Fatah et Hamas seraient près d'un accord sur la reconnaissance d'Israël
19 juin 2006
Proche-Orient
Gaza — Les mouvements palestiniens semblaient hier proches d'un accord reconnaissant implicitement Israël, qui mettrait fin aux confrontations internes et permettrait la reprise de l'aide internationale.
Le président Mahmoud Abbas a indiqué qu'en cas de signature d'un tel accord, il annulerait un référendum prévu le 26 juillet sur un texte dit d'«entente nationale», que le mouvement islamiste Hamas considère comme une tentative de renverser son gouvernement.
L'annonce de ce référendum avait provoqué des heurts meurtriers entre le mouvement Fatah de M. Abbas et le Hamas, arrivé au pouvoir fin mars après sa victoire aux législatives du 25 janvier.
Hier, les officiels du Fatah et du Hamas semblaient très optimistes sur la conclusion d'un accord définitif. «Des progrès tangibles ont été enregistrés» dans le dialogue, a ainsi déclaré le premier ministre Ismaïl Haniyeh. «Nous sommes d'accord sur presque tous les points de "l'initiative des prisonniers"», a de son côté affirmé le porte-parole du Fatah, Toufic Abou Khoussa.
«Il y a une entente globale sur ce document, avec quelques réserves, et je m'attends à la signature d'un accord au début de la semaine prochaine», a renchéri Abdallah Efrengi, haut responsable du Fatah qui participe aux pourparlers.
Jamil al-Majdalaoui, député du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), a précisé qu'il y avait entente sur quinze points, mais pas encore sur trois autres, concernant «l'OLP, la résistance et la légalité internationale». Il a estimé possible de parvenir à un accord «dans les 48 heures», bien qu'il s'agisse de questions capitales.
Le «document des prisonniers», mis au point par les cadres des divers courants palestiniens détenus par Israël, appelle notamment à la fin des attaques en Israël et à la création d'un État palestinien dans les territoires occupés par Israël en juin 1967.
Ce texte pourrait être considéré comme une reconnaissance de facto d'Israël par le Hamas. «Je pense que nous allons accepter de signer ce document» des prisonniers, a indiqué M. Atef Adwan, membre du cabinet du Hamas.
La communauté internationale a isolé le Hamas car il préconise dans sa charte la lutte armée contre l'État juif, qu'il voue à la disparition sur le long terme, refusant de se considérer lié par les accords signés avec lui par les Palestiniens.
Pour faire pression sur le Hamas, les États-Unis et l'Union européenne ont suspendu leur aide directe à l'Autorité palestinienne, qui n'a donc pas été en mesure de régler les salaires de ses 160 000 fonctionnaires depuis quatre mois.
Aide alimentaire
Mais pour la première fois hier, plusieurs dizaines de milliers de fonctionnaires palestiniens ont reçu des paquets alimentaires des Nations unies. Les 90 000 fonctionnaires de Gaza, qui n'ont plus été payés depuis l'entrée en fonction du gouvernement Hamas, boycotté par les pays occidentaux, ont ainsi rejoint avec leurs familles les 635 000 pauvres du territoire qui dépendent déjà de l'agence des Nations unies chargée des réfugiés palestiniens (UNRWA) pour leur alimentation.
«Il s'agit d'une aide d'urgence destinée à répondre aux besoins humanitaires les plus urgents», a précisé John Ging, directeur opérationnel de l'UNRWA à Gaza. Cette assistance, qui se veut «temporaire», intervient alors que le principe d'un mécanisme d'acheminement direct de l'aide internationale au peuple palestinien, établi par l'Union européenne, a été entériné samedi à Washington par les membres du Quartette pour le Proche-Orient (États-Unis, Russie, Union européenne et ONU).
La commissaire européenne aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner se rend aujourd'hui en Israël et dans les territoires palestiniens pour présenter ce plan qui devrait permettre, à compter du mois prochain, de fournir une aide aux Palestiniens, tout en contournant le gouvernement du Hamas.
À la veille de cette visite, le roi Abdallah II de Jordanie a appelé hier Palestiniens et Israéliens à renoncer à la violence et à reprendre le dialogue. Il a aussi exhorté le Fatah de Mahmoud Abbas et le Hamas, qui dirige le gouvernement, à cesser de se déchirer.
Mahmoud Abbas a dénoncé la décision de l'UE de reprendre son aide au peuple palestinien en contournant le cabinet Hamas et a assuré que ce dernier demeurait engagé par une trêve de la violence.
Sa branche armée a cependant menacé d'une reprise des attaques et revendiqué des tirs de roquettes alors qu'elle observe globalement depuis février 2005 une trêve unilatérale.
Quatre roquettes ont été tirées hier soir contre le sud d'Israël à partir de la bande de Gaza sans faire de blessés, portant à dix le nombre de ces engins tirés ce même jour, selon un nouveau bilan de source militaire. Deux des roquettes se sont abattues sur la ville de Sdérot, dans le désert du Néguev (sud), causant des dommages mineurs.
La municipalité de Sdérot, qui exige une action plus énergique de l'armée pour mettre fin à la pluie de roquettes de ces dernières semaines, a décrété une grève générale aujourd'hui.
Par ailleurs, une voiture a explosé dans le nord de la bande de Gaza, sans faire de blessés. Des témoins palestiniens ont fait état d'un tir israélien, ce que l'armée israélienne a démenti.
Avec l'Associated Press
Le président Mahmoud Abbas a indiqué qu'en cas de signature d'un tel accord, il annulerait un référendum prévu le 26 juillet sur un texte dit d'«entente nationale», que le mouvement islamiste Hamas considère comme une tentative de renverser son gouvernement.
L'annonce de ce référendum avait provoqué des heurts meurtriers entre le mouvement Fatah de M. Abbas et le Hamas, arrivé au pouvoir fin mars après sa victoire aux législatives du 25 janvier.
Hier, les officiels du Fatah et du Hamas semblaient très optimistes sur la conclusion d'un accord définitif. «Des progrès tangibles ont été enregistrés» dans le dialogue, a ainsi déclaré le premier ministre Ismaïl Haniyeh. «Nous sommes d'accord sur presque tous les points de "l'initiative des prisonniers"», a de son côté affirmé le porte-parole du Fatah, Toufic Abou Khoussa.
«Il y a une entente globale sur ce document, avec quelques réserves, et je m'attends à la signature d'un accord au début de la semaine prochaine», a renchéri Abdallah Efrengi, haut responsable du Fatah qui participe aux pourparlers.
Jamil al-Majdalaoui, député du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), a précisé qu'il y avait entente sur quinze points, mais pas encore sur trois autres, concernant «l'OLP, la résistance et la légalité internationale». Il a estimé possible de parvenir à un accord «dans les 48 heures», bien qu'il s'agisse de questions capitales.
Le «document des prisonniers», mis au point par les cadres des divers courants palestiniens détenus par Israël, appelle notamment à la fin des attaques en Israël et à la création d'un État palestinien dans les territoires occupés par Israël en juin 1967.
Ce texte pourrait être considéré comme une reconnaissance de facto d'Israël par le Hamas. «Je pense que nous allons accepter de signer ce document» des prisonniers, a indiqué M. Atef Adwan, membre du cabinet du Hamas.
La communauté internationale a isolé le Hamas car il préconise dans sa charte la lutte armée contre l'État juif, qu'il voue à la disparition sur le long terme, refusant de se considérer lié par les accords signés avec lui par les Palestiniens.
Pour faire pression sur le Hamas, les États-Unis et l'Union européenne ont suspendu leur aide directe à l'Autorité palestinienne, qui n'a donc pas été en mesure de régler les salaires de ses 160 000 fonctionnaires depuis quatre mois.
Aide alimentaire
Mais pour la première fois hier, plusieurs dizaines de milliers de fonctionnaires palestiniens ont reçu des paquets alimentaires des Nations unies. Les 90 000 fonctionnaires de Gaza, qui n'ont plus été payés depuis l'entrée en fonction du gouvernement Hamas, boycotté par les pays occidentaux, ont ainsi rejoint avec leurs familles les 635 000 pauvres du territoire qui dépendent déjà de l'agence des Nations unies chargée des réfugiés palestiniens (UNRWA) pour leur alimentation.
«Il s'agit d'une aide d'urgence destinée à répondre aux besoins humanitaires les plus urgents», a précisé John Ging, directeur opérationnel de l'UNRWA à Gaza. Cette assistance, qui se veut «temporaire», intervient alors que le principe d'un mécanisme d'acheminement direct de l'aide internationale au peuple palestinien, établi par l'Union européenne, a été entériné samedi à Washington par les membres du Quartette pour le Proche-Orient (États-Unis, Russie, Union européenne et ONU).
La commissaire européenne aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner se rend aujourd'hui en Israël et dans les territoires palestiniens pour présenter ce plan qui devrait permettre, à compter du mois prochain, de fournir une aide aux Palestiniens, tout en contournant le gouvernement du Hamas.
À la veille de cette visite, le roi Abdallah II de Jordanie a appelé hier Palestiniens et Israéliens à renoncer à la violence et à reprendre le dialogue. Il a aussi exhorté le Fatah de Mahmoud Abbas et le Hamas, qui dirige le gouvernement, à cesser de se déchirer.
Mahmoud Abbas a dénoncé la décision de l'UE de reprendre son aide au peuple palestinien en contournant le cabinet Hamas et a assuré que ce dernier demeurait engagé par une trêve de la violence.
Sa branche armée a cependant menacé d'une reprise des attaques et revendiqué des tirs de roquettes alors qu'elle observe globalement depuis février 2005 une trêve unilatérale.
Quatre roquettes ont été tirées hier soir contre le sud d'Israël à partir de la bande de Gaza sans faire de blessés, portant à dix le nombre de ces engins tirés ce même jour, selon un nouveau bilan de source militaire. Deux des roquettes se sont abattues sur la ville de Sdérot, dans le désert du Néguev (sud), causant des dommages mineurs.
La municipalité de Sdérot, qui exige une action plus énergique de l'armée pour mettre fin à la pluie de roquettes de ces dernières semaines, a décrété une grève générale aujourd'hui.
Par ailleurs, une voiture a explosé dans le nord de la bande de Gaza, sans faire de blessés. Des témoins palestiniens ont fait état d'un tir israélien, ce que l'armée israélienne a démenti.
Avec l'Associated Press
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