à l'intérieur de l'État fédéral canadien.» Des rencontres ont eu lieu entre parlementaires québécois et italiens, et des délégations de régions italiennes se sont rendues au Québec. Des ministres québécois se sont aussi entretenus avec des ministres italiens.
Le consul général a fait mention d'une petite ombre au tableau à l'heure actuelle en ce qui concerne les relations entre l'Italie, le Québec et le Canada: les autorités italiennes aimeraient obtenir des informations quant aux circonstances du décès d'un citoyen italien dans un centre de détention de Québec en septembre dernier. L'homme de 32 ans aurait reçu des décharges de pistolet électrique Taser.
Programmes de coopération
En dépit de cette situation non résolue pour le moment, les échanges se poursuivent dans différentes sphères d'activité. Le Québec et l'Italie ont signé des programmes de coopération culturelle, scientifique et technologique. Des projets de collaboration entre des universités québécoises et italiennes ont par exemple vu le jour dans ce cadre, notamment dans le secteur des nanotechnologies.
M. Venier plaide pour une entente avec les autorités québécoises en ce qui concerne la reconnaissance des diplômes et l'exercice des professions. Selon lui, il existe une situation de «déséquilibre» à cet égard. La situation serait plus facile pour les Québécois en Italie que l'inverse, dit-il. Par exemple, si l'architecte de renommée internationale Renzo Piano, à qui l'on doit notamment le Centre Georges-Pompidou à Paris, décidait de s'installer au Québec, il devrait retourner sur les bancs d'école et passer des examens pour travailler, alors qu'un architecte québécois en Italie pourrait le faire après quelques mois de démarches administratives.
Le consul général d'Italie affirme que ses interlocuteurs québécois ont fait preuve d'ouverture en ce qui concerne la question de la reconnaissance des diplômes et l'exercice des professions. Il espère qu'une entente à cet égard entre la France et le Québec pourrait ouvrir la voie à des ententes semblables avec d'autres pays.
Communauté italienne
Selon le recensement de 2006, le Québec compte en outre près de 300 000 habitants d'origine italienne, dont quelque 260 000 à Montréal et 7400 à Québec. Leur rapport avec l'Italie a eu tendance à se transformer avec les générations, estiment le consul général d'Italie à Montréal ainsi que le directeur de l'Institut culturel italien, Angelo Mazzone.
Les personnes ayant quitté l'Italie il y a bon nombre d'années pour s'installer à Montréal ont souvent un attachement très important à leur pays d'origine, parfois empreint de nostalgie, quand ils n'ont pas vécu une situation difficile susceptible de créer chez eux un certain ressentiment, estiment M. Venier et M. Mazzone. Très préoccupés par leur intégration à la société d'accueil, les membres de la deuxième génération ont parfois tendance à être moins tournés vers l'Italie. Leurs enfants peuvent ensuite sentir le besoin de mieux connaître leurs racines et d'en apprendre davantage sur la culture de leurs origines, mentionne le consul général.
Une génération différente
M. Venier affirme que les jeunes d'origine italienne sont très souvent trilingues et qu'ils maîtrisent généralement bien le français, en plus de l'italien et de l'anglais. Il souligne que les personnes d'origine italienne sont plus nombreuses à avoir continué à utiliser l'italien à Montréal que dans d'autres villes. L'offre de cours d'italien est importante, tant pour les enfants ou les petits-enfants d'immigrés que pour les personnes qui souhaitent simplement apprendre cette langue.
Le consul général trouve très positive la volonté de la communauté italienne de Montréal de maintenir des liens avec le pays de ses origines. Il souhaiterait toutefois voir croître la présence italienne dans l'ensemble des sphères d'activité de la société québécoise, et également dans d'autres secteurs que les quartiers traditionnels comme la Petite-Italie ou Saint-Léonard, par exemple au centre-ville.
Il souligne que les Montréalais d'origine italienne sont déjà bien intégrés dans certains domaines, mais qu'étant donné leur poids démographique, leur apport pourrait être plus important dans certains cas, par exemple dans le secteur culturel. Comme exemple d'intégration et de contribution à la culture québécoise, il cite le cas d'Anita Aloisio, réalisatrice d'un documentaire sur les enfants de la loi 101.
M. Venier aimerait que des oeuvres culturelles italiennes actuelles puissent continuer d'être présentées dans les grandes institutions montréalaises. Des manifestations de «l'Italie d'aujourd'hui, de l'Italie de l'excellence culturelle» pourraient profiter à la fois à la communauté italienne et à l'ensemble des Montréalais, dit-il.
Collaboratrice du Devoir
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