Ça suffit, les complexes!

L’essayiste Benoît Melançon s’attaque aux préjugés sur la langue avec humour et intelligence dans son plus récent livre intitulé «Le niveau baisse !».
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir L’essayiste Benoît Melançon s’attaque aux préjugés sur la langue avec humour et intelligence dans son plus récent livre intitulé «Le niveau baisse !».

Le franglais et l’anglais colonisent le français, nous créolisent. « On » exclut la personne qui parle. La maîtrise des accords du participe passé est signe d’une maîtrise du français. On parlait mieux avant. Autant de vérités ? Non, des idées reçues, tranche l’essayiste et professeur Benoît Melançon, s’attaquant à 15 préjugés sur la langue avec humour et intelligence dans son plus récent livre, Le niveau baisse !.

Les Québécois sont-ils complexés quant au français ? Ils vivent certainement une insécurité, même une « culpabilité linguistique », dont ils n’ont pas le monopole, mais qui nourrit une « longue tradition d’hypercorrection et donc de discours punitif ». Autant de puces que Benoît Melançon aimerait secouer afin de les faire tomber — alors qu’elles le piquent aussi, avoue-t-il, lui qui a quelques obsessions linguistiques bien précises qu’il aime traquer partout, tout particulièrement chez les autres, et qu’il recense parfois sur son blogueL’oreille tendue.

« Tout le monde a des idées reçues sur la langue, indique-t-il alors qu’il reçoit Le Devoir chez lui. Tout le monde a ses petites bibittes. Je peux me fâcher tous les jours en matière de langue, mais je me contrôle. Des lamentations sur la langue ici, des jérémiades, des déplorations, on en a abondamment. J’aime reprendre cette phrase de Michel Serres où il dit qu’il pratique un optimisme de combat. » Et pour ce faire, rodé à la direction scientifique des Presses de l’Université de Montréal, Melançon garde l’esprit analytique et exige preuves et études à l’appui avant de céder au préconçu.

Ainsi, le niveau baisserait ? Tout baisserait ? Et en rapport à quoi ? demande Melançon. « On peut bien être horrifié en lisant les commentaires sur le site de RDS, illustre-t-il de vive voix, mais il y a 50 ans, ce genre de site n’existait pas. On n’a pas de point de comparaison. Y a des choses qui se disent là et qui se disent mal, mais je ne suis pas du tout convaincu qu’avec les mêmes moyens de communication il y a 50 ans, ç’aurait été meilleur… Prenez, par ailleurs, ces parents québécois qui disent que leurs enfants parlent mal. On n’apprend pas sa langue qu’à l’école ; on l’apprend à la maison. Si comme parents vous n’arrivez pas à les corriger, c’est que vous parlez aussi mal. Donc, le niveau ne baisse pas ! »

Le professeur et directeur au Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal poursuit. « Les études sérieuses des linguistes n’indiquent pas que le niveau baisse — Marie-Éva de Villers et Pascale Lefrançois, Jean-Claude Corbeil : selon tous les indices qu’on a, c’est pas vrai que la qualité de la langue diminue au Québec. C’est le contraire. »

 

Francine Charbonneau et Lisa LeBlanc

Benoît Melançon aurait pu s’attaquer à d’autres idées reçues, nombreuses, s’il n’aimait tant la concision. « “Il n’existe de loi linguistique qu’au Québec” en est une autre. Ou “si vous défendez le français, vous êtes nécessairement nationaliste”. Ou encore “les jeunes parlent mal”. Et je pourrais ensuite développer autour de l’idée reçue que la technologie amoindrit la force de la langue. Que plus y a de technologies, plus on parle mal. Les gens ont probablement dit ça quand le télégraphe est arrivé… et puis quand le courriel, quand le texto, quand Twitter sont arrivés… Cette idée générale aussi que la jeunesse va mal me fatigue. Les élèves savent distinguer les situations dans lesquelles ils sont, ils n’écrivent pas leurs dissertations comme leurs textos. On assiste des mises à plat, les gens ne réfléchissent pas. Tout le monde parle de manières différentes, tout le temps. On ne parle pas à ses enfants comme on parle à ses collègues, c’est normal. Il faut nuancer. Oui, quand Francine Charbonneau met ses messages [bourrés de fautes] sur Facebook, ça ne va pas, c’est catastrophique. Oui, il faut rire d’elle, la dénoncer, la citer… mais c’est quand même juste un message sur Facebook. » Lui-même, auteur de livres sur Diderot et Maurice Richard, sur les curiosités épistolaires ou le français, emploie selon les sujets et les circonstances des styles et des formats différents.

Le livre aborde ainsi plusieurs sujets chers aux lecteurs comme aux chroniqueurs du Devoir. Le franglais, par exemple, et les montées de rage ou d’amour nées des langues des Lisa LeBlanc et Sugar Sammy. « Chaque créateur se fait sa langue, qu’on appréciera ou pas — certains ont des boutons en écoutant les Dead Obies, d’autres, devant Fred Pellerin. Croire que cette langue est la langue commune des Québécois n’a pas de sens. », écrit-il.

Et plus loin, sur la colonisation potentielle, « sauf à ne donner qu’une valeur métaphorique au mot, on ne voit pas bien qui serait, aujourd’hui, en train de coloniser le Québec. Les États-Unis ? Le Canada anglais ? Ça se saurait. L’anglais ? Une langue, seule, ne peut rien coloniser. » Il aime citer et réciter feu André Belleau : « La vérité, c’est que les langues sont des guidounes et non des reines. » Ou encore : « Nous n’avons pas besoin de parler français. Nous avons besoin du français pour parler. »

Ce qui agace l’analyste de discours qui n’arrive jamais tout à fait à sommeiller en Benoît Melançon, c’est que pendant qu’on ressasse les idées reçues, les vrais combats restent à mener, dilués dans des débats stériles. À quoi souhaiterait-il qu’on s’attaque ? La formation des maîtres, tiens. « Depuis 1994, si vous voulez enseigner au secondaire — en français, histoire, chimie, maths, qu’importe… —, il n’y a qu’une filière unique : vous entrez en sciences de l’éducation, où vous faites de la pédagogie et du contenu disciplinaire. Dans une structure comme celle-là, qui dure quatre ans, le contenu disciplinaire n’est pas majoritaire. Auparavant, il existait au moins deux voies d’entrée dans la profession, soit en faisant beaucoup de pédagogie et un peu de discipline, ou vice-versa. J’aimerais bien qu’on revienne à ce modèle à filières multiples. Mes étudiants en littérature langue française ne peuvent pas enseigner au secondaire. Et les étudiants en sciences de l’éducation qui viennent suivre mon cours cumulent moins d’heures en littérature que ceux du bac. Un modèle plus ouvert permettrait plus de contenu disciplinaire. Ma proposition, c’est de diversifier les formations actuelles. Et ensuite, on verrait ce qui marche le mieux à l’école. »

On verrait ainsi, à l’usage et à l’étude, si son instinct est juste ou n’est qu’une idée reçue.

17 commentaires
  • Jeannine I. Delorme - Abonnée 8 octobre 2015 01 h 51

    Le français des Québécois

    Monsieur Melançon, permettez-moi de vous demander si vous voulez bien descendre de votre montagne pour vous faufiler dans les bars, les discothèques, les autobus et le métro, les centres commerciaux, les files d'attente des cinémas et pourquoi pas chez les jeunes travailleurs d'usines et autres endroits où le niveau d'instruction ne compte pas. Vous constaterez alors que oui, les jeunes (et des moins jeunes) parlent très mal. Un participe passé : kossé ça ? Ils ne connaissent pas la grammaire, la syntaxe et le français. Leur discours est constitué d'un amalgame de joual, de franglais, d'anglais et de jargon dont on ne peut retracer la source.

    Parlons aussi d'une autre génération. Particulièrement, les professionnels de l'information, médias parlés et écrits. Nos journalistes qui n'accordent jamais leurs participes passés, qui s'enfargent dans siéger SUR le comité, ÊTRE rencontré plutôt que AVOIR rencontré et j'en passe. Ils sont tout de même passés par les grandes institutions. Et que dire des professeurs à l'ignorance crasse en français.

    Ce que vous appelez "les idées reçues" ne sont que constatations et données bien réelles. Je comprends votre parti pris pour ceux qui ont été vos élèves mais un brin de réalisme vous serait utile. Une plus large vue sur la population en général
    ouvrirait vos yeux sur le portrait linguistique de notre population. Et ce portrait n'est pas très flatteur.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 8 octobre 2015 13 h 36

      Le portrait n est pas tres flatteur.Ce n est pas ce que dit notre brillant ministre Jean-Marc Fournier dans le Devoir d'aujourd'hui,a qui Mme Delorme devrait lui faire parvenir ses découvertes sur la langue francaise parlée au Québec.Comme le ministre a toujours raison,il a son argument pour ne pas proteger notre langue et surtout ne pas offusquer les votants anglophones tellement fideles a son parti le PLQ. J-P.Grisé

    • Jacques Lamarche - Abonné 8 octobre 2015 14 h 25

      Bravo madame! La boucle est bouclée!

      Etonnant ce discours complaisant qui cherche à faire croire, Jean-Marc Fournier en tête, que le français se porte bien! Pas demain la veille que viendront les coups de barre nécessaire! La prise de conscience n'y est pas!

      Une nouvelle langue est en gestation! Où les phrases n'existent pas, où les mots se suivent sans fin, sans points!

  • Yves Côté - Abonné 8 octobre 2015 04 h 36

    Niveaux de language...

    Comme tout peuple, les Québécois ont le droit d'user de niveaux de language qui diffèrent selon leurs interlocuteurs et les circonstances du moment.
    Mais deux ennuis les assaillent : ils vivent dans un pays où une majorité très forte estime que cette langue n'y est pas légitime en culture et en langue et où le pouvoir est intimement attachée à la négation ouverte de la normalité d'une langue française enracinée.
    Par conséquent, toute tentative originale de notre part est considérée comme si déviante du cadre, qu'elle est automatiquement condamnée par le plus grand nombre. Celui-ci incluant une élite auto-proclamée qui, pour se distinguer de la masse automatiquement identifiée comme médiocre, justifie qu'elle "crache" sur le "petit monde" qui ne peut être qu'ignorant et vulgaire.
    Comme si cette mode commune, commune au sens stricte de grossière, adoubait de fait son porteur...
    Autrement dit, notre élite intellectuelle tend à avoir un fonctionnement par un processus que j'appelle la différenciation culpabilisante.
    C'est-à-dire qu'à partir du moment où devant des locuteurs françophones un Québécois use de la langue française de manière différente des Français ou, devant des locuteurs anglophones, qu'il utilise le français au lieu de l'anglais, par définition, son écart de la norme acceptée ne peut être que fautif. Et donc même, que celui qui s'exprime ne peut être qu'en faute...
    J'en veux pour simple exemple ces mots que dans ma jeunesse, à l'école puis à la maison, les adultes tentaient de nous faire abandonner parce qu'ils étaient considérés comme nuisibles.
    Comme "makina", "drette", "frette", "betot", et bien d'autres.
    Alors que le premier est simplement d'origine amérindienne et que les autres viennent de l'occitan...
    En résumé, le problème est assez simple au fond : quiconque parle ou écrit en français au Canada est par définition, condamnable.
    Alors que de parler anglais, même en additionnant les erreurs, est tout-à-fait convenable.

    • Mathieu Bouchard - Abonné 8 octobre 2015 13 h 34

      "bétôt" tel que prononcé au Québec, ça vient probablement de Normandie. Il existe "betot" dans des langues du sud de la France, mais ça se prononce assez différemment.

      Quant à "drette" et "frette", c'était la prononciation standard de "droit" et "froid" en français, dans le Bel Usage, c-à-d l'accent royal et populaire. Il a été ensuite supplanté par le Grand Usage, c-à-d l'accent bourgeois et intellectuel. Les "oi" se sont longtemps prononcés soit è, soit wè/wé. Le Grand Usage a transformé les sons è en wé/wè là où les "oi" ne sont pas devenus "ai" (puis les sons wé/wè sont devenus wa).

      La plus grosse différence d'accent entre la France et le Québec, pour le dire vite, c'est que la France a fini la transition vers le Grand Usage, alors qu'au Québec, le Bel Usage a encore une place importante (mais de manière hybride).

    • Yves Côté - Abonné 9 octobre 2015 03 h 42

      Merci de cette intervention fort pertinente, Monsieur Bouchard.
      En effet, la prononciation du "betôt" en question dépend de l'endroit précis où on se trouve dans le sud-ouest.
      En fait, pour y vivre depuis longtemps maintenant et y avoir de la famille, la manière change non seulement d'une commune à l'autre, parfois ces deux séparées de trois ou quatre kilomètres à peine, mais d'une souche familiale à l'autre à l'intérieur de la même commune...
      Comme au Québec, souvent lorsqu'on se moque de la chose avec des enfants, certains "betôt" en deviennent d'ailleurs plutôt "beintôt", en doublant le mot de manière volontairement dérisoire.
      Sur les "drette et frette", votre apport de connaissances particulières m'est très instructif et apprécié. Toutefois, sur la transition de la France vers le Grand Usage, je ne crois pas que se trouve là l'essentiel de l'explication en ce que d'accents, en France, vous savez très bien qu'il y en a plus d'une dizaine et qu'en cela, la transition en question montre au quotidien qu'elle n'est justement pas terminée et que là aussi, elle se fait de manière hybride comme au Québec.
      Ceci-dit, j'ai bien compris que l'intention compréhensible de votre démonstration se veut dite vite et qu'en cela, tout n'y est pas dit.
      Vous lire, Monsieur, a été un plaisir que je ne souhaite que renouveler ici le plus souvent que possible.
      Mes remerciements sincères et salutations les plus républicaines, Monsieur.

  • Josée Duplessis - Abonnée 8 octobre 2015 07 h 32

    Vous avez raison sur plusieurs points. On idéalise le passé.
    Par contre il n'est plus rare de voir des fautes de participe présent ou passé dans les textes gouvernementaux(et j'en ai un sous les yeux) et cette situation démontre qu'il n'y a plus de vigilance de la part des diffuseurs et surtout un laisser-aller

    • Laurette - Abonné 8 octobre 2015 10 h 43

      Ne glorifionsd surtout pas le passé. Il suffit d'entenre d'anciennes émissions où l'on entendait un soi-disant «ifrançais nternational» parlé uniquement ici pour rigoler. Cela dit, il faut reconnaître qu'il n'y a pas si longtemps on entrait à l'école non pas pour s'amuser mais pour apprendre, entre autres, la grammaire et le vocabulaire français. À propos, comment expliquer qu'après toutes ces années ( et tous nos diplômés), nous continuons de si mal connaître notre langue? Si la popularité grandissante de l'anglomanie pose problème, c'est que puisque la plupart d'entre nous connaissons peu ou mal l'anglais, nous intégrons des mots de cette langue sans trop savoir ce qu'ils signifient exactement ( et cela même à la télé et dans les journaux) de sorte que bientôt nous pourrons dire que nous parlons non pas le franglais, mais bien l'anglofrançais, un parler compris uniquement chez nous.

    • Jean Richard - Abonné 8 octobre 2015 13 h 29

      « bientôt nous pourrons dire que nous parlons non pas le franglais, mais bien l'anglofrançais, un parler compris uniquement chez nous. » – Un bon point, souvent oublié.

      Nous pourrions nous accommoder d'une langue créolisée, faite d'un mélange de restes de français et d'anglais mal maîtrisé et ça, aussi longtemps qu'on aurait choisi de vivre comme dans un village isolé, sans passé ni futur, se contentant de dériver au présent. Dans ce village, on aurait choisi de s'inventer une identité (exclusive en plus) et, pour mieux l'appuyer, une langue propre, une langue difficile à partager avec les éventuels nouveaux venus car elle serait devenue inapprenable.

      Les Québécois, même si on en est de moins en moins convaincu, semblent avoir majoritairement choisi de rester au sein d'une communauté francophone. Et pour y arriver, on a choisi de faire appel à l'immigration, pas toujours francophone à l'arrivée. Et là, il y a un problème : notre obsession de l'orthographe fait du français une langue que personne n'écrit correctement. À se faire dire qu'on ne maîtrise pas le français parce qu'on a mis un seul L là où il en fallait deux, orthographe dont la justification remonte très loin dans l'histoire de la langue, on pourrait être tenté de démissionner, et c'est probablement ce que plusieurs ont fait.

      Bref, en sommes-nous là : des francophones de souche qui démissionnent parce qu'ils en ont plein leur casque d'être vus comme des analphabètes pour un double LL raté, et des immigrants qui ne savent plus où donner de la tête dans leur effort d'intégration ?

      Ce français dégénéré (selon certains), alourdi par l'anglais (une langue très opaque sur le plan phonologique, ce qui rend très difficile le passage de l'écrit à l'oral et vice-versa), il n'a pas d'avenir. Toutefois, si on s'obstine à ne pas en comprendre la provenance, il sera difficile de renverser la vapeur.

  • Robert Lauzon - Abonné 8 octobre 2015 08 h 12

    Québec-Pays passe nécessairement par l'unité

    Bien des gens,pourtant bien intentionnés, ne peuvent faire abstraction de leur idéologie partisane. L'indépendance politique du Québec sera si et seulement si une majorité de québécois y adhèrent.
    Or, pour susciter cette adhésion, il faut bien décrire le projet et le doter d'une constitution qui assurera aux citoyens, actuels comme ceux à venir, non seulement de leurs droits mais aussi de leurs devoirs. De plus, cette constitution encadrerait les responsabilités des institutions de la nouvelle République.
    Pour s'assurer de l'acceptation aux balises à inclure dans ce texte fondateur il faut réunir autour d'une table des gens mettant la Nation avant leurs idéologies, des gens ouverts, capables de compréhension, négociant une entente pour l'ensemble des québécois d'aujourd'hui et de demain.
    Je préconise une assemblée constituante non partisane sous les hospices d'une Organisation non-partisane où les partis politiques pourraient y être représentés.

    • Jean-Pierre Proulx - Abonné 9 octobre 2015 20 h 14

      Vous êtes en dehors du sujet!

  • Yves Charette - Abonné 8 octobre 2015 09 h 51

    Et si au contraire....

    Mon père ''ouvrait la champlure pour remplir le canard et le mettre sa pantry''
    C'était dans les années soixante... quelqu'un qui disait ''moi'' plutôt que ''moé'' faisait prétentieux. On mettait son ''coat'' pour sortir et non son manteau. On parlait de ''wipers'' et de ''windshield washer''. Il me semble que j'entends maintenant un meilleur usage du français...
    Davantage de fautes à l"écrit? Mon père n'écrivait pas beaucoup pour communiquer. Sauf au travail. Et lorsqu'il le faisait il s'appliquait. Même moi, à l'adolescence, (je suis maintenant dans la soixantaine) je ne communiquais pas par écrit avec mes ''chums''. Maintenant c'est communication imstantanée et continuelle. Les jeunes ont adapté une écriture rapide et efficace pour certains moyens de communication, comme le le texto. Ils communiquent davantage et la communication est efficace pour eux. Réalités différentes! Cela n'excuse pas les fautes dans les textes officiels ou professionnels. Selon ma perception, au quotidien, ça va mieux. Il faut toutefois continuer à vouloir préserver et améliorer notre langue.

    • Jean-Yves Hemlin - Abonné 9 octobre 2015 10 h 12

      Vous avez bien raison. Dans les années 60, mes soeurs avaient été grondées en classe pour ne pas avoir su qu'on "ne mettait pas des "tires" à un char, mais bien des "peneus" (et non pas des pneus)."
      J'avais personnellement eu à recopier 10 ou 20 fois une phrase qui disait que le féminin de mouton était "moutone" et non pas brebis" comme j'avais eu l'audace de le mentionner au professeur.

      Les professeurs avaient surement suivi leur cours classique!

      Même si j'étais très bon à l'école, je ne me fais plus confiance et me corrige régulièrement à l'aide d'Antidote (en français) et de WhiteSmoke (en anglais).