Scotland Yard défend sa règle du «tirer pour tuer»
Londres — La police britannique, qui a interpellé un troisième homme dans le cadre de l'enquête sur les attentats manqués de jeudi dans les transports publics londoniens, a toujours pour consigne de tuer d'une balle dans la tête des kamikazes présumés, a annoncé hier le chef de Scotland Yard, en dépit d'une bavure qui a coûté la vie à un Brésilien que des policiers croyaient lié aux attentats du 21 juillet.
Le patron de la police britannique, Ian Blair, a expliqué à la télévision qu'il n'avait pas l'intention de remettre en cause les règles d'engagement des unités armées de Scotland Yard, confrontées à des individus soupçonnés de porter sur eux une bombe et prêts à la faire exploser. «Quelqu'un d'autre pourrait être tué. J'espère que cela ne se reproduira pas. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour que les choses se passent correctement, mais ces décisions sont prises dans des circonstances terrifiantes», a-t-il déclaré sur la chaîne d'informations en continu Sky News.
«Cela ne sert à rien de tirer dans la poitrine de quelqu'un parce que c'est probablement là que se trouve la bombe. Cela ne sert à rien de tirer ailleurs parce que s'ils tombent, ils vont la déclencher», s'est encore justifié Ian Blair. «C'est ce que montre l'expérience d'autres pays comme le Sri Lanka. La seule façon de réagir, c'est de tirer dans la tête», a-t-il ajouté à propos de ce que les spécialistes appellent la «shoot to kill» policy (littéralement tirer pour tuer).
L'homme interpellé par la police a été arrêté samedi soir dans le quartier de Tulse Hill, dans sud de Londres, dans le cadre de la loi antiterroriste. Deux autres suspects sont toujours en garde à vue, a dit hier un porte-parole de la police.
L'homme est soupçonné d'avoir «commandité, préparé ou incité à des actes de terrorisme», a-t-il précisé.
«Il a maintenant été emmené dans un commissariat central de Londres pour de nouveaux interrogatoires.»
Selon une source proche de la police, l'homme n'est pas considéré comme l'un des quatre suspects dont la police a publié les photos après les attentats manqués du 21 juillet, intervenus deux semaines exactement après des attentats suicide qui ont fait 52 morts dans les transports publics londoniens et qui, selon les autorités, sont liés à al-Qaïda.
L'enquête sur les actes terroristes progresse lentement. Les autorités ont évoqué hier des similitudes entre les explosifs utilisés lors des attentats meurtriers du 7 juillet et les attaques manquées de jeudi dernier. Malgré les similitudes observées, les enquêteurs n'ont pas encore acquis la certitude que les deux vagues terroristes soient liées.
La veille, Scotland Yard avait reconnu que l'homme abattu vendredi à la station de métro de Stockwell, au sud de Londres, à l'issue d'une course poursuite avec des policiers en civil, était innocent. La victime, un électricien brésilien de 27 ans, Jean Charles de Menezes, vivait, selon la presse brésilienne, depuis trois ans à Londres, en toute légalité.
Ian Blair a accepté d'endosser «la pleine responsabilité» de la bavure: «C'est une tragédie», a regretté le patron de la Metropolitan Police. «À sa famille, je ne peux qu'exprimer mes regrets sincères», a-t-il dit, sans présenter d'excuses formelles. Le gouvernement brésilien a demandé aux autorités britanniques des explications sur la mort de Jean-Charles de Menezes. Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, dont la venue à Londres était déjà programmée, a été reçu hier par le ministre adjoint britannique aux Affaires étrangères, mais aucune information n'a filtré de cette rencontre.
Zones d'ombre
De nombreuses zones d'ombre entourent encore les circonstances exactes de la mort vendredi matin du jeune électricien brésilien. Après une poursuite dans la station, il a été abattu de sang-froid et sans sommation alors qu'il était à terre dans le wagon d'une rame à quai. «Je l'ai vu sauter dans le wagon comme une bête traquée, jetant des regards terrifiés, et il courait si vite qu'il est tombé par terre. Un des policiers lui a alors tiré avec un pistolet automatique cinq balles dans la tête», a raconté un des témoins, Mark Withby, 47 ans, technicien hydraulique.
«Son comportement et ses vêtements ont encore ajouté aux soupçons», a affirmé la police. Le jeune Brésilien portait en effet une grosse veste alors que la température était clémente. «Pour nous, Brésiliens, le climat londonien, même en été, reste frisquet», a expliqué à la BBC José D'Avila, l'un des amis de la victime.
Le drame a bouleversé une opinion déjà à cran. Le maire de Londres Ken Livingstone a évoqué la tragédie, soulignant que le jeune Brésilien «était une autre victime des attaques suicide». La presse n'est pas en reste. «Si la menace qui pèse sur la police et sur nous nécessite de tirer sans sommation, nous avons le droit de connaître les règles selon lesquelles ils agissent», écrivait hier l'Observer alors que, déjà la veille, le Financial Times s'interrogeait sur ces nouvelles méthodes d'action de la police, et notamment sur les 350 hommes des unités spéciales qui sont armés, à la différence du reste de la police. Il n'est toujours pas établi si ceux-ci étaient en action à la station Stockwell. Seuls 2060 des 31 000 policiers de la Metropolitan Police (celle du Grand Londres) sont armés.
Depuis 15 jours, un millier d'incidents à caractère raciste ont été officiellement recensés, soit cinq fois plus qu'en temps normal.
Le patron de la police britannique, Ian Blair, a expliqué à la télévision qu'il n'avait pas l'intention de remettre en cause les règles d'engagement des unités armées de Scotland Yard, confrontées à des individus soupçonnés de porter sur eux une bombe et prêts à la faire exploser. «Quelqu'un d'autre pourrait être tué. J'espère que cela ne se reproduira pas. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour que les choses se passent correctement, mais ces décisions sont prises dans des circonstances terrifiantes», a-t-il déclaré sur la chaîne d'informations en continu Sky News.
«Cela ne sert à rien de tirer dans la poitrine de quelqu'un parce que c'est probablement là que se trouve la bombe. Cela ne sert à rien de tirer ailleurs parce que s'ils tombent, ils vont la déclencher», s'est encore justifié Ian Blair. «C'est ce que montre l'expérience d'autres pays comme le Sri Lanka. La seule façon de réagir, c'est de tirer dans la tête», a-t-il ajouté à propos de ce que les spécialistes appellent la «shoot to kill» policy (littéralement tirer pour tuer).
L'homme interpellé par la police a été arrêté samedi soir dans le quartier de Tulse Hill, dans sud de Londres, dans le cadre de la loi antiterroriste. Deux autres suspects sont toujours en garde à vue, a dit hier un porte-parole de la police.
L'homme est soupçonné d'avoir «commandité, préparé ou incité à des actes de terrorisme», a-t-il précisé.
«Il a maintenant été emmené dans un commissariat central de Londres pour de nouveaux interrogatoires.»
Selon une source proche de la police, l'homme n'est pas considéré comme l'un des quatre suspects dont la police a publié les photos après les attentats manqués du 21 juillet, intervenus deux semaines exactement après des attentats suicide qui ont fait 52 morts dans les transports publics londoniens et qui, selon les autorités, sont liés à al-Qaïda.
L'enquête sur les actes terroristes progresse lentement. Les autorités ont évoqué hier des similitudes entre les explosifs utilisés lors des attentats meurtriers du 7 juillet et les attaques manquées de jeudi dernier. Malgré les similitudes observées, les enquêteurs n'ont pas encore acquis la certitude que les deux vagues terroristes soient liées.
La veille, Scotland Yard avait reconnu que l'homme abattu vendredi à la station de métro de Stockwell, au sud de Londres, à l'issue d'une course poursuite avec des policiers en civil, était innocent. La victime, un électricien brésilien de 27 ans, Jean Charles de Menezes, vivait, selon la presse brésilienne, depuis trois ans à Londres, en toute légalité.
Ian Blair a accepté d'endosser «la pleine responsabilité» de la bavure: «C'est une tragédie», a regretté le patron de la Metropolitan Police. «À sa famille, je ne peux qu'exprimer mes regrets sincères», a-t-il dit, sans présenter d'excuses formelles. Le gouvernement brésilien a demandé aux autorités britanniques des explications sur la mort de Jean-Charles de Menezes. Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, dont la venue à Londres était déjà programmée, a été reçu hier par le ministre adjoint britannique aux Affaires étrangères, mais aucune information n'a filtré de cette rencontre.
Zones d'ombre
De nombreuses zones d'ombre entourent encore les circonstances exactes de la mort vendredi matin du jeune électricien brésilien. Après une poursuite dans la station, il a été abattu de sang-froid et sans sommation alors qu'il était à terre dans le wagon d'une rame à quai. «Je l'ai vu sauter dans le wagon comme une bête traquée, jetant des regards terrifiés, et il courait si vite qu'il est tombé par terre. Un des policiers lui a alors tiré avec un pistolet automatique cinq balles dans la tête», a raconté un des témoins, Mark Withby, 47 ans, technicien hydraulique.
«Son comportement et ses vêtements ont encore ajouté aux soupçons», a affirmé la police. Le jeune Brésilien portait en effet une grosse veste alors que la température était clémente. «Pour nous, Brésiliens, le climat londonien, même en été, reste frisquet», a expliqué à la BBC José D'Avila, l'un des amis de la victime.
Le drame a bouleversé une opinion déjà à cran. Le maire de Londres Ken Livingstone a évoqué la tragédie, soulignant que le jeune Brésilien «était une autre victime des attaques suicide». La presse n'est pas en reste. «Si la menace qui pèse sur la police et sur nous nécessite de tirer sans sommation, nous avons le droit de connaître les règles selon lesquelles ils agissent», écrivait hier l'Observer alors que, déjà la veille, le Financial Times s'interrogeait sur ces nouvelles méthodes d'action de la police, et notamment sur les 350 hommes des unités spéciales qui sont armés, à la différence du reste de la police. Il n'est toujours pas établi si ceux-ci étaient en action à la station Stockwell. Seuls 2060 des 31 000 policiers de la Metropolitan Police (celle du Grand Londres) sont armés.
Depuis 15 jours, un millier d'incidents à caractère raciste ont été officiellement recensés, soit cinq fois plus qu'en temps normal.
Haut de la page

