Prix du livre: le point de vue anglophone

Les auditions de la Commission parlementaire sur le prix du livre se sont terminées le 19 septembre. Pendant un mois jour pour jour, soit à partir du 19 août, 42 intervenants ont défilé, et de l’exercice se dégage un net consensus quant à la pertinence d’instaurer certaines mesures, tels un prix plancher et des rabais maximaux. Discrète, la Quebec Writers’ Federation (QWF), une association d’écrivains québécois d’expression anglaise, était au nombre des participants, et sa position va dans le sens du consensus.

 

Au premier chef, la QWF défend la pertinence des librairies, qu’elles soient indépendantes ou maillons d’une chaîne, et la nécessité pour l’État d’appuyer ces « centres d’animation culturelle ». David Homel, le président de la QWF, parle d’un choix de société, indiquant que d’un point de vue économique, la vocation culturelle des librairies « ne fait toujours pas bon ménage avec sa survie ».

 

« La librairie reste l’espace où les auteurs rencontrent les lecteurs et lectrices, et ceci dans un cadre parfois propice à la rêverie […] Une bonne librairie réserve des surprises ; on pourrait y trouver tout ce qu’on ne savait pas qu’on cherchait, défend-il dans son mémoire. Si nous voulons appuyer la culture québécoise du présent et de l’avenir, il faudrait continuer la poussée de la loi 51, plaide-t-il. Pas de librairies, pas de culture littéraire - c’est la visée de la loi 51. »

 

À l’instar des éditeurs, libraires, auteurs, distributeurs, et, détail plus étonnant, du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), qui reprennent tous l’idée d’un prix plancher, la Quebec Writers’ Federation estime qu’en fixant pendant neuf mois, à partir de sa publication, le prix de détail d’un livre et en limitant à 10 % le rabais applicable durant cette période, la survie des librairies et la diversité de l’offre littéraire seraient favorisées. Passé ce délai, libre aux commerçants de vendre au prix qui leur chante.

 

« Il est vrai que, même sur l’île de Montréal, il y a très peu de livres en anglais dans les grandes surfaces, et virtuellement aucun livre par un auteur canadien ou québécois d’expression anglaise. Mais la diminution du marché de détail du livre nous préoccupe quand même ». La QWF compte 550membres.