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Proche-Orient - Geste limité d'Israël pour soutenir Abbas

N/A ZZZN/A   26 juin 2007  Proche-Orient
Charm el-Cheikh, Égypte — Le premier ministre israélien, Éhoud Olmert, a annoncé hier son intention de libérer 250 prisonniers palestiniens détenus en Israël, dans un geste de bonne volonté à l'égard du président palestinien, Mahmoud Abbas.

Les deux hommes, qui se retrouvaient pour la première fois depuis la partition de fait de la bande de Gaza, aux mains du Hamas depuis le 14 juin, se sont entretenus à Charm el-Cheikh en présence du président Égyptien Hosni Moubarak et du roi Abdallah II de Jordanie.

Au cours d'une conférence de presse en compagnie des trois autres dirigeants, le chef du gouvernement israélien a salué une occasion nouvelle pour promouvoir la paix au Proche-Orient et a assuré qu'il n'entendait pas la laisser passer.

Abbas a limogé le gouvernement d'union dirigé par le Hamas et créé un cabinet d'urgence en Cisjordanie après la prise de la bande de Gaza par le Mouvement de la résistance islamique, voué à la destruction de l'État d'Israël. «Le nouveau gouvernement de l'Autorité palestinienne reconnaît le droit d'Israël à exister et est opposé au recours au terrorisme et à la violence comme moyen d'atteindre ses objectifs», a noté Olmert. «Nous travaillerons ensemble», a-t-il promis.

«En signe de notre bonne volonté à l'égard des Palestiniens, j'annonce aujourd'hui mon intention de libérer approximativement 250 prisonniers membres du Fatah qui n'ont pas de sang sur les mains et qui s'engageront à ne plus être impliqués dans des activités terroristes.

«Je suis optimiste, particulièrement en cette période troublée, je crois qu'il y a une occasion de faire progresser sérieusement le processus de paix régional. Je ne compte pas laisser passer cette occasion», a insisté Olmert.

Main tendue

Pressé par les dirigeants arabes d'améliorer le quotidien des Palestiniens, le premier ministre s'est en outre engagé à débloquer plusieurs centaines de millions de dollars de recettes fiscales perçues au nom de l'Autorité autonome et gelés lorsque le Hamas est arrivé aux affaires, à alléger les restrictions de circulation imposées en Cisjordanie et à se conformer au programme américain qui prévoit une rencontre tous les quinze jours avec Abbas.

Ce dernier a quant à lui à nouveau fustigé le mouvement islamiste, l'accusant d'un coup d'État sanglant «qui a profondément blessé le peuple palestinien». «J'attends [...] du premier ministre qu'il entame des négociations politiques sérieuses, conformément au calendrier accepté, avec pour objectif la création d'un État palestinien indépendant», a poursuivi Abbas, ajoutant: «Ma main est tendue vers le peuple israélien.»

Le président de l'Autorité palestinienne réclame à court terme la fin des travaux d'extension des colonies juives et de la «barrière de sécurité» qui court en Cisjordanie, le dégel des recettes fiscales, l'élargissement de prisonniers et la levée des points de contrôle.

Le sommet «n'a rien apporté de neuf à notre peuple, en dehors de certaines discussions sur certaines sommes d'argent, qui nous ont été volées», a réagi Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas.

«Le seul bénéficiaires de ces sommets est l'ennemi sioniste», a renchéri Mouchir al Masri, qui siégeait sur les bancs de la majorité islamiste dans un Conseil législatif palestinien désormais moribond.

«Il est étonnant que, au moment où Abbas ferme la porte des discussions avec le Hamas, il coure au devant d'Olmert et implore une rencontre», a-t-il ajouté.

Isolement

Dans ce contexte, le sommet de Charm el-Cheikh relevait avant tout de la démonstration d'isolement du Mouvement de la résistance islamique, retranché dans la Bande de Gaza dont il a pris le contrôle depuis une semaine et demie.

Le message du sommet est clair: l'Égypte, Israël et la Jordanie soutiennent le président palestinien Mahmoud Abbas face au Hamas et comme interlocuteur dans le processus de paix avec l'État hébreu. L'enjeu: empêcher que la victoire des islamistes à Gaza ne fasse tache d'huile.

Les développements d'hier ne sont pas faits pour rassurer les voisins des Territoires: les ravisseurs du soldat israélien Gilad Shalit, liés au Hamas, ont diffusé un enregistrement sonore dans lequel le jeune homme, enlevé le 25 juin 2006 dans la bande de Gaza, exhorte Israël à accepter un échange avec des prisonniers palestiniens.

Les geôliers du journaliste britannique enlevé en mars à Gaza, Alan Johnston, le montrent par ailleurs dans une vidéo portant une ceinture d'explosifs qu'ils menacent d'activer en cas de tentative de le libérer par la force. Et enfin, le numéro d'al-Qaïda, Ayman al-Zawahri, a lancé un appel aux musulmans à soutenir le Hamas par des armes, de l'argent et des attentats contre les intérêts américains et israéliens.

Une «contagion» islamiste inquiète plus particulièrement l'Égypte, qui craint de voir les Frères musulmans s'enhardir sur son territoire. La Jordanie est préoccupée par une extension du conflit à la Cisjordanie puis sur son sol, où la moitié des habitants sont palestiniens, et l'Arabie saoudite redoute avec ses deux voisins que la Bande de Gaza ne devienne l'avant-poste de leur ennemi commun, l'Iran, soutien du Hamas.

Le sommet précédait celui, prévu aujourd'hui à Jérusalem, du Quartette pour la paix au Proche-Orient, qui rassemble les États-Unis, l'Union européenne, la Russie et les Nations unies.






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