Indécence manifeste, David Lagercrantz

Pour le lecteur québécois moyen, David Lagercrantz est apparu sur les radars il y a à peine un an. On se souviendra de lui quand on saura que c’est Lagercrantz qui fut choisi pour écrire le quatrième tome de Millénium (Ce qui ne me tue pas). On se souviendra aussi (voir Le Devoir du 31 août 2015) que le Millénium de Lagercrantz était particulièrement réussi. Bon. Le revoilà donc avec Indécence manifeste, un gros livre publié en 2009 en Suède et que l’éditeur français de Millénium, Actes Sud, décide de diffuser. Et c’est encore une fois très réussi. Il s’agit en fait de l’histoire du mathématicien Alan Turing qui a déchiffré le code secret des nazis lors de la Seconde Guerre mondiale, puis inventa la première « calculatrice électronique » et anticipa l’intelligence artificielle. Il se suicida en 1954 après avoir été castré chimiquement parce qu’il était homosexuel. Lagercrantz met ici en scène un petit inspecteur de police qui enquête sur la mort du mathématicien. Nourri au départ de tous les préjugés de l’époque sur l’homosexualité, l’inspecteur Leonard Corell en viendra peu à peu, en fouillant la vie et les écrits de Turing, à saisir la profonde injustice dont il fut victime.

Indécence manifeste

David Lagercrantz, traduit du suédois par Rémi Cassaigne, Actes Sud/Actes noirs, Arles, 2016, 376 pages