De grosses pointures et un fantôme

La saison sera fournie en cadavres grâce aux polars.
Photo: Thinkstock La saison sera fournie en cadavres grâce aux polars.

La surprise de l’automne est très certainement la redécouverte de David Montrose (de son vrai nom Charles Ross Graham), un auteur de romans noirs qui vivait à Montréal au début des années 1950, qui a publié trois livres coup sur coup à Toronto à la même époque… et dont personne n’a jamais entendu parler.

 

Dans Meurtre à Côte-des-Neiges, traduit pour la première fois et publié fin septembre chez Hurtubise, on découvre avec surprise un auteur de talent qui n’a rien à envier aux grands du genre comme Dashiell Hammett ou Raymond Chandler. Russell Teed, le privé de Montrose, a des réparties à la Philip Marlowe et fréquente les endroits louches du Montréal d’avant Pax Plante et Jean Drapeau. Une histoire tordue à souhait — avec femmes fatales, whisky et force cadavres en tous genres — qui se dévoile dans une écriture remarquable. Incontournable.

 

Les éditeurs québécois ne chôment pas cet automne. Chez Goélette, mi-novembre, Martin Michaud propose Violence à l’origine, une quatrième enquête de l’inspecteur Victor Lessard. 

 

Du côté d’Alire, on surveillera la parution ces jours-ci de Repentir(s) de Richard Ste-Marie et, plus tard fin septembre, de Grande liquidation, le tome iv de Malphas de Patrick Sénécal. Chez Druide, deux titres retiennent l’attention en septembre : Écrire le mal de Claude Champagne, où un écrivain — Jean Royer ! pour ceux qui comprendront… — hérite de l’agence de détectives de son père. Puis un polar historique de Maryse Rouy, Meurtre à l’hôtel Despréaux, la première d’une série de Chroniques de Gervais d’Anceny qui se dérouleront toutes au Moyen Âge.

  

Surprises et retours

 

Du côté des éditeurs européens, c’est aussi l’avalanche ; s’il fallait encore faire la preuve que les polars sont les livres les plus lus, on aurait là un argument de taille.

 

Signalons d’abord un événement plutôt rare : la succession Agatha Christie autorise l’auteure Sophie Hannah à écrire un nouveau Hercule Poirot… dans le style Agatha Christie. Le titre : Meurtres en majuscules. En septembre aux éditions du Masque pour la version française. By Jove !

 

Autre surprise : Henning Mankell revient, avec Une main encombrante (Seuil), au Wallander d’avant L’homme inquiet. Le policier pense déjà à sa retraite et mène une de ses dernières enquêtes ; Mankell en profite pour tracer un portrait touchant de son commissaire. Puis il y aura un nouveau Robert Galbraith (alias J. K. Rowling) chez Grasset en octobre ; Le ver à soie sera la deuxième enquête de Cormoran Strike. La fin aussi de la troublante trilogie Les visages de Victoria Bergman d’Erik Axl Sund chez Actes Sud en septembre. Et un nouveau Ian Rankin qui fait sortir l’inspecteur Rebus de sa retraite dans Debout dans la tombe d’un autre (Masque).

 

En terminant, on vous propose deux titres qui viennent tout juste de paraître. Chez Leméac d’abord Anna Raymonde Gazaille revient avec Déni, une enquête sur un crime (d’honneur?) commis dans Parc-Extension; et Jonathan Holt débute, avec le troublant Abomination chez Robert Laffont, la trilogie Carnivia qui se déroule dans une Venise fantasmée.

À surveiller aussi

Le détroit du loup, d’Olivier Truc (Métailié) Le boom pétrolier en Laponie bouleverse tout… Tiens, tiens.

The Drop, de Dennis Lehane (Rivages)

Un roman construit à partir de ce qui a été écarté du scénario du film du même nom.

Kobra, de Deon Meyer (Seuil)

Benny Griessel enquête sur le meurtre d’un touriste britannique sur fond de corruption.