Survol d’hiver

Dès janvier, Robert Lalonde met en scène un écrivain dans À l’état sauvage.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir Dès janvier, Robert Lalonde met en scène un écrivain dans À l’état sauvage.
Jacques Poulin, Robert Lalonde, Monique Proulx, Sergio Kokis, Abla Farhoud : plusieurs auteurs reconnus s’invitent à la rentrée littéraire d’hiver. Mais que serait notre littérature sans l’arrivée en force de nouvelles plumes…
 

Jacques Poulin nous revient en février avec une fragile histoire d’amour, Un jukebox dans la tête (Leméac). On y retrouve son alter ego écrivain, Jack Waterman, face à une jolie jeune femme rousse malmenée par la vie qui lui déclare : « J’ai lu tous vos livres et… je vous ai fait une petite place dans mon coeur. »

 

Dès janvier, Robert Lalonde met lui aussi en scène un écrivain dans À l’état sauvage, mais pour s’interroger sur les différents types de relations que les hommes peuvent établir entre eux (Boréal). Sergio Kokis propose un récit, Le sortilège des chemins, qui invite à rompre les amarres, à prendre la route à pied pour rêver et mieux se retrouver (Lévesque). Suivra chez le même éditeur Parenthèses, un recueil de nouvelles de notre collaboratrice Lise Gauvin : « Chacune des dix-sept nouvelles est une séquence arrachée à la vie passante, une parenthèse extraite d’un quotidien scruté avec un regard d’une précision toute clinicienne », précise l’éditeur.

 

Autre recueil à venir en février, par Jean-François Chassay, sous le signe de l’étrangeté : Requiem pour un couple épuisant et autres nouvelles (Leméac). Le même auteur dirige en mars un ouvrage collectif, Un début de siècle. Essais sur la littérature, auquel collaborent notamment Samuel Archibald, Jean-Simon DesRochers, Nicolas Dickner, Olga Duhamel, Alain Farah, Karoline Georges, Marie Hélène Poitras (Le Quartanier). C’est en mars toujours que Nicolas Dickner, qui avait récolté une flopée de prix pour son surprenant Nikolski, publie Six degrés de liberté (Alto). Au même moment, l’auteur de La maison des pluies, Pierre Samson, Grand Prix du livre de Montréal 2013, annonce un nouveau roman (Herbes rouges).

 

Il faudra attendre avril pour renouer avec Monique Proulx, qui revisite, dans Ce qu’il reste de moi, l’histoire de Montréal (Boréal). Jean Bédard, lui, poursuit sous forme de fable son plaidoyer pour le respect de notre terre dans Le chant de la terre blanche (VLB). Puis, en mai, Abla Farhoud revient sur sa jeunesse, à partir de son arrivée au Canada à l’âge de six ans jusqu’à son retour au Liban. La chèvre de montagne paraît en même temps que la réédition de son roman précédent, Splendide solitude (VLB et Typo).

 

Curiosités

 

Blues nègre dans une chambre rose : c’est le titre du nouveau roman de la dramaturge Jennifer Tremblay, à paraître en janvier (VLB). L’auteure de La liste (La Bagnole)collabore aussi, aux côtés d’Aline Apostolska, de Marie-Christine Bernard, de Geneviève Lefebvre et d’autres, au collectif Quand Marie relevait son jupon. Histoires libertines inspirées d’un autre temps, disponible en avril (VLB).

 

Un homme se sauve de son passé dans une cabane de Charlevoix. Qu’a-t-il à cacher ? La liberté des détours, huitième ouvrage de Mathieu Blais par ailleurs poète, sera en librairie sous peu. Février verra s’amener Alain Poissant, auteur du Sort de Bonté III, finaliste au Prix des libraires 2014: T’es où Célestin s’intéresse au destin d’un cultivateur de Napierville devenu patriote dans les années 1837-1838 (Sémaphore).

 

En mars, c’est la manne. Le collègue Gabriel Marcoux-Chabot entremêle français, vieux français, parler québécois, chiac et innu dans Tas-d’roches, qui se veut, selon l’auteur, « la chronique extraordinaire et véridique d’un village où le ciel est plus clair qu’ailleurs, les femmes plus belles et les hommes plus larges et plus forts » (Druide). Finaliste au Prix littéraire des collégiens pour La respiration du monde en 2011, Marie-Pascale Huglo nous conduit tour à tour, dans La fille d’Ulysse, sur une île féerique au milieu des mers du Sud et sur un continent formé par des tonnes de déchets où les habitants vivent dans des conteneurs (Leméac).

 

Marie Christine Bernard, Prix France-Québec 2009 pour Mademoiselle Personne (Hurtubise), raconte l’histoire d’une lignée de femmes autochtones dans Matisiwin (Stanké). Patrick Nicol propose La nageuse au milieu du lac, où un homme revient sur les dernières années de sa mère devenue son enfant (Le Quartanier). Et après La ballade de Nicolas Jones, Patrick Roy lance L’homme qui a vu l’ours, qui nous plonge dans le dur monde de la lutte (Le Quartanier).

 

« Et si les gens que nous prétendons connaître par coeur n’étaient en réalité qu’une pâle copie de ce qu’ils projettent ? » C’est ce que demande, dans son recueil de nouvelles Sors de ce corps, l’auteur du désopilant et décalé roman Quelques jours à vivre, François Leblanc (Triptyque). Avec L’accoucheur en cuissardes, Jean Désy se lance dans des histoires marquées par ses expériences comme médecin sur la Côte-Nord, autour de Québec, au Nunavik et à la Baie-James (XYZ). En avril, des nouvelles de Christiane Lahaie, sous le titre Vous avez choisi Limoges, inspirées par une résidence d’écriture dans le Limousin (Lévesque).

 

Premiers romans

 

Née à Montréal en 1985, la très prometteuse Clara Brunet-Turcotte, dans Les demoiselles-cactus, lancé en janvier, met en scène une « experte en matière de vomissement » âgée de 25 ans : aussi bien dire qu’elle en est à son « quart de vie en crise » (Leméac). Paraît aussi ce mois-ci, de Sophie Bérubé, Car la nuit est longue, avec en son coeur une histoire de viol (David). On surveille de plus Banquette arrière, hommage au plaisir de lire signé Claude Brisebois (Druide), et Le repaire des solitudes, recueil de nouvelles au style incisif sous la plume de Danny Émond (Boréal).

 

En février, Annie Perreault, lauréate du Grand Prix littéraire Radio-Canada en « nouvelles » en 2000, propose, dans L’occupation des jours, une soixantaine de textes qui s’interrogent « sur la manière dont on occupe les espaces vacants dans nos vies et sur les différentes manières dont on comble ce vide » (Druide). On découvrira aussi, d’Élyse-Andrée Héroux, Bouge pas, où une adjointe éditoriale pète les plombs puis réinvente sa vie (Québec Amérique).

 

Viendra en mars, de Dominique Scali, À la recherche de New Babylon, avec au centre une ville qui n’existe pas, où « il n’est pas question de fuir la mort, mais de choisir son arène » (La Peuplade). Suivra Un bus pour Tokyo du poète Jean-Sébastien Huot (Herbes rouges).

 

C’est en avril que le poète et slameur David Goudreault, premier Québécois à remporter la Coupe du monde de poésie à Paris en 2011, publie La bête à sa mère, drame familial vécu par un homme seul (Stanké). Puis, la comédienne et chroniqueuse télé Valérie Chevalier lance Tu peux toujours courir, où il est question d’amitié entre deux jeunes femmes dans la vingtaine (Hurtubise).

  • Alain Gaudreault - Abonné 17 janvier 2015 08 h 09

    poulin

    Chic,un jacques Poulin!