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Gaza sous perfusion

26 juin 2007  Proche-Orient
Un jeune garçon tente de franchir à pied la frontière qui sépare Gaza d’Israël.
Photo : Agence France-Presse
Un jeune garçon tente de franchir à pied la frontière qui sépare Gaza d’Israël.
Londres — Déchargée des camions dans le no man's land qui sépare Israël de Gaza, l'aide humanitaire continue à parvenir dans le territoire palestinien désormais contrôlé par le Hamas, mais insuffisamment.

Les travailleurs humanitaires s'alarment de l'aggravation d'une situation déjà jugée critique avant même la prise de pouvoir des combattants islamistes au terme de violents combats avec leur rivaux du Fatah, qui ont provoqué la fermeture des principaux points de transit des marchandises entre Gaza et Israël.

Toutes les parties concernées, dont Israël, se disent attachées au maintien de l'aide essentielle au million et demi de Palestiniens qui vivent sur l'étroite bande côtière, mais l'État juif refuse de rouvrir le terminal de Karni, principal point de passage, en invoquant des raisons de sécurité.

«Disons-le simplement: le noeud se resserre pour le moment», a déclaré à Reuters Kirsty Campbell, coordinatrice du Programme alimentaire mondial (Pam) à Gaza, en précisant que le volume de l'aide qui y parvient est «insuffisant».

Les prix des denrées alimentaires de base ont augmenté de 30 % à 50 %, bien que les autorités islamistes aient pris des mesures pour contrôler l'approvisionnement en farine en tentant d'empêcher les commerçants de stocker, a-t-elle ajouté. Quant aux hôpitaux, ils sont à court de médicaments.

Selon les travailleurs humanitaires, le boycottage, depuis plus d'un an, du gouvernement dominé par le Hamas a empêché les fonctionnaires palestiniens d'être payés, aggravant de ce fait une pauvreté déjà chronique à Gaza.

Si les pays donateurs ont levé aujourd'hui leur blocus en faveur de l'administration de crise du président Mahmoud Abbas en Cisjordanie, l'embargo reste en place contre celle du Hamas à Gaza, provoquant l'indignation de certaines organisations humanitaires.

Compte-gouttes

Oxfam fait ainsi valoir que de l'équipement hydraulique indispensable reste bloqué à la frontière depuis des mois et que, en conséquence, une installation de traitement des eaux usées menace de déborder en inondant des milliers de foyers et en contaminant l'eau potable destinée à 300 000 personnes.

«La communauté internationale ferme les yeux sur ses obligations humanitaires et laisse les souffrances s'aggraver», a déploré Jeremy Hobbs, directeur d'Oxfam International. «L'aide arrive au compte-gouttes. Nous exhortons les acteurs clés à résoudre une crise complètement évitable.»

Certaines ONG estiment que le resserrement de l'étau autour de Gaza va radicaliser ses habitants, mais les analystes politiques voient mal comment la communauté internationale peut aider de facto l'administration du Hamas, que non seulement Israël mais désormais aussi le Fatah d'Abbas cherche à isoler complètement.

Le Pam a annoncé avoir pu faire parvenir 650 tonnes de vivres la semaine dernière à Gaza et espérait faire transiter hier onze camions chargés par le petit point de passage de Sufa, mais le processus est tortueux.

La grille s'ouvre d'abord du côté israélien pour permettre le déchargement des cargaisons. Puis, ce n'est qu'ensuite que la grille s'ouvre du côté de Gaza pour que d'autres camions prennent en charge les palettes déposées.

Sufa est, avec Kerem Shalom, l'un des deux points de passage assignés par Israël à l'aide d'urgence. Mais ce dernier a été fermé hier à la suite d'un problème de sécurité, a déclaré Campbell.

Avant le coup de force du Hamas, l'acheminement de l'aide et des marchandises commerciales indispensables à l'activité économique de Gaza transitait par Karni. Mais il apparaît irréaliste aujourd'hui qu'Israël et le Hamas s'entendent sur des procédure de transit.

Selon Campbell, «il suffirait d'une roquette sur Sufa pour que le point de passage ferme», aussi faut-il, selon lui, s'assurer de l'ouverture d'un maximum de corridors car «chaque jour de fermeture de l'un d'eux entraîne actuellement des difficultés graves».






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