Sarko l'agité
La tournée que devait entreprendre aujourd'hui le premier ministre français Dominique de Villepin au Canada et au Québec a été reportée. Le prétexte? Les émeutes qui se poursuivent depuis près d'une semaine dans un quartier nord de Paris exigent la mobilisation du gouvernement «tout entier», pour reprendre l'expression employée par le chef du gouvernement français. La raison cachée? Occuper le terrain dévolu à Nicolas Sarkozy en tant que ministre de l'Intérieur. En un mot, il y a en cette histoire un calcul politique.
Il est vrai que «Sarko» est l'agité du bocal de la politique française. Numéro deux du gouvernement en tant que ministre d'État, patron d'un parti, l'UMP, qu'il a transformé en une machine destinée à servir sa personne en vue de la présidentielle de 2007, il se mêle de tout et fait la leçon à tous, y compris au président Chirac. Son mot favori ou, plus exactement, son programme annoncé de candidat à l'Élysée se résume ainsi: la rupture.
Sarko veut rompre. Avec tout ce qui s'est fait hier et avant-hier, donc avec Chirac. Cette volonté, il la martèle sur tous les tons et toutes les tribunes, exprimant ainsi son dédain pour les personnes du président, du premier ministre et de bien des ministres. Bref, l'agité du bocal est aussi un factieux.
Cela l'a mené à commettre des erreurs. Traiter de «racaille» ces jeunes des cités que la République ne parvient pas à intégrer et dont il faut «se débarrasser» n'est pas faire usage des mots d'un ministre mais d'un... comment dire? D'un Bonaparte, sans l'élégance. Qui sait, peut-être qu'en formulant les expressions évoquées voulait-il se poser en champion des atrabilaires?
Ce faisant, il a encore une fois permis au duo Chirac-Villepin de le cantonner au rôle d'exécutant, voire de figurant d'une politique qui, normalement, relève avant tout du ministre de l'Intérieur. Signe qui ne trompe pas, c'est Villepin et non Sarkozy qui a répondu aux questions posées à l'Assemblée nationale. C'est le premier qui a annoncé que tout le cabinet serait donc mobilisé pour régler cette affaire, précisant qu'il «comptait» sur le ministre de l'Intérieur. CQFD: Sarkozy est sous haute surveillance.
Il est probable qu'à la moindre incartade, il sera sommé de choisir ou vraisemblablement invité à abandonner son poste au sein du cabinet. Chose certaine, d'ici l'élection de 2007, ceux dont il aime se moquer lui tendront, avec gourmandise on s'en doute, une série de pièges qu'il aura d'autant plus de mal à éviter qu'il n'a pas la maîtrise totale de l'ordre du jour politique. Qui plus est, en multipliant les piques à l'endroit de bien des notables de son camp, Sarkozy est en train de s'aliéner peu à peu un appareil qui sera tôt au tard tenté de le cantonner à un rôle dans lequel il excelle: la gesticulation. En homme très impatient d'atteindre la plus haute marche, il a oublié une chose: se doter de l'épaisseur politique essentielle à la fonction qu'il convoite. La dot de l'agité? Le vide.
Il est vrai que «Sarko» est l'agité du bocal de la politique française. Numéro deux du gouvernement en tant que ministre d'État, patron d'un parti, l'UMP, qu'il a transformé en une machine destinée à servir sa personne en vue de la présidentielle de 2007, il se mêle de tout et fait la leçon à tous, y compris au président Chirac. Son mot favori ou, plus exactement, son programme annoncé de candidat à l'Élysée se résume ainsi: la rupture.
Sarko veut rompre. Avec tout ce qui s'est fait hier et avant-hier, donc avec Chirac. Cette volonté, il la martèle sur tous les tons et toutes les tribunes, exprimant ainsi son dédain pour les personnes du président, du premier ministre et de bien des ministres. Bref, l'agité du bocal est aussi un factieux.
Cela l'a mené à commettre des erreurs. Traiter de «racaille» ces jeunes des cités que la République ne parvient pas à intégrer et dont il faut «se débarrasser» n'est pas faire usage des mots d'un ministre mais d'un... comment dire? D'un Bonaparte, sans l'élégance. Qui sait, peut-être qu'en formulant les expressions évoquées voulait-il se poser en champion des atrabilaires?
Ce faisant, il a encore une fois permis au duo Chirac-Villepin de le cantonner au rôle d'exécutant, voire de figurant d'une politique qui, normalement, relève avant tout du ministre de l'Intérieur. Signe qui ne trompe pas, c'est Villepin et non Sarkozy qui a répondu aux questions posées à l'Assemblée nationale. C'est le premier qui a annoncé que tout le cabinet serait donc mobilisé pour régler cette affaire, précisant qu'il «comptait» sur le ministre de l'Intérieur. CQFD: Sarkozy est sous haute surveillance.
Il est probable qu'à la moindre incartade, il sera sommé de choisir ou vraisemblablement invité à abandonner son poste au sein du cabinet. Chose certaine, d'ici l'élection de 2007, ceux dont il aime se moquer lui tendront, avec gourmandise on s'en doute, une série de pièges qu'il aura d'autant plus de mal à éviter qu'il n'a pas la maîtrise totale de l'ordre du jour politique. Qui plus est, en multipliant les piques à l'endroit de bien des notables de son camp, Sarkozy est en train de s'aliéner peu à peu un appareil qui sera tôt au tard tenté de le cantonner à un rôle dans lequel il excelle: la gesticulation. En homme très impatient d'atteindre la plus haute marche, il a oublié une chose: se doter de l'épaisseur politique essentielle à la fonction qu'il convoite. La dot de l'agité? Le vide.
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