L’encre des savants est plus sacrée que le sang des martyrs, Aziz Farès

Journaliste et intellectuel né à Alger, Aziz Farès est arrivé au Québec en 1996. « J’ai découvert, écrit-il, un pays libre, ouvert, tolérant, moderne dans lequel les hommes et les femmes avaient des droits, les mêmes droits. » Il constate toutefois, quelques années plus tard, que « l’hydre totalitaire islamiste a déployé jusqu’ici ses tentacules, en faisant avancer, subtilement, ses troupes dissimulées sous le voile pudique de la religion ». Attaché à un islam « fondé sur la paix et l’élévation spirituelle », Farès déplore « la confusion entre la religion et l’idéologie » et rejette toutes les interprétations belliqueuses du Coran. Consterné par la complaisance du gouvernement Couillard envers certains porte-parole autoproclamés d’une « communauté musulmane » qui, insiste-t-il, n’existe pas en tant qu’« entité homogène », Farès plaide pour un islam moderne qui refuse la « politisation du religieux », c’est-à-dire l’islamisme, et invite les Occidentaux, de même que les Québécois, à en finir avec leur vision caricaturale de cette religion. Un peu brouillon, cet essai est toutefois intense et courageux.

L’encre des savants est plus sacrée que le sang des martyrs

Aziz Farès, XYZ, Montréal, 2016, 130 pages