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La rupture entre la bande de Gaza et la Cisjordanie semble complète

N/A ZZZN/A   16 juin 2007  Proche-Orient
Des miliciens du Hamas s’en sont pris hier au portrait du président Mahmoud Abbas au poste frontière de Rafah, entre l’Égypte et la bande de Gaza.
Photo : Agence Reuters
Des miliciens du Hamas s’en sont pris hier au portrait du président Mahmoud Abbas au poste frontière de Rafah, entre l’Égypte et la bande de Gaza.
Pour de nombreux Palestiniens, la fin des combats entre factions rivales à Gaza, désormais contrôlée par le Hamas, n'est que le prélude à davantage de troubles.

Les mesures d'urgence décrétées à la dernière minute par le président Mahmoud Abbas, pour renforcer le Fatah contre son adversaire islamiste, ne réconfortent que peu les Palestiniens, pour qui le rêve d'un État uni s'est évanoui pour de bon.

«Qu'on le veuille ou non, il y a désormais deux entités séparées. Le Hamas a divisé sa patrie», constate Ranya Mustafa, 32 ans, qui travaille pour une ONG.

«Si le président avait réagi plus tôt, nous ne serions pas dans cette situation», ajoute cet habitant de Ramallah, en Cisjordanie.

Les deux régions sont seulement distantes de 45 km mais, après la prise de contrôle effectif du Hamas à Gaza et le maintien des positions du Fatah en Cisjordanie, elles sont désormais séparées par un gouffre politique.

Contrairement à Gaza, d'où Israël s'est retiré en 2005, la Cisjordanie est constellée de soldats et de colons de l'État juif, ce que les Palestiniens perçoivent comme un déni supplémentaire de l'autorité de Mahmoud Abbas, dont le pouvoir est pourtant soutenu par les Occidentaux.

«Comment peuvent-ils décréter l'état d'urgence alors que notre terre est encore occupée par Israël? Quel paradoxe», lance Mohammed Sharif, 40 ans, commerçant à Ramallah.

Des organismes humanitaires ont annoncé hier qu'ils se préparent à reprendre leurs activités dans la bande de Gaza, où le calme revient peu à peu après plusieurs jours de combats.

Ils ignorent toutefois l'incidence que la victoire du Hamas aura sur leur financement respectif.

Les ONG ont estimé que l'arrêt de l'aide financière accordée par la communauté internationale à l'Autorité palestinienne avait entraîné un effondrement des structures sociales et économiques, bien avant les combats entre le Hamas et le Fatah.

Ces affrontements ont provoqué la mort de deux Palestiniens travaillant pour les Nations unies, et les hôpitaux et les centres alimentaires ont été touchés, tandis que l'ensemble des organismes humanitaires cessaient leurs activités.

«Il y a toujours de l'instabilité autour du palais présidentiel, mais on dirait que les choses commencent à revenir à la normale», a déclaré Liz Sime, directrice pour les territoires palestiniens de Care International. «Nous prévoyons de nous remettre au travail demain.»

Selon les travailleurs humanitaires, les hôpitaux manquent des produits de base, mais la nourriture est disponible, même si des pénuries pourraient apparaître si la frontière avec Israël reste fermée.

Kevin Kennedy, coordonnateur de l'aide des Nations unies, a déclaré que l'organisation était «extrêmement préoccupée» par la fermeture des principaux points de passage de la frontière et que ceux-ci devaient être rapidement rouverts.

Les travailleurs humanitaires ont déclaré que les premiers contacts avec le Hamas avaient été positifs et semblaient indiquer que le groupe islamiste souhaitait les voir poursuivre leur travail.






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