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Sud de l'Irak - La police combat une secte messianique pendant que les chiites célèbrent l'Achoura

N/A ZZZN/A   19 janvier 2008  Proche-Orient
Des parents d’une des victimes de l’attentat commis jeudi contre une mosquée chiite de Bakouba attendaient hier devant la morgue locale.
Photo : Agence Reuters
Des parents d’une des victimes de l’attentat commis jeudi contre une mosquée chiite de Bakouba attendaient hier devant la morgue locale.
Bassora — Des combats dans deux villes du sud de l'Irak entre une secte messianique chiite et les forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts hier alors que des millions de fidèles célèbrent la mort au VIIe siècle d'une figure vénérée du chiisme, l'imam Hussein.

Ailleurs dans le pays, les célébrations de l'Achoura, qui mobilisent dans une intense ferveur la communauté majoritaire en Irak, se sont déroulées dans le calme, mais au milieu d'imposantes mesures de sécurité.

En même temps, le chef chiite radical Moqtada al-Sadr a exigé du gouvernement qu'il remette de l'ordre dans les services de sécurité irakiens, sous peine de suspendre une trêve que sa puissante milice observe depuis août.

À Bassora, le grand centre pétrolier à 550 kilomètres au sud de Bagdad, des affrontements ont éclaté en milieu de journée entre les partisans du cheikh Ahmed al-Hassani al-Yamani et les forces de sécurité.

Selon le chef de la police de Bassora, le général Abdel Jalil Khalaf, des «dizaines» de membres de cette secte messianique ont été tués et des «dizaines» d'autres arrêtés. Ce bilan n'a pas été confirmé de source indépendante.

Ce groupe s'attend à un retour prochain sur terre du Mahdi, douzième et dernier imam des chiites, disparu au VIIIe siècle et qui est censé venir rétablir la paix et la justice.

Le chef militaire de la secte, Abou Moustafa al-Ansari, serait parmi les victimes, selon le général Khalaf.

Blindés déployés

Les combats ont cessé dans la soirée et des blindés ont été déployés dans la ville, dont la sécurité est assurée par l'armée irakienne depuis le retrait des dernières troupes britanniques, en décembre.

Des affrontements ont également éclaté à Nassiriya (350 kilomètres au sud de Bagdad) entre des assaillants se réclamant de la même secte et les forces de sécurité. Au moins neuf personnes ont été tuées, dont deux colonels de police, cinq policiers et deux femmes, et 18 militants arrêtés.

Il y a exactement un an, en pleine Achoura, des affrontements similaires, impliquant les membres d'une secte se réclamant de la même idéologie, avaient fait près de 300 morts. Les partisans de cette secte se préparaient à attaquer la ville sainte de Najaf, à 160 kilomètres au sud de Bagdad.

L'Achoura, une des principales célébrations du chiisme, commémore la fin tragique d'Hussein, petit-fils du prophète Mahomet, fils d'Ali (le fondateur du chiisme), tué en 680 par les troupes du califat sunnite des Omeyyades.

Des centaines de milliers de pèlerins ont envahi à cette occasion les villes saintes chiites de Najaf et Kerbala (au sud de Bagdad), où des mesures de sécurité exceptionnelles ont été prises, tout comme à Bagdad et dans toutes les grandes agglomérations chiites théâtres de cérémonies.

Depuis leur autorisation après la chute du régime de Saddam Hussein, en 2003, les grandes célébrations chiites ont souvent donné lieu à des violences.

Le jour même de ces imposantes célébrations, la milice de Moqtada al-Sadr, l'armée du Mahdi, a menacé de suspendre son cessez-le-feu décrété en août. Un porte-parole, Salah al-Obaïdi,

a notamment dénoncé «le soutien apporté par le gouvernement à des criminels dans les services de sécurité [...]», faisant allusion à une faction chiite rivale proche des autorités.

La trêve avait été annoncée fin août après des combats meurtriers à Kerbala qui avaient fait 52 morts entre l'armée du Mahdi et la police à l'occasion d'une autre célébration chiite.

Turquie et Iran

Par ailleurs, l'état-major turc a annoncé hier qu'un raid de l'armée de l'air turque a détruit mardi une soixantaine de positions du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans les montagnes du nord de l'Irak.

Les bombardements ont visé dans les régions de Zap-Sivi, Avasin-Basyan et Hakurk des postes de commandement, des abris et des bases d'entraînement du mouvement séparatiste kurde. Selon les autorités irakiennes, il n'y a pas eu de victimes car la zone visée avait déjà été évacuée par la population.

Enfin, le Pentagone a indiqué hier que les attaques contre les soldats américains en Irak à l'aide d'engins explosifs qui pourraient venir d'Iran ont été aussi nombreuses au cours des deux premières semaines de janvier que sur l'ensemble du mois de décembre.






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