Dînette, Numéro 1

Local, collaboratif, convivial : le vocabulaire de base de l’alimentation contemporaine et branchée est aussi celui qu’adopte Dînette. Ce nouveau mensuel québécois, sorte de jonction entre Caribou et Trois fois par jour, est tout à la fois : un livre de recettes originales (simplissimes et très fraîches), un magazine d’analyse et un répertoire d’adresses pour aiguiller le foodie lambda vers des cuisines sans prétention. De passage au marché, aux champs et en restaurants montréalais (chez Les fillettes, à Landry & Filles et à l’Entre-pots), l’équipe a rencontré des chefs et des satellites de la bouffe, artistes ou musiciens. On y parle autant de produits (kombucha, boîtes de prêt-à-cuisiner Cook It) qu’on y fait du reportage — le papier « Repas aériens : entre minutage et minutie » étant le plus fouillé du lot. Si Dînette est esthétiquement impeccable, avec les doués Sébastien Thibault et Benoît Tardif à l’illustration, la qualité des textes est en revanche inégale. On a parfois du mal à statuer sur la forme : est-ce une entrée de blogue, une chronique, un résumé de lecture, un publireportage ? Une édition plus stricte aurait resserré les idées, évacué les lieux communs et donné plus de poids à la voix de cette nouvelle (et jolie) tête chercheuse culinaire.

Grosse bouffe en gang

Dînette. Numéro 1, 2015, 130 pages