Le livre blond, François Turcot

Avec candeur, François Turcot explique les circonstances de l’écriture de son Livre blond, alors que sa petite fille vient de naître : « L’origine de ce livre remonte à une secousse tonique, vive — nouvellement père, désireux de rappeler un espace d’avant-la-mémoire pour ma propre fille, à l’été 2013, le coeur étourdi j’entrepris ces fragments dans le but d’archiver le bouillonnement d’un début de vie. » Il note alors, dans une prose tranquille, ses émois devant la gracile beauté de l’enfant neuve. Et c’est à elle qu’il s’adresse : « Quelque chose a changé je ne devine pas bien — t’as dans le regard une roche mère, un clou d’or, cette foudre d’eau. » C’est souvent beau, comme cela, simplement, fulgurant. « Un désir pulse élance — comme cette sorte de paix des après-midi roux à faire mentir le trajet du soleil. » Ainsi suit-on les apprentissages de l’enfant, les épanchements du père, cette admission de l’être né de soi : « L’époque des cinquante mots je la dessinerais jaune-encore, ça déborderait de la page comme dans tes cheveux, le vent. » Belle réussite, improbable, avec un pareil sujet.

Le livre blond

★★★

François Turcot, Le Cormier, La Peuplade, Bruxelles, Saguenay, 2016, 64 pages