samedi 21 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h40


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Les pays arabes sermonnent Ottawa

3 août 2006  Proche-Orient
Des enfants jordaniens ont participé hier à une vigile près d’Amman pour manifester leur solidarité avec les enfants libanais et palestiniens.
Photo : Agence Reuters
Des enfants jordaniens ont participé hier à une vigile près d’Amman pour manifester leur solidarité avec les enfants libanais et palestiniens.
Ottawa — Inquiets de l'alignement du Canada avec Israël dans la crise qui afflige le Liban, les ambassadeurs des pays arabes en poste à Ottawa ont rencontré hier le ministre des Affaires étrangères pour lui faire part de leurs préoccupations, a appris Le Devoir. Les représentants des 16 États ont invité Peter MacKay à réclamer un cessez-le-feu immédiat, ce qu'il a refusé de faire jusqu'à présent, de même qu'à revenir à la position canadienne traditionnelle afin de conserver sa crédibilité dans la région.

La rencontre s'est tenue hier matin, à huit heures, et aurait duré environ une heure. Les 16 représentants formant le Conseil des ambassadeurs arabes auraient alors exprimé leurs réserves au sujet de la position actuelle du Canada dans l'affrontement entre Israël et le Hezbollah, au Liban. Au bureau du ministre, on explique que cette rencontre était «importante» mais non «exceptionnelle», et que le ton n'était pas «hostile».

À l'ambassade des Émirats arabes unis, dont le numéro un, Hassan Al-Suwaida, est le doyen du Conseil, on soutient que la rencontre a été positive et que le ton du ministre a réconforté les ambassadeurs. «Ils ont fait état de leurs préoccupations par rapport à ce que les gens qualifient de la position non équilibrée du Canada», a expliqué une source au Devoir.

Le premier ministre Stephen Harper avait, dès le premier jour, jugé «mesurée» la riposte d'Israël à l'enlèvement de deux de ses soldats par le Hezbollah. Le premier bémol est venu mardi de M. MacKay, qui a déclaré devant le Comité des affaires étrangères que «la plus grande retenue est nécessaire de la part d'Israël pour éviter le plus possible les morts de civils».

L'ambassadeur de la Jordanie, Nabil Barto, était présent à la rencontre d'hier matin. Il raconte pour sa part que le ministre a surtout répété ses propos catégoriques de la veille à propos du Hezbollah; il souhaite que la démarche de son groupe le fera changer d'avis.

«Le Canada est respecté [dans les pays arabes], nous avons de bonnes relations avec le Canada; mais ce changement de position a déjà commencé à changer l'opinion des gens et j'espère que le gouvernement canadien s'en rend compte, dit M. Barto dans un entretien téléphonique. Se ranger derrière Israël n'aidera pas la paix au Moyen-Orient.»

Selon lui, l'influence canadienne dans la région tumultueuse diminue «d'heure en heure». L'ambassadeur jordanien croit que le Canada ne doit pas emprunter la même voie que les États-Unis, sans quoi il deviendra persona non grata au Moyen-Orient. «Dès qu'un pays, n'importe lequel, croit que le juge a pris fait et cause pour une des parties, il perd son statut d'"honest broker". C'est exactement ce qui est arrivé aux États-Unis. Je ne crois pas qu'ils soient tellement les bienvenus dans cette partie du monde désormais.»

Le délégué général de l'Autorité palestinienne à Ottawa, Amin Abou-Hassira, aimerait lui aussi comprendre quel objectif poursuit le Canada en soutenant la stratégie militaire israélienne. «Le ministre défend sa politique en disant que la campagne israélienne fait partie de la lutte contre le terrorisme, raconte M. Abou-Hassira au Devoir. Le terrorisme a frappé l'Arabie Saoudite, il frappe l'Irak, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, l'Égypte. Il a frappé beaucoup de pays arabes. Nous avons autant intérêt à lutter contre le terrorisme que le Canada, mais [cela ne se fera pas] en encourageant les va-t-en-guerre au Proche-Orient. Chaque fois qu'Israël a un problème, il détruit tout devant lui.»

Le représentant palestinien conteste entre autres l'affirmation du ministre MacKay selon laquelle l'actuelle position canadienne sur la crise au Liban est «classique». «Ce n'est pas une position classique, lance-t-il. La position classique aurait été d'appeler à un cessez-le-feu immédiat et de demander aux différents partenaires de négocier et non pas d'appuyer une campagne de destruction massive.»

L'ambassadeur de la Jordanie craint de son côté que la lutte contre le Hezbollah ne donne naissance à d'autres groupes encore plus extrêmes. M. MacKay a qualifié mardi le groupe Hezbollah de «cancer» qui ronge le Liban et de «groupe de tueurs sans pitié».

C'est à l'occasion de cette comparution en comité parlementaire que la rencontre avec le Conseil des ambassadeurs arabes aurait été ficelée. Au bureau de M. MacKay, on explique que, le ministre n'ayant pas le temps de rencontrer chaque diplomate individuellement, de telles rencontres régionales sont organisées. «On a déjà rencontré l'Europe en mai», explique le porte-parole André Lemay.

Sans vouloir minimiser l'importance de cette rencontre, M. Lemay insiste pour dire qu'elle ne constituait pas une mesure exceptionnelle. «Cela fait partie des fonctions normales du ministre.» Il reconnaît toutefois qu'avec la présente crise au Liban, «le timing était bon». «Ce n'était pas un message hostile. C'est celui d'une ligue arabe qui veut faire connaître son point de vue sur une situation qui la préoccupe».






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • ouardirhi abdelaziz
    Inscrit
    jeudi 3 août 2006 17h54
    Les pays Arabes doivent changer de stratégie
    « Que les ambassadeurs des pays arabes décident dans un élan de solidarité avec le peuple Libanais de renconter le ministre des affaires étrangères Canadien est en soi une décision sage , elle démontre si besoin est que les représentants de pas moins de 16 pays Arabes en poste au Canada parlent tous un langage de paix et désire que le Canada puisse apporter son concours dans la recherche d'une issue aux massacres qui sont pérpétrés chaque jour par l'armée Israelienne qui utilise des armements prohibés internationalement (bombes de phosphore , bombes a fragmentation...) pour tuer le plus possible de civiles.
    Les ambassadeurs des pays arabes au Canada dénoncent le tueurie sauvage de Cana ou l'aviation Israelienne a tué des bébés , des enfants , des femmes et des vieillards .
    Le nombre des victimes se compte par centaines , le Liban est méthodiquement rasé par les chars , les bombes Israeliennes et tout un armement des plus devastateur , des plus destructeur qui est livré a l'état hébreux par Bush, face a cette barbarie le ministre des affaires étrangéres Canadien M. MacKay n'a pas trouvé mieux que de qualifier mardi le groupe Hezbollah de «cancer» qui ronge le Liban et de «groupe de tueurs sans pitié». La question qui se pose est de savoir de quoi monsieur MacKay pourra traiter l'armée Israelienne qui détruit tout sur son passage .
    Je pense qu'il faut regarder la réalité en face , reconnaitre les massacres que ne cesse d'entreprendre l'armée israelienne qui assassine en toute impunité des civiles , des milliers de victimes sont tombées en palestine sous les balles de l'armée de tsahal , des villes sont totalement détruites , des économies sont anéanties , au Liban c'est la meme chose , le meme scénario se répéte Israel assassine , détruit , brule ,et rase tout sur son passage .Qu'en pense monsieur MacKay ? »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
1 réactions
0 votes
 
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009