Présidentielle américaine: les enjeux
13 novembre 2007
Proche-Orient
Le 4 novembre 2008, les Américains choisiront un successeur à George W. Bush. Bien que Hillary Clinton et Rudy Giuliani se démarquent dans leur camp respectif, tout n'est pas joué. Les partis entameront dans quelques semaines les primaires pour désigner leurs candidats. L'argent et l'efficacité des organisations électorales seront déterminants dans cette course, mais les positions des candidats auront aussi un impact. Quelles sont ces positions? Démocrates et républicains se distinguent-ils vraiment?
Sortir ou ne pas sortir de l'Irak?
La guerre en Irak est l'enjeu clé de la campagne. Les tensions entourant ce débat sont particulièrement vives depuis que la majorité du Congrès est passée aux démocrates, en novembre 2006. Au sujet de l'Irak, républicains et démocrates sont aux antipodes.
Tous les démocrates s'accordent pour dire qu'il faut un plan de retrait progressif des troupes américaines en Irak. Au sénat, Hillary Clinton et John Edwards avaient tous deux voté pour l'intervention armée en Irak. Barack Obama, élu au Sénat après cette résolution, dit avoir toujours été opposé à la guerre.
Les républicains cherchent plutôt à augmenter les effectifs militaires en sol irakien. Ils craignent qu'un retrait prématuré augmente l'instabilité, non seulement en l'Irak, mais dans tout le Moyen-Orient.
M. Bush a récemment annoncé un retrait initial de 5700 militaires d'ici la fin décembre, ainsi qu'un retrait progressif conditionnel de 21 500 autres d'ici juillet 2008, tentant ainsi de court-circuiter les demandes du Congrès.
Le rêve de l'indépendance énergétique
La part des importations dans la consommation pétrolière américaine est passée de 10 % en 1970 à 65 % en 2004. Tous les candidats s'insurgent contre cette dépendance, d'autant plus qu'elle s'exerce envers des pays politiquement instables. Malgré une consommation galopante, tous s'accrochent au rêve de l'indépendance énergétique comme à l'American Dream.
Comparant son approche à une «déclaration d'indépendance», John McCain entend «mettre en avant une stratégie énergétique nationale qui libérera [le pays] de la peur causée par la dépendance aux cheiks pétroliers».
De son côté, Rudy Giuliani entend recourir à l'éthanol et au nucléaire, mais ses critiques notent que sa firme d'avocat new-yorkaise compte plusieurs compagnies pétrolières parmi ses clients, ainsi que les gouvernements d'Arabie saoudite et du Venezuela.
Hillary Clinton prône le financement par les compagnies d'un fonds stratégique de 50 milliards de dollars pour promouvoir la R&D sur les énergies renouvelables, les mesures d'efficacité énergétique, le «charbon propre», l'éthanol et les biocarburants.
Baliser la mondialisation?
Démocrates et républicains se disent tous favorables au libre-échange, mais seuls les démocrates proposent des balises pour en limiter les contrecoups. Clinton s'engage à inclure des normes sur l'environnement et le travail dans les accords commerciaux alors qu'Obama entend s'assurer que le gouvernement fédéral investisse dans les communautés les plus affectées par l'ouverture des marchés. Les démocrates rappellent que l'éducation est la clé du succès dans la mondialisation.
Tous fervents libre-échangistes, les républicains ne voient dans la mondialisation que des occasions à exploiter. Rudy Giuliani insiste tout de même pour que les accords de libre-échange protègent mieux la propriété intellectuelle des compagnies américaines.
L'immigration: atout ou menace?
Depuis le 11 septembre 2001, l'immigration est perçue comme un enjeu de sécurité nationale. Les pressions sont immenses pour resserrer les contrôles frontaliers et les sanctions envers ceux qui tentent d'«infiltrer» le pays. Le projet d'ériger un mur entre les États-Unis et le Mexique n'est pas étranger à ce climat de peur. Tous les principaux candidats souhaitent renforcer la surveillance à cette frontière et tous, sauf le démocrate John Edwards, appuient le projet de mur.
Giuliani s'engage à renvoyer tous les immigrants illégaux ayant commis un crime aux États-Unis et réclame, à l'instar de Fred Thompson, qu'un immigrant doive lire, écrire et parler l'anglais pour obtenir la citoyenneté.
John McCain est plus nuancé. Il revendique des transferts fédéraux accrus aux États qui reçoivent plus d'immigrants, propose d'accroître l'accès des immigrants légaux aux programmes sociaux et veut empêcher les États de couper l'accès des illégaux aux services humanitaires.
Soufflant le chaud et le froid, Hillary Clinton souhaite régulariser le statut de la douzaine de millions d'immigrants illégaux, tout en resserrant les contrôles aux frontières et les sanctions envers ceux qui embauchent des sans-papiers. L'établissement d'une passerelle vers la citoyenneté pour les immigrants illégaux est l'enjeu qui distingue les plus conciliants des «purs et durs», tels Fred Thompson.
La réforme de l'immigration proposée par George Bush — trop libérale pour certains, trop coercitive pour d'autres — s'est soldée par un échec retentissant. Malgré l'importance du dossier, il y a fort à parier que le prochain président ne rouvrira pas de sitôt cette boîte de pandore.
L'avortement, encore et toujours
Depuis la nomination de John Roberts à la tête de la Cour suprême et celle du très conservateur juge Samuel Alito, l'avortement est redevenu un enjeu électoral clé.
Les candidats démocrates s'entendent sur les grandes lignes. Obama et Edwards appuient l'accès illimité à l'avortement et son financement public. Hillary Clinton affiche certaines réticences dans les cas de grossesses avancées.
L'avortement reste toutefois un clivage déterminant dans la course à l'investiture républicaine. D'une part, John McCain prône un renversement de Roe v. Wade et l'interdiction de presque tous les avortements. Quant à Mitt Romney, ses opposants doutent de sa sincérité. Pro-choix alors qu'il était Gouverneur, Romney revendique aujourd'hui l'interdiction de l'avortement, sauf dans les cas de viol, d'inceste ou lorsque la vie de la mère est en danger.
Pour sa part, bien qu'il ait exprimé des réticences à l'égard de l'avortement et souhaite en réduire le financement public, Rudy Giuliani considère qu'il s'agit d'un «choix de conscience». Cette position lui attire les foudres des républicains les plus conservateurs.
Les positions adoptées par un candidat ne seront pas nécessairement mises en oeuvre s'il est élu. Il n'en demeure pas moins que ces prises de position offrent un bon aperçu de ce qui, aux vues des candidats, devrait leur permettre de faire le plein de votes lors des primaires.
Elles donnent également une idée des périls qui guettent les Américains et des promesses qui s'offrent à eux à la veille d'une nouvelle présidence.
Sortir ou ne pas sortir de l'Irak?
La guerre en Irak est l'enjeu clé de la campagne. Les tensions entourant ce débat sont particulièrement vives depuis que la majorité du Congrès est passée aux démocrates, en novembre 2006. Au sujet de l'Irak, républicains et démocrates sont aux antipodes.
Tous les démocrates s'accordent pour dire qu'il faut un plan de retrait progressif des troupes américaines en Irak. Au sénat, Hillary Clinton et John Edwards avaient tous deux voté pour l'intervention armée en Irak. Barack Obama, élu au Sénat après cette résolution, dit avoir toujours été opposé à la guerre.
Les républicains cherchent plutôt à augmenter les effectifs militaires en sol irakien. Ils craignent qu'un retrait prématuré augmente l'instabilité, non seulement en l'Irak, mais dans tout le Moyen-Orient.
M. Bush a récemment annoncé un retrait initial de 5700 militaires d'ici la fin décembre, ainsi qu'un retrait progressif conditionnel de 21 500 autres d'ici juillet 2008, tentant ainsi de court-circuiter les demandes du Congrès.
Le rêve de l'indépendance énergétique
La part des importations dans la consommation pétrolière américaine est passée de 10 % en 1970 à 65 % en 2004. Tous les candidats s'insurgent contre cette dépendance, d'autant plus qu'elle s'exerce envers des pays politiquement instables. Malgré une consommation galopante, tous s'accrochent au rêve de l'indépendance énergétique comme à l'American Dream.
Comparant son approche à une «déclaration d'indépendance», John McCain entend «mettre en avant une stratégie énergétique nationale qui libérera [le pays] de la peur causée par la dépendance aux cheiks pétroliers».
De son côté, Rudy Giuliani entend recourir à l'éthanol et au nucléaire, mais ses critiques notent que sa firme d'avocat new-yorkaise compte plusieurs compagnies pétrolières parmi ses clients, ainsi que les gouvernements d'Arabie saoudite et du Venezuela.
Hillary Clinton prône le financement par les compagnies d'un fonds stratégique de 50 milliards de dollars pour promouvoir la R&D sur les énergies renouvelables, les mesures d'efficacité énergétique, le «charbon propre», l'éthanol et les biocarburants.
Baliser la mondialisation?
Démocrates et républicains se disent tous favorables au libre-échange, mais seuls les démocrates proposent des balises pour en limiter les contrecoups. Clinton s'engage à inclure des normes sur l'environnement et le travail dans les accords commerciaux alors qu'Obama entend s'assurer que le gouvernement fédéral investisse dans les communautés les plus affectées par l'ouverture des marchés. Les démocrates rappellent que l'éducation est la clé du succès dans la mondialisation.
Tous fervents libre-échangistes, les républicains ne voient dans la mondialisation que des occasions à exploiter. Rudy Giuliani insiste tout de même pour que les accords de libre-échange protègent mieux la propriété intellectuelle des compagnies américaines.
L'immigration: atout ou menace?
Depuis le 11 septembre 2001, l'immigration est perçue comme un enjeu de sécurité nationale. Les pressions sont immenses pour resserrer les contrôles frontaliers et les sanctions envers ceux qui tentent d'«infiltrer» le pays. Le projet d'ériger un mur entre les États-Unis et le Mexique n'est pas étranger à ce climat de peur. Tous les principaux candidats souhaitent renforcer la surveillance à cette frontière et tous, sauf le démocrate John Edwards, appuient le projet de mur.
Giuliani s'engage à renvoyer tous les immigrants illégaux ayant commis un crime aux États-Unis et réclame, à l'instar de Fred Thompson, qu'un immigrant doive lire, écrire et parler l'anglais pour obtenir la citoyenneté.
John McCain est plus nuancé. Il revendique des transferts fédéraux accrus aux États qui reçoivent plus d'immigrants, propose d'accroître l'accès des immigrants légaux aux programmes sociaux et veut empêcher les États de couper l'accès des illégaux aux services humanitaires.
Soufflant le chaud et le froid, Hillary Clinton souhaite régulariser le statut de la douzaine de millions d'immigrants illégaux, tout en resserrant les contrôles aux frontières et les sanctions envers ceux qui embauchent des sans-papiers. L'établissement d'une passerelle vers la citoyenneté pour les immigrants illégaux est l'enjeu qui distingue les plus conciliants des «purs et durs», tels Fred Thompson.
La réforme de l'immigration proposée par George Bush — trop libérale pour certains, trop coercitive pour d'autres — s'est soldée par un échec retentissant. Malgré l'importance du dossier, il y a fort à parier que le prochain président ne rouvrira pas de sitôt cette boîte de pandore.
L'avortement, encore et toujours
Depuis la nomination de John Roberts à la tête de la Cour suprême et celle du très conservateur juge Samuel Alito, l'avortement est redevenu un enjeu électoral clé.
Les candidats démocrates s'entendent sur les grandes lignes. Obama et Edwards appuient l'accès illimité à l'avortement et son financement public. Hillary Clinton affiche certaines réticences dans les cas de grossesses avancées.
L'avortement reste toutefois un clivage déterminant dans la course à l'investiture républicaine. D'une part, John McCain prône un renversement de Roe v. Wade et l'interdiction de presque tous les avortements. Quant à Mitt Romney, ses opposants doutent de sa sincérité. Pro-choix alors qu'il était Gouverneur, Romney revendique aujourd'hui l'interdiction de l'avortement, sauf dans les cas de viol, d'inceste ou lorsque la vie de la mère est en danger.
Pour sa part, bien qu'il ait exprimé des réticences à l'égard de l'avortement et souhaite en réduire le financement public, Rudy Giuliani considère qu'il s'agit d'un «choix de conscience». Cette position lui attire les foudres des républicains les plus conservateurs.
Les positions adoptées par un candidat ne seront pas nécessairement mises en oeuvre s'il est élu. Il n'en demeure pas moins que ces prises de position offrent un bon aperçu de ce qui, aux vues des candidats, devrait leur permettre de faire le plein de votes lors des primaires.
Elles donnent également une idée des périls qui guettent les Américains et des promesses qui s'offrent à eux à la veille d'une nouvelle présidence.
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