Tout seul au monde

Une case tirée de la bande dessinée Violette Nozière, sur une jeune fille de 19 ans qui, dans la France des années 1930, n’a pas hésité à tuer ses parents pour ne pas avoir à renoncer à son existence oisive et festive.
Photo: Source Casterman Une case tirée de la bande dessinée Violette Nozière, sur une jeune fille de 19 ans qui, dans la France des années 1930, n’a pas hésité à tuer ses parents pour ne pas avoir à renoncer à son existence oisive et festive.

Allez savoir pourquoi, la solitude a décidé de prendre beaucoup de place dans l’univers de la bande dessinée en ce début d’année avec l’arrivée annoncée de plusieurs titres qui font de l’isolement un carburant narratif.

 

Seule avec sa conscience. Voilà le sort réservé à Violette Nozière (Casterman), « l’empoisonneuse de la rue de Madagascar », la « parricide monstrueuse », dont le mythe se prépare à être revisité en bédé par Eddy Simon et Camille Benyama. On est dans les années 1930 en France. On est aussi au coeur d’un fait divers odieux : une jeune fille de 19 ans, à la vie légère, n’a pas hésité à tuer ses parents pour ne pas avoir à renoncer à son existence oisive et festive. Le procès a fait les manchettes pour, 70 ans plus tard, faire la rentrée littéraire.

 

Seule au monde. La vie de famille n’est pas une sinécure pour Rosie, 13 ans, condamnée à vivre seule par des parents absents qui, eux, vivent surtout à l’étranger. Dans Le muret (Casterman/Écritures), il y a ce petit mur sur lequel l’ado retrouve parfois son amie Nath pour briser sa solitude. Il va aussi y avoir Jo, un p’tit gars livré au même sort qu’elle, et le portrait d’une adolescence brossé avec efficacité par Pierre Bailly et Céline Fraipont côté doutes, fêlures, rejets et mélancolie.

 

Seul et souffrant. Avec Vive voix (Atrabile), Alex Baladi propose une incursion dans le désespoir amoureux en suivant Benny, un gars largué par sa blonde après des années de bonheur et qui va, après des mois de catatonie, transformer sa colère en moteur d’une révolution. Les codes narratifs du 9e art sont poussés dans leurs derniers retranchements, tout comme la solitude, qui dans ce récit ludique perd tous ses repères.

 

Seul en attendant l’autre. Chacun cherche sa moitié et parfois se pose de drôles de questions pour y arriver. C’est sans doute l’éclairage que cherche à poser Vanyda sur la condition humaine avec Un petit goût de noisette (Dargaud), assemblage de petits récits mettant en scène des humains réflexifs, parfois seuls et souvent en quête de cette épaule contre laquelle il peut être agréable de se reposer. Poétique. Doux. Lumineux.