Abbas limoge le cabinet
Le président palestinien Mahmoud Abbas a décidé hier de limoger le gouvernement dominé par le Hamas et de proclamer l'état d'urgence au moment où les islamistes étaient en passe de contrôler la bande de Gaza après de violents combats.
Le Hamas a annoncé contrôler l'ensemble des quartiers généraux des services de sécurité fidèles au Fatah de M. Abbas dans la bande de Gaza, excepté le siège de la présidence, après avoir mis en déroute leurs membres au cours de combats qui font rage depuis une semaine.
La décision de M. Abbas a été annoncée par le secrétaire général de la présidence, Tayeb Abdelrahim, depuis la Mouqataa, le QG de l'Autorité palestinienne à Ramallah, en Cisjordanie.
M. Abbas a décidé du «limogeage du premier ministre Ismaïl Haniyeh» issu du Hamas et de «l'instauration de l'état d'urgence dans l'ensemble des territoires de l'Autorité palestinienne».
«L'état d'urgence est instauré dans les territoires de l'Autorité palestinienne en raison de la guerre criminelle en cours dans la bande de Gaza, la prise des quartiers généraux des services de sécurité de l'Autorité, le coup militaire et la rébellion armée menée par des milices hors la loi», a-t-il dit.
Il a également décidé d'organiser des élections anticipées, «dès que la situation le permettra», et de former un gouvernement d'urgence.
L'annonce de Mahmoud Abbas a aussitôt été rejetée par le Hamas. «Cette décision prouve que la présidence et le Fatah ne souhaitent pas régler les problèmes. Elle n'a pas de valeur dans la pratique», a affirmé son porte-parole, Sami Abou Zouhri.
Les États-Unis ont vite réagi et la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice a affirmé soutenir pleinement les décisions de M. Abbas.
Auparavant, des activistes lourdement armés du Hamas s'étaient emparés d'un complexe clé de la Sécurité préventive à Gaza, d'un deuxième quartier général sécuritaire à Rafah (sud) et de deux services de renseignement à Gaza et à Beit Lahya (nord). En soirée, le Hamas a affirmé avoir pris le contrôle du plus important QG de la Sûreté nationale à Gaza même.
La chute de ce QG, une fois confirmée de source indépendante, scellera la déroute totale des forces fidèles à M. Abbas.
Des combats ont aussi éclaté autour du siège de la présidence palestinienne, selon des témoins, alors que le Hamas a assuré que des responsables de la présidence fuyaient à bord de bateaux. Trente Palestiniens ont été tués dans les combats hier, portant à 113 le bilan des morts depuis le début des dernières violences, le 7 juin.
La télévision du Hamas a montré des membres de la Sécurité préventive quittant le bâtiment mains en l'air, certains en sous-vêtements, sous le regard de combattants islamistes cagoulés.
Le Hamas a en outre annoncé avoir tué à Gaza un des chefs militaires du Fatah, Samih al-Madhoune. Les islamistes ont également fait exploser un studio de la radio officielle Voix de la Palestine. Deux autres radios proches du Fatah ont cessé d'émettre. Des pylônes à haute tension ont été endommagés, entraînant d'importantes coupures d'électricité à Gaza-Ville.
Pour le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, les Palestiniens assistent «à une deuxième libération de la bande de Gaza, [le Hamas] la débarrassant des hordes de traîtres après l'avoir débarrassée des colons juifs» lors du retrait israélien, à l'été 2005.
Il a affirmé que le Hamas était disposé au dialogue mais a estimé que les institutions palestiniennes qu'Abbas consultait dans l'après-midi à Ramallah, en Cisjordanie, étaient «illégales», la légitimité palestinienne devant selon lui revenir au gouvernement du premier ministre Ismaïl Haniyeh. Zouhri a précisé que la dissolution du gouvernement n'a aucune base légale.
Un gouvernement d'union nationale regroupant le Hamas et le Fatah, dirigé par le premier ministre islamiste Ismaïl Haniyeh, était en place depuis mars après un accord de réconciliation censé mettre fin aux violences.
Depuis l'accession du Hamas au gouvernement, en mars 2006, après sa victoire électorale, une lutte meurtrière l'oppose au Fatah, se cristallisant autour des services de sécurité, qui comptent des dizaines de milliers d'hommes pour la plupart fidèles au parti de M. Abbas.
Le Hamas, persuadé que le Fatah se sert de ces services pour l'empêcher de gouverner, affirme que les combats visent à les purger des «putschistes à la solde d'Israël».
Les accrochages ont aussi commencé à gagner la Cisjordanie. Des activistes du Fatah y ont pillé quatre bureaux du Hamas à Naplouse et brûlé le siège des députés islamistes de la ville. Des dizaines d'activistes du Hamas ont en outre été arrêtés par des services fidèles au Fatah dans différentes villes de Cisjordanie.
Le commissaire européen à l'Aide et au Développement, Louis Michel, a déclaré que «la situation humanitaire est catastrophique, nous avons dû retirer nos employés. C'est dramatique et c'est inacceptable. Les belligérants [devraient] comprendre que c'est suicidaire».
Rice réagit
Les États-Unis, très inquiets de voir la bande de Gaza échapper au contrôle de Mahmoud Abbas, ont apporté leur plein soutien au président palestinien.
«Le président Abbas a exercé son autorité légale en tant que président de l'Autorité palestinienne et représentant du peuple palestinien», a déclaré la secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, en parlant de la dissolution du gouvernement palestinien.
M. Abbas «a été élu en 2005 avec une majorité confortable», a rappelé la chef de la diplomatie américaine, omettant de mentionner la victoire électorale du Hamas aux législatives de janvier 2006, qui avait provoqué la consternation à Washington. Mme Rice a téléphoné hier à M. Abbas pour lui exprimer son soutien.
Mme Rice a également exhorté les alliés arabes des États-Unis à soutenir les forces modérées palestiniennes, a indiqué le porte-parole du département d'État, Sean McCormack, faisant de nouveau allusion à des «divisions au sein du Hamas».
Le Hamas a annoncé contrôler l'ensemble des quartiers généraux des services de sécurité fidèles au Fatah de M. Abbas dans la bande de Gaza, excepté le siège de la présidence, après avoir mis en déroute leurs membres au cours de combats qui font rage depuis une semaine.
La décision de M. Abbas a été annoncée par le secrétaire général de la présidence, Tayeb Abdelrahim, depuis la Mouqataa, le QG de l'Autorité palestinienne à Ramallah, en Cisjordanie.
M. Abbas a décidé du «limogeage du premier ministre Ismaïl Haniyeh» issu du Hamas et de «l'instauration de l'état d'urgence dans l'ensemble des territoires de l'Autorité palestinienne».
«L'état d'urgence est instauré dans les territoires de l'Autorité palestinienne en raison de la guerre criminelle en cours dans la bande de Gaza, la prise des quartiers généraux des services de sécurité de l'Autorité, le coup militaire et la rébellion armée menée par des milices hors la loi», a-t-il dit.
Il a également décidé d'organiser des élections anticipées, «dès que la situation le permettra», et de former un gouvernement d'urgence.
L'annonce de Mahmoud Abbas a aussitôt été rejetée par le Hamas. «Cette décision prouve que la présidence et le Fatah ne souhaitent pas régler les problèmes. Elle n'a pas de valeur dans la pratique», a affirmé son porte-parole, Sami Abou Zouhri.
Les États-Unis ont vite réagi et la secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice a affirmé soutenir pleinement les décisions de M. Abbas.
Auparavant, des activistes lourdement armés du Hamas s'étaient emparés d'un complexe clé de la Sécurité préventive à Gaza, d'un deuxième quartier général sécuritaire à Rafah (sud) et de deux services de renseignement à Gaza et à Beit Lahya (nord). En soirée, le Hamas a affirmé avoir pris le contrôle du plus important QG de la Sûreté nationale à Gaza même.
La chute de ce QG, une fois confirmée de source indépendante, scellera la déroute totale des forces fidèles à M. Abbas.
Des combats ont aussi éclaté autour du siège de la présidence palestinienne, selon des témoins, alors que le Hamas a assuré que des responsables de la présidence fuyaient à bord de bateaux. Trente Palestiniens ont été tués dans les combats hier, portant à 113 le bilan des morts depuis le début des dernières violences, le 7 juin.
La télévision du Hamas a montré des membres de la Sécurité préventive quittant le bâtiment mains en l'air, certains en sous-vêtements, sous le regard de combattants islamistes cagoulés.
Le Hamas a en outre annoncé avoir tué à Gaza un des chefs militaires du Fatah, Samih al-Madhoune. Les islamistes ont également fait exploser un studio de la radio officielle Voix de la Palestine. Deux autres radios proches du Fatah ont cessé d'émettre. Des pylônes à haute tension ont été endommagés, entraînant d'importantes coupures d'électricité à Gaza-Ville.
Pour le porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri, les Palestiniens assistent «à une deuxième libération de la bande de Gaza, [le Hamas] la débarrassant des hordes de traîtres après l'avoir débarrassée des colons juifs» lors du retrait israélien, à l'été 2005.
Il a affirmé que le Hamas était disposé au dialogue mais a estimé que les institutions palestiniennes qu'Abbas consultait dans l'après-midi à Ramallah, en Cisjordanie, étaient «illégales», la légitimité palestinienne devant selon lui revenir au gouvernement du premier ministre Ismaïl Haniyeh. Zouhri a précisé que la dissolution du gouvernement n'a aucune base légale.
Un gouvernement d'union nationale regroupant le Hamas et le Fatah, dirigé par le premier ministre islamiste Ismaïl Haniyeh, était en place depuis mars après un accord de réconciliation censé mettre fin aux violences.
Depuis l'accession du Hamas au gouvernement, en mars 2006, après sa victoire électorale, une lutte meurtrière l'oppose au Fatah, se cristallisant autour des services de sécurité, qui comptent des dizaines de milliers d'hommes pour la plupart fidèles au parti de M. Abbas.
Le Hamas, persuadé que le Fatah se sert de ces services pour l'empêcher de gouverner, affirme que les combats visent à les purger des «putschistes à la solde d'Israël».
Les accrochages ont aussi commencé à gagner la Cisjordanie. Des activistes du Fatah y ont pillé quatre bureaux du Hamas à Naplouse et brûlé le siège des députés islamistes de la ville. Des dizaines d'activistes du Hamas ont en outre été arrêtés par des services fidèles au Fatah dans différentes villes de Cisjordanie.
Le commissaire européen à l'Aide et au Développement, Louis Michel, a déclaré que «la situation humanitaire est catastrophique, nous avons dû retirer nos employés. C'est dramatique et c'est inacceptable. Les belligérants [devraient] comprendre que c'est suicidaire».
Rice réagit
Les États-Unis, très inquiets de voir la bande de Gaza échapper au contrôle de Mahmoud Abbas, ont apporté leur plein soutien au président palestinien.
«Le président Abbas a exercé son autorité légale en tant que président de l'Autorité palestinienne et représentant du peuple palestinien», a déclaré la secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, en parlant de la dissolution du gouvernement palestinien.
M. Abbas «a été élu en 2005 avec une majorité confortable», a rappelé la chef de la diplomatie américaine, omettant de mentionner la victoire électorale du Hamas aux législatives de janvier 2006, qui avait provoqué la consternation à Washington. Mme Rice a téléphoné hier à M. Abbas pour lui exprimer son soutien.
Mme Rice a également exhorté les alliés arabes des États-Unis à soutenir les forces modérées palestiniennes, a indiqué le porte-parole du département d'État, Sean McCormack, faisant de nouveau allusion à des «divisions au sein du Hamas».
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