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Le retrait de Gaza - Après maints louvoiements, Nétanyahou démissionne

N/A ZZZN/A   8 août 2005  Proche-Orient
Un gamin palestinien passe devant un graffiti à l’effigie du Hamas, hier à Gaza. L’organisation radicale palestinienne a lancé un concours de peinture où il s’agit de représenter le retrait israélien de la bande de Gaza comme une victoire pou
Photo : Agence Reuters
Un gamin palestinien passe devant un graffiti à l’effigie du Hamas, hier à Gaza. L’organisation radicale palestinienne a lancé un concours de peinture où il s’agit de représenter le retrait israélien de la bande de Gaza comme une victoire pou
Jérusalem — Le gouvernement israélien a donné son feu vert hier à la première phase du retrait de la bande de Gaza, devant débuter le 17 août avec l'évacuation de trois colonies juives isolées, malgré la démission du ministre des Finances Benjamin Nétanyahou qui juge ce processus dangereux pour l'État hébreu.

«Je ne suis pas prêt à participer à cet acte irresponsable qui menace la sécurité d'Israël», a estimé l'ancien premier ministre pour qui le désengagement «ignore la réalité et se déroule aveuglément, créant une base pour la terreur islamiste qui menacera l'État».

Son départ a volé la vedette au vote (17 voix contre 5) sur l'abandon des colonies de Netzarim, Morag et Kfar Darom, qui n'était qu'une formalité, le plan global du premier ministre Ariel Sharon ayant déjà été approuvé à plusieurs reprises.

Le chef de l'exécutif s'est empressé d'assurer qu'il poursuivrait la politique d'austérité de son ministre démissionnaire pour atteindre les objectifs de réduction du déficit public, des dépenses et du chômage. La bourse de Tel-Aviv avait en effet chuté de 5 % après l'annonce de la démission de Nétanyahou. M. Sharon a précisé que le vice-premier ministre, Ehud Olmert, occuperait les fonctions de ministre des Finances par intérim.

En claquant la porte à dix jours du lancement du retrait, Benyamin Nétanyahou fait un coup politique.

Opposé au plan de son rival de longue date, il l'a néanmoins approuvé plusieurs fois en deux ans et demi passés au sein de l'exécutif, tout en essayant de le torpiller au dernier moment en début d'année au Parlement.

Fini donc de louvoyer au sujet d'une politique impopulaire auprès de la plupart des sympathisants de son parti. Or, on s'attend à ce qu'il brigue la direction du Likoud, actuellement occupée par M. Sharon, après le désengagement. La formation de droite s'était prononcée contre la suppression des 21 colonies de la bande de Gaza (8500 habitants) et de quatre autres de Cisjordanie (500).

Le ministre des Finances et ancien premier ministre a soigné sa sortie, selon son collègue travailliste et plus modéré Matan Vilnaï, qui a trouvé l'épisode «très dramatique»: M. Nétanyahou a placé sa lettre devant M. Sharon, qui n'a pas eu de réaction visible.

Des colons et députés ont appelé les autres ministres du Likoud à suivre l'exemple du grand argentier mais la ministre de l'Éducation Limor Livnat, pourtant réticente à soutenir le retrait, a répondu sur la deuxième chaîne de télévision: «Si j'avais voulu démissionner, j'aurais démissionné».

La situation est délicate pour Ariel Sharon, confronté à l'opposition farouche des radicaux, ses alliés traditionnels. Le bon déroulement des opérations dépend désormais principalement des militants palestiniens et des colons à évacuer.

Soucieux d'apaiser les esprits, le premier ministre a ouvert le conseil des ministres d'hier en condamnant l'assassinat de quatre Arabes israéliens par un Israélien opposé au désengagement, jeudi dans le nord de l'État hébreu. Le jeune homme, qui avait déserté l'armée pour protester, a ouvert le feu dans un autobus avant d'être lynché par la foule.

«Le danger existe qu'un tel événement se reproduise», a souligné M. Sharon, critiquant la «terrible incitation» à la violence des extrémistes juifs. La tuerie avait également été condamnée par les leaders colons. Quant à l'assassin, Eden Natan-Zada, 19 ans, il a été enterré hier dans sa ville de Rishon Letzion au cours d'une cérémonie civile.

Face à la menace causée par les extrémistes juifs, le ministre de la Défense, Shaul Mofaz, a décidé de mettre en oeuvre une procédure d'ordinaire utilisée à l'encontre des activistes palestiniens: trois extrémistes juifs présumés, dont un ressortissant américain, ont ainsi été placés hier en détention administrative, permettant de les retenir sans inculpation, a précisé un responsable du ministère.






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