La journée des verts
Le 17 mars souligne la mort de saint Patrick, qui avait trouvé dans le trèfle un symbole de la Sainte-Trinité
Photo : Jacques Grenier
Au défilé de la Saint-Patrick de l’an dernier, rue Sainte-Catherine à Montréal.
Qu'ont en commun Claude Ryan, Bryan Mulroney, Jim Corcoran, Émile Nelligan, Jean Charest et La Bolduc? Ce sont tous des descendants de familles irlandaises et c'est un peu leur fête aujourd'hui. Comme celle de bien des Québécois, d'ailleurs.
Québec — «Attendez, j'oubliais. Il y a aussi Joe Malone de Québec. Il avait gagné deux coupes Stanley pour les Bulldogs de Québec en 1912 et 1913», lance Kester Dyer, du Centre d'études canado-irlandaises de l'université Concordia. Les Irlandais sont partout au Québec et on estime qu'environ 40 % de la population a du sang vert.
«Au centre, nous recevons de plus en plus d'appels de gens de la communauté francophone qui s'intéressent à la culture irlandaise par leurs origines, fait remarquer M. Dyer. D'autres la découvrent à travers la littérature, la politique ou encore la musique.»
Et il rappelle les nombreux points communs entre les cultures irlandaise et québécoise: la religion, la colonisation britannique, la musique... « Ce n'est pas pour rien qu'il y a eu autant de mariages entre les Irlandais et les Québécois. Les deux cultures sont très proches.»
Et la fête n'est pas réservée aux Irlandais, insiste Ken Quinn, vice-président des United Irish Societies qui organisent la parade de la Saint-Patrick. Le slogan de cette année est d'ailleurs «Céad Mile Failte», qui signifie en gaélique «Cent mille bienvenues»: «Tout le monde peut participer, il n'y a pas de politique dans notre défilé. À la Saint-Patrick, vous savez, on fête aussi l'arrivéedu printemps.»
M. Quinn rappelle, non sans fierté, que Montréal détient le record nord-américain de longévité pour la parade de la Saint-Patrick. Et ce, devant celle de New York, dont les origines sont plus anciennes mais qui n'a pas eu lieu tous les ans comme à Montréal depuis 1824. Avec son lot de traditions. Ainsi, la tâche d'ouvrir le défilé est confiée à une jeune «reine» de la Saint-Patrick. Et c'est du sérieux, indique M. Quinn. «Elle n'a pas été choisie pour sa beauté. C'est notre porte-parole. Un jury de sept personnes l'a sélectionnée parmi 25 jeunes filles de descendance irlandaise.»
Fait intéressant, la tradition des parades de la Saint-Patrick est surtout le fait de la diaspora. C'est à New York, en 1762, que des soldats irlandais enrôlés dans l'armée britannique avaient organisé le premier défilé. En Irlande, par contre, les célébrations à grande échelle sont un phénomène assez récent, qu'on a encouragé pour stimuler le tourisme. Dans le passé, la Saint-Patrick était surtout une fête religieuse et c'est seulement depuis les années 70 que les pubs peuvent ouvrir ce jour-là.
Le 17 mars souligne en fait l'anniversaire, au Ve siècle, de la mort de saint Patrick, à qui on attribue le mérite d'avoir implanté la religion catholique en Irlande. Les avis divergent à savoir si le saint patron des Irlandais était un Écossais ou encore un Breton, mais on s'entend pour dire qu'il aurait été enlevé par des pirates irlandais avant de débarquer au pays. «Il a eu une vision qui l'a poussé à répandre la chrétienté sur le territoire, raconte Kester Dyer. Le territoire était païen et les croyances des gens étaient très liées à la nature. Saint Patrick s'est donc servi d'un trèfle pour leur faire comprendre ce qu'était la Sainte-Trinité.»
Mais revenons aux pubs, qui demeurent d'incontournables lieux de ralliement en ce jour bien particulier. À Québec, le propriétaire du Pub Saint-Alexandre, Yves Waddell, a mis le paquet. Musique, bière verte et repas traditionnel seront offerts aux convives. «Il y a des gens qui réservent un an à l'avance pour la soirée. On rencontre des représentants des familles White, Monroe, Donovan, Griffin... Les vrais de vrais ne travaillent pas de la journée. Je peux vous assurer que leurs patrons ne les verront pas!» Au menu: soupe à l'orge, aux patates, aux champignons et à la Guinness, ragoût irlandais et tarte aux pommes et Bailey's. Sans oublier la classique bière verte, traditionnellement apprêtée avec de la bière blonde et du colorant alimentaire. Enfin, partout dans les pubs, on a invité des musiciens à évoquer le répertoire traditionnel de l'Irlande et ses dérivés québécois. Mélangées avec de la Guinness, ces mélodies font apparaître des légendes...
- Le 182e défilé de la Saint-Patrick de Montréal débute à midi à l'angle des rues du Fort et Sainte-Catherine. Près de 40 chars allégoriques, 15 groupes de musique et entre 10 000 et 15 000 personnes doivent y prendre part. Les organisateurs espèrent attirer 500 000 personnes.
- À Québec, la fête débute dès 16h au Pub Saint-Alexandre (1087, rue Saint-Jean). On pourra en outre entendre les Matching Keys au Pub Java (1112, avenue Cartier). Au Thomas Dunn, dans le Vieux-Port, on servira aussi des mets traditionnels dans un environnement musical de circonstance (369, rue Saint-Paul).
- Dans la région d'Ottawa, le défilé avait lieu la semaine dernière mais de nombreuses activités à saveur irlandaise sont prévues pour le week-end (http://www.irishsocietyncr.com/irishWeek.htm).
Collaboratrice du Devoir
Québec — «Attendez, j'oubliais. Il y a aussi Joe Malone de Québec. Il avait gagné deux coupes Stanley pour les Bulldogs de Québec en 1912 et 1913», lance Kester Dyer, du Centre d'études canado-irlandaises de l'université Concordia. Les Irlandais sont partout au Québec et on estime qu'environ 40 % de la population a du sang vert.
«Au centre, nous recevons de plus en plus d'appels de gens de la communauté francophone qui s'intéressent à la culture irlandaise par leurs origines, fait remarquer M. Dyer. D'autres la découvrent à travers la littérature, la politique ou encore la musique.»
Et il rappelle les nombreux points communs entre les cultures irlandaise et québécoise: la religion, la colonisation britannique, la musique... « Ce n'est pas pour rien qu'il y a eu autant de mariages entre les Irlandais et les Québécois. Les deux cultures sont très proches.»
Et la fête n'est pas réservée aux Irlandais, insiste Ken Quinn, vice-président des United Irish Societies qui organisent la parade de la Saint-Patrick. Le slogan de cette année est d'ailleurs «Céad Mile Failte», qui signifie en gaélique «Cent mille bienvenues»: «Tout le monde peut participer, il n'y a pas de politique dans notre défilé. À la Saint-Patrick, vous savez, on fête aussi l'arrivéedu printemps.»
M. Quinn rappelle, non sans fierté, que Montréal détient le record nord-américain de longévité pour la parade de la Saint-Patrick. Et ce, devant celle de New York, dont les origines sont plus anciennes mais qui n'a pas eu lieu tous les ans comme à Montréal depuis 1824. Avec son lot de traditions. Ainsi, la tâche d'ouvrir le défilé est confiée à une jeune «reine» de la Saint-Patrick. Et c'est du sérieux, indique M. Quinn. «Elle n'a pas été choisie pour sa beauté. C'est notre porte-parole. Un jury de sept personnes l'a sélectionnée parmi 25 jeunes filles de descendance irlandaise.»
Fait intéressant, la tradition des parades de la Saint-Patrick est surtout le fait de la diaspora. C'est à New York, en 1762, que des soldats irlandais enrôlés dans l'armée britannique avaient organisé le premier défilé. En Irlande, par contre, les célébrations à grande échelle sont un phénomène assez récent, qu'on a encouragé pour stimuler le tourisme. Dans le passé, la Saint-Patrick était surtout une fête religieuse et c'est seulement depuis les années 70 que les pubs peuvent ouvrir ce jour-là.
Le 17 mars souligne en fait l'anniversaire, au Ve siècle, de la mort de saint Patrick, à qui on attribue le mérite d'avoir implanté la religion catholique en Irlande. Les avis divergent à savoir si le saint patron des Irlandais était un Écossais ou encore un Breton, mais on s'entend pour dire qu'il aurait été enlevé par des pirates irlandais avant de débarquer au pays. «Il a eu une vision qui l'a poussé à répandre la chrétienté sur le territoire, raconte Kester Dyer. Le territoire était païen et les croyances des gens étaient très liées à la nature. Saint Patrick s'est donc servi d'un trèfle pour leur faire comprendre ce qu'était la Sainte-Trinité.»
Mais revenons aux pubs, qui demeurent d'incontournables lieux de ralliement en ce jour bien particulier. À Québec, le propriétaire du Pub Saint-Alexandre, Yves Waddell, a mis le paquet. Musique, bière verte et repas traditionnel seront offerts aux convives. «Il y a des gens qui réservent un an à l'avance pour la soirée. On rencontre des représentants des familles White, Monroe, Donovan, Griffin... Les vrais de vrais ne travaillent pas de la journée. Je peux vous assurer que leurs patrons ne les verront pas!» Au menu: soupe à l'orge, aux patates, aux champignons et à la Guinness, ragoût irlandais et tarte aux pommes et Bailey's. Sans oublier la classique bière verte, traditionnellement apprêtée avec de la bière blonde et du colorant alimentaire. Enfin, partout dans les pubs, on a invité des musiciens à évoquer le répertoire traditionnel de l'Irlande et ses dérivés québécois. Mélangées avec de la Guinness, ces mélodies font apparaître des légendes...
- Le 182e défilé de la Saint-Patrick de Montréal débute à midi à l'angle des rues du Fort et Sainte-Catherine. Près de 40 chars allégoriques, 15 groupes de musique et entre 10 000 et 15 000 personnes doivent y prendre part. Les organisateurs espèrent attirer 500 000 personnes.
- À Québec, la fête débute dès 16h au Pub Saint-Alexandre (1087, rue Saint-Jean). On pourra en outre entendre les Matching Keys au Pub Java (1112, avenue Cartier). Au Thomas Dunn, dans le Vieux-Port, on servira aussi des mets traditionnels dans un environnement musical de circonstance (369, rue Saint-Paul).
- Dans la région d'Ottawa, le défilé avait lieu la semaine dernière mais de nombreuses activités à saveur irlandaise sont prévues pour le week-end (http://www.irishsocietyncr.com/irishWeek.htm).
Collaboratrice du Devoir
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